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Le mythe de l’invasion arabo-musulmane, par Raphaël Liogier (Le Monde diplomatique, mai 2014)

Le mythe de l’invasion arabo-musulmane, par Raphaël Liogier (Le Monde diplomatique, mai 2014)
A l’automne 1956, la France et le Royaume-Uni, alliés d’Israël, occupent pendant quelques jours le canal de Suez, récemment nationalisé par le président égyptien Gamal Abdel Nasser. Mais, sous la pression soviétique et américaine, ils sont contraints de se retirer. En réaction à cette attaque, Nasser décide d’expulser des milliers de Juifs d’Egypte. Parmi eux se trouve une jeune femme dont le regard sur le monde sera surdéterminé par le traumatisme de l’expatriation : Gisèle Orebi, devenue plus tard célèbre sous le nom de plume de Bat Ye’or (« fille du Nil » en hébreu), mettra au point la version la plus radicale du complot musulman contre l’Occident. Après avoir « gangrené » le Vieux Continent, affirme-t-elle, la « civilisation arabo-musulmane » en fera la conquête. Ce scénario pour le moins grossier (1) a connu un succès inattendu, au point de devenir un argument majeur de l’extrême droite européenne. Restent les conversions.

http://www.monde-diplomatique.fr/2014/05/LIOGIER/50422

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Barbarie disent-ils… - Fondation Frantz Fanon Les décapitations filmées d’otages occidentaux en Irak et d’un randonneur français en Algérie suscitent légitimement un sentiment d’horreur et une condamnation unanime et sans appel. Ces assassinats insensés ne peuvent être le fait que de criminels pervers au service d’une idéologie déviante. Ces mises en scène macabres viennent à la suite d’images tout aussi insoutenables montrant des exécutions de masse d’hommes désarmés. L’émotion produite par ce théâtre de la cruauté est cependant froidement manipulée par des médias et des relais politiques en Occident. La qualification sans cesse reprise de « barbaries », perpétrées par des « barbares », répond à la volonté de déshumaniser les auteurs de ces atrocités. Hors du limès de la Civilisation, ils ne relèvent plus du droit commun et ne sont plus passibles des lois ordinaires.

Facebook, Google, Apple : merci, mais la solidarité, c'est payer ses impôts en France Connus pour leur réactivité, les géants américains du web n’ont pas tardé à exprimer leur compassion après les attentats du 13 novembre. Le soir des attaques, Facebook est le premier à se faire le champion de cet élan de solidarité. Les membres du réseau social résidant en région parisienne sont aussitôt invités à se signaler « en sécurité » d’un simple clic. Le non-recours aux droits, un «scandale social» Publié ce week-end par le Journal du dimanche, le sondage Ifop est sans appel : huit Français sur dix estiment qu'«il y a trop d'assistanat et(que) beaucoup de gens abusent des aides sociales». Un sentiment démonté par l'ouvrage l'Envers de la fraude sociale (La Découverte), publié par les chercheurs de l'Observatoire des non-recours aux droits et service (Odenore), rattaché au CNRS. Selon cette enquête fondée sur des chiffres officiels, les fraudes fréquemment mises en exergue par un certain discours politique ne seraient qu'un phénomène marginal par rapport aux prestations non réclamées par des personnes qui y auraient pourtant droit. Philippe Warin, responsable scientifique d'Odenore, et Yves Saillard, chercheur, analysent en chœur ce phénomène. Qu’est-ce que le non-recours ? C’est la situation des personnes ou des ménages qui, pour différentes raisons, n’accèdent pas aux droits et services auxquels ils peuvent prétendre.

Fascisme, islam et grossiers amalgames, par Stefan Durand (Le Monde diplomatique, novembre 2006) « Ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses. La loi, le pouvoir, le maître, le monde, la rébellion, la foi. Ils peuvent ainsi faire des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. » En cela, « ils cassent le travail consistant à “former” des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. » En 1977, Gilles Deleuze dénonçait ce qu’il appelait la « pensée nulle » des « nouveaux philosophes ». Trente années plus tard, ces penseurs toujours « nuls » mais plus vraiment « nouveaux » et toujours pas « philosophes » se retrouvent à l’avant-garde pour propager en France, sur la base de « mélanges grotesques », le concept creux de « fascisme islamique ». On pourrait se contenter de passer outre si ce concept n’avait pas été utilisé publiquement par le président des Etats-Unis, M.

Islamophobie: un mot pour «mettre en lumière un racisme latent» Tous les ans, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dénonce, dans des rapports sur la lutte contre le racisme dont le moins qui se puisse dire est que la presse et les médias dominants ne les survalorisent pas, de nouvelles aggravations, dans la France des années 2000, des ressentiments antimusulmans – et constate qu’ils se nourrissent notamment des proférations où des politiciens décomplexés flattent les instincts islamophobes de leurs clientèles. Et précisément : dans son nouveau rapport, qui vient tout juste d’être publié (1) – et qui porte donc sur l’année 2013 -, la CNCDH explique avoir «ressenti la nécessité» d’organiser «en son sein un débat sur le sens et l’usage» du «mot “islamophobie“», dont elle fait un compte-rendu édifiant, pour ce qu’il dit, notamment, de «l’instrumentalisation» qui est régulièrement faite de ce terme, à la fin, certaines fois, de le «discréditer». Une thèse fausse et mensongère Problème : elle est fausse, et mensongère.

Les vannes ouvertes de l’islamophobie : L’État coupable et responsable Bouamama Said Il y a déjà une décennie, la loi n°2004-228 du 15 mars 2004 était votée à une large majorité. Elle portait le long titre de « loi encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics ». Comme en témoigne les polémiques qui ont précédé, accompagné et suivi le vote de la loi, personne n’était dupe. « Avec nous, ou avec les terroristes » : les éditorialistes-faucons sont de retour Au-delà de l’évidente condamnation de ces actes ignobles et de l’expression de la solidarité avec les victimes et leurs proches, certaines organisations et certains individus ont tenté de faire entendre une voix discordante, refusant de s’identifier de manière acritique à la politique française, qu’elle soit étrangère ou intérieure. Ces voix discordantes ont-elles raison ? Là n’est pas la question. Il s’agit plutôt de savoir si elles ont le droit de s’exprimer dans l’espace public et, singulièrement, dans l’espace médiatique.

Des armes contre l'impuissance politique, par Evelyne Pieiller (Le Monde diplomatique, octobre 2014) Il n’est pas facile aujourd’hui d’être de gauche. Ou, plus exactement, il est assez aisé d’avoir une sensibilité de gauche, mais il n’est pas facile de penser à gauche. De penser que le combat contre la domination du capital sous toutes ses formes n’est pas obsolète, en dépit de son absence du lexique médiatique et de la transformation des exploités en « défavorisés ». De penser que la question de l’égalité sociale demeure primordiale, en dépit de sa dissolution en question d’égalité d’accès aux chances de réussite. Tout semble s’être compliqué et brouillé, en particulier à cause de la fameuse « mondialisation » et des mutations technologiques. Les analyses d’une gauche qui se veut radicale ne seraient plus pertinentes : elles porteraient sur un passé… dépassé.

Facebook: en cette fin d'année, il est temps d'effacer votre historique personnel Astuce geek. Le saviez-vous? Facebook conserve l'historique de toutes vos recherches effectuées sur le site. Les féministes et le garçon arabe Les débats récents sur le sexisme en banlieue et le port du foulard à l’école ont suscité, parmi les intellectuels, les journalistes, les politiques ou les militants, de nombreuses professions de foi féministes. Nacira Guénif-Souilamas et Eric Macé incitent, dans ce livre, à ne pas se réjouir trop vite face à ce qu’ils appellent le « féminisme républicain ». Le terme donne en effet à réfléchir. Car la République, loin d’entretenir avec le féminisme une connivence « naturelle », cimentée par un même désir d’égalité, n’a cessé de résister au mouvement d’émancipation des femmes. Celles-ci ont dû le plus souvent arracher leurs droits (que ce soit le droit de vote, l’égalité juridique entre mari et épouse, ou encore le droit à disposer de son corps) à une classe politique majoritairement masculine, et, à de rares exceptions, peu sensible aux idées féministes. Le propos des deux auteurs n’est pas seulement de rappeler que cette rhétorique républicaine constitue une négation du passé.

«La discrimination au travail à l’égard des Noirs et des Maghrébins est massivement pratiquée», selon le sénateur UMP Jean-René Lecerf C’est un rapport polémique qui pose met les pieds dans le plat. Le sénateur UMP Jean-René Lecerf et la sénatrice Europe Ecologie-Les Verts Esther Benbassa ont présenté à la presse ce jeudi leur rapport sur la lutte contre les discriminations. Ils proposent une série de mesures, allant de la multiplication des carrés musulmans dans les cimetières, à l’enseignement du fait religieux à l’école ou l’instauration de moyens de mesures des discriminations, sans aller jusqu’aux statistiques ethniques. La commission des lois a voté pour la publication du rapport la semaine dernière, après un débat houleux (voir notre article « Carrés musulmans, fait religieux enseigné à l’école : le Sénat adopte un rapport polémique »).

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