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« Notre société a produit ce qu’elle rejette aujourd’hui comme une monstruosité infâme »

« Notre société a produit ce qu’elle rejette aujourd’hui comme une monstruosité infâme »
Par Didier Fassin, professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton (New Jersey) Après le temps de la sidération, le temps de la communion et le temps du recueillement autour des victimes des assassinats des 7, 8 et 9 janvier, devra venir le temps de la réflexion sur ces événements tragiques. Or l’émotion légitime et l’apparent consensus qui en a résulté tendent à délimiter l’espace du pensable et a fortiori du dicible. Un périmètre de sécurité idéologique impose ce qu’il est acceptable d’interroger et ce qui ne saurait l’être. Condamner est nécessaire, analyser devient suspect. « Il y en a assez de toujours essayer de comprendre. À force de trop vouloir expliquer, nous avons fait preuve de complaisance depuis trop longtemps », me disait une personnalité de gauche connue pour ses engagements citoyens. « Excuses sociologiques » Related:  Discrimination et quartier

« La France doit sortir de l'“apartheid scolaire” » Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Nathalie Mons (Professeur de sociologie à l’université de Cergy-Pontoise et présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire) Oui il existe en France des « black schools » qui scolarisent majoritairement des élèves issus de l’immigration. Notre système scolaire produit du séparatisme ethnique et social. Dans leur ouvrage sur L’Apartheid scolaire (Seuil, 2005), les sociologues Georges Felouzis, Françoise Liot et Joëlle Perroton ont levé ce tabou. Nous sommes en 2005, les statistiques ethniques n’ont pas droit de cité. La ségrégation ethnique n’est toujours pas mesurée de manière officielle. Coïncidence, un diagnostic sur la mixité sociale vient d’être commandé pour la première fois aux responsables locaux de l’éducation nationale. Ces ségrégations ne sont neutres ni pour l’école ni pour notre société, comme le montrent un champ riche de recherches conduites dans divers pays (Etats-Unis, France, Belgique, Irlande, Inde…).

Olivier Roy : « La peur d’une communauté qui n’existe pas » Par Olivier Roy, chercheur spécialiste de l’islam L’émotion qui a saisi la France après la tuerie de Charlie Hebdo est plus qu’une réaction d’horreur ou une manifestation de solidarité : elle est un fait de société. Car cet acte terroriste est lui aussi plus qu’un crime : c’est un événement politique, non pas parce qu’il est l’attentat le plus meurtrier commis en France depuis 1961 ou parce qu’il touche à la liberté d’expression et à celle de la presse (des attentats, il y en a eu et il y en aura encore, sous quelque drapeau que ce soit, et la liberté d’expression a connu et connaîtra bien d’autres menaces), mais parce qu’il transforme un débat intellectuel en question quasi existentielle : s’interroger sur le lien entre islam et violence conduit à s’interroger sur la place des musulmans en France. Soumission à rebours L’enjeu, au-delà d’une dimension purement sécuritaire qui est parfaitement gérable (non, il ne s’agit pas du 11-septembre français, – un peu de tenue et de retenue !)

4 questions sur les statistiques religieuses et ethniques Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Delphine Roucaute Après avoir affirmé sur France 2 qu’il avait comptabilisé le nombre d’enfants musulmans dans les écoles de sa ville, le maire de Béziers Robert Ménard a été entendu par la police dans le cadre l'enquête préliminaire ouverte par le procureur de Béziers pour « tenue illégale de fichiers en raison de l'origine ethnique ». En effet, on ne transige pas en France avec ce que l’on appelle les « statistiques ethniques ». La question cristallise pourtant les polémiques depuis une vingtaine d’années, tout le monde ne s’accordant pas sur la nécessité ou non de procéder à des études d’ampleur sur l’origine ethnique ou religieuse des Français. Qu’est-ce qui constitue exactement un délit ? Lire aussi Pourquoi Robert Ménard n’a pas le droit de ficher les écoliers musulmans de Béziers Mais qu’entend-on exactement par « statistique ethnique » ? En France, les statistiques reposent sur la nationalité effective des personnes.

La réussite à l’école ne dépend pas que de l’école: voici la preuve en chiffres Temps de lecture: 8 min On savait que la journée type d’un élève de Clichy-sous-Bois n’était pas vraiment la même que celle d’un élève du centre de Paris, notamment à cause de conditions de vie différentes: parents plus souvent absents, famille plus nombreuse, niveau d’études des parents moins élevé, etc. Une étude de l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), rendue publique ce mercredi 24 septembre, et qui porte sur plus de 600 enfants de CM1 et CM2 scolarisés en réseau d’éducation prioritaire et dans des établissements de centre-ville, nous renseigne précisément sur l’étendue du gouffre qui sépare ces deux mondes. Elle dresse le portrait d’une école fortement marquée par une forme de «ségrégation spatiale», comme l’explique Nina Schmidt, chargée de misson à l’Observatoire des inégalités. Moins de vacances et moins d’activités culturelles Côté santé et vie quotidienne, c’est pas le top non plus Des parents moins présents dans le soutien scolaire Des solutions existent

Avant le bac, séances intensives de révision au lycée Romain-Rolland de Goussainville LE MONDE | • Mis à jour le | Par Séverin Graveleau Penché sur sa calculatrice au fond de la classe, Jimmy, 19 ans, essaie de mesurer « l’impact de la revalorisation du smic sur les charges d’une entreprise ». Susceptible de tomber aux épreuves du bac professionnel gestion-administration qu’il prépare, l’exercice est plutôt « difficile », concède-t-il. C’est d’ailleurs ce lycée que la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a choisi cette année pour son premier déplacement de communication sur le bac, le 8 juin. Comment cet établissement, classé en zone d’éducation prioritaire (ZEP), obtient-il de si bons résultats ? « Tous ces élèves sont volontaires » Aux côtés de Jimmy et d’une quinzaine de ses camarades, deux enseignantes, qui font cours séparément durant l’année, sont réunies. La cloche sonnée, les élèves se retrouvent à l’extérieur sur les grandes marches d’une cour pour partie recouverte de gazon. Des « journées d’entraînement »

La généralisation du CV anonyme divise associations, entreprises et chercheurs C’est sans doute un savant exercice d’équilibrisme qui attend le gouvernement sur la question du CV anonyme à la rentrée. Alors que le 9 juillet, le Conseil d’Etat a, de façon inattendue, décidé d’imposer l’adoption « dans les six mois » du décret d’application d’une loi de 2006 rendant obligatoire cet outil de lutte contre les discriminations dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés, la mesure divise associatifs, spécialistes et acteurs économiques. Les réticences viennent de tous bords. Lire : Le gouvernement sommé de généraliser le CV anonyme A l’origine de ces doutes : les résultats extrêmement mitigés de l’expérimentation officielle du dispositif, en 2010, contraire aux attentes. Frateli Logement social : des solutions-chocs pour « mieux cibler les publics modestes » La Cour des comptes estime que les plafonds de revenus pour prétendre à un HLM « apparaissent élevés » car en théorie, les « deux tiers de la population » y ont droit. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Bertrand Bissuel Même s’il accueille de plus en plus de pauvres – excepté en Ile-de-France –, le logement social doit encore « mieux cibler les publics modestes et défavorisés ». C’est l’une des orientations les plus fortes défendues par la Cour des comptes, dans un « rapport thématique » rendu public mercredi 22 février. La haute juridiction formule plusieurs solutions-chocs, dont l’une consisterait à instaurer, par endroits, des contrats de location à durée déterminée. En 2016, le parc locatif social comptait quelque 4,8 millions d’appartements et de maisons individuelles, soit une habitation sur six. Les magistrats de la rue Cambon ont cherché à évaluer cette action, au regard de « l’objectif premier » qui lui est assigné : fournir un toit aux ménages modestes et défavorisés.

Logement : un « testing » révèle de fortes discriminations Une étude menée en 2016 montre les difficultés d’accès au marché locatif des personnes d’origine maghrébine. Les personnes d’origine maghrébine qui veulent louer un logement à Paris essuient plus fréquemment un refus que les candidats portant un nom à consonance française. Ce phénomène, qui ne constitue pas tout à fait une surprise, est lié à des choix discriminatoires des bailleurs dont l’ampleur est significative, comme le montre une étude rendue publique jeudi 2 mars. L’enquête en question repose sur un testing – une méthode « peu appliquée en France » s’agissant des discriminations dans l’accès au marché locatif. Filtrage L’exploitation des données est éloquente. Les écarts se creusent si le fait d’être fonctionnaire est mis en avant : pour un Nord-Africain indiquant sa qualité d’agent public, le taux de réponses positives se monte à 15,5 %, mais il est presque trois plus élevé s’agissant d’une personne « d’origine française » dans le même cas (42,9 %). Inégalités massives

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