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Erosion du PS

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Les plus gauchistes de ce parti qui ne se contentent pas de l'alignement néolibéral partent.

De quelle union populaire la gauche a-t-elle besoin ? Le virage social-libéral imposé par le chef de l’Etat provoquera tôt ou tard une reconfiguration de la gauche française.En faisant la promotion d’une politique de l’offre dont l’objectif est avant tout de redresser les profits, le PS se « PASOKise » peu à peu et est en passe de quitter le camp de ceux qui entendent accroître la protection et le pouvoir des salariés.

De quelle union populaire la gauche a-t-elle besoin ?

Le transfert public de 41 milliards par an en faveur des profits, le plafonnement des indemnités prud’homales, l’extension du travail du dimanche, l’incrimination du contrat à durée indéterminé, le gel des salaires, la réduction des dépenses sociales en sont les cruels symboles. Cette situation n’est pas spécifique à la France. Le déploiement de la logique ordo-libérale, imposée par la chancelière allemande, s’est fait à la faveur de la complaisance, au Conseil européen, de tous les chefs d’Etat et de gouvernement membres des partis socialistes frères.

Aucun ne s’est opposé au traité budgétaire. Je suis député socialiste, je le reste...donc je quitte le PS ! Depuis de longs mois, avec mes camarades frondeurs, je me bats pour infléchir la ligne économique du gouvernement dans un sens plus favorable aux salariés, aux classes moyennes et populaires.

Je suis député socialiste, je le reste...donc je quitte le PS !

Force est de constater que nos efforts ont jusqu’ici été vains. Bien sûr nous avons dérangé politiquement, mais le chemin tracé vers une société de plus en plus libérale n’a pas varié. Pire même, l’idée qu’aucune alternative n’était possible continue à imprégner les esprits et accentue encore le brouillage idéologique. L’espoir de pouvoir transformer les choses de l’intérieur que ce soit au sein du PS ou du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale s’est peu à peu évanoui. Dans le pays le fossé entre les citoyens et la politique n’a jamais été aussi large. Au début… Il y a 3 ans jour pour jour, nous étions plusieurs dizaines de nouveaux députés socialistes à nous réjouir de notre élection.

Trois ans plus tard… 3 ans plus tard que reste-t-il de tout cela ? Le député Philippe Noguès quitte le PS: «J'aimerais que mon départ en entraîne d'autres» Pourquoi nous quittons le PS et pourquoi nous invitons nos camarades à ne plus y jouer les cautions de gauche. Ainsi les militants ont tranché par leur vote du 21 mai 2015 : le Parti Socialiste valide la politique économique mise en place par le gouvernement depuis 2012.

Pourquoi nous quittons le PS et pourquoi nous invitons nos camarades à ne plus y jouer les cautions de gauche

Ne nous leurrons pas, ce ne sont pas les propositions contenues dans la motion A, déjà remises en cause par le gouvernement, qui vont modifier cette orientation politique. Le Vote de la loi Rebsamen ce mardi par les frondeurs est une autre preuve que ce vote clos toute perspective de changement. Avec le même premier secrétaire et son soutien inconditionnel au gouvernement, il est clair que la position du Parti ne va pas changer. Pourtant cette politique est en rupture avec les engagements pris devant les Français en 2012. Elle acte des efforts démesurés pour transférer plusieurs dizaines de milliards aux entreprises (pacte de responsabilté, CICE, crédit impôt recherche) sans contrepartie en termes de création d’emploi ni même d’optimisation fiscale via des paradis fiscaux. La question démocratique et le débat d’idées. Pourquoi je quitte le Parti socialiste. Paris, le 10 avril 2014 Premier Secrétaire du Parti socialiste 10, rue de Solférino Objet : Démission Cher Harlem ou celui (celle ?)

Pourquoi je quitte le Parti socialiste

Qui te remplacera, Je souhaite mettre fin aux mandats que j’exerce au Parti socialiste. Je me suis engagée en politique convaincue que les injustices et les inégalités n’étaient pas la faute à pas de chance mais le produit de choix politiques qui ont toujours favorisé quelques-uns au détriment de tous les autres. Depuis deux ans que la gauche est au pouvoir, j’ai le sentiment que nous avons plus géré que transformé. Nous avons cessé ce combat. Nous avons fait reculer la gauche dans les têtes et dans les faits lorsque nous avons parlé de coût du travail ou lieu de parler de la richesse qu’il constitue et du coût – exorbitant – du capital.

Un autre chemin était possible.