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Judith Butler, meilleure alliée du néo-libéralisme?

Judith Butler, meilleure alliée du néo-libéralisme?
L’article de cette semaine a été écrit par Cyril, qui a déjà publié sur ce blog « Christine and the Queens: une pop queer » et « ‘AdopteUnMec’: inversion ne rime pas avec subversion ». Il revient sur une accusation récurrente à l’égard de la philosophe Judith Butler, tête de turc favorite des polémistes anti-études de genre, et fournit des éléments pour comprendre une pensée pour le moins complexe. Si vous voulez contribuer à ce blog, vous pouvez m’envoyer une proposition d’article à l’adresse cafaitgenre[at]gmail.com. Le débat suscité par la loi sur‭ « ‬le mariage pour tous‭ » ‬ne se réduit pas,‭ ‬du côté des opposants,‭ ‬aux propos effarants d’un cardinal Barbarin ou d’un Serge Dassault.‭ ‬Ces derniers ne font que décliner l’imagerie hélas bien connue de l’homosexualité considérée comme perversion,‭ ‬maladie,‭ ‬détraquement physique et/ou psychologique. La prise en compte de cette vulnérabilité fondamentale est peut-être l’argument qui sépare définitivement Butler du néo-libéralisme.‭ ‬ Related:  Genrecorps

Joan W. Scott (2012) De l'utilité du genre Joan W. Scott à la libraire Colette (Paris) le 28 septembre dernier. L'historienne du genre Joan W. Scott (Princetown University) était de passage en France fin septembre pour la présentation de son dernier ouvrage De l'utilité du genre (1). Périmé le genre ? Plus qu'un ouvrage défendant une thèse nouvelle, il s'agit de la reprise, avec des traductions inédites en français ou des éditions mises à jours, de plusieurs articles écrits sur une période de 30 ans. Lorsque Joan Scott propose sa théorisation du concept de genre dans les études historiques en 1986, l'historienne est déjà une professeure reconnue d'histoire. En relisant le célèbre article "le genre, une catégorie utile d'analyse historique" (2) dans cette nouvelle édition, il est frappant de voir comment Joan Scott tenait en haute estime sa matière. "Le genre est une façon de signifier les rapports de pouvoir. Le genre, est-ce une approche purement culturelle des rapports sociaux? (3) p. 44 (6) SCOTT, Joan W.

Habemus sex papam Ce blog était mis en veilleuse pour cause de thèse en cours, mais trop c’est trop ! L’accumulation d’allégations fantaisistes sur les différences entre les sexes proférées au nom de la science, relayées par les médias alors que le débat sur l’adoption et le mariage « gays » fait rage et que celui sur la « théorie du genre » renaît, a eu raison de mes priorités. C’est Jean-François Bouvet sur LePoint.fr qui m’a fait craquer hier matin. [Incidente ajoutée le 10/12/2012 à 17h55 : après que l'article que je critique ici ait été mis à la une du Point.fr et repris sur de multiples sites, la rédaction du Point l'a discrètement toiletté pour en éliminer les erreurs les plus grossières ! De l’expertise d’un anti-papesses non pur et dur Jean-François Bouvet est l’auteur d’une poignée de publications scientifiques sur le fonctionnement du système olfactif, qu’il a étudié expérimentalement sur des grenouilles dans les années 1980. Du fonctionnement cyclique du « cerveau de la femme » Odile Fillod

Faire corps avec Judith Butler 1Lire Judith Butler en français, c’est découvrir son œuvre dans le désordre. C’est aussi rencontrer très tard la philosophe, enseignante du département de rhétorique et de littérature comparée à l’Université de Berkeley, ayant publié dès 1987 et acquis une renommée internationale en 1990. 1 Par ailleurs, J. Vidal souligne la décontextualisation supplémentaire apportée par les retards de t (...) 2Pour balayer rapidement sa bibliographie française, ce n’est qu’en 2001-02, que paraissent, chez Epel et Leo Scheer, Marché au sexe (avec Gayle S. 3C’est avec quinze ans de retard que paraît en français un des livres fondateurs de la théorie queer, Trouble dans le genre : pour un féminisme de la subversion (La Découverte). 4Ces corps qui comptent est l’ouvrage qui nous occupe à présent (et dont le titre ne rend pas compte du dédoublement significatif entraîné par le matter de Bodies That Matter, 1993, corps qui « comptent » et qui « font matière »).

"Théorie du genre": la belle aubaine Un nouvel ennemi est apparu dans les radars de la droite. Cela a commencé avec des manuels de SVT, s’est renforcé avec les manifs de la honte et les mouvements anti-« mariage pour tous ». Personne ne savait très bien de quoi il s’agissait, mais on savait que c’était mal. Le mot d’ordre s’est répandu : le lobby gayo-franco-maçonno-gauchiste a trouvé un nouveau truc, ça s’appelle la théorie du genre et c’est mal. Il paraît qu’ils veulent l’enseigner à l’école. Le mot d’ordre s’est répandu comme une traînée de poudre. La théorie du genre à encore frappé! Il y a eu le communisme et le nazisme. @consultant2kap T'as compris que la théorie du genre est aux portes des Écoles ou tu planes encore? La théorie du genre est en marche. #manifpourtous De l'école à la justice, cette offensive insidieuse de l'idéologie du genre Pont d'Arcole (@aconstant92) June 14, 2013 Alors il faut résister : mieux, il faut combattre. Pourquoi un tel emballement ? AC Husson Like this:

Théorie du genre: Judith Butler répond à ses détracteurs Le Nouvel Observateur En 1990, vous aviez publié «Trouble dans le genre», qui devait marquer l'irruption dans le débat intellectuel de la «théorie du genre». De quoi s'agit-il ? Judith Butler Je tiens tout de suite à préciser que je n'ai pas inventé les «études de genre» (gender studies). La notion de «genre» est utilisée depuis les années 1960 aux Etats-Unis en sociologie et en anthropologie. Cette théorie est parfois reçue comme une façon de dire que les différences sexuelles n'existent pas... On croit que la définition du sexe biologique est une évidence. Simplement, sa définition nécessite un langage et un cadre de pensée - autant de choses qui par principe peuvent être contestées et qui le sont. Les genres, ce sont aussi des normes, que vous critiquez. Les études de genre ne décrivent pas la réalité de ce que nous vivons, mais les normes hétérosexuelles qui pèsent sur nous. Il n'y a donc pas de «nature masculine» ou de «nature féminine»? Peut-on se libérer du genre ?

Sexe/Genre (biologie/anthropo) Priscille Touraille : anthropologue J’ai grandi dans un environnement de théologiens, et toute mon adolescence, j’ai été taraudée par cette question : sur quelles bases un savoir de type religieux peut-il se prétendre plus vrai qu’un autre (au point que les discours de vérité aient pu servir de justification pour détruire des cultures et des populations entières) ? À l’âge de 12 ans, j’ai entendu parler une ethnologue à la radio, et ça été la révélation : j’ai décidé à ce moment-là que je ferai ce métier, parce que je voulais défendre le fait que les idées et les croyances qui forment notre culture n’ont pas de raison a priori d’être considérées comme supérieures à celles défendues par d’autres cultures… La division Homme/Femme Le projet anthropologique est d’étudier toutes les cultures humaines vivantes, et d’essayer –son objectif limite– de les comparer entre elles. Je vous renvoie à la définition ordinaire des dictionnaires. Retour au menu Double dimension biologique et sociologique

Performance (art) Performers allant au travail, comme vache, poussin et dinosaure. Performance de rue à Francfort-sur-le-Main, avril 2008. Une performance artistique est une action artistique comportementale entreprise par un (ou des) artiste(s), face à un public. L’œuvre peut être présentée en solo ou en groupe, être accompagnée d’éclairages, de musique ou d’éléments visuels réalisés par l’artiste, seul ou en collaboration, et produite dans des lieux les plus divers, des galeries d’art aux musées et aux espaces « alternatifs ». La performance peut n’être exécutée qu’une fois ou réitérée, s’appuyer ou non sur un scénario, être improvisée ou avoir fait l’objet de longues répétitions. C'est un médium ou une tradition artistique interdisciplinaire qui trouve son origine dans des pratiques artistiques d'avant-garde de la première moitié du XXe siècle comme le futurisme, Dada, le surréalisme et l'école du Bauhaus. L'art performance est, par essence, un art éphémère qui laisse peu d'objets derrière lui.

Le genre n'est pas une théorie, c'est un fait Le genre n'est pas une théorie : c'est un fait. Cette formule, j'ai eu l'occasion de l'utiliser dans des billets précédents. Et j'ai dû souvent la marteler à nouveau contre les néo-réactionnaires qui se sont fait un devoir de continuer leur lutte contre l'égalité en la rhabillant "lutte contre la théorie du djendeur". Je me suis dit qu'il était temps que j'explicite complètement cette formule. Il n'est pas forcément facile de le montrer : un fait ne se donne pas à voir immédiatement. Considérons maintenant un autre point : puisque je sais que la Terre est ronde, je peux avoir envie de savoir pourquoi. Je peux montrer que les corps chutent dans certains contextes. Pour que les choses soient plus claires, considérons un autre cas : l'évolution. Mais dire "les espèces évoluent" ne nous dit rien du pourquoi et du comment de ces évolutions. Les spécialistes de physiques et de biologie évolutionniste trouveront sans doute ma présentation schématique. Venons-en au genre enfin.

Lire Judith Butler avant d'en parler (avec en bonus le passage qu'aucun anti-mariage n'a pris le temps de lire) - Freakosophy « Si je soutenais que les genres étaient performatifs, cela pouvait signifier que je croyais que chacun, à son réveil, examinait le contenu de son placard ou de quelque espace plus vaste, et y choisissait le genre de son choix, qu’il revêtait ensuite pour la journée avant de le ranger à sa place le soir venu. Un sujet si volontaire et pragmatique, qui déciderait de son genre, ne serait manifestement pas son genre depuis le départ, et ne réaliserait pas que son existence est déjà décidée par son genre. (…) Mais si, à l’inverse, (…) le genre n’est pas un artifice que l’on pourrait assumer ou enlever à volonté, s’il n’est pas, par conséquent, l’effet d’un choix, comment comprendre le statut constitutif et contraignant des normes de genre sans pour autant tomber dans le piège du déterminisme culturel ?

Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ? #lefilm | Penser/Classer Alors si ce n’est pas la sélection sexuelle, il reste la sélection naturelle. Les grands seraient-ils meilleurs à la chasse, ont-ils rapporté les meilleurs mammouths à la grotte, les plus gros poissons et les meilleurs fruits des arbres ? Et comme les femmes se penchaient pour cueillir les fruits, elles auraient eu plus intérêt à être petites ? Sauf qu’on sait (grâce à l’anthropologie) que la galanterie est un gadget assez récent et peu généralisable, les femmes ne sont pas cantonnées aux tâches légères/simples, qu’elles sont chargées de tâches très difficiles et demandant de la force physique, dans plein de cultures et régions du monde, et que cela en a probablement toujours été ainsi. Il y a de bonnes raisons de penser qu’« il vaut mieux » être grande, pour une femme, si on veut avoir des enfants. Les pressions de sélection obstétriques (et Dieu sait si elles sont importantes pour la perpétuation de l’espèce) auraient donc du aboutir à des femmes plus grandes. La recherche au cinéma

Qu’est-ce que la performance ? Steven Cohen, Chandelier, 2001 Par Gérard Mayen, critique de danse Une définition impossible ? C’est devenu une figure quasi obligée de tout exposé concernant la performance : entamer celui-ci en s’interrogeant sur l’impossibilité même qu’il y aurait à la définir. L’embarras peut toucher à la période comme aux champs artistiques où on va pouvoir la repérer. Devant pareil embarras, on s’entendra bien souvent à conclure que l’instabilité de sa définition doit être rangée parmi ses traits caractéristiques. C’est parfois en passant par ses marges, ou en précisant ce qu’il en est de pratiques voisines, que nous esquisserons une constellation ayant trait à la performance. Un embarras terminologique Une action en train de se produire Ici, il faut abstraire le terme de performance de sa composante qui tire vers les notions de prouesse ou d’excellence – une acception qu’on laissera plus volontiers au domaine du sport, par exemple. L’énoncé performatif : dire/produire À l’origine : les arts visuels 1.

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