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« Notre société a produit ce qu’elle rejette aujourd’hui comme une monstruosité infâme »

« Notre société a produit ce qu’elle rejette aujourd’hui comme une monstruosité infâme »
Par Didier Fassin, professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton (New Jersey) Après le temps de la sidération, le temps de la communion et le temps du recueillement autour des victimes des assassinats des 7, 8 et 9 janvier, devra venir le temps de la réflexion sur ces événements tragiques. Or l’émotion légitime et l’apparent consensus qui en a résulté tendent à délimiter l’espace du pensable et a fortiori du dicible. Un périmètre de sécurité idéologique impose ce qu’il est acceptable d’interroger et ce qui ne saurait l’être. Condamner est nécessaire, analyser devient suspect. « Il y en a assez de toujours essayer de comprendre. À force de trop vouloir expliquer, nous avons fait preuve de complaisance depuis trop longtemps », me disait une personnalité de gauche connue pour ses engagements citoyens. « Excuses sociologiques »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/15/notre-societe-a-produit-ce-qu-elle-rejette-aujourd-hui-comme-une-monstruosite-infame_4557235_3232.html

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armes-boko-haram-francaises-620x330.jpg Crédit photo: Tous droits réservés d.r. Tous les experts militaires de bonne foi admettent aujourd'hui que la France, quatrième exportateur d'armes dans le monde, un rang qu'elle maintient alors qu'elle a chuté à la sixième place des puissances économiques, s'est montrée bien imprudente en parachutant à l'aveugle dans le désert libyen, en juin 2011, des dizaines de tonnes d'armes à destination des rebelles combattants Kadhafi. Nicolas Sarkozy, qui est un homme impatient, était alors pressé d'en finir avec son nouvel ennemi, le Guide Libyen. Une pluie d'armes tricolores

Satire et droit à l’humour, un si long combat judiciaire Le texte mériterait d’être affiché, étudié, débattu dans toutes les écoles de France, aux côtés de la Déclaration des droits de l’homme et du ­citoyen de 1789. Une dizaine de ­pages, celles du jugement rendu le 22 mars 2007 par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des caricatures de Mahomet, constituent une magistrale leçon d’instruction civique. Elles s’ouvrent sur ce rappel solennel : « Attendu qu’en France, ­société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer les religions quelles qu’elles soient et avec celle de représenter des sujets ou objets de vénération religieuse ; que le blasphème, qui outrage la divinité ou la religion, n’y est pas réprimé (…) ».

Facebook, Google, Apple : merci, mais la solidarité, c'est payer ses impôts en France Connus pour leur réactivité, les géants américains du web n’ont pas tardé à exprimer leur compassion après les attentats du 13 novembre. Le soir des attaques, Facebook est le premier à se faire le champion de cet élan de solidarité. Les membres du réseau social résidant en région parisienne sont aussitôt invités à se signaler « en sécurité » d’un simple clic. Un moyen efficace de rassurer ses proches, utilisé par plus de cinq millions de personnes. Tenou'a Hommage à Elsa Cayat, la psy de Charlie - Texte prononcé par le rabbin Delphine Horvilleur lors des funérailles d’Elsa Cayat, le 15 janvier 2015, reproduit en accord avec la famille. Lire la version anglaise de ce texte / Read this text in English. Elsa avait l’habitude de commencer chacune de ses séances de thérapie, en disant à ses patients : « Alors, racontez-moi ! ». Alors j’aimerais que nous écoutions cette invitation qu’elle donnait à la parole de l’autre, et que nous racontions, même si ce cimetière est aux antipodes de son bureau en désordre, même si sa fumée de cigarette ne tournoie plus dans les airs. Racontons ici, en ce lieu, qui fut Elsa Cayat, ce qu’elle fut pour ses parents, ses frères et sœurs, pour sa famille, son compagnon, ses neveux, ses patients, ses collègues, pour sa famille de Charlie Hebdo, pour sa fille.

« Charlie en France, Pegida en Allemagne », par Bodo Schulze - Critique de la dissociation-valeur Charlie en France, Pegida en Allemagne Bodo Schulze Commentant les grandes manifestations « Charlie » en France le 11 janvier 2015, un journaliste de la première chaîne de télévision allemande ARD terminait son discours en disant : « Confrontée à cela, Pegida [1] apparaît comme bien minable. » Ici une géante manifestation républicaine pour la liberté de presse et les « valeurs occidentales » en général, là – à Dresde principalement – des manifestations chaque semaine grandissantes en nombre d'une populace raciste contre « l'islamisation de l'Occident ». Ici, l'union nationale de tous les partis à l'exception du FN, là, un mouvement soutenu par aucun parti à l'exception du FN allemand, l'Alternative pour l'Allemagne (AFD). Voyons si la différence est vraiment telle qu'elle apparaît. Pegida est né dans une ville qui compte environ 0.4 % de musulmans, pas vraiment un pourcentage corroborant une « islamisation ».

MONDE MUSULMAN. Infographie : quel est le style "convenable" pour les femmes ? Quel est le style vestimentaire qui convient pour une femme ? Cette enquête, menée dans sept pays musulmans, a suscité un grand intérêt à travers le monde. Le Pew Research Center américain a interrogé le directeur de l'enquête sur les méthodes et le déroulement. De « Charlie » à Dieudonné, jusqu'où va la liberté d'expression ? « Pourquoi Dieudonné est-il attaqué alors que “Charlie Hebdo” peut faire des “unes” sur la religion ? » La question revient souvent. « Pourquoi Dieudonné est-il attaqué alors que Charlie Hebdo peut faire des “unes” sur la religion » ? La question est revenue, lancinante, durant les dernières heures de notre suivi en direct de la tuerie à Charlie Hebdo et de ses conséquences. Elle correspond à une interrogation d'une partie de nos lecteurs : que recouvre la formule « liberté d'expression », et où s'arrête-t-elle ? 1.

« Avec nous, ou avec les terroristes » : les éditorialistes-faucons sont de retour Au-delà de l’évidente condamnation de ces actes ignobles et de l’expression de la solidarité avec les victimes et leurs proches, certaines organisations et certains individus ont tenté de faire entendre une voix discordante, refusant de s’identifier de manière acritique à la politique française, qu’elle soit étrangère ou intérieure. Ces voix discordantes ont-elles raison ? Là n’est pas la question. Il s’agit plutôt de savoir si elles ont le droit de s’exprimer dans l’espace public et, singulièrement, dans l’espace médiatique. Nous estimons que oui, car rien ne saurait justifier l’interruption du débat démocratique, a fortiori dans un moment où une population sous le choc a envie, et besoin, de réfléchir et de comprendre.

Charlie Hebdo : être aimé par des cons, c'est dur, être haï par des amis, c'est pire Charlie Hebdo : être aimé par des cons, c'est dur, être haï par des amis, c'est pire Vendredi, 30 Janvier 2015 Depuis trois semaines, je dois me taire. Mariée à un dessinateur de Charlie Hebdo, Luz, je suis dans «l’oeil du cyclone». Journaliste, je suis habituée à «l’ouvrir», ou en tout cas à écrire sur le monde qui m’entoure.

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