background preloader

Du rôle prédictif des données à la gouvernementalité algorithmique

Du rôle prédictif des données à la gouvernementalité algorithmique
Sur Place de la Toile, le 12 décembre dernier, Xavier de la Porte recevait Guillaume Main, consultant et statisticien, qui s’occupe du site Statosphère ; Erick Alphonse, maître de conférences au Laboratoire d’Informatique de Paris-Nord (LIPN) et responsable d’Idaaas, une société qui construit des modèles prédictifs, notamment via PredictiveDB, un logiciel prédictif et Antoinette Rouvroy, chercheuse au Fonds national de la Recherche scientifique, qui travaille sur les formes de pouvoir induites par l’usage des données. Réécouter l’émission en ligne, ou parcourez le transcript augmenté de liens. Il y a de multiples formes de données, rappelle en préambule Xavier de la Porte : données sociales, messages, commentaires, celles qu’on publie chez les autres ou que les autres publient sur soi. Xavier de la Porte : Quels sont les modèles prédictifs ? Une autre étude récente a utilisé Twitter pour tenter d’anticiper de deux-trois jours les cours du Down Jones. Erick Alphonse : Oui. Related:  Algorithmes, IA & traitement des donnéesIntelligence Collective

Un programme de Google aide le Pentagone à analyser les images filmées par les drones L’entreprise a mis à disposition du Pentagone des technologies d’intelligence artificielle permettant d’identifier des éléments dans des vidéos. Google ne l’avait pas annoncé publiquement. Mardi 6 mars, le site américain Gizmodo a révélé l’existence d’un partenariat entre l’entreprise et le Pentagone, destiné à aider ce dernier à analyser des images de drones. Cette démarche s’inscrit dans le projet Maven du ministère américain de la défense, lancé en avril 2017, visant à « intégrer plus efficacement l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique à travers les opérations pour maintenir nos avantages face à des adversaires de plus en plus compétents », précisait alors une note du Pentagone. Identifier des cibles Google est à la pointe en matière d’intelligence artificielle, notamment dans le secteur de l’apprentissage automatique et de la vision par ordinateur. « Garde-fous » Les liens entre Google et l’armée sont délicats.

Vers un monde de données Nous sommes entrés dans un monde de données, dans un monde où les données sont en passe de devenir l’essence même de la connaissance et de l’information. La donnée (data) est la plus petite part d’information accessible, à la manière des zéros et des uns qui constituent les bits d’information à l’heure du numérique. Elle est déterminée par des valeurs, par des champs qui s’appliquent à elle et la qualifie. Avec l’informatisation de notre quotidien, tout devient données. Les données sont le moteur du web sémantique de Tim Berners-Lee (ce web de données ou web 3.0) comme du web² de John Battelle et Tim O’Reilly. C’est le moteur du web implicite, celui qui comprend le moindre de nos clics. Ces données deviennent intelligentes par leur recoupement et leurs capacités à adapter notre environnement au contexte que les machines perçoivent de nous via leurs capteurs. Ces données sont multiples, hétéroclites, hétérogènes, mais elles se relient les unes aux autres. Hubert Guillaud

« La machine n'a pas la moindre idée de la complexité du langage » Docteur en intelligence artificielle, Gilles Moyse est le fondateur de Récital, une start-up spécialisée dans le traitement automatisé du langage. D'après lui, nous sommes en pleine « bulle de l'IA », et les indéniables progrès réalisés ces dernières années en matière d'intelligence artificielle ne menacent pas tant l'emploi que la souveraineté des États. Usbek&Rica : « Intelligence Artificielle » aura été le mot incontournable de l’année 2017. Comment expliquer cet engouement, et n’en fait-on pas un peu trop autour de l’IA ? Et ensuite, l’intelligence artificielle est entrée dans une longue hibernation, c’est ça ? C’est ça, on parle de « l’hiver de l’IA », qui s’étend grosso modo de la fin des années 1980 au milieu des années 2000. « La vie est bien plus complexe que de simples énoncés de règles » Mais cela ne donnait pas beaucoup de résultats, car les moteurs de règles sont beaucoup trop simplistes pour donner du sens à la complexité. Quels sont ces facteurs ?

La sérendipité est-elle un mythe La lecture de la semaine, il s’agit d’un article paru le 27 novembre dernier dans TechCrunch, sous la plume de Henry Nothaft, qui est le co-fondateur d’une entreprise qui développe un assistant personnel virtuel pour les contenus Web. Ce papier s’intitule « Le mythe de la sérendipité ». Selon l’auteur, un des concepts les plus intéressants ayant émergé ces derniers temps dans les médias et les nouvelles technologies est celui de sérendipité. Voici comment il définit le terme de sérendipité : « le fait de montrer aux gens ce qu’ils n’étaient pas conscients de chercher ». Je me permets juste une incise : cette définition de la sérendipité est assez étrange. On aurait plutôt tendance à considérer la sérendipité comme un effet du hasard : je cherche quelque chose et, par hasard, je tombe sur autre chose qui m’intéresse aussi (Wikipédia). Image : pour Google, Serendipity est un film, une romance de 2001 signée Peter Chelsom avec Kate Beckinsale et John Cusack. Xavier de la Porte

Digital Labor, Zoomorphisme et Travail réellement humain La semaine dernière, Jean-Michel Salaün a réactivé son blog pour publier un billet intitulé «Digital Labor, plateformes et données» dans lequel il critique la notion de Digital Labor, telle qu’elle apparaît notamment dans les travaux d’Antonio Casilli. Il y conteste que l’on puisse considérer comme le « résultat d’un travail » les traces que nous laissons sur Internet, y compris lorsque cette activité est exploitée économiquement par les grandes plateformes, type GAFAM. Son propos reprend des arguments déjà avancés par certains sociologues du travail, qui reprochent au concept de Digital Labor son imprécision, la trop grande diversité des situations qu’il embrasse et, par là, le risque d’assimiler potentiellement à du travail toute forme d’activité liée au numérique : Jean-Michel Salaün ne se limite cependant pas à la reprise de cette critique « sociologique » du Digital Labor ; il la complète en faisant un détour plus original par les sciences de l’information. WordPress:

Où est passé la puissance de la “pensée visuelle” Dans le dernier numéro de Wired, l’éditorialiste Clive Thompson évoque la puissance de la pensée visuelle, c’est-à-dire celle qui s’exprime par le dessin plutôt que par les mots. Pour cela, il convoque le dernier livre de Dan Roam (blog), auteur du Retour de la serviette (The Back of the Napkin, évoquant la serviette en papier sur laquelle on griffonne souvent un petit schéma éclairant pendant un repas d’affaires), dans lequel ce dernier montre que notre culture repose trop fortement sur les mots. Nos systèmes scolaires et politiques sont conçus pour promouvoir des gens éloquents dont le mode de pensée est essentiellement verbal. Mais les problèmes dynamiques ou compliqués ne peuvent souvent pas se résumer à de simples récits. Image : à l’occasion d’une session sur le Mind Mapping, Fix avait commis ce petit dessin sur les cartes qui disent des choses et font parler. Clive Thompson estime que cela pourrait changer, car l’internet a montré l’utilité de l’image et des visualisations.

La reconnaissance faciale débarque sur Facebook, mais pas en Europe Depuis cette semaine de fin décembre, Facebook utilise la reconnaissance faciale pour lutter contre l'usurpation d'identité sur le réseau social. Désormais, si une photo d'eux est posté sur le réseau social, les utilisateurs pourront être prévenus, même sans y avoir été identifiés. Mais pas en Europe. C'est une fonctionnalité nouvelle du réseau social au milliard d'utilisateurs qui soulève quelques interrogations. Comme pour les passeports, la reconnaissance faciale fonctionne grâce à un traitement biométrique qui automatise la reconnaissance d'une personne à partir d'éléments qui lui sont propres, comme son visage. Au micro de Julia Siriex, Jean-Gabriel Ganacia estime qu'on peut, dans une certaine mesure, être "satisfaits, puisque cela augmente notre sécurité" : "On a moins de risques de voir son compte piraté." Cette nouvelle fonctionnalité n'a pas été installée dans l'Union Européenne, où l'utilisation de données personnelles est soumise à une législation stricte.

L’intelligence collective à petite échelle Qu’entend-on généralement par « intelligence collective » ? Pour le monde du web, la messe est dite : c’est le produit émergent de l’interaction entre plusieurs milliers, voire millions d’individus, certains ne partageant avec les autres qu’une quantité minimale de leur réflexion (c’est la théorie du surplus cognitif chère à Clay Shirky, comme il l’a développe dans on livre éponyme ou chez TED). Et bien entendu, c’est le web lui-même qui est le média de choix de cette intelligence collective. Cette définition repose sur certains postulats, pas toujours explicites : Plus on est de fous, plus on rit. Autrement dit, l’intelligence collective n’apparait qu’avec un très grand nombre d’interactions entre des multitudes d’agents. Pourtant, il existe une autre approche de l’intelligence collective, bien plus ancienne que le net ou le web : la « fusion » entre quelques esprits, le plus souvent seulement deux, pouvant aboutir à une explosion inattendue de créativité.

Faut-il sauver l'humanité de la « tyrannie des mathématiques » ? On ne sait pas s’il a raison lorsqu’il prédit la fin de l’humanité d’ici deux ou trois générations, mais puisque personne ne le prenait au sérieux quand il annonçait avant tout le monde la crise des subprimes de 2007, ça vaut le coup de l’écouter aujourd'hui. Paul Jorion a publié le 2 novembre un nouvel ouvrage : À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? (Fayard). Un livre en forme de long entretien, dans lequel il raconte comment, de la langue grecque aux mathématiques, nous avons fait fausse route en transformant le monde en équations. Il parle aussi de « revenu de subsistance », de « guerre civile numérique » et de « société termite ». Anthropologue et sociologue de formation, Paul Jorion est indifféremment présenté comme économiste, essayiste, spécialiste de la cognition et de l’intelligence artificielle, ou même collapsologue. D’Aristote à Edward Snowden Pour l’anthropologue, tout part du langage. La fausse route de l’économie Algorithmes et rente de subsistance

Related: