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Tunisie

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En Tunisie, l'armée victime de la plus grave attaque depuis 1956. Une attaque « terroriste » sur le mont Chaambi, une région montagneuse près de la frontière avec l'Algérie, a fait au moins 14 morts et 20 blessés, mercredi 16 juillet, selon le ministère de la défense de la Tunisie. Ce bilan, qui pourrait s'alourdir, est déjà « le plus lourd à être enregistré par l'armée depuis l'indépendance », en 1956. Le président Moncef Marzouki a annoncé un deuil national de trois jours à partir de jeudi. Deux attaques simultanées ont visé deux postes de surveillance de l'armée près de Kasserine, vers 19 h 40, à l'heure de la rupture du jeûne du ramadan. Le ministère a déclaré qu'il s'agissait d'une attaque « à la mitrailleuse et au RPG [lance-roquette] » menée par deux groupes distincts. L'un des assaillants, un Tunisien, a été abattu, selon des responsables des opérations terrestres de l'armée.

Des Algériens figurent aussi parmi les « terroristes ». Lire aussi (édition abonnés) : Tunisie, AQMI revendique une attaque et menace. Les terroristes visent le secteur du tourisme, poumon de la Tunisie. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Charlotte Bozonnet L’attaque a frappé en plein cœur de la Tunisie touristique : la région de Sousse, ses plages, ses complexes touristiques, à quelques jours seulement du début des vacances d’été, période durant laquelle le pays aurait dû faire le plein de visiteurs. Trois mois après l’attaque contre le Musée du Bardo à Tunis, qui avait fait 22 morts dont 21 touristes étrangers, le 18 mars, l’attaque du vendredi 26 juin contre l’hôtel Impérial Marhaba risque de porter de nouveau un rude coup à un secteur-clé de l’économie tunisienne, déjà fragilisé.

Pesant 7,3 % du PIB et quelque 470 000 emplois directs ou indirects, soit près de 14 % de la population active, le secteur touristique est vital pour le pays. Il avait été durement touché par l’attentat contre le Bardo. En avril, le secteur avait enregistré un recul de 25,7 % du nombre de touristes et de 26,3 % des... Du breakdance au terrorisme, l’énigmatique auteur de la tuerie de Sousse. En apparence, c'était un jeune Tunisien comme beaucoup d'autres, un étudiant en master amateur de breakdance. L'auteur de l'attentat dans un hôtel près de Sousse a pourtant fini dans une flaque de sang, abattu par la police après avoir massacré 38 personnes.

Lire aussi : Le terrorisme frappe à nouveau la Tunisie Le jeune homme vêtu d'un short et d'un T-shirt noirs qui a ouvert le feu vendredi sur des touristes profitant du soleil sur une plage a été identifié par les autorités comme Seifeddine Rezgui, un Tunisien de 23 ans. Originaire de Gaafour, une petite ville du gouvernorat de Siliana (nord-ouest), il était en master professionnel à l'Institut supérieur des études technologiques (Iset) de Kairouan, dans le centre du pays, selon le ministère de l'Intérieur. « Terroriste énigmatique » « Un élément inconnu de nos services.

Comme beaucoup de voisins, l'oncle de Seifeddine Rezgui, Ali, 71 ans, a fait part de sa stupeur. « En 23 ans, il n'a rien fait d'illégal. L’EI redouble de violence en Tunisie. Ansar Al-Charia, AQMI, Etat islamique, une galaxie djihadiste en pleine émulation. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Madjid Zerrouky « Nous nous attendions à ce qu’il y ait une action d’un degré élevé. » S’adressant au pays après l’attaque du Musée du Bardo, le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a confirmé la montée en puissance d’un péril djihadiste que les autorités sentaient venir et qu’elles avaient combattu résolument ces derniers mois.

Tunis avait annoncé en début de semaine avoir démantelé quatre cellules de recrutement de combattants djihadistes pour la Libye et arrêté une trentaine de personnes. Le 12 mars, le premier ministre, Habib Essid, précisait que 400 djihadistes avaient été arrêtés depuis sa prise de fonction, le 6 février. Des chiffres importants, à mettre en regard avec le fait que la Tunisie est le premier pays pourvoyeur de djihadistes étrangers en Irak et en Syrie, avec plus de 3 000 ressortissants. Si M. La Tunisie frappée au cœur par le djihadisme. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Frédéric Bobin (Tunis, correspondant) Le convoi de véhicules officiels est sorti en trombe, flanqué d’une escorte policière nerveuse. A l’intérieur des grilles de l’hôpital Charles-Nicolle, l’attroupement inhabituel de blouses blanches, journalistes et hommes en armes devant la salle d’urgence, tandis que vont et viennent les ambulances, donne la mesure de l’événement, cet air de tragédie qui soudain crispe et déprime Tunis, mercredi 18 mars.

Charles-Nicolle est l’un des trois hôpitaux de la ville où ont été évacuées les victimes de la plus grosse attaque terroriste jamais perpétrée dans la capitale tunisienne. Quelques heures plus tôt, deux assaillants armés de kalachnikovs ont pris pour cible des groupes de visiteurs sur le parking du Musée du Bardo, l’un des hauts lieux du tourisme tunisien, où sont exposées, entre autres pièces, de légendaires collections de mosaïques. Cible emblématique « Etat démocratique naissant » « Ce n’est pas la pauvreté qui pousse les jeunes Tunisiens à partir au djihad » LE MONDE | • Mis à jour le | Par Charlotte Bozonnet (Oueslatia, envoyée spéciale) Dans la maison de la famille Kaabi, à Oueslatia, une petite ville du centre de la Tunisie, les traits sont tirés, les regards douloureux et la colère à fleur de peau, ce mercredi matin. Bilal Kaabi, l’un des fils de la famille, est mort. Il s’est fait sauter dans une voiture à Benghazi en Libye.

Il avait 23 ans. Abasourdie par le chagrin et l’incompréhension, la mère de Bilal semble ailleurs. Son fils a quitté la maison un mardi matin, le 16 septembre, expliquant qu’un de ses amis venait de perdre son père et qu’il allait lui rendre visite. Bilal se trouve en Libye pour faire le djihad. . « Martyr » La transformation de Bilal a commencé il y a un an. Ici, toutes les familles mettent en cause l’incapacité des autorités à protéger les garçons des réseaux extrémistes. Najeh Abdaoui est la sœur de Walid, l’un des quatre jeunes partis en même temps que Bilal. Echanges sur Facebook Laxisme. En Tunisie, dans l’univers des femmes salafistes.

La révolution du 14 janvier 2011, qui a vu le départ du président Ben Ali, a bouleversé la société tunisienne. Les islamistes exilés à l’étranger sont revenus au pays ou ont été libérés des prisons locales. Dans un pays en voie de démocratisation, cette liberté retrouvée après plusieurs décennies de répression, leur a donné l’occasion de reconquérir l’espace public. Les islamistes du mouvement historique Ennahda sont allés à la conquête du pouvoir avec les succès mitigés que l’on sait.

Les autres, appartenant à la mouvance salafiste, se sont attachés à diffuser leurs idées rigoristes par le biais de la prédication et d’actions caritatives dans les quartiers populaires défavorisés. Les plus radicaux d’entre eux – dits salafistes djihadistes – prônent la lutte armée aux côtés de leurs frères en Syrie, sans pour autant y renoncer en Tunisie même. Pour preuve : l’attentat meurtrier perpétré au musée du Bardo, le 18 mars 2015.

Lire aussi : La Tunisie frappée au cœur par le djihadisme. En Tunisie, dans l’univers des femmes salafistes. L’Etat islamique monte en puissance en Tunisie. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Frédéric Bobin (Wassaïa (Tunisie), envoyé spécial) Il faut bien du courage à Adnen Hellali pour continuer à semer ses rêves d’artistes en dépit de l’air du temps. Ce jour-là, à Wassaïa, village niché au pied du mont Semmama, situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Kasserine, non loin de la frontière algérienne, le professeur de français à l’allure de saltimbanque avait réuni dans une grange les enfants du coin, sagement assis sur des meules de foin. Ils récitèrent des fables de La Fontaine puis s’esclaffèrent devant un film de Charlie Chaplin. Scène un peu surréelle à quelques kilomètres seulement d’un coteau où, le 14 mai, quatre djihadistes armés ont été tués par l’armée.

Wassaïa, hameau où les ânes broutent entre les figuiers, est à la charnière de deux mondes. Celui de la plaine où la vie suit son cours normal. Accrochages Dans la confusion qui a suivi la révolution de 2011, des bandes armées djihadistes y ont établi des maquis. Le terrorisme frappe à nouveau la Tunisie. Un homme a ouvert le feu, vendredi 26 juin, dans un hôtel près de Sousse, station balnéaire de l’est de la Tunisie, faisant au moins 38 morts, selon le dernier bilan officiel. Une attaque immédiatement qualifiée de « terroriste » par le ministère de l’intérieur tunisien et revendiquée dans la nuit de vendredi par l’Etat islamique. Que s’est-il passé près de Sousse jeudi ? Selon différents témoignages, vers midi, un homme a fait feu sur des personnes se trouvant sur la plage de l’hôtel Riu Imperial Marhaba, situé dans le port d’El-Kantaoui, accolé à Sousse.

Jointe par Le Monde, Marie-Astrid, une touriste française témoin de la tuerie, raconte : « Il était environ midi, je bronzais sur la plage, on a entendu comme des détonations, mais on a d’abord pensé que c’étaient des pétards. Personne n’a réagi. Puis, il y a eu une deuxième fusillade. Grégoire, un autre touriste français, qui était lui en train de jouer au volley sur une plage adjacente, décrit une même scène de panique : Après l’attaque de l’hôtel Imperial, des centaines de touristes quittent la Tunisie. Le bilan de l’attaque contre l’hôtel situé près de la station balnéaire de Sousse s’est établi à 38 morts, dont une majorité de Britanniques.

Au lendemain de l’attaque revendiquée par l’Etat islamique qui a fait 38 morts en Tunisie, dont au moins quinze Britanniques, des milliers de touristes étrangers quittaient le pays, samedi 27 juin. Près de 20 000 Britanniques se trouvaient en voyage organisé au moment du drame, en plus des personnes voyageant à titre individuel, selon l'Association des agences de voyages britanniques ABTA.

Samedi soir, les voyagistes Thomson, First Choice, et Jet2 avaient rapatrié environ 1 200 personnes. D'ici dimanche, ce sont au moins 2 500 de leurs clients qui devraient avoir quitté le territoire tunisien, ont-elles ajouté. Lire Attentat de Sousse : la majorité des victimes sont britanniques Annulation des vols jusqu’au 31 juillet « A la place (des touristes), je ne mettrais plus les pieds en Tunisie en cette période.

La Tunisie, le pays qui fait peur aux djihadistes. Tunis à l’heure de l’union nationale. Tunisie : le combat démocratique continue. Choc, effroi et colère règnent en Tunisie après l’attaque du Musée national du Bardo qui a coûté la vie à au moins 20 personnes, dont 17 touristes. Au-delà de l’horreur, il s’agit d’une véritable épreuve pour la transition démocratique. Le but est de faire régner la terreur et de détourner les Tunisiens de leurs objectifs de démocratie, liberté et pluralisme. Mais cela ne doit pas prendre, malgré la tentation d’une réponse tout sécuritaire. Les Tunisiens ont appris à vivre avec les menaces régulières de déstabilisation qui se présentent aux frontières libyennes et algériennes.

Les mesures sécuritaires et la lutte antiterrorisme seront nécessaires pour relancer l’économie. Nouveau contrat social La lutte antiterroriste doit être menée sur tous les fronts et elle doit s’inscrire dans la durée. Ensuite, pour parvenir à un nouveau contrat social, il faudra mettre en œuvre une réforme de la sécurité et fournir aux jeunes Tunisiens des raisons de construire leur avenir en Tunisie. L'Etat islamique revendique l'attaque du Musée du Bardo. Dans un communiqué sonore et écrit diffusé sur Twitter, puis repris par des comptes et canaux sympathisants habituels, l'Etat islamique (EI) s'attribue la responsabilité de l'attaque contre le Musée du Bardo, à Tunis, mercredi 18 mars. L'assaut, affirme le groupe djihadiste, a été mené par « deux chevaliers de l'Etat du califat lourdement armés de mitrailleuses et de grenades » baptisés « Abou Zakaria Al-Tounsi » et « Abou Anas Al-Tounsi ».

Des noms de guerre confirmant implicitement la nationalité tunisienne des assaillants. Le communiqué de l'EI indique que c'est bien le Musée du Bardo, « situé dans le carré sécuritaire du Parlement tunisien », qui était visé afin de semer « la terreur dans le cœur des infidèles ». Les « frères », se félicite-t-il, sont parvenus à prendre en otage « un groupe de ressortissants des Etats croisés ». étendre le califat Des centaines de Tunisiens se sont enrôlés dans les rangs djihadistes en Irak, en Syrie et en Libye, notamment au sein de l'EI.

Après l’attaque de Tunis, débat autour des failles sécuritaires. Attentat de Tunis : le président admet des « failles sécuritaires » La Tunisie a affirmé, samedi 21 mars, que l'enquête sur l'attentat du musée du Bardo avançait, trois jours après l'attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), qui a coûté la vie à 20 touristes étrangers et un Tunisien. « Le dossier est chez le juge d'instruction. Il y a des développements mais pour préserver le secret de l'enquête et son efficacité nous préférons ne donner aucun détail », a indiqué le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti. Lire : La Tunisie, modèle de transition politique, frappée par le terrorisme De son côté, le porte-parole du ministère de l'intérieur, Mohamed Ali Aroui, a évoqué « plus de dix arrestations [de personnes] impliquées de manière directe ou indirecte dans l'attaque, parmi elles des gens ayant apporté un soutien logistique ».

Il n'a donné aucune indication sur leur identité. Des « défaillances » dans le dispositif de sécurité Lire (en édition abonnés) : Après l’attaque de Tunis, débat autour des failles sécuritaires. Le Musée du Bardo, haut-lieu du tourisme à Tunis. Théâtre d'une attaque meurtrière et d'une prise d'otages, mercredi 18 mars, le Musée du Bardo à Tunis est l'un des principaux établissements culturels du continent africain et l'un des plus anciens et des plus importants de Tunisie. De renommée mondiale, il figure parmi les endroits les plus visités du pays.

Inauguré le 7 mai 1888, au temps du protectorat français, dans un palais du Bey, le Musée du Bardo, mitoyen du Parlement, s'est longtemps appelé Musée Alaoui, avant de prendre son nom actuel après l'indépendance de la Tunisie. C'est principalement un musée archéologique, qui conserve, dans une architecture arabo-musulmane richement ornée, les produits des fouilles des sites lybico-puniques – à commencer par Carthage – et surtout romains, accumulés au temps où le pays était une province de l'Empire et où cités et villas abondaient.

Commencées au XIXe siècle, ces campagnes archéologiques ont mis à jour des ensembles d'une exceptionnelle qualité. Des mosaïques remarquablement conservées. Manuel Valls « condamne avec la plus grande fermeté » l'attaque du Musée du Bardo. Manuel Valls « condamne avec la plus grande fermeté » l'attaque du Musée du Bardo.