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La politique déboussolée : purge à la française, par Martine Bulard (Le Monde diplomatique, septembre 2014)

La politique déboussolée : purge à la française, par Martine Bulard (Le Monde diplomatique, septembre 2014)
«Mon véritable adversaire, c’est le salaire. » Bien sûr, ce type de conviction ne s’affiche pas publiquement, et le président de la République française ne s’exprime pas ainsi. Mieux vaut clamer son rejet de la finance pour gagner, à gauche, une élection. Mais, une fois les urnes vidées, le dogme du « coût du travail » trop élevé a dicté la conduite de M. François Hollande, quel que soit son premier ministre — tout en rondeur, comme M. Jean-Marc Ayrault, ou libéral décomplexé comme M. Manuel Valls. Il ne lui a pas fallu un mois après son arrivée à l’Elysée pour en faire la démonstration. Selon l’un de ces « visiteurs du soir » que semble priser l’hôte de l’Elysée, cette « hausse limitée » vise à « préserver les entreprises » (2). Mais l’attaque va bien au-delà. Les expériences précédentes ne laissaient d’ailleurs planer aucun doute. Le « toujours moins » salarial est devenu la doctrine officielle défendue par M. Début 2014, le ton change.

http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/BULARD/50762

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Procès du Carlton : le néolibéralisme annule la dette de la violence économico-sexuelle Depuis des années, on nous sert ad nauseam la narrative des “amours” de DSK et d’autres “libertins” puissants. Sauf que voilà : il n’y a pas de “consentement” dès lors qu’il y a contrainte économique. La femme séparée/divorcée avec ses enfants, pauvre, obligée de compromettre son intégrité physique et psychique pour assouvir les “besoins” des hommes riches et puissants - voici la trame qui se dessine à travers les témoignages des femmes à la barre du procès du Carlton, des femmes abîmées non pas par “la vie”, mais par d’autres hommes - et les institutions qu’ils gouvernent.

Manuel Valls annonce plusieurs années d'efforts pour redresser l'économie Dans une interview donnée au quotidien espagnol El Mundo, qui a choisi le Premier ministre comme homme de l'année, Manuel Valls annonce encore plusieurs années de sacrifices aux Français. Choisi comme homme de l'année par le journal espagnol El Mundo, Manuel Valls a donné une longue interview au quotidien ibérique. S'il espère un retour de la croissance dans les prochains mois, le Premier ministre admet toutefois que plusieurs années d'efforts seront nécessaires pour redresser l'économie française. "Je ne veux pas dire aux Français que dans deux à trois ans les sacrifices seront terminés", dit le Premier ministre, qui confirme son ambition de rendre les entreprises françaises plus compétitives et l'administration moins dépensière et plus efficace.

Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM !, par Frédéric Lordon La société est menacée quand l’une de ses puissances, devenue hégémonique, écrase toutes les autres et les asservit, impose ses réquisits comme les seules priorités effectives et peut tout subordonner à son expansion indéfinie. Certaines sociétés ont connu la domination d’une Eglise ; d’autres ont été sous la coupe d’un parti unique ; d’autres encore craignent leur armée, plus puissante qu’aucune autre institution. La société capitaliste actuelle, toute démocratique qu’elle s’imagine, expérimente elle aussi le joug d’un groupe surpuissant, affranchi de toute force de rappel, par conséquent prêt à pousser son avantage jusqu’où bon lui semblera. Ce groupe, ignorant des limites et en proie à la démesure, c’est la finance actionnariale. Le pouvoir et la démesure ne tombent pas du ciel, ils sont inscrits dans des structures. Faire la généalogie de l’hégémonie actionnariale, c’est s’interroger sur les transformations structurelles qui ont libéré l’élan de la puissance financière.

Impôts, fabrication du « ras-le-bol » et réalité de l’injustice, par Jean Gadrey (Le Monde diplomatique, décembre 2013) «Rien, dans notre histoire contemporaine, n’était encore paru si proche de ces soulèvements populaires lancés contre un niveau d’imposition illégitime », écrit l’éditorialiste des Echos Jean-Francis Pecresse, n’hésitant pas à comparer les manifestations des « bonnets rouges » aux révoltes des paysans français contre l’impôt au XIVe siècle. A l’en croire, la France serait confrontée à une nouvelle jacquerie : « Entre les actions à la tournure dramatique menées en Bretagne contre l’écotaxe, la mobilisation contre la surtaxation rétroactive, au taux de 15,5 %, de “vieux” contrats d’épargne et d’assurance-vie, et le succès fulgurant d’initiatives citoyennes aux noms de “pigeons” ou de “tondus”, s’allument, un peu partout, les étincelles d’un embrasement contre l’oppression fiscale (1). » « Soulèvement », « embrasement », « oppression » : la fiscalité française a-t-elle vraiment atteint un niveau justifiant un tel champ lexical ? Un exemple. Autre exemple.

Un dîner de classe chez les grands bourgeois : Happy Hunger Games ! Sofia Boutella dans le film « Kingsman » (2015) de Matthew Vaughn (20th Century Fox) Ce soir, vous êtes cordialement invité dans les beaux quartiers, chez les V., pour un dîner de classe. Qu’est ce qu’un dîner de classe ? Il s’agit d’un dîner où, quatre heures durant, les parents vont pouvoir à loisir observer les camarades de classe de leur enfant. Réforme territoriale: les citoyens perdent le droit de dire "non" Les députés ont adopté cette semaine le nouveau découpage régional français. Outre la Corse et les Régions d’Outre-Mer, le territoire sera désormais divisé en quatorze Régions au lieu des vingt-deux actuelles. Si cette réforme territoriale a été largement commentée par les personnalités politiques et les médias, un autre élément majeur du projet de loi relatif à « la délimitation des régions et aux élections régionales et départementales » est malheureusement passé complément sous silence. Il s’agit de la suppression de tous les référendums locaux à ce jour obligatoires lorsque les assemblées locales souhaitent : - Modifier les limites d’une Région (1), - Regrouper plusieurs Régions, - Fusionner des Départements - Créer une collectivité unique (fusion des Conseils régionaux et généraux). Une réforme d’initiative parlementaire

Les cerveaux du règne animal Qui est le plus intelligent : un humain ou un singe ? Eh bien, tout dépend de la tâche à accomplir. Prenons le cas d'Ayumu, un jeune chimpanzé mâle qui infligea un affront aux capacités humaines de mémorisation lors d'une étude menée à l'Université de Kyoto en 2007. Dans cette expérience, le chimpanzé retient des séries aléatoires de 9 chiffres, compris entre 1 et 9, qui apparaissent une fraction de seconde sur un écran tactile, puis disparaissent, masqués sous de petits carrés blancs, qu'Ayumu touche ensuite tour à tour, dans l'ordre croissant des numéros qui figuraient à leur place. Je me suis moi-même essayé à cet exercice, sans parvenir à me souvenir de l'emplacement de plus de 5 chiffres consécutifs, alors que je disposais de bien plus de temps que ce chimpanzé au cerveau agile.

Xénophobes au nom de l’Etat social, par Alexis Spire Si les solutions pour sortir l’Union européenne de l’ornière suscitent d’âpres débats, il est un sujet qui fait consensus parmi les dirigeants politiques du Vieux Continent : la lutte contre ceux qui abuseraient des systèmes de protection sociale. Les immigrés d’Afrique ou du Maghreb et les Roms constituent la première cible de cette croisade. Dans un courrier du 23 avril 2013, les ministres de l’intérieur allemand, anglais, autrichien et néerlandais s’en sont plaints auprès de la présidence irlandaise en dénonçant les « fraudes et abus systématiques du droit à la libre circulation provenant des autres pays de l’Union européenne ». On serait ainsi passé d’une immigration économique à un tourisme d’allocations. Simple et efficace, cette rhétorique associe maintien de la protection sociale et rejet des étrangers.

Les « enfoirés », anti-jeunes et… anti-pauvres ! Sois jeune et tais-toi ! Le nouvel hymne des Enfoirés 2015, largement diffusé aujourd’hui sur le Web, a déchaîné moqueries et quolibets des internautes. Et pour cause : le morceau, signé Jean-Jacques Goldman – visiblement devenu un peu réac’ – met en scène un dialogue chanté entre une bande de jeunes anonymes en mal d’avenir, et des stars du show-biz qui leur font la leçon sur le mode « vieux cons soixante-huitard ». « Vous avez tout, l’amour et la lumière », chante le groupe des jeunes, s’adressant aux chanteurs professionnels. Réponse du groupe des « vieux » : « On s’est battu, on n’a rien volé ». Les jeunes : « Vous aviez tout, paix, liberté, plein emploi. Nous c’est chômage, violence et sida ».

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