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« C’est Charlie, venez vite, ils sont tous morts »

« C’est Charlie, venez vite, ils sont tous morts »
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Soren Seelow Sur la table, devant elle, Sigolène Vinson avait posé sa lecture du moment : La Faute de l’abbé Mouret, d’Emile Zola, l’histoire d’un prêtre déchiré entre sa vocation religieuse et l’amour d’une femme. Ce mercredi 7 janvier, peu après 10 heures, chacun s’est embrassé en se souhaitant la bonne année. C’était jour de rentrée pour l’équipe de Charlie Hebdo, la première conférence de rédaction de 2015. C’était aussi l’anniversaire de Luz, le dessinateur. Sigolène Vinson, la préposée habituelle aux chouquettes, avait donc apporté un « gâteau marbré » de la boulangerie du coin. La jeune femme, chroniqueuse judiciaire de l’hebdomadaire satirique, se souvient de chaque détail de cette matinée où les rires se sont tus. En entrant dans la rédaction, ce jour-là, son gâteau dans les bras, elle salue Angélique, la femme chargée de l’accueil, dont le bureau fait face à l’entrée. Charb, comme toujours, griffonne « J’étais emplie d’un sentiment de bonheur »

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/13/c-est-charlie-venez-vite-ils-sont-tous-morts_4554839_3224.html

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Attaque du supermarché Hyper Cacher : un otage raconte l'horreur Nessim Cohen et sa compagne Marie D. (prénoms modifiés à leur demande) , âgés tous les deux de 37 ans, faisaient partie des otages retenus vendredi par Amedy Coulibaly dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Au cours d'un entretien téléphonique d'une quarantaine de minutes, Nessim Cohen nous a livré son témoignage de la séquestration. La prise d'otages a fait quatre morts parmi les clients du magasin: Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen et François-Michel Saada. Elle s'est achevée avec la mort du preneur d'otages, tué dans l'assaut du Raid.

Marche républicaine à Paris : une ampleur «sans précédent» L’essentiel • Des rassemblements sont organisés un peu partout en France, en hommage aux 17 victimes tuées en trois jours dans les attentats. 700 000 personnes ont déjà défilé hier, samedi, à travers la France. • A Paris, les dirigeants d’une soixantaine de pays, d’Angela Merkel à David Cameron en passant par Benyamin Nétanyahou, Mahmoud Abbas ou le roi de Jordanie, participeront à cette marche républicaine, qui réunira aussi la quasi-totalité des responsables politiques français. J’allais partir quand les tueurs sont entrés… Chers amis de Charlie et Libération, Il ne me reste pour l’instant que trois doigts émergeant des bandelettes, une mâchoire sous pansement et quelques minutes d’énergie au-delà desquelles mon ticket n’est plus valable pour vous dire toute mon affection et vous remercier de votre soutien et de votre amitié. Je voulais vous dire simplement ceci : s’il y a une chose que cet attentat m’a rappelée, sinon apprise, c’est bien pourquoi je pratique ce métier dans ces deux journaux – par esprit de liberté et par goût de la manifester, à travers l’information ou la caricature, en bonne compagnie, de toutes les façons possibles, même ratées, sans qu’il soit nécessaire de les juger. Je suis journaliste à Libération depuis vingt et un ans, j’en suis fier, j’aime les gens qui y travaillent et y ont travaillé. Je suis devenu chroniqueur à Charlie en 2003 parce que Philippe Val me l’a proposé en disant : «Fais ce que tu veux, essaie tout et n’importe quoi, invente, transgresse !»

L’enfance misérable des frères Kouachi Elle en rêvait, de son logement social. Elle pose donc meubles, enfants, mari, dans un F4 du 156 rue d’Aubervilliers, à Paris. Avec son CAP de comptabilité, Evelyne s’en va chaque matin travailler tout près de la cité, en plein 19e arrondissement. Nous sommes dans les années 1980. La mixité sociale n’est encore qu’une théorie, un concept. « Ici, nous vivions entre pauvres. Dans quelles conditions l'islam autorise-t-il la représentation du prophète ? Le Monde | • Mis à jour le | Par Louis Imbert « Tout est pardonné », et le prophète Mahomet en pleurs tient lui aussi une pancarte « Je suis Charlie ». La dernière « une » de Charlie Hebdo est un nouveau dessin du Prophète. Elle repose la question de la représentation de la principale figure de l'islam, et de la figure humaine en général, dans la tradition islamique. Ce que disent les textes

Luz à propos de la une de «Charlie Hebdo» : «C'était mon dernier jus» Peu avant la conférence de presse donné par l'équipe de Charlie Hebdo, le dessinateur explique à Libération la conception de la une de cette semaine. «Tout est pardonné» «Est-ce qu’il va falloir qu’on explique un dessin ? Contre l’exode des juifs de France «Nous devons faire bloc et ne plus considérer comme une fatalité que des gens puissent être menacés sur leur sol parce qu’ils portent une kippa ou une étoile de David», explique cette tribune d'un contributeur de Slate. L’euphorie Il y a des drapeaux français, les crayons brandis. En ce dimanche 11 janvier 2015, j'ai vu de beaux visages souriants, apaisés. On chante la Marseillaise un peu partout. Des blancs, des noirs, des maghrébins, des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes sont descendu dans la rue, portés par la même énergie républicaine.

Luz : “Tout le monde nous regarde, on est devenu des symboles” Luz dessine à Charlie Hebdo depuis vingt ans. Il doit la vie au fait d’être né un 7 janvier, et d’être arrivé à la bourre pour la conférence de rédaction de l’hebdomadaire satirique. Il participe avec les autres “survivants” à la fabrication du numéro de Charlie Hebdo qui sortira le 14 janvier, et qui sera exceptionnellement tiré à un million d’exemplaires. Aujourd’hui, comme hier, il se rendra dans les locaux de Libération, qui abritent la rédaction, pour discuter des angles, des sujets, de la couverture. Avec d’autres dessinateurs, il ira croquer le grand rassemblement républicain de dimanche. Au lendemain de l’attaque terroriste qui a coûté la vie à ses amis, ses mentors, sa famille, Luz nous confie ses doutes, ses craintes et sa colère.

Non, « Charlie Hebdo » n’est pas obsédé par l’islam L’étude des « unes » de 2005 à 2015 montre que le journal brocardait beaucoup plus les chrétiens que les musulmans, selon les sociologues Céline Goffette et Jean-François Mignot. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Jean-François Mignot (Sociologue) et Céline Goffette (Sociologue) De qui se moquait le journal satirique Charlie Hebdo, avant que deux terroristes islamistes assassinent cinq caricaturistes et six autres personnes présentes à la conférence de rédaction du 7 janvier ? Est-il vrai que ce journal faisait preuve d’une « obsession » à l’encontre des musulmans, comme cela a pu être dit à la suite des attentats, notamment dans une tribune du Monde du 15 janvier 2015, à laquelle ont contribué plusieurs chercheurs ? Pour apporter une réponse raisonnée à cette question, nous analysons les 523 « unes » du journal de janvier 2005 (n°655) au 7 janvier 2015 (n°1177). Au fil des années, cette répartition en quatre catégories principales a peu changé.

Ces morts que nous n’allons pas pleurer Une sensation circule depuis l’attentat perpétré contre la rédaction de Charlie Hebdo : nous sommes en train de vivre un « 11 septembre français ». Si on laisse de côté la question du volume (environ trois mille morts d’un côté, une douzaine de l’autre), le parallélisme entre les deux événements saute en effet aux yeux. Dans les deux cas, les attentats ont été perpétrés par des personnes se réclamant de l’Islam. Ils ciblent par ailleurs des personnes civiles et des symboles de la modernité occidentale (la presse ici, le capitalisme là-bas). Enfin, ils mettent en œuvre une stratégie « terroriste » au sens où il s’agit de provoquer une émotion de peur dans le pays touché.

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