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Crise du capitalisme: André Gorz avait tout compris

Crise du capitalisme: André Gorz avait tout compris
Penser la sortie du capitalisme avec André Gorz Il y a cinq ans, le lundi 24 septembre 2007, une dépêche de l’AFP annonçait en fin d’après-midi que le philosophe André Gorz s’était suicidé en compagnie de sa femme. La nouvelle était presque passée inaperçue, même si le suicide d’un couple «main dans la main» n’est pas chose banale. Ce qui l’était encore moins, c’est qu’André Gorz avait eu la délicatesse de laisser entrevoir cette issue à ses lecteurs un an auparavant. «Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l’autre», écrivait-il à l’automne 2006 dans «Lettre à D.» (éd. Or, il est fondamental de revenir sur l’œuvre d’André Gorz aujourd’hui. Pour Gorz, il faut oser rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus. «En ce qui concerne la crise économique mondiale, nous sommes au début d’un processus long qui durera encore des décennies. Vous avez bien lu. La gauche peine en effet à redonner une boussole à une société désorientée. Bio express

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20120928.OBS3955/crise-du-capitalisme-andre-gorz-avait-tout-compris.html

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André Gorz, actuel Toute sa vie Gérard Horst, le nom d’état civil d’André Gorz, aura été un homme d’une extrême discrétion. Il n’aura véritablement « rencontré » le grand public qu’avec la publication en 2006 de Lettre à D ., une poignante lettre d’amour adressée à celle qui fût sa compagne près de soixante ans durant, Dorine. Leur suicide commun fin septembre 2007 mit un terme tragique et hautement philosophique à un parcours hors norme. Deux ans après sa mort, ses réflexions nous seraient bien utiles alors que le capitalisme est confronté à l’une des crises les plus violentes de son histoire.

L’avidité au pouvoir Écouter en Audio,Daniel Tanuro, un ingénieur agronome belge, a résumé en quelques pages le mécanisme dramatique qui a conduit, en moins de 2 siècles notre société dans l’impasse actuelle…édifiant. Il évoque ce qu’il appelle « la montée du capitalisme machiniste » qui s’est emparé, en 2 petits siècles des 2 seules sources de richesse : la terre et le travailleur, ce qu’évoquaient Dickens et Zola. Ce fut la 1ère révolution industrielle, avec les conséquences que l’on sait : destruction des paysages dans les régions minières, pollution des eaux, des sols, de l’atmosphère, acidification des écosystèmes, transformations des villes en cloaques insalubres, à l’exemple de Londres ou de Manchester qui au 19ème siècle étaient presque aussi sombres de jour que la nuit, ainsi que l’avait décrit Alexis de Tocqueville dans son voyage en Angleterre. lien La dernière solution pratiquée est la délocalisation, mais on en connait les limites. Ce fut la 2ème révolution industrielle.

Soutenir l'industrie n'est pas forcément soutenir l'emploi et la croissance On pourrait croire naïvement que soutenir l'industrie et soutenir l'activité globale nécessite la mise en place des mêmes politiques. Or, ce n'est pas le cas. Soutenir l'industrie peut impliquer la mise en place de politiques économiques très différentes de celles qui soutiennent l'activité globale ou l'emploi global.

L’autonomie des individus par André Gorz « Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant – de ce que Jacques Delors appelait une « abondance frugale »… De toute évidence, la rupture avec la tendance au « produire plus, consommer plus » et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme … où tous les besoins et tous les désirs sont rebattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; … » André Gorz, Septembre 2007, Revue EcoreV. Photo et texte d’Agnès H. Tags: Idéologie

Rebâtir le bien commun. Discours à Washington Mise à jour le Mardi, 05 Novembre 2013 21:26 Écrit par Henri Hude Mardi, 05 Novembre 2013 10:52 Une rencontre civique franco-américaine a eu lieu jeudi 31 octobre 2013, à Washington, DC, à l’hôtel Marriott, Pennsylvania Avenue. Il y fut question de la reconstruction nécessaire du bien commun sur les deux rives de l’Atlantique. J’y ai prononcé un discours dont voici des extraits traduits en français. Ordre Spontané: Un homme averti en vaut deux Techniquement, si la France [1] devait décider de sortir de la zone euro et de réinstaurer un nouveau-nouveau-franc, ça ne poserait pas vraiment de difficulté insurmontable. Dans la mesure où, d’une part, la Banque de France existe toujours et où, d’autre part, le dispositif légal qui permet à l’État de nous imposer l’utilisation de sa monnaie à l’exclusion de toute autre n’a jamais cessé d’exister, remplacer l’euro par une nouvelle version du franc se résume à une simple reniement de nos promesses passées – lesquelles, surtout en politique, n’engagent que ceux qui les ont écouté. Bien sûr, l’opération comporte quelques difficultés d’ordre technique et coûterait sans doute un peu d’argent mais, mon Dieu, rien dont nous ne puissions venir à bout.

André Gorz et la dynamique du capitalisme Avec Misères du présent, richesse du possible, L’immatériel, Ecologica [2] Ouvrage posthume paru en 2008 et réunissant différents... [2] , la réflexion de Gorz sur l’évolution du capitalisme connaît un renouvellement important, dans lequel joue un rôle considérable le dialogue qu’il instaure avec les analyses menées dans les revues Futur antérieur, Alice et Multitudes sur les thématiques du general intellect, du travail immatériel et du capitalisme cognitif. Dans cette démarche, Gorz complète et modifie l’angle de son analyse des mutations du travail et de la crise de la loi de la valeur. En effet, dans les essais des années quatre-vingts, quatre-vingt-dix, comme nous l’avons vu, son attention s’est focalisée principalement sur les effets de la robotisation de la production, c’est-à-dire sur la façon dont le remplacement du travail vivant par le travail mort conduisait à la crise de la société du travail. Commençons par le travail.

« La crise est une arnaque, un récit inventé par une oligarchie mondiale » Patrick Viveret dans Libération En fait, comme l’ont pointé les Indignés, la crise est une arnaque. C’est le récit qu’a inventé une oligarchie mondiale pour préserver ses intérêts alors que le monde est bousculé par cette «grande transformation». Intellectuel historique de la deuxième gauche autogestionnaire, inlassable militant et penseur audacieux, Patrick Viveret est membre du Pacte civique et un des fondateurs du Collectif Roosevelt. Patrick Viveret en compagnie de Susan George et Edwy Plenel devant l’Assemblée nationale pour le collectif Roosevelt

Les produits dérivés dépassent leur niveau d'avant-crise Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Marie Charrel « Les produits dérivés sont une arme de destruction massive », a coutume de dire l'investisseur et milliardaire américain Warren Buffett. L'étude publiée mardi 17 décembre par le cabinet d'analyse financière indépendante AlphaValue, intitulée « Quelles banques sont des Fukushima en puissance ? », montre que ce n'est pas près de changer. Celle-ci révèle en effet que la valeur notionnelle des dérivés (c'est-à-dire la valeur faciale qui apparaît sur les contrats de ces produits) dépasse désormais son niveau d'avant la crise des subprimes.

A reculons, par André Gorz Dans l’ensemble des pays capitalistes d’Europe, on produit trois à quatre fois plus de richesses qu’il y a trente-cinq ans ; cette production n’exige pas trois fois plus d’heures de travail, mais une quantité de travail beaucoup plus faible. (...) Nous sortons de la civilisation du travail, mais nous en sortons à reculons, et nous entrons à reculons dans une civilisation du temps libéré, incapables de la voir et de la vouloir, incapables donc de civiliser le temps libéré qui nous échoit, et de fonder une culture du temps disponible et une culture des activités choisies pour relayer et compléter les cultures techniciennes et professionnelles qui dominent la scène. (…) Pour près de la moitié de la population active, l’idéologie du travail est devenue une mauvaise farce ; l’identification au travail est désormais impossible, car le système économique n’a pas besoin ou n’a pas un besoin régulier de leur capacité de travail.

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