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Bernard Maris : un pied à « Charlie », l'autre à la Banque de France. Attentat contre « Charlie Hebdo » : cinq ans après, rescapés et proches tentent de se reconstruire. Sigolène Vinson gare son vieux 4 × 4 à Sausset-les-Pins, une petite station balnéaire des Bouches-du-Rhône.

Attentat contre « Charlie Hebdo » : cinq ans après, rescapés et proches tentent de se reconstruire

Cheveux emmêlés, K-way et pull marin, elle fixe les vagues grises qui éclatent sur la jetée. Procès des attentats de « Charlie Hebdo » et de l’Hyper Cacher : l’ombre d’Hayat Boumeddiene. En ce milieu d’été, une voix éraillée répond de façon inattendue à un vieux numéro de portable, exhumé de piles de procès-verbaux.

Procès des attentats de « Charlie Hebdo » et de l’Hyper Cacher : l’ombre d’Hayat Boumeddiene

Au bout du fil, un homme âgé, manifestement fatigué. « Ma fille ? (…) Le drame, (…) c’est vrai… », souffle par bribes celui dont l’une des sept enfants sera, à compter du mercredi 2 septembre, la seule femme parmi les principaux accusés du procès des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher (dix-sept morts) devant la cour d’assises spéciale, à Paris. Cinq ans après les tueries, Mohamed Boumeddiene est un père las. Procès des attentats de janvier 2015 : pourquoi il ne faut pas surévaluer les motivations religieuses des terroristes. Depuis les sicaires et les zélotes juifs1, considérés comme les premiers terroristes de l’histoire, jusqu’à Daech et Al-Qaida, la religion a toujours entretenu des liens étroits avec le terrorisme.

Procès des attentats de janvier 2015 : pourquoi il ne faut pas surévaluer les motivations religieuses des terroristes

Des liens qui seront au cœur du procès des attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Cacher. Il se tiendra à Paris du 2 septembre au 10 novembre 2020. A travers le parcours des auteurs et de leurs complices, ces journées d’audience donneront l’occasion d’aborder aussi toute la complexité de ces liens. « Nombre de personnes qui se livrent à de tels actes ne connaissent que très peu les principes et les traditions de l’islam. » Ancien officier de la CIA devenu psychiatre et chercheur indépendant, Marc Sageman a rencontré des dizaines de djihadistes depuis plus de trente ans.

« Charlie Hebdo », Montrouge, Hyper Cacher : plus de cinq ans après, le procès historique des attentats de janvier 2015. « Il y avait une sorte de brioche devant Cabu.

« Charlie Hebdo », Montrouge, Hyper Cacher : plus de cinq ans après, le procès historique des attentats de janvier 2015

Wolinski dessinait sur son carnet tout en regardant d’un air amusé tel ou tel intervenant. Denis Salas : « Les armes du droit nous permettent de quitter le champ de la riposte guerrière » Tribune.

Denis Salas : « Les armes du droit nous permettent de quitter le champ de la riposte guerrière »

Près de cinq ans après, le procès des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 ouvre une nouvelle phase de la lutte contre le terrorisme. Jusqu’à présent, nous avons combattu et mis hors d’état de nuire l’Etat islamique. En même temps, nous avons en partie utilisé les mêmes armes que lui. Aucune négociation, aucune trêve n’était possible. La posture guerrière des djihadistes ne nous laissait pas d’autre choix. Article réservé à nos abonnés Lire aussi « En acceptant que le procès des attentats de janvier 2015 soit filmé, le ministère public en souligne la dimension historique » Cinq ans après, les armes du droit sont en mesure de mettre un terme à ce cycle.

Cinq ans après que sont les djihadistes devenus ? « En acceptant que le procès des attentats de janvier 2015 soit filmé, le ministère public en souligne la dimension historique » Alors que le procès des quatorze personnes soupçonnées d’avoir apporté leur soutien logistique aux auteurs des attaques contre Charlie Hebdo, à Montrouge (Hauts-de-Seine) et à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes s’ouvre mercredi 2 septembre, le ministère de la justice a décidé que, pour la première fois dans les affaires de terrorisme, les audiences en seront intégralement filmées.

« En acceptant que le procès des attentats de janvier 2015 soit filmé, le ministère public en souligne la dimension historique »

Regards croisés de deux spécialistes du filmage des procès : l’historien Christian Delage, directeur de l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS-Paris-VIII), et Martine Sin Blima-Barru, responsable du département de l’archivage électronique et des archives audiovisuelles aux Archives nationales. Procès des attentats de « Charlie Hebdo » et de l’Hyper Cacher : Hayat Boumeddiene et les frères Belhoucine, les grands absents.

Parmi les quatorze personnes renvoyées devant la cour d’assises spéciale de Paris pour le procès des attentats de janvier 2015, trois devraient être jugées en leur absence et cruellement manquer à l’appel, mercredi 2 septembre, à l’ouverture des audiences.

Procès des attentats de « Charlie Hebdo » et de l’Hyper Cacher : Hayat Boumeddiene et les frères Belhoucine, les grands absents

Comme souvent dans les affaires de terrorisme, ce sont les petites mains qui se retrouvent devant la justice. Quarante-neuf jours d’audience, quatorze accusés et près de 200 parties civiles : ce qu’il faut savoir sur le procès des attentats de janvier 2015. De l’aveu d’une des avocates de la défense, Safya Akorri, « la justice sera mise à lourde épreuve ».

Quarante-neuf jours d’audience, quatorze accusés et près de 200 parties civiles : ce qu’il faut savoir sur le procès des attentats de janvier 2015

Mercredi 2 septembre s’ouvre le procès des attentats djihadistes de janvier 2015 contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo, la policière Clarissa Jean-Philippe et le supermarché Hyper Cacher de la porte de Vincennes devant une cour d’assises spéciale du tribunal judiciaire de Paris. Soupçonnés de soutien logistique aux auteurs des attaques, qui ont causé la mort de 17 personnes, 14 accusés sont jugés jusqu’au 10 novembre. Il s’agit du premier procès pour un attentat djihadiste commis sur le sol français depuis celui de 2017 consacré aux tueries perpétrées par Mohamed Merah qui ont fait 7 morts à Toulouse et à Montauban en 2012.

D’abord prévu avant l’été, le procès des attentats de janvier 2015 avait dû être reporté en raison de la crise sanitaire. Lire le récit : « C’est “Charlie”, venez vite, ils sont tous morts » Les faits Lire notre enquête : Les frères Kouachi, une jeunesse française. Contraintes sanitaires et haute sécurité au premier jour du procès des attentats de janvier 2015. Bien sûr, il fallait s’y attendre : tout « historique », tout « exceptionnel » soit-il, le procès des attentats de janvier 2015 est d’abord soumis à la loi commune des règles sanitaires.

Contraintes sanitaires et haute sécurité au premier jour du procès des attentats de janvier 2015

Distanciation, masques pour tous. Au premier jour de ce procès, mercredi 2 septembre, il y avait quelque chose d’étrange à voir cette menace du coronavirus étendre son ombre écrasante sur le temps judiciaire consacré aux actes de terreur qui ont endeuillé le pays du 7 au 9 janvier 2015. La rédaction de Charlie Hebdo décimée par les frères Saïd et Chérif Kouachi.

Des citoyens abattus parce que juifs dans le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes par Amedy Coulibaly. Deux policiers tués. Procès des attentats de janvier 2015 : première journée calme dans la forteresse du tribunal de Paris. Au pied de l’escalier menant à la salle d’audience, Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, s’exprime face à une forêt de micros juste avant l’ouverture des débats.

Procès des attentats de janvier 2015 : première journée calme dans la forteresse du tribunal de Paris

Un quinquagénaire hirsute en jogging se faufile parmi les journalistes et perturbe sa déclaration : « Saïd Kouachi est vivant ! La réédition des caricatures de Mahomet par « Charlie Hebdo » provoque une manifestation au Pakistan. Ils étaient une centaine, jeudi 3 septembre à Muzaffarabad, capitale du Cachemire sous contrôle pakistanais, à protester contre la dernière « une » de Charlie Hebdo, qui a choisi de republier, à l’occasion de l’ouverture du procès des attentats djihadistes de janvier 2015, plusieurs caricatures du prophète Mahomet qui avaient fait de l’hebdomadaire satirique une cible des djihadistes depuis 2006. Les protestataires se sont rassemblés dans la ville, hurlant des slogans tels que « Cessez d’aboyer, chiens français », ou encore « Stop Charlie Hebdo ». La manifestation s’est achevée sans violence, après qu’un drapeau tricolore a été piétiné, puis incendié.

Plusieurs autres manifestations sont prévues après la prière du vendredi, dont une à Lahore, dans l’est du pays, du parti extrémiste Tehrik-e-Labbaik Pakistan, dont la lutte contre le blasphème est la principale arme politique. . « Acte méprisable » « Encourager la haine contre l’islam et les étrangers » Un « acte criminel » Anne Hommel, la vigie de « Charlie » Le 8 janvier 2015, le lendemain de l’attentat, Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo, empoigne son téléphone et compose un numéro qu’il juge urgent et indispensable d’appeler. Malka a la conviction qu’Anne Hommel est la seule professionnelle en mesure d’endiguer et de détourner convenablement le déferlement de demandes médiatiques en tout genre que reçoit le journal meurtri depuis la veille. Au bas mot, cinq cents appels, autant d’e-mails, par jour, en provenance de journalistes du monde entier, pour essayer de décrocher un témoignage, une réaction, une quelconque exclusivité, après la tuerie perpétrée par les frères Kouachi dans les locaux de la rédaction.

Dix « Charlie » sont morts, quatre sont blessés grave. Anne Hommel se met immédiatement au travail. Lire aussi « Charlie Hebdo » republie les caricatures du prophète Mahomet qui avaient fait du journal la cible des djihadistes. Un nouveau commanditaire présumé des attentats de janvier 2015 identifié. Un nouveau nom pourrait être désormais associé aux attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, à Paris, et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes (20e arrondissement).

Alors que le procès des auteurs présumés des attentats s’est ouvert, mercredi 2 septembre, devant la cour d’assises spéciale de Paris, l’identité d’un nouveau possible commanditaire vient d’être versée aux débats, comme l’a révélé Libération, vendredi. Des éléments que Le Monde a pu recouper et compléter. Lire aussi : Ce qu’il faut savoir sur le procès des attentats de janvier 2015 Le nom de ce commanditaire présumé n’est pas très connu du grand public : il s’agit d’Abdelnasser Benyoucef, alias Abou Mouthana.

Un Algérien né en 1973, passé par la France, qui a été un haut cadre de l’organisation Etat islamique (EI) où il était sans doute chargé des opérations extérieures. Sonia M. avait quinze ans d’écart avec Abdelnasser Benyoucef. Elise Vincent. Attentats de janvier 2015 : qui sont les onze accusés dans le box ? « Vous allez nous parler un peu de vous. De votre enfance, de votre parcours », annonce le président Régis de Jorna aux onze accusés présents sur les quatorze (une est en fuite et deux autres sont présumés morts), devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Onze hommes, âgés de 30 à 67 ans. Onze ombres projetées dans la lumière du procès historique des attentats de janvier 2015, perpétrés par les frères Saïd et Cherif Kouachi et Amedy Coulibaly. Il leur est reproché d’avoir participé, à des degrés divers, au soutien logistique des auteurs des attentats, par la recherche ou l’acquisition d’armes, la fourniture de véhicules, de matériel ou d’argent.

Les voilà donc tour à tour au micro, ces hommes, tous imberbes, à visage découvert ou masqué – le choix leur a en été laissé – qui, jusque-là, ne composaient qu’un tableau collectif indistinct. Pourquoi le blasphème continue à faire scandale. Cet entretien a été publié initialement dans Le Monde des religions n° 83, juin 2017.

Aussi ancien que les religions elles-mêmes, le blasphème désigne l’insulte faite à Dieu ou au sacré. Si les religions monothéistes y sont particulièrement sensibles, il se retrouve pourtant dans d’autres traditions spirituelles comme l’hindouisme. Et alors que l’on pensait en avoir fini avec le « péché de langue », il revient régulièrement à la une de l’actualité depuis plusieurs années.

Dessins de presse et tribunaux, une histoire française des croquis d’audience. Procès des attentats de janvier 2015 à « Charlie Hebdo » : le cheminement vers l’horreur. Au procès de l’attentat contre « Charlie Hebdo », les mots des survivants et le poids des morts. Seuls comptent leurs mots. Procès de l’attentat contre « Charlie Hebdo » : « Fredo, ça a été le premier tué, le dernier enterré »

Mercredi 7 janvier 2015, Frédéric Boisseau est parti très tôt de la maison, à 4 h 30. Il est technicien de maintenance, la route est longue depuis son village près de Fontainebleau (Seine-et-Marne), il doit rejoindre deux de ses collègues, Jérémy Ganz et Claude Boutant, pour une nouvelle mission au 10, rue Nicolas-Appert, à Paris. Procès des attentats de janvier 2015 : avec Fabrice Nicolino, l’audience devient politique.

Procès des attentats de janvier 2015 : « Je veux qu’on dise que nous, on était innocents » Au procès de l’attentat contre « Charlie Hebdo » : « Cette balle ne m’a pas raté, mais elle ne m’a pas eu » Simon Fieschi s’appuie sur sa béquille pour avancer jusqu’à la barre, et refuse la chaise que lui propose le président de la cour d’assises. « Je tiens à témoigner debout, merci. » Il pose sa béquille contre le pied du pupitre. Cet homme de 36 ans à l’allure et au timbre de voix juvéniles a commencé à animer le site Internet et les réseaux sociaux de Charlie Hebdo en 2012.

Son bureau était le premier sur lequel on tombait en entrant dans les locaux du journal, rue Nicolas-Appert (11e arrondissement). Il est le premier sur qui les Kouachi ont tiré en arrivant. Simon Fieschi ne s’étend pas sur l’attentat en lui-même. Procès des attentats de janvier 2015 : des souvenirs, des larmes et des rires ont clos la semaine « Charlie » « Charlie Hebdo » : « Nous ne vous laisserons pas seuls » Tribune. « Car nous ne nous coucherons jamais.

Procès de l’attentat de « Charlie Hebdo » : « On est juste une victime de plus, tout policier qu’on soit » Pour eux aussi, le 7 janvier 2015 fut un cauchemar. Ces hommes et ces femmes à la barre qui tentent les uns après les autres de ravaler leurs sanglots, le plus souvent sans succès, en se remémorant cette journée, n’appartenaient pas à la rédaction de Charlie Hebdo : ils sont policiers. Lundi 14 septembre, la cour d’assises spéciale de Paris a entendu sept agents intervenus autour du siège du journal alors que le carnage venait d’avoir lieu, et qui ont fait face aux frères Kouachi dans les premiers instants de leur cavale sans pouvoir les neutraliser. On imagine leur cuir plus épais que la moyenne, on les suppose préparés aux pires scénarios. Procès des attentats de janvier 2015 : et la voix de Cherif Kouachi a retenti dans la cour d’assises. Quarante-neuf jours d’audience, quatorze accusés et près de 200 parties civiles : ce qu’il faut savoir sur le procès des attentats de janvier 2015.

Procès des attentats de janvier 2015 : des souvenirs, des larmes et des rires ont clos la semaine « Charlie »