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Milieux geeks

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Témoignages – Et pourtant, elles jouent ! Il y a 13 ans, j’ai mis les pieds dans mon premier GN. Je n’y ai vécu aucun sexisme. J’ai joué une assassin, je me suis retrouvée Maître Espion en quelques mois et j’ai toujours fait les personnages que je voulais faire : prêtresse, paladin, etc. Mon grand-père m’a appris autant à coudre qu’à réparer des pompes et je n’ai pas été élevée à croire que parce que j’étais une fille, j’avais moins de potentiel. La discrimination, je l’ai vécue à cause de mon poids. Je crois qu’il importe ici de dire que je ne correspond pas physiquement aux critères qui rendent acceptable une quantité de vêtement inversement proportionnelle à l’attention qu’ils attirent. Bref, ce « track record » parfait, ces années d’or de « je fais ce que je veux, c’est génial » s’est gâté quand, 3 ans plus tard, mon chum (aujourd’hui mon mari) m’a initié à un très gros GN.

Le hic, c’est que je n’étais pas « la blonde à l’autre ». Sauf que j’avais choisi un groupe élitiste. J’étais profondément dégoûtée. Interviews - Ovidie : «Le porno aujourd’hui, c’est un business de geeks et d’experts en montages financiers» Tu démarres ton documentaire en exposant une situation contradictoire : en six ans, l’humanité a regardé l’équivalent de 1,2 millions d’années de vidéos pornographiques et plus de 100 milliards de pages sont visitées chaque année sur des sites de streaming. Et pourtant, le milieu du X n’a jamais été aussi mal en point. Les studios de production mettent la clé sous la porte et les premières victimes sont les femmes, les performeuses, poussées à accepter des pratiques de plus en plus violentes. Est-ce la rencontre avec ces femmes qui t’a donné envie de faire ce doc ? Ovidie : Il y a eu plusieurs déclencheurs. Il y a eu une première étape, qui date de 2011, de l’époque où j’ai réalisé Rhabillage (reportage d’Ovidie sur le vécu des stars du X qui ont décidé de mettre un terme à leur carrière, ndlr).

Les actrices que je rencontrais, qui avaient arrêté parfois leur métier il y a 10 ans ou 20 ans, me racontaient que leurs images continuaient à circuler sans leur consentement. Genre et Jeu vidéo (1) : Pour le plaisir des yeux masculins | Genre ! Cet article a été écrit par Mar_Lard, une hippie orangée mais sympa qui se fait remarquer à Sciences Po en attendant de décrocher son Master en marketing dans l’espoir de travailler dans l’industrie du jeu vidéo. Si vous aussi, vous êtes contre les fringues orange, vous pouvez aller le lui dire sur twitter.

Elle inaugure cette semaine une série d’articles sur le genre et les jeux vidéo. EDIT DU 21/06/2012 : Il se trouve que The Movie Bob du site The Escapist a réalisé il y a quelque temps une excellente vidéo sur le sujet, résumant en 5 minutes la représentation des femmes dans les jeux vidéo et en quoi elle est problématique. Pour les anglophones, c’est à voir ici. Quelle qu’en soit la raison, les jeux vidéos semblent avoir plus de difficultés à aborder le genre de manière mature que n’importe quel autre support, à l’exception peut-être des comics.

Beat’Em&Eat’em, un jeu pornographique sur Atari.Pour le sexy, il vous reste la couverture… Lara Croft, héroïne du jeu Tomb Raider (1996) Genre et Jeu vidéo (2) : Les femmes comme récompenses | Genre ! Suite de la série inaugurée la semaine dernière par Mar_Lard. Vous pouvez lire sur le blog de sociologie Une heure de peine « Qu’est-ce qui fait qu’une image est sexiste? », une réponse à l’article de la semaine dernière (« Pour le plaisir des yeux masculins »). Je vous signale également la tenue à Lyon, du 12 au 14 juin, d’un colloque intitulé Genre et jeux vidéo (hasard total – cliquez pour voir le programme). Cet article contient des spoilers pour de nombreux jeux. Lisez avec précaution. Le héros sauve la demoiselle en détresse, elle tombe follement amoureuse de lui, ils se marient et vivent heureux jusqu’à la fin des temps . Évidemment les jeux vidéos ne dérogent pas à cette tradition ; ils comptent même parmi ses plus zélés défenseurs.

Dans la famille des jeux dont le scénario tient en deux lignes, il n’y a pas plus connu que la série des Mario. D’autres jeux ne prennent pas la peine de déguiser la nature sexuelle de la récompense. De l’héroïne active à la demoiselle en détresse. Genre et Jeu vidéo (3) : Des muscles et des couilles | Genre ! Suite de la série de Mar_Lard sur les jeux vidéo, qui aborde cette fois la question des représentations de la masculinité. Au cas où les lecteurs et lectrices régulier.es de ce blog se poseraient des questions, je [la tôlière] suis en période de concours mais je reviens bientôt, et j’ai bien l’intention de me rattraper! Pardon pour les éventuels commentaires laissés en souffrance, j’y réponds dès que je peux.

On l’a vu dans les deux articles précédents, la féminité telle qu’elle apparaît dans les jeux vidéos est particulièrement codifiée et exacerbée; encore aujourd’hui les créateurs ont du mal à se défaire des poncifs de la bimbo et de la demoiselle en détresse(1). Cependant les archétypes de genre n’affectent pas seulement les représentations féminines ; un rapide tour d’horizon des personnages masculins permet également de dégager des motifs récurrents et pas moins impressionnants dans leurs stéréotypes. On a du pain sur la planche.(2) La puissance… Skyrim La violence, l’agressivité… Halo. Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier | Genre ! J’aimerais préciser quelque chose. Quand Mar_Lard a publié son article sur Joystick en août dernier sur ce blog, nous avons décidé de publier tous les commentaires afin que tout le monde puisse se rendre compte de la violence des réactions.

Je suggère à ceux qui voudraient réitérer ce genre d’exploits (histoire de contribuer à la démonstration de Mar_Lard, merci les mecs) de lire la charte de modération désormais en vigueur sur ce blog au lieu de perdre leur temps. [EDIT] Devant le nombre de confusions, 2ème précision: ce blog appartient à AC Husson mais l’auteure de cette contribution est Mar_Lard. Si vous voulez la contacter par mail, je transmettrai. Attention, cet article inclut de nombreux exemples susceptibles de choquer : images d’une grande violence ou sexuellement explicites, insultes et propos à caractère fortement sexiste/homophobe/raciste, menaces de violences sexuelles et autres. Ce paragraphe a suscité des réactions extrêmes. 1. Le problème est dans l’industrie. Bref. Ouais. La fangirl, nouvelle cible de la misogynie ordinaire. Ceci n’est pas tant un article sur le sexisme à l’encontre des femmes dans un milieu geek à prédominance masculine, qu’un article sur le sexisme à l’encontre d’un milieu geek à prédominance féminine.

Oui, oui, cela existe. On a tendance à associer les recoins sombres d’Internet à des usagers masculins, et pourtant, il est des endroits peu connu des usagers « mainstream » qui sont presque entièrement féminins. De nombreuses utilisatrices, cachées derrière des pseudos et par écrans interposés, se retrouvent sur des sites bien particuliers où elles échangent, discutent, analysent, rigolent, débattent, s’émeuvent, s’excitent, créent, recréent et transforment des produits culturels.

Bienvenue dans l’univers des fangirls. Dites le mot « fangirl » et les gens pensent immédiatement à une préadolescente en larmes au concert de One Direction. Le fandom, c’est le groupe de fans d’un produit culturel. Jusque là tout va bien. 1. Eh bien, non. 2. 3. Voilà, les dés sont jetés. Quiet, la snipeuse en lingerie. Comme il est souvent rappelé dans les remarques sur les problématiques inhérentes aux milieux qu’on aime : ce n’est pas parce qu’on apprécie beaucoup quelque chose qu’il faut ne faut pas avoir un regard critique pour autant.

En l’occurrence, Hideo Kojima est largement (et à raison) reconnu comme un génie grâce à sa série des Metal Gear (jeux d’infiltration). Pourtant, comme vous l’avez peut-être suivi « en live » durant l’été 2013, la révélation de Quiet, un des personnage du prochain Metal Gear Solid a créé une grosse surprise chez les joueurs et la réaction de Kojima est tristement révélatrice du problème. Tout commence avec le trailer de Metal Gear V diffusé à l’E3 2013 et la première apparition de Quiet, « une snipeuse privée de ses mots » (3:55) : Sur son compte Twitter anglophone, Kojima déclare que le but initial était d’inciter à faire du cosplay et de vendre beaucoup de figurines. Voici des concept-arts de Quiet : Et voici son modèle final : [Ajout par Mar_Lard :] L’affaire Jade Raymond. Aujourd’hui, je souhaite parler de ce que j’oserai appeler l’affaire Jade Raymond, une productrice de jeux vidéo.

Si les développeuses et plus généralement les femmes qui travaillent dans le milieu des jeux vidéo sont souvent victimes de sexisme, le cas dont j’ai envie de parler me semble battre des records. Connaissez-vous Jade Raymond, ancienne développeuse chez Sony, puis EA, maintenant productrice chez Ubisoft ? L’autre jour, je suis tombé sur ce vieux sujet de 2012 où une bande d’hommes font un débat pour savoir si c’est une vraie ou une fausse développeuse, chacun y allant de sa petite analyse, de sa petite validation positive ou négative personnelle. Oui, car voyez-vous, Jade Raymond est atteint d’une grave maladie, elle est jolie, ce qui en fait nécessairement une femme qui profite de son physique pour obtenir un poste plus élevé, et qui n’a pas la moindre compétence réelle. Bon, j’ai assez tapé sur jeuxvideo.com. Les communautés françaises ont été plus silencieuses. 9gag, entre exclusion et sexisme.

9gag est un célèbre site d’images drôles, de memes divers et variés, comics humoristiques, bourrés de références à la culture geek-gaming, etc… Cependant, y sont relayés parfois certaines images (je désignerai indifféremment BD, meme,… par le mot générique « image ») contenant des idées fausses et sexistes, notamment dès qu’il s’agit d’images ayant pour cible les n00bs ou les non-gamers.

J’ai eu l’idée de suivre durant plusieurs jours, environ une semaine, toutes les publications sur 9gag. J’ai pu relever un nombre assez improbable d’images problématiques. Je commencerai donc par parler de quelques images sexistes, puis je finirai l’article par une critique un peu plus générale de l’organisation de 9gag.

Celle-ci est évidemment très problématique. D’après cette image, les hommes se plaignent de ne pas avoir assez de jeux et les femmes pas assez de vêtements. Celle-ci m’a personnellement beaucoup amusé, et elle n’est bien sûr pas sexiste en elle-même. Nathaniel Édité par Mar_Lard.