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« On n’a plus le temps... », par Serge Halimi

« On n’a plus le temps... », par Serge Halimi
Ceux qui se désolent du manque d’attention à leur cause, à leur activité, se voient souvent opposer la même explication : « On n’a plus le temps. » On n’a plus le temps de se plonger dans un livre « trop long », de flâner dans une rue ou dans un musée, de regarder un film de plus de quatre-vingt-dix minutes. Ni celui de lire un article abordant autre chose qu’un sujet familier. Ni de militer ni de faire quoi que ce soit sans être aussitôt interrompu, partout, par un appel qui requiert d’urgence son attention ailleurs. Pour une part, ce manque de temps découle de l’apparition de technologies qui ont permis de… gagner du temps : la vitesse des déplacements s’est accrue, celle des recherches, des transmissions d’informations ou de correspondances aussi, souvent à un coût modeste ou dérisoire. Mais, simultanément, l’exigence de vitesse n’a cessé d’obérer l’emploi du temps de chacun, et le nombre de tâches à réaliser a explosé. Toujours connecté. En particulier sur la Toile.

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/10/HALIMI/48240

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La compétitivité, un mythe en vogue, par Gilles Ardinat Singulier unanimisme. L’ancien ministre des affaires étrangères Alain Juppé révélait, le 28 août dernier, « le vrai problème de l’économie française » : son manque de compétitivité (matinale de France Inter). Un mois auparavant, à l’annonce de huit mille licenciements par le groupe Peugeot (PSA), M. Jean-François Copé, secrétaire général de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), avait déjà identifié une « priorité absolue », « la compétitivité de notre industrie », avant que le sénateur et ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin n’appelle de ses vœux un « choc de compétitivité », seul capable d’aiguillonner l’économie hexagonale.

Lexique médiatique pour mauvais temps politique « Activistes ». Terme préférable à « militants » quand ces derniers défient une autorité réputée pour son « réalisme »* ou son « pragmatisme »*. « Des activistes occupent le terrain dédié à un aéroport par le maire de Nantes ». « Adaptation ». Bernard Stiegler : la déraison généralisée du court termisme Le consumérisme, qui est désormais la force structurante de nos sociétés, « repose sur le court-circuit de tout ce qui autrefois consistait à produire ce qu’on pourrait appeler des raisons d’agir », diagnostique le philosophe Bernard Stiegler, qui analyse la crise actuelle comme celle de sociétés déconstruites par le « court-termisme » qui les ronge, et souligne ses répercussions sur le psychisme des individus, en proie à la stupéfaction, et tétanisés - jusqu’à quand ? - devant les ruptures inévitables. Bernard Stiegler s’entretient avec la rédaction du journal de France Culture, 20 décembre 2011 Question : Où en sommes-nous depuis le déclenchement de la crise de 2008 ? (...) Pour décrire la situation, et aussi rendre hommage à Vaclav Havel on pourrait citer sa phrase : « l’élément tragique de l’homme moderne, ce n’est pas qu’il ignore le sens de la vie, c’est que cela le dérange de moins en moins ».

Nuit debout : le crachat de Michel Onfray pour défendre Alain Finkielkraut Nous avons signalé, dans un précédent article, à quel point les mésaventures d’Alain Finkielkraut sur la place de la République ont indigné l’éditocratie qui, à l’unisson, a témoigné de sa bouleversante solidarité avec le philosophe pour médias. L’occasion rêvée pour jeter le discrédit sur une mobilisation qui n’a, selon eux, que trop duré. Même si nous n’imaginions pas que « l’affaire » allait être rapidement enterrée, nous pensions toutefois que le pire était passé, a fortiori dans la mesure où la version unanimement reprise par les défenseurs d’Alain Finkielkraut dans les heures qui ont suivi l’incident a été depuis largement remise en cause [1].

2012 WWI Vers une prospérité durable, RIO + 20 (collectif) Sous le titre original de Moring Toward Sustainable Prosperity, la dernière édition du Worldwatch Institute dresse une synthèse des enjeux les plus important qui auraient du être débattus par le Sommet de la Terre à Rio, vingt ans après celui de Rio en 1992. Mais la planète continue de brûler et nous regardons toujours ailleurs. Voici quelques extraits : 1/3) Economie : La voie de la décroissance pour les pays surdéveloppés (Erik Assadourian)

Loi travail : matraquages médiatiques sur les manifestations Matraquage Ce jeudi 28 avril 2016, difficile de passer à côté du « bilan » de la manifestation contre la loi travail, aussi succinct qu’un bandeau de BFMTV : « 124 interpellations et 24 policiers et gendarmes blessés, dont trois grièvement et un en urgence absolue » annoncent à l’unisson les sites des grands titres de presse, reprenant les chiffres du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (lemonde.fr, lefigaro.fr, leparisien.fr, l’Express, lepoint.fr). Un bilan ressassé dans la presse papier, en continu sur France Info et qui font les titres des journaux télévisés de France 2 et de TF1. Pour en savoir plus sur le déroulé des événements, le lecteur ou le téléspectateur curieux pourra consulter les reportages sur place, sous forme de « directs », de diaporamas ou de vidéos, sur les sites de presse ou dans les 20h des grandes chaînes (liberation.fr, lemonde.fr, lefigaro.fr, leparisien.fr, lexpress.fr, francetvinfo.fr et TF1).

Nous y sommes ! Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.

TF1 et France 2 au secours des mal-aimés de la police I) Sur TF1 : « remonter le moral des forces de l’ordre » À tout seigneur tout honneur, c’est par le 13h de Jean-Pierre Pernaut que nous commencerons cette étude. Le JT s’ouvre par deux sujets consacrés aux routiers et aux cheminots mobilisés. Amuse-bouche Le mot « décroissance », un « suicide politique » pour Dennis Meadows A l’heure où la planète a rendez-vous à Rio pour parler d’« économie verte », la voix de Dennis Meadows mérite d’être écoutée. Environnementaliste américain, il était chercheur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et âgé de seulement 30 ans lorsqu’il a publié, avec ses collègues, en 1972, le rapport sur « Les Limites de la croissance », à la demande du Club de Rome. Modèle complexe

Vivre en troupeau en se pensant libres, par Dany-Robert Dufour (Le Monde diplomatique, janvier 2008) L’individualisme n’est pas la maladie de notre époque, c’est l’égoïsme, ce self love, cher à Adam Smith, chanté par toute la pensée libérale. L’époque est à la promotion de l’égoïsme, la production d’ego d’autant plus aveugles ou aveuglés qu’ils ne s’aperçoivent pas combien ils peuvent être enrôlés dans des ensembles massifiés. Et c’est bien d’ego qu’il s’agit, puisque les gens se croient égaux alors qu’en réalité ils sont passés sous le contrôle de ce qu’il faut bien appeler le « troupeau ».

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