
Repenser l’oppression des femmes La dernière décennie a connu un foisonnement extraordinaire d’analyses et de débats marxistes-féministes. L’ouvrage récent de Michèle Barrett, Women’s Oppression Today, est une tentative ambitieuse de présenter et de synthétiser ces recherches. Par le biais d’un dialogue avec les courants les plus influents de la pensée socialiste-féministe, Barrett cherche à élaborer, sans réductionnisme ni idéalisme, une analyse marxiste du rapport entre l’oppression des femmes et l’exploitation de classe au sein du capitalisme. En ce sens, le projet de Barrett s’intègre non seulement à celui du féminisme marxiste, mais aussi aux réévaluations contemporaines de l’ensemble de la théorie marxiste, qui accordent une importance renouvelée à l’idéologie, à l’État et à la lutte des classes. Deux interrogations théoriques se sont trouvées au cœur des débats marxistes-féministes de la dernière décennie. Le détail de la critique de Barrett Le capitalisme et la famille-ménage Comme le conclut Barrett,
L'œuvre du genre / Rediffusions / mage / Recherche - MAGE Mercredi 15 octobre 2014 Amphi Durkheim, en Sorbonne programme photothèque Rediffusion audio : Ouvertures du colloque Bruno PÉQUIGNOT, GdRI OpuS 2 (Œuvres, publics et société) et Cerlis - Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 - CNRS Margaret MARUANI, MAGE, réseau de recherche international et pluridisciplinaire "Marché du travail et genre" et Cerlis - Université Paris Descartes - CNRS Conférences "Embrasser le genre" - I Claire GIBAULT (Cheffe d’orchestre) : La musique et la direction sont-ils des mots « féminins » ? Présidence : Hyacinthe RAVET, IReMus, Université Paris-Sorbonne - CNRS Conférences "Embrasser le genre" - II Karine SAPORTA (Chorégraphe) : Les gestes du genre Delphine NAUDIER (CSU-Cresppa, CNRS - Université Paris 8), Université Versailles Saint-Quentin) : Écrivaines et dynamiques de genre dans le champ littéraire en France Présidence : Marie BUSCATTO, IDHES, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - CNRS Conférences "Déployer le genre" Table-ronde "Croiser le genre"
Comprendre la violence sexiste à l’ère du néolibéralisme Commençons par cette scène : un homme blanc nu poursuit, dans les couloirs d’un hôtel hors-de-prix situé à Manhattan, une femme noire sous-payée, demandeuse d’asile, dans le but de la forcer à avoir une relation sexuelle avec lui. L’homme, vous l’aurez compris, est alors le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), et l’homme politique français, Dominique Strauss-Kahn. La femme, qui a alors 33 ans, est bien Nafissatou Diallo, femme de chambre de l’hôtel où résidait Strauss-Kahn, et qui cherche alors asile aux États-Unis loin de sa Guinée natale, une ancienne colonie française. Bien que toutes les accusations de viol et d’agression qui pesaient sur cet ancien chef du FMI aient été abandonnées, il a eu à en payer ce qu’on peut considérer comme un prix fort – ceci incluant, parmi bien d’autres choses, sa démission et un dédommagement financier conséquent versé à Mme Diallo. Cette scène devrait constituer un symbole de notre temps. Cet article entend développer cette hypothèse.
Représenter l'intersection English abstract on Cairn International Edition Résumé Français La notion d’intersectionnalité forgée aux États-Unis dans les années 1980 cherchait à donner un nom aux dilemmes stratégiques et identitaires rencontrés par des catégories de personnes subissant des formes combinées de domination. Cet article retrace la généalogie de cette notion aux États-Unis et en France depuis les années 1970 et décrit la façon dont son appropriation par les sciences sociales permet de reformuler en principes d’investigation empirique les problèmes normatifs de l’espace politico-juridique. La notion d’intersectionnalité, importée en France dans la deuxième moitié des années 2000, invite ainsi à explorer de nouveaux objets et de nouvelles méthodes de recherche, en particulier en science politique. English Representing the intersection. Plan de l'article
Anthologie d’Andrea Dworkin : Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas (Préface de Christine Delphy) Quand la jeune Andrea Dworkin publie son premier livre de théorie féministe, Woman Hating, en 1974, les « anciennes » – Kate Millett, Audre Lorde, Phyllis Chesler – saluent son ton « abrasif, extrême », sa « rapidité », sa « pureté », et une capacité unique à exprimer et à susciter la colère, toutes les colères. Colère de la victime, mais aussi colère de la femme-qui-ne-se-croyait-pas-victime-et-qui-se-reconnaît-pourtant-dans-la-photo-du-meurtre. Car c’est de cela qu’il s’agit dans l’œuvre de Dworkin : du meurtre, de l’anéantissement des femmes dans la sexualité masculine. Cette colère en provoque une autre : les hommes, toujours aux postes de commande des maisons d’édition, et parfois des voitures qui emmènent les conférencières féministes (c’est ainsi que Dworkin gagne sa vie), trouvent que trop c’est trop. Our Blood, son deuxième livre théorique, raconte dans l’introduction une partie de cet exil intérieur, de façon parfois comique. Christine Delphy, mars 2017 Notes de la préface : 1.
Judith Butler, Défaire le genre 1 Nicole-Claude Mathieu, « Sexe et Genre », in Groupe d’étude sur la division sexuelle du travail, D (...) 2 En dépit des travaux de Colette Guillaumin. Voir Sexe, race et pratique du pouvoir, Paris, Côté-fe (...) 3 Voir Bodies That Matter. On the Discursive Limits of Sex, London-New York, Routledge, 1993 et son (...) 4 Mis à part quelques pionniers comme Marie-Hélène Bourcier, François Cusset, Christine Delphy, Didi (...) 5 Expression liée à l’ouvrage de Eve Kosofsky Sedgwick, Épistémologie du placard (= Epsitemology of (...) 6 Aux éditions EPEL, Léo Sheer, La Découverte et surtout Amsterdam. 1Dans le Dictionnaire critique du féminisme paru en France en 2000, à l’entrée « Sexe et genre »1, Judith Butler figure dans la rubrique « dérives du genre ». 7 Cf. Cherrie Moraga & Gloria Anzaldua, eds, This Bridge Called My Back. 2Pour comprendre le titre et les propos de Judith Butler, quelques très brèves informations préliminaires. 4En 1980, dans Gender Trouble.
Sur le travail sexuel : une perspective féministe révolutionnaire Introduction Le débat actuel sur le travail sexuel parmi les féministes a davantage tendance à échauffer les esprits qu’à les éclairer. Les accusations de mauvaise foi fusent des deux côtés, les résultats de recherches sont mobilisés pour affaiblir la position adverse, même lorsque la validité de la recherche elle-même est limitée par ses méthodes et ses champs d’application. Au cours de la dernière décennie, ce débat a été largement associé aux démarches pour légiférer sur le travail du sexe à partir d’objectifs féministes. Quand on s’engage dans une bataille politique, des pressions immenses mènent à simplifier à l’extrême les termes du débat. Quand on se penche sur les discussions, on se trouve tiraillée entre des descriptions très contradictoires de la prostitution, qui toutes semblent exactes. En tant que féministe révolutionnaire, je suis opposée à l’intrusion croissante de la marchandisation dans tous les aspects de l’expérience humaine, dont les relations sexuelles.
La fragmentation des identités LGBT à l’ère du néolibéralisme Si la sexualité a été un continent inconnu du marxisme, il y a longtemps que ce n’est plus le cas. Dans les années 1970 et au début des années 1980, les historiennes lesbiennes/gay ont mis à profit les concepts marxistes et féministes pour retracer l’émergence des identités gay et lesbiennes contemporaines (Fernbach 1981 ; d’Emilio 1983a et 1983b). Malgré le fait que les catégories du matérialisme historique aient été supplémentées et, dans une large mesure, supplantées par les approches foucaldiennes depuis les années 1980, les analyses produites par la première génération d’historiens et de théoriciens influencés par le marxisme survivent au sein d’une large gamme de positions constructivistes. Qu’elles fassent mention de Marx, de Foucault, ou des deux, les analyses historiques de l’identité lesbienne/gay associent l’émergence de cette identité sexuelle au développement des sociétés modernes, industrialisées et urbanisées. L’identité « gaie » classique Vers une politique émancipatrice
Genre : état des lieux La Vie des idées : « Gender studies », « théorie du genre », « théorie du gender », « théorie du genre sexuel » : les associations catholiques et les députés accablent ces théories de tous les maux, sans jamais les définir. Peut-on définir les gender studies, ou études de genre ? Laure Bereni : L’expression « études sur le genre » (on parle aussi, indifféremment, d’« études genre » ou d’« études de genre ») s’est diffusée au cours des dernières années en France pour désigner un champ de recherche qui s’est autonomisé dans le monde académique depuis une quarantaine d’années, et qui prend pour objet les rapports sociaux entre les sexes. La première réaction que m’inspirent les discours des contempteurs du genre, c’est qu’il est faux de laisser penser qu’il existerait une théorie du genre. Au-delà de cette approche en termes de champ [3], on peut définir les études sur le genre en adoptant une grille de lecture plus théorique, fondée sur un certain nombre de critères analytiques.
Articles - Louis Marin : Association Louis Marin 1 – « La notion d’infini chez Pascal », Annales de l’Université d’Istanbul, 1963. 2 – « Pascal ve 17. Yüzil bilim devrimi » (« Pascal et la révolution scientifique du XVIIe siècle »), Arastirma (« Recherche ») (Felsefe Arastirmalari Enstitüsü, Dil ve Tarih – Cografya Fakültesi, « Institut de recherche philosophique, Faculté des lettres, histoire et géographie », Ankara), 1963, vol. I, p. 237-242. [Télécharger article en PDF] 1 – « Réflexions sur la notion de modèle chez Pascal », Revue de Métaphysique et de Morale, 1967, vol. 72, n° 1, p. 89-108. 1 – « La question de l’homme », Revue internationale de Philosophie, 1968, n° 3-4, p. 308-332. 2 – « L’analyse du récit pictural : à propos de Poussin », contribution au Secondo Seminario internazionale Le Strutture narrative, Urbino, 24-30 juillet 1968, non publiée. 1 – « Éléments pour une sémiologie picturale », in B. 2 – « Notes sur une médaille et une gravure : étude sémiologique », Revue d’Esthétique, 1969, n° 2, p. 121-138. 8 – « R.
Comment la testostérone vient aux hommes (et aux femmes aussi) «Effets du comportement de genre sur la testostérone chez les femmes et les hommes», annonce le titre de l’étude*. Minute: le mécanisme n’est-il pas censé fonctionner dans l’autre sens? La testostérone n’est-elle pas un facteur explicatif de certaines attitudes associées au genre masculin – forte compétitivité, agressivité marquée, moindre empathie? Les idées courantes vont globalement dans cette direction-là. Déroulement de l’expérience: des comédiens des deux sexes sont recrutés pour jouer un monologue mettant en scène un acte de pouvoir (en l’occurrence, le licenciement d’un subordonné). Conclusions? Le pouvoir rend antisocial Que fait, au juste, la testostérone? Plusieurs études reflètent par ailleurs le fait que les taux de testostérone s’associent à des différences comportementales. Que pense François Pralong de la «relation inversée» mise en lumière par Sari van Anders et par ses coéquipiers, où le comportement détermine le niveau de testostérone? La libido en boucle
Arts & Sociétés En décembre 1824 paraissaît à Paris –très discrètement – un petit pamphlet en forme de dialogue qui allait marquer une étape importante dans la conception moderne du statut social de l’artiste. Intitulé “L’Artiste, le savant et l’industriel” et publié dans le recueil Opinions littéraires, philosophiques et industrielles, le texte est l’oeuvre d’un aristocrate déchu, Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon. Durant une vingtaine d’années, Saint-Simon s’était consacré à l’élaboration d’un système politique qui réconcilierait le progrès matériel et l’ordre social, tout en assurant un certain bien-être aux classes les plus défavorisées. La mutation de sa philosophie vers un humanitarisme mystique s’accompagne d’une valorisation des arts qui atteint son expression la plus accomplie en 1824. “C’est nous, artistes, qui vous serviront d’avant-garde; la puissance des arts est en effet la plus immédiate et la plus rapide.
La problématique de l'appropriation culturelle [Cet article est une traduction de « What’s Wrong with Cultural Appropriation? These 9 Answers Reveal Its Harm »] Donc vous venez d’arriver à une soirée d’Halloween. Vous pensez porter un costume d’enfer, mais à la place de vous complimenter, quelqu’un vous dit que votre costume est de l’appropriation culturelle. Et vous pensez que cette accusation est ridicule. Vous n’aviez pas d’intentions haineuses, donc vous ne voyez pas comment cela pourrait avoir un impact négatif. Si vous vous demandez quel est le problème à propos de l’appropriation culturelle, je vais vous l’expliquer. Poursuivez la lecture pour quelques explications sur pourquoi les gens pourraient s’énerver si vous empruntez quelque chose d’une autre culture. Ce qu’est l’appropriation culturelle (et ce que ça n’est pas) Pour faire court : l’appropriation culturelle, c’est lorsque quelqu’un adopte des aspects d’une culture qui n’est pas la sienne. En d’autres termes, le contexte compte. 1. 2. 3. 4. 5. Est-ce un blanc ? Surprise ! 6.
Physiocratie Page de garde de la Physiocratie, ou Constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au genre humain. La physiocratie est une école de pensée économique, politique et juridique, née en France à la fin des années 1750. Étymologie et définition[modifier | modifier le code] La « physiocratie » est le « gouvernement par la nature ». « l’idée que toute richesse vient de la terre, que la seule classe productive est celle des agriculteurs et qu'il existe des lois naturelles basées sur la liberté et la propriété privée qu'il suffit de respecter pour maintenir un ordre parfait[1]. » Histoire du mouvement[modifier | modifier le code] La fondation[modifier | modifier le code] Les fondateurs de cette école sont François Quesnay et le marquis de Mirabeau qui se rencontrent à Versailles en juillet 1757. Le Tableau économique[modifier | modifier le code] Les Éphémérides du citoyen[modifier | modifier le code] Les idées de l'école physiocratique[modifier | modifier le code]