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Mobiliser les quartiers populaires

Mobiliser les quartiers populaires
Le community organizing suscite un réel engouement en France depuis quelques années chez tous ceux qui s’intéressent aux quartiers populaires. Des colloques ont été organisés, des rapports lui ont été consacrés, et il fait l’objet d’un intérêt croissant dans les milieux du travail social et de la politique de la ville en quête de renouveau. Les travaux en langue française sur la question sont pourtant rares, à l’exception de la référence à Saul Alinsky, père fondateur de cette mouvance, qui a fait l’objet de plusieurs ouvrages récents. Cet engouement français fait suite au retour en grâce de la pratique aux États-Unis, l’élection de Barack Obama en 2008 ayant contribué à redonner de l’attrait à une pratique jusqu’alors peu visible, voire jugée désuète. Le candidat démocrate a en effet largement valorisé son expérience de community organizer, tant dans la construction de son récit personnel que dans ses techniques de mobilisations électorales. Une importation française ? J. M. H. T. S. M.

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Participation citoyenne : « le blocage vient essentiellement des élus » La participation des habitants fut au cœur de la récente réforme de la politique de la ville. Dans les faits, pourtant, seule une minorité de contrats de ville ont été co-élaborés avec les citoyens. Quels éléments freinent aujourd’hui le développement de la démocratie participative en France ? L’Empowerment : pouvoir par tous, pouvoir pour tous Suite à la publication du rapport d’Emmanuel Porte intitulé « Des pratiques d’engagement en transformation : enjeux pour l’avenir de l’éducation populaire », l’Injep a organisé, mercredi 11 décembre 2013, à l’Assemblée nationale la seconde édition des Rencontres de l’Observatoire de la Jeunesse. Cette année, elles étaient consacrées aux pratiques non-instituées de l’éducation populaire. Ces rencontres se sont faits en partenariat avec le Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep), l’association Jets d’Encre, la MJC d’Elbeuf ainsi que le Réseau national des maisons des associations (RNMA).

Le pouvoir aux habitants Inventées de façon expérimentale après les émeutes des Minguettes au début des années 1980, parallèlement à la “Marche des beurs” pour l’égalité, la Politique de la Ville visait à réformer le fonctionnement de l’État et les relations de ce dernier aux collectivités locales. Pour pallier l’urgence d’une nouvelle question sociale, associée à certains quartiers où les populations immigrées et minoritaires étaient concentrées, une action publique d’exception allait être mise en place, mobilisant une approche locale et ascendante, plus participative et transversale. Trente ans plus tard, il est difficile de mesurer l’effet réel de cette politique qui cumule de nombreux dispositifs : l’écart des quartiers prioritaires avec les autres zones urbaines ne se résorbe pas, et parfois même s’accroît. Pour autant, cette vision, très négative, ne prend pas en compte la mobilité de la population de ces quartiers.

Démocratie et citoyenneté: la France peut-elle s'inspirer du community organizing à l'américaine? Un remède à la crise que traversent nos démocraties existe déjà. Il a été inventé aux Etats-Unis il y a plus de 70 ans et permettrait de redonner aux citoyens le goût de la politique en même temps que la capacité d'agir sur ce qui les concerne. C'est en tout cas ce que pensent certains chercheurs et militants. Au centre de leur attention: le «community organizing», une forme de mobilisation et d'organisation de la population s'appuyant sur les communautés popularisée par le sociologue américain Saul Alinsky. En 1940, cet universitaire engagé a «organisé» un quartier de Chicago en regroupant différentes communautés et permettant à ses habitants d’infléchir le rapport de force habituel et de défier les pouvoirs publics locaux aussi bien que les entreprises.

« La politique de la ville devrait servir à interroger les institutions » - Thomas Kirszbaum, sociologue Comment jugez-vous cette réforme ? La loi « Ville et cohésion urbaine » propose une synthèse des trois grands âges de la politique de la ville : développement social des quartiers (années 1980), mobilisation du droit commun par les contrats de ville (années 90) et rénovation urbaine (années 2000). Mais le manque de retour critique sur ce qui n’avait pas marché à chacune de ces époques obère les chances de réussite de la réforme. Pourquoi le développement social des quartiers n’a-t-il pas permis de démocratiser la gestion des villes ? Pourquoi les politiques publiques dites « structurantes » ont-elles été peu mobilisées dans le cadre de contrats de ville intercommunaux ? Pourquoi la rénovation urbaine n’a-t-elle pas transformé le peuplement des quartiers dans le sens escompté, celui de leur « rééquilibrage ethnique » ?

Eurojuris, L'empowerment: le nouveau buzzword qui transperce la politique de la ville Anglicisme venu tout droit d'Outre-Atlantique, l'empowerment investit la politique de la ville française sous les auspices du Ministère de la ville. Des précisions terminologiques s'imposent. Les sociologues français prônent son essor, le Ministre de la ville lui donne ses lettres de noblesse: l'empowerment Depuis trois décennies, la politique de la ville en France est en faillite selon certains, dans une impasse pour d'autres. Replacer le citoyen au coeur de la politique de la ville, tel est le dessein du Ministre de la ville François Lamy (site du Gouvernement).

Vers un empowerment à la française C’est peu dire que le rapport de Marie-Hélène Bacqué et Mohamed Mechmache, remis au ministre délégué à la Ville en juillet 2013, était attendu [1]. On assistait depuis les émeutes de l’automne 2005 à un remarquable emballement de professionnels de la politique de la ville et du travail social autour de l’idée d’empowerment. Instruits sur les pratiques nord-américaines de développement urbain et social par des travaux français, ces professionnels se sont emparés avec ferveur de cette notion riche de promesses pour transformer le rapport des institutions avec les populations marginalisées des villes. La vitesse de propagation de ce nouveau lexique n’allait pas sans risques. D’abord celui de devenir le dernier conformisme dans une politique de la ville qui en a connu d’autres. Ensuite, et surtout, celui de voir la floraison des discours tourner à vide car en décalage à peu près complet avec la réalité inchangée des pratiques institutionnelles.

« La politique de la ville a encore besoin d’un changement de logiciel » - IRDSU Comment expliquez-vous le plébiscite dont font l’objet les contrats de ville ? La création d’un contrat-cadre inscrivant officiellement, dans la loi, la nécessité de rapprocher les interventions urbaines des actions sociales et du développement économique est une petite révolution. Elle replace la politique de la ville comme une politique de développement territorial pleine et entière. Lors de la précédente grande réforme en 2003, la priorisation de la rénovation urbaine sur le reste avait en partie dénaturé la politique de la ville. Accueil Actualités AG Compte-rendus Evénements Régions Rhône-Alpes Zoom sur » Création de « l’Alliance citoyenne » à Grenoble: une expérience de « community organizing » à la française En cette période de préparation du prochain Congrès national des centres sociaux, dont le but est de réinterroger nos pratiques, il est particulièrement intéressant de se confronter à des initiatives émanant d’autres structures ou d’autres réseaux mais qui nous questionnent, nous bousculent ou nous inspirent, sans nécessairement y voir des modèles à reproduire. C’était l’un des objectifs de l’Université fédérale de Sangatte, notamment à travers la présence de représentants d’associations ou de réseaux « amis »: ATD-Quart Monde, les Arpenteurs ou encore Voisins & Citoyens en Méditerranée. C’est également dans ce but que nous vous avons fait partager sur ce site nos réflexions suite au colloque sur le « community organizing » co-organisé au printemps dernier à Vaulx-en-Velin par le collectif Pouvoir d’agir (dont la FCSF est membre) ou encore notre visite au Centre social autogéré de Toulouse. En quoi consiste exactement le « community organising »?

L’essentiel n’est pas de participer Nina Eliasoph, Making Volunteers. Civic Life after Welfare’s End, Princeton, Princeton University Press, 2011, 308 p. Comment transformer des jeunes défavorisés et des bénévoles en citoyens autonomes, tolérants et maitres de leur destin ? La « participation des habitants », révélateur des paradoxes de la politique de la ville « A sa création, la politique de la ville s’était fixée pour objectif de démocratiser les institutions urbaines. Trente ans plus tard, nous voici réunis pour réfléchir sur la démocratisation… de la politique de la ville » déplore, non sans ironie, Thomas Kirszbaum. Invité avec d’autres universitaires à la journée régionale co-organisée mardi 25 novembre par les centres de ressource en Politique de la ville de l’Essonne, du Val-d’Oise, de Paris et de Seine-Saint-Denis, ce sociologue plutôt circonspect sur la réforme en cours de mise en oeuvre ne s’est pas départi de sa liberté de parole habituelle. « Pour Profession Banlieue mais aussi le CRPVE, le Pôle ressources 95 ainsi que celui de la ville de Paris, les habitants doivent jouer un rôle central dans la politique de la ville. Mais nous savons aussi que le sujet de la participation est loin, très loin, d’être consensuel.

« La politique de la ville ne peut pas tenir des promesses intenables » Pourquoi a-t-on tort de parler de « crise des banlieues » ? Le « problème des banlieues » est présenté comme la lente dégradation d’un état originel, rétrospectivement idéalisé, celui des HLM des années soixante. Il me semble que cette lecture fait fi d’une réalité plus structurelle du fonctionnement des villes, qui n’est pas propre à la France et renvoie au fait qu’il y a toujours eu des formes de spatialisation de la pauvreté urbaine. Certes, on ne doit pas se satisfaire de cette situation. Mais ce livre invite les pouvoirs publics à poser différemment le problème et donc à ne pas apporter de réponse comme s’il s’agissait « d’éteindre un incendie », et encore moins comme s’il s’agissait, comme cela était inscrit dans la loi dite anti-ghetto de juillet 1991, de « faire disparaître les phénomènes de ségrégation ».

L’empowerment, de la théorie à la pratique L’empowerment est, en France, une notion neuve. Après avoir étudié aux États-Unis cette conception de la politique publique qui vise à donner du pouvoir aux individus, M.-H. Bacqué mène auprès du ministère de la Ville une mission pour en promouvoir la pratique, avec M. Mechmache d’AC-LeFeu. Les institutions sauront-elles faire confiance à la société civile ?

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