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Charlie Hebdo : la journée de Mourad H, accusé à tort d’être un terroriste - Rue89 - L'Obs

Charlie Hebdo : la journée de Mourad H, accusé à tort d’être un terroriste - Rue89 - L'Obs
Pendant près de 24 heures, Mourad H., 18 ans, a fait partie des trois « terroristes » accusés d’avoir attaqué Charlie Hebdo et d’avoir tué 12 personnes. Pendant près de 24 heures, certains médias et de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux ont estimé qu’il était nécessaire de bafouer la déontologie journalistique en relayant son identité complète. Jusqu’à ce qu’il soit mis hors de cause ce jeudi après-midi. « Il condamnait les actes de l’Etat islamique » StreetPress retrace la journée de ce lycéen en terminale S et rapporte les témoignages de certains de ses camarades. « C’est complètement fou ! Egalement joint par Rue89 ce jeudi matin, Anyce expliquait avoir conseillé à Mourad « d’aller au commissariat pour prouver son innocence ». « Il est gentil. « On vous tient enfants de putains » Ces témoignages n’ont pourtant pas suffi à imposer davantage de prudence aux journalistes et aux commentateurs. Alors qui a divulgué le nom de ce lycéen ? « Je vais au bureau avec un pétard » Related:  Backlash / Islamophobie / XénophobieOBS

Déferlante raciste et islamophobe dans toute la France Dernière mise à jour vendredi 10 janvier, 17h (voir en fin d'article) À l’heure où l’union nationale fait le plein chez les politicards, du Front de Gauche au Front National et où l’on peut sentir que le "cordon sanitaire républicain" se dissout bien dans la guerre aux musulmanEs (pardon, au terrorisme), il y en a bien quelques-uns qui ont compris que c’était le bon moment pour eux... Ce bilan évolutif n’est malheureusement probablement pas exhaustif. On vous fait grâce des milliers de tweets, commentaires, mots FB et autres saloperies racistes qu’on peut lire sur le Net. Mise à jour 9 janvier : Un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a déposé plainte ce jeudi après-midi au commissariat de Bourgoin-Jallieu (Isère) pour violences aggravées. Mise à jour 10 janvier : À Bischwiller (Bas-Rhin), « ICH BIN CHARLIE » a été tagué sur la mosquée. Par ailleurs, comme on le disait au début de cet article, il est certain que beaucoup d’actes n’ont pas la faveur des médias.

Attentat à "Charlie Hebdo": mon 1er jour de stage en journalisme. Je ne l'oublierai jamais La page du site de "Charlie Hebdo" affichait "Je suis Charlie" après le drame du 7/01/15 (SIPANY/SIPA) Aujourd'hui, premier jour de stage dans une rédaction, une vraie, avec des vrais bureaux, avec deux écrans pour moi toute seule, les fils d'actu qui défilent et des télés partout qui diffusent l'info en continu. Aujourd'hui, c'est le début d'une aventure, c'est le début de ma vie de journaliste. Pourtant, aujourd'hui, rien ne s'est passé comme prévu. Tout est allé beaucoup trop vite Je suis arrivée en salle de rédaction, on m'a expliqué le fonctionnement du journal, comment utiliser TweetDeck, comment publier les articles, comment diffuser les photos et vidéos aux autres agences et même comment me faire du thé. Pourtant tout est allé beaucoup trop vite. D'un seul coup, toute la rédaction s'est rassemblée devant la télé et on a entendu ceci : "La rédaction de "Charlie Hebdo" a été attaquée à l'arme à feu, plusieurs personnes sont blessées." Et puis on a entendu qu'il y avait des morts.

Divisions, pièges à cons « Croire que la folie d’une poignée est la croyance de tous. Ne tombons pas dans le piège qui nous est tendu », affirment ensemble personnalités et mouvements interreligieux, interculturels, anti-islamophobie, qui lancent cet appel à l'unité, à la solidarité et à la liberté. La France est fracturée. Aujourd’hui, les discours sont au recueillement et à l’union nationale, demain certains seront à la haine et à l’exclusion. Alors que faire ? « Engagez-vous qu’ils disaient, engagez-vous » Alors que faire ? Ce combat n’appartient pas au gouvernement, il n’appartient pas à l’opposition. Sortons de nos maisons, sur nos paliers, levons les yeux quelques secondes de nos écrans. Les terroristes ont voulu mettre la France à genoux. Premiers signataires

Attentat à "Charlie Hebdo" : le film de la journée de jeudi Au lendemain de l'attentat sanglant contre "Charlie Hebdo", la France se réveille abasourdie. Mercredi, deux terroristes se sont livrés à l'attaque la plus meurtrière en France depuis un demi-siècle. Il y a 12 morts au total, dont deux policiers. Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et Bernard Maris comptent parmi les victimes. > "Charlie hebdo", 44 ans de rigolade # 3h - Appel à témoin pour retrouver Chérif et Said Kouachi La police diffuse dans la nuit les photos de deux frères, Chérif et Said Kouachi, 32 et 34 ans, sont "susceptibles d'être armés et dangereux". On apprend également dans la nuit que le troisième homme recherché, Hamyd Mourad, âgé de 18 ans, s'est rendu de lui-même à la police. # 8h - Fusillade mortelle à Montrouge Peu après 8 heures, ce jeudi matin, une fusillade éclate à Montrouge, dans le sud de Paris. Le tireur était au moment des faits porteur d'un gilet pare-balles, d'une arme de poing et d'un fusil mitrailleur. # 12h - La France se fige # 16h/24h - La traque se poursuit

Des actes islamophobes sont à déplorer, mais l’extrême-droite reste, pour l’instant, marginalisée Plus de trois millions de personnes ont manifesté en France pour les libertés et contre le terrorisme, ce 11 janvier, après les attaques sanglantes perpétrés par trois militants djihadistes contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo puis un supermarché casher. Malgré un contexte propice aux amalgames et aux discours stigmatisant les musulmans, les tentatives de récupération de l’extrême-droite sont demeurées vaines. Plusieurs actes islamophobes ont cependant été recensés. « Les journalistes au bûcher, les barbus au bûcher ! ». Au même moment à Lyon, environ 200 identitaires se sont rassemblés derrière une banderole « Islamisation : moins d’émotion, plus d’action ». A Paris, l’extrême droite traditionnelle ne s’est pas montrée lors des différents rassemblements. Si les apparitions publiques de l’extrême droite sont, pour l’instant, demeurées marginales, plusieurs actes islamophobes et anonymes sont à déplorer depuis le 7 janvier. D’autres mosquées ont été visées par des graffitis.

La presse mondiale à l’unisson avec "Charlie Hebdo" Unes, éditos, hommages : les quotidiens du monde entier soulignent ce jeudi 8 janvier leur solidarité avec l’hebdomadaire satirique victime du terrible attentat de la veille à Paris qui a coûté la vie à 12 personnes parmi lesquelles plusieurs dessinateurs de renom du titre. "Un assaut contre la démocratie" La presse britannique rend notamment un vibrant hommage à "Charlie Hebdo" en consacrant la quasi-totalité de ses Unes au journal : Dénonçant "un assaut contre la démocratie" - pour le "Guardian" - ou soulignant que cet attentat est un acte de "guerre" contre la liberté - selon le "Daily Mail" - les médias britanniques, à l’instar de "The Independant" n’hésitent pas à mettre en valeur des dessins de presse : Roy Greenslade, dans le "Guardian" a, dès mercredi, mis en ligne un article appelant à ne pas "laisser la liberté d’expression silencieuse face à l’attaque contre Charlie". "Une attaque contre notre idée même de civilisation" Il met les Français en garde : Céline Lussato

À la mosquée de Brest, un geste de fraternité avec les musulmans Alors que quelques dizaines d’actes islamophobes sont à déplorer en France depuis plusieurs jours (lire notre article), les musulmans de Brest ont eu la surprise de trouver en arrivant à la mosquée une guirlande de cœurs et des messages de solidarité. Slimane Harrag, président de l’Association culturelle des musulmans de Brest, décrit son émotion lorsqu’il a trouvé ces messages à l’entrée de sa mosquée, dimanche matin. Et les échanges qui ont eu lieu toute la journée entre les passants et les parents venus amener leurs enfants aux cours d’arabe organisés par la mosquée. Une cinquantaine de membres de la communauté musulmane ont participé à une marche depuis la mosquée, pour se rendre ensemble à la manifestation dimanche après-midi dans les rues de Brest (lire aussi : Après l’émotion et la mobilisation, quels défis pour la société française et la défense des libertés dans le monde ?). Le reportage de David Cormier, pour Le Télégramme :

Crise symbolique, frustration collective et fabrication d’un ennemi intérieur nourrissent le populisme qui vient Basta ! : Le Front national entretient une sorte de « grande confusion », en se réappropriant des thématiques qui n’étaient pas les siennes, comme la laïcité. Beaucoup de gens, un peu perdus politiquement, se laissent attirer par ces discours. Comment analysez-vous cette évolution ? Raphaël Liogier [1] : Il n’y a pas extension de l’extrême droite, mais une dissolution, ce qui est plus grave. Le national-libéralisme typique de l’extrême droite française, portée par des individus réactionnaires et nationalistes, mais aussi libéraux du point de vue économique – comme Jean-Marie Le Pen qui était favorable à la suppression de l’impôt sur le revenu – n’existe plus aujourd’hui. Dans toute l’Europe, on observe la mobilisation dans les discours des valeurs centrales de cohésion, quelles que soient ces valeurs. Est-ce le même processus ailleurs en Europe ? En Norvège, le parti qui porte un programme similaire s’appelle le Parti du progrès. En quoi cette situation est-elle nouvelle ? @AgnèsRousseaux

Charlie, je ne veux voir dépasser aucune tête En 1914, l’ensemble des parlementaires, toutes tendances confondues, chantaient « La Marseillaise » debout et à l’unisson. L’union nationale avait alors vu les dirigeants socialistes trahir tous leurs engagements en faveur de la paix, voter les crédits de guerre et avaliser une boucherie qui devait durer jusqu’en 1918. La scène s’est reproduite le 13 janvier à l’Assemblée nationale et l’union sacrée est à nouveau à l’ordre du jour. Mais elle signifie cette fois-ci l’exclusion de la communauté nationale de tous les mauvais Français, et d’abord des jeunes issus des quartiers populaires, désignés par les médias et les politiques comme « ces pelés, ces galeux, dont (viendrait) tout le mal » (La Fontaine). Répondant à une question du député Claude Goasguen, la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem a déclaré le 14 janvier : Interrogeons-nous sur plusieurs éléments de ce discours : est-il normal de transmettre aux services de police les coordonnées de ceux qui s’y sont refusés ?

Même à géométrie variable, les valeurs de la république affolent l’Education nationale | Journal d’un prof d’histoire A défaut d’arrêter les terroristes avant leur passage à l’acte, on arrête un lycéen pour un dessin assimilé à une « apologie du terrorisme », une incrimination qui commence à faire des ravages, y compris en milieu scolaire. Dans les académies de l’ouest de la France, l’administration met toute son énergie à défendre « les valeurs de la république ». Enfin, certaines valeurs, pas toutes. A Nantes, un lycéen de 16 ans a été placé en garde à vue après la diffusion sur Facebook d’un dessin jugé peu conforme aux mœurs du moment. Bonne conscience Le lycéen a donc été mis en examen mais laissé en liberté, la justice manifestant là un bien coupable laxisme. Le recteur de l’académie de Nantes n’est certes pour rien – du moins l’espère-t-on – dans cette mise en examen, mais le strict recadrage dont le corps rectoral a fait l’objet dans le bureau de la ministre le 13 janvier a dû lui donner des idées. Dans l’œil du cyclone

Apologie d’acte de terrorisme : « J’ai levé la main et j’ai dit “Ils ont eu raison” » Patricia, éducatrice, travaille sur le dossier d’un collégien accusé d’avoir fait l’apologie du terrorisme pendant un débat sur l’attentat contre Charlie Hebdo. Elle dénonce une « folie collective ». Né au sud de la Loire voilà quatorze ans un début d’avril, il est là comme une mauvaise blague de la République. Originaires du Maroc et de Tunisie, ses parents tiennent depuis vingt ans un restaurant, dans un terroir du sud de la Loire. Seule devant moi dans ce palais de justice, la mère du petit poisson vit l’échec de toute une vie occupée à se fondre, faire oublier ce qu’elle est, ce qui l’a construite. Elle veut m’expliquer montrer prouver faire entendre qui elle est : « Une commerçante respectée, respectueuse avec tous, une mère de quatre enfants polis bien élevés appréciés de tous les voisins, parents toujours présents aux réunions parents-professeurs pour chacun des enfants, une famille de musulmans modérés non pratiquants. » Making of Elle avait démarré tendue, forte. Terrorisme ?

Apologie du terrorisme : Résister à l'injonction de la répression immédiate ! C’est plus que jamais lorsque l’effroi nous saisit et bouscule tous les repères que la justice doit faire preuve de sérénité et résister à la vague de l’émotion. Las, la ministre de la Justice a fait le choix d’entonner le discours de l’intransigeance de principe et d’enfermer les tribunaux dans la justice de l’urgence. Des consignes diffusées le 12 janvier soumettent les magistrats du parquet à des injonctions contradictoires de « systématisme » et « d’individualisation », de « pédagogie » et « d’application ferme de la loi », dont seul l’appel à la répression paraît être entendu, comme il fallait naturellement le craindre. C’est ainsi que depuis quelques jours s’enchaînent les procédures expédiées, où l’on a examiné et jugé le contexte, à peine les circonstances des faits, si peu l’homme, poursuivi pour avoir fait l’apologie du terrorisme.

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