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Procès de Bordeaux: Oradour et malgré nous

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Oradour : Une amnistie toujours pas admise. L y a des procès qui semblent ne jamais se terminer.

Oradour : Une amnistie toujours pas admise

Celui du massacre d'Oradour-sur-Glane - en 1953 à Bordeaux - est de ceux-là. Ce rendez-vous manqué avec l'Histoire (l'un des plus importants d'après-guerre) a provoqué une telle déception au sein des familles de victimes que, soixante-six ans plus tard, le malaise demeure palpable. « Ah, vous êtes de Bordeaux ? » Silence. Évocation d'un procès « qui n'en a pas été un » et rappel d'une amnistie jugée « inadmissible » et « toujours mal digérée. » La rancœur est tenace. Le procès de Bordeaux et ses conséquences. Par Mireille Biret Publié le 1er octobre 2010 L’incompréhension atteint son paroxysme en 1953 quand le tribunal militaire de Bordeaux, jugeant le massacre des 642 habitants d’Oradour-sur-Glane, a condamné à la prison et aux travaux forcés treize Malgré-Nous alsaciens incorporés dans l’unité SS responsable du massacre.

Le procès de Bordeaux et ses conséquences

Le procès de Bordeaux et ses suites ont contribué à élargir la méconnaissance des Français sur l’histoire de l’Alsace et, en Alsace, nourri un sentiment d’amertume et d’incompréhension. Les bourreaux d'Oradour disparaissent largement impunis. Oradour-sur-Glane en 2004 (Dennis Nilsson) Heinz Barth, « l’assassin d’Oradour-sur-Glane », est décédé le 6 août à l’âge de 86 ans, en Allemagne.

Les bourreaux d'Oradour disparaissent largement impunis

Responsable du massacre de 642 villageois -hommes, femmes et enfants- il avait été condamné à mort par contumace par le tribunal de Bordeaux en 1953. Les « Malgré-Nous : ces oubliés de l’Histoire. 1942: l’Allemagne nazie annexe illégalement l’Alsace et la Lorraine.

Les « Malgré-Nous : ces oubliés de l’Histoire

De cette annexion découle le début du service militaire obligatoire pour les Français d’Alsace-Moselle, incorporés dans l’armée allemande à seulement 17 ans et envoyés sur le front de l’Est ou en Russie à 18 ans. Nombreux ont été ces jeunes gens qui ont du combattre aux côtés d’une patrie qu’ils n’avaient pas choisi, pour des idéaux qu’ils ne partageaient pas, contre leurs nations d’origine… Malgré nous, les oubliés de l'Histoire. ORADOUR-SUR-GLANE (87520) - Un documentaire sur l'impossible procès d'Oradour, samedi sur France 3.

Douze janvier 1953.

ORADOUR-SUR-GLANE (87520) - Un documentaire sur l'impossible procès d'Oradour, samedi sur France 3

Le procès des auteurs du massacre d’Oradour s’ouvre devant le tribunal militaire de Bordeaux. Seuls vingt-et-un accusés comparaissent, dont une majorité d’Alsaciens incorporés de force dans la SS. L’atmosphère est électrique. Le verdict, qui compte une condamnation à mort, fait l’objet d’une amnistie rapide, dans un contexte général de réconciliation nationale et de construction européenne.

En Alsace, le non-dit rôde, il ne cesse de rôder depuis la guerre. Un demi-siècle après le procès de Bordeaux qui jugea les bourreaux du massacre d'Oradour-sur-Glane ­ parmi lesquels treize Alsaciens incorporés de force ­, l'Alsace peine à assumer son passé.

En Alsace, le non-dit rôde, il ne cesse de rôder depuis la guerre

Pourquoi ? Nous en sommes arrivés là parce que l'Alsace, y compris ses intellectuels, n'a pas assez travaillé l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. L'évocation de cette histoire dans toute sa diversité, histoire subie mais aussi actes de collaboration passive et active, reste taboue.