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« Les notes sont un outil de pouvoir des enseignants sur les élèves »

« Les notes sont un outil de pouvoir des enseignants sur les élèves »
Philippe Tournier, secré­taire géné­ral du Syndicat natio­nal des per­son­nels de direc­tion de l'éducation natio­nale (SNPDEN-UNSA). Que pensez-vous de l'évaluation pra­ti­quée actuel­le­ment en France ? Notre sys­tème d'évaluation sur 20 n'est pas satis­fai­sant. Avoir son bac avec 10 de moyenne signi­fie que l'on a obtenu que des 10 par exemple, ou alors des notes très dif­fé­rentes, comme un 3 et un 17. Ce n'est pas la même chose ! Quels sont les pro­blèmes de ce modèle ? L'évaluation est aca­dé­mique, donc nous tri­ons les élèves sur des cri­tères aca­dé­miques comme la dis­ser­ta­tion ou le pro­blème mathé­ma­tique. Comment faire pour le changer ? Il y a eu des pré­cé­dents. Quelles sont les pers­pec­tives d'évolution demain ? Pour le futur, tout est ima­gi­nable ! Le sys­tème actuel est tout à fait en har­mo­nie avec ce qui est attendu de lui : le tri des élites sociales. Julie Crenn Related:  Evaluation - Pour l'abolition de la note scolaire ?

Éducation. Faut-il supprimer les notes à l'école? Entretien avec Pierre Merle professeur de sociologie à l'Ecole supérieure du professorat et de l'éducation nationale de Bretagne. Pourquoi êtes-vous favorable à une évaluation des élèves qui ne repose pas que sur les notes ? L'évaluation par les notes se fait au détriment d'une évaluation qui précise clairement à l'élève les compétences acquises et non acquises. Quand un élève a un 5 sur 20, il ne sait pas forcément pourquoi. Dans cette évaluation, un professeur d'anglais indiquerait à l'élève ce qu'il maîtrise et ce qu'il doit revoir... Une évaluation utile n'a pas pour objet de classer les élèves en donnant un niveau (bien, insuffisant, faible) mais de préciser à l'élève ce qui convient ou pas : insuffisance en vocabulaire, dans la maîtrise des verbes irréguliers, etc. Pourquoi a-t-on absolument besoin de noter ? La tradition ! Pour les parents, la note est plus lisible... La note a un effet bénéfique, stimulant, si elle est bonne ; négatif et décourageant si elle est mauvaise. Oui.

Vers une révolution de l’évaluation des élèves ? Comment rendre l’évaluation scolaire « bienveillante » ? Comment faire pour qu’elle ne soit plus cet instrument de tri au service d’un système élitiste, mais le moyen de faire progresser tous les élèves sans les casser ? C’est une petite révolution que propose le Conseil supérieur des programmes (CSP) en réponse au chantier ouvert par le ministère de l’éducation. Dans le document remis jeudi 27 novembre par le CSP à la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et que Le Monde a pu consulter, ce sont tous nos repères en matière d’évaluation qui se trouvent chamboulés : fini l’inflation des contrôles, la profusion de notes et de moyennes. Les coefficients seraient aussi rejetés au motif qu’aucune matière ne serait supérieure à une autre Rien ne dit que le ministère ira dans son sens. Premier consensus, celui sur les notes. « Notre école pourrait parfaitement faire sans », affirme Michel Lussault, le président du CSP.

Les pré-requis à la suppression des notes - Changer l'Ecole Les expériences de suppression des notes dans des classes de collège ont tendance à se multiplier ces dernières années. Il me semble qu'au delà d'un travail militant, effectué sur le terrain par des personnels de direction et des enseignants conscients des enjeux de la question, cette tendance ait été renforcée par la mise en place en 2005 d'un droit à l'expérimentation dans le cadre de l'article 34 de la loi d'orientation. Sur la question de la suppression des notes, l'innovation "institutionnelle" et l'innovation "de terrain" peuvent donc se rencontrer, et cette double paternité est souvent un gage de réussite. Mais la volonté ne suffit pas toujours. J'ai moi même accompagné, à la direction d'un collège d'Indre-et-Loire, une expérimentation de suppression de notes dans un cours de mathématiques de 4e. - Un chef d'établissement qui impulse, ou qui aide à la mise en oeuvre si l'impulsion vient d'un enseignant ou d'une équipe. - Une progressivité dans la mise en oeuvre.

Évaluer pour mieux faire apprendre, un défi pour l’École, selon Olivier Rey Olivier Rey est ingénieur de recherche en éducation, responsable du service Veille & Analyses de l’Institut français de l’éducation à l’ENS de Lyon, spécialisé sur les questions d’évaluation, de curriculum et de développement des compétences en contexte scolaire. 1. Vous venez de publier, avec Annie Feyfant, un dossier de veille de l’Ifé intitulé "évaluer pour [mieux] faire apprendre" ? Peut-on dire que le titre que vous avez choisi reste encore un défi pour l’école française ? C’est un défi pour l’École car dans une large mesure, celle-ci est articulée autour d’épreuves d’évaluation qui ont pour fonction de contrôler ce qu’ont fait les élèves plus que de les aider dans les apprentissages. C’est en ce sens qu’on évoque parfois une faible culture de l’évaluation en France : on ne vise pas là le manque d’évaluations – il y en a même sans doute trop ! Les croyances restent fortes quand à l’usage de la notation-sanction pour motiver les élèves. 2. 3. 4. Sélection de lectures : J'aime :

Oui aux compétences à l’école, mais pas n’importe comment ! Ce texte de Jean-Michel Zakhartchouk est une réponse au journal Libération qui a publié le 31 octobre 2012 un article sur le Livret Personnel de Compétences, en donnant la parole à quatre collègues. Il est trop facile de se moquer du livret de compétences utilisé dans les écoles et collèges et qui va être « simplifié », comme le font les enseignants interrogés dans le numéro de mercredi 31 octobre de Libération, pages 14 et 15 « un livret de compétences qui perd des cases ». Oui, on peut toujours se gausser de telle formulation, en reprochant d’ailleurs aux compétences énoncées dans ce livret à la fois d’être trop générales et floues, et trop détaillées et relevant d’une « bureaucratisation du savoir ». Oui, on peut dénoncer l’ « usine à cases », une expression d’ailleurs due à quelques-uns dont je suis qui sont en réalité des défenseurs d’un vrai livret de suivi des compétences, fonctionnel et d’usage simple. Like this: J'aime chargement… À propos de Anthony Lozac'h

#sansnotes – et maintenant, les questions qui fâchent Pour conclure cette première partie du dossier consacré aux évaluations sans notes, nous abordons trois questions qui traversent le débat public, questions d’ordre politique, pédagogique, éducatif. Pour y répondre, des extraits d’articles de blogs, ou des spécialistes et praticiens de terrain prennent la parole pour livrer leur analyse. Nous partirons pour cela des trois idées reçues suivantes. La fin des notes, une idée de gauche ? Dans son article « Les notes, une menace ? Claude Lelièvre, malicieux, a rappelé sur son blog les termes d’un débat posé lors du congrès d’Amiens, en 1968. 1968… encore un coup des soixante-huitards… pensez-vous ! « Il y a tout juste quarante ans, du 15 au 17 mars 1968, s’est tenu à Amiens un colloque des plus surprenants avec la participation de la fine fleur des hauts fonctionnaires de l’éducation nationale et des chercheurs en éducation. 2.

"Une société à l'école qu'elle mérite" | Ecole Même la neurobiologie a réussi à mettre en évidence que la course aux résultats, les humiliations et une mauvaise ambiance à l’école rendent les enfants agressifs et peu sûrs d'eux. Le bonnet d'âne a disparu depuis longtemps mais l'humiliation des élèves est toujours présente. Elle a seulement changé de forme. une société à l'école qu'elle mérite Pierre Merle professeur d'université, sociologue, enseigne à l'IUFM de Bretagne. ARTE : Une étude nationale réalisée par l'INSEE en 1992 auprès de collégiens et de lycéens a montré que 49 % des élèves se considéraient comme « parfois » ou « souvent » humiliés. Pour répondre à cette question, il faut savoir exactement de quoi il s'agit quand on parle d'humiliation. Quant aux humiliations intentionnelles, sont-elles liées à certains enseignants en particulier ou sont-elles liées à un problème structurel de notre système scolaire? Parmi les humiliations intentionnelles, on peut distinguer deux grandes catégories.

Les dérives de l'évaluation scolaire Malgré la polémique qu’il a suscitée, Faismesdevoirs.com est loin d’être le premier ni le seul site de ce type. Nous voudrions concentrer notre analyse sur l’une des conditions de possibilité de ces sites, à savoir : un certain rapport à l’évaluation scolaire. Certes leur floraison est avant tout due à l’apparition de nouveaux moyens techniques de diffusion : Internet a permis la transformation de ce qui n’était qu’une pratique artisanale (je rétribue d’une manière ou d’une autre le bon élève de la classe pour qu’il me fasse ma version latine) en un marché industriel et potentiellement lucratif. La généralisation de l’évaluation De nombreuses voix s’élèvent actuellement pour décrire ce qu’on peut appeler une généralisation de l’évaluation. Tout d’abord, on peut légitimement se demander si un hôpital est évaluable au même titre que la réussite d’une politique ministérielle ou que le niveau des élèves d’une classe d’âge donnée. L’école et l’évaluation

Freinet, Montessori, Steiner : ces écoles qui changent la vie des élèves et des profs - Education Dans la classe de Nina, enseignante à l’école Steiner de Vern-sur-Seiche [1], au sud de Rennes, il n’y a pas de notes, ni d’évaluation. « Quand on fait une dictée, on la corrige ensemble. Cela m’est égal de leur mettre une note ensuite, explique l’institutrice. Que vont-ils apprendre de plus ? Ils découvrent en corrigeant ce qu’ils peuvent améliorer. Cela leur donne confiance en eux. » Ici, pas de tension ni de compétition liées aux notes. Pas de pression. Classes coopératives La solution ? « Ces écoles ne mettent pas les savoirs savants au-dessus des autres, explique Marie-Laure Viaud, maître de conférence en Sciences de l’éducation et auteure de plusieurs livres sur l’éducation nouvelle. Freinet : favoriser « l’auto-apprentissage » de l’enfant Les techniques pédagogiques de Célestin Freinet, instituteur français du début du 20ème siècle, sont utilisées dans une vingtaine d’écoles publiques en France. L’apprentissage de la confiance en soi est aussi un principe fort de cette pédagogie.

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