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DEBAT

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Charlie Hebdo: pour que ce qui a conduit au pire ne se reproduise pas. À l'avenir, il faudra notamment nommer les choses clairement dans le débat public –ce qui n'a pas été le cas ces dernières années, notamment à gauche.

Charlie Hebdo: pour que ce qui a conduit au pire ne se reproduise pas

En quelques jours, nous avons perdu sinon notre innocence, du moins le peu de légèreté qui nous restait. Nous savions certes de longue date que le terrorisme islamiste n’était pas uniquement un phénomène lointain et étranger. Nous savions qu’il était déjà plus qu’une menace, une réalité, et qu’il se tenait sur le pas de notre porte. Mohammed Merah avait donné, à Montauban et à Toulouse, en mars 2012, plus de quinze ans après la vague d'attentats du GIA, le premier signal du déchaînement d'une terreur djihadiste d'un type nouveau sur le territoire national.

Nous nous en étions émus, mais pas plus que ça. Cette fois, il en va tout autrement. Cette tragédie et la mobilisation qui l’a suivie nous font aujourd’hui obligation. «Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde» Liberté d’expression et «islamophobie» Tout y est. Faut-il avoir peur de l'insécurité culturelle ?

>>> Article paru dans Marianne daté du 9 janvier “La montée des populismes, en France comme ailleurs en Europe, est le témoignage politique le plus saillant de la crise profonde que traversent le pays et le continent.

Faut-il avoir peur de l'insécurité culturelle ?

Elle est une réaction inquiète, et apparemment inexorable, aux symptômes d'une société bouleversée par un chômage persistant, des inégalités croissantes, un sentiment de déclassement généralisé, une pauvreté de plus en plus visible, ou encore la relégation territoriale pour une part croissante de nos concitoyens. Si elle répond d'abord à une insécurité économique et sociale qui saisit toute la société ou presque, elle témoigne aussi d'un doute profond et insidieux sur ce que nous sommes, sur qui nous sommes, collectivement, dans un monde devenu très largement illisible en plus d'être anxiogène.

La gauche prise de court Il faut y ajouter un autre type d'explication : celle des réponses des deux parties aux questions soulevées par l'insécurité culturelle. Laurent Bouvet. Représentation de Mahomet : "L'islam a perdu de vue sa propre histoire". Conservateur du patrimoine, Sophie Makariou a rejoint les équipes du Musée du Louvre en 1994.

Représentation de Mahomet : "L'islam a perdu de vue sa propre histoire"

Elle a été nommée à la tête du département des Arts de l’Islam créé en 2003 et dont les nouveaux espaces ont été inaugurés en 2012. En août 2013, elle a été nommée présidente du Musée Guimet, Musée national des Arts asiatiques à Paris. Entretien. L'Obs Peut-on dire que l’islam interdit la représentation du Prophète et, par extension, de toute figure humaine? Sophie Makariou Il n’y a pas stricto sensu de condamnation de la figuration dans le Coran. Pour les sunnites, le référent absolu, c’est la Sunna, la «tradition», récits de la vie et ensemble de textes recensant les paroles et les actes du Prophète, source essentielle à côté du Coran.

Charlie Hebdo. Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux (Suivi de : Dimanche : la manifestation « historique », « consensuelle » et les tireurs de ficelle) J’ai du mal à concevoir que des hommes aient pu à ce point s’aliéner, s’avilir, se fanatiser, se laisser manipuler, s’animaliser, pour produire une telle barbarie.

Charlie Hebdo. Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux (Suivi de : Dimanche : la manifestation « historique », « consensuelle » et les tireurs de ficelle)

Je suis en deuil. Le crime de ces assassins vise notre République, celle des Lumières, du contrat social, des droits de l’homme, de l’égalité entre eux, de la liberté pleine et entière... Cette « gueuse » que sociaux et néolibéraux n’ont de cesse, depuis plus de trente ans, de dépecer, de démonter, d’affaiblir par l’explosion des inégalités, le communautarisme, l’instrumentalisation du racisme, la concurrence à tout crin, par le rabougrissement de l’Etat, la multiplication des brisures sociales, la ruée contre les services publics et les biens communs, la casse de l’ascenseur social scolaire, jadis intégrateur, la pratique de l’amalgame délétère « Islam = terrorisme » , le « no future » pour des millions de jeunes Français, quelle que soit leur origine.

Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ? Jean Ortiz Jean Ortiz. Lettre ouverte au monde musulman  Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui.

Lettre ouverte au monde musulman 

Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident! Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ?