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Le mérite est-il encore un idéal démocratique ?

Le mérite est-il encore un idéal démocratique ?
À l’heure où une large frange de la jeunesse aborde les examens et concours censés certifier les mérites de chacun, croit-on encore vraiment au bien-fondé de ces épreuves ? La réponse est sans doute… oui et non. Non, au vu des critiques récurrentes des évaluations et des inégalités scolaires. Oui, quand on observe que les premiers intéressés (soutenus par leurs parents) se plient, sans trop broncher, à ces rituels de fin d’année, quand on voit que le poids exorbitant des diplômes sur les carrières professionnelles n’est guère contesté, ou encore, qu’en France comme en Europe, nous confions les rênes du pouvoir à des élites hyper diplômées… Read more: L’égalité scolaire, un enjeu de survie pour la démocratie Une longue histoire Le mérite est certes une idée bien plus ancienne. Il reste que la mesure de l’apport au bien commun n’est pas immédiate, pas plus en tout cas que la vertu. Les glissements du mérite moderne… La justice réduite au mérite ? L’improbable égalité des chances Related:  Chapitre - Quelle est l'action de l'école sur les destins individuels et sur l'évolution de la société ?

Benoît Coquard, sociologue : « Dans certains milieux ruraux, la culture anti-études reste très forte » Les jeunes des territoires ruraux en déclin, tel est le sujet d’études de Benoit Coquard, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et auteur de l’ouvrage Ceux qui restent (La Découverte, 2019). Au cours de longues enquêtes dans le Nord et l’Est de la France, il a analysé les aspirations d’une certaine jeunesse, pour qui reconnaissance sociale et valorisation de soi passent par d’autres voies que les études supérieures. Et pour qui faire des études, c’est avant tout quitter sa ville ou son village, opter pour un choix à l’issue incertaine, souvent non approuvé par l’entourage, et par ailleurs en inadéquation avec les besoins du marché de l’emploi local. Comme le montre Benoît Coquard, « ceux qui restent » valorisent avant tout la solidarité territoriale et amicale face aux difficultés. Qu’est-ce qui vous a conduit à vous intéresser aux orientations scolaires des jeunes, et notamment aux différences entre femmes et hommes, dans les campagnes en déclin ?

=> La remise en cause du mythe méritocratique aux Etats-Unis... Comment l’élitisme social est maquillé en élitisme républicain Notre école fonctionne plutôt bien pour 70 à 75 % des élèves. La moitié des élèves âgés de 15 ans comptent même parmi les meilleurs élèves du monde selon les évaluations internationales Pisa [1] de l’OCDE. Il faut s’en réjouir. Certes, aujourd’hui, 44 % des sortants du système éducatif ont un diplôme de l’enseignement supérieur, soit deux fois plus que la génération qui vient de prendre sa retraite. Une école qui procède par élimination En France, qui prétend être le pays du « vivre ensemble », on ne scolarise pas ensemble. Pourquoi est-ce si difficile en France de bâtir un système éducatif qui soit organisé pour que tous les enfants réussissent et qui ne soit pas essentiellement concentré sur la sélection des meilleurs ? Indispensable mixité sociale Solidarité en direction des plus démunis Les choix budgétaires sont historiquement peu favorables aux élèves en difficulté. Une pédagogie centrée sur la réussite de tous Le temps de la scolarité obligatoire est le temps du commun. Commander

Les enfants d'immigrés à l'école : entretien avec Mathieu Ichou Mathieu Ichou est chargé de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined) ainsi que chercheur associé à l'Observatoire Sociologique du Changement (OSC) de Sciences Po. Ses recherches portent notamment sur la sociologie de l'immigration, de l'éducation et de la stratification sociale. Son dernier ouvrage, Les enfants d'immigrés à l'école. Inégalités scolaires, du primaire à l'enseignement supérieur, publié en 2018, s'intéresse aux trajectoires scolaires d'élèves issus de l'immigration. La question de la réussite ou de l'échec scolaire des élèves issus de l'immigration est débattue depuis longtemps dans la recherche sociologique française. L'idée dominante, à la fois dans le discours public et dans un certain nombre de recherches scientifiques, est celle de l'échec scolaire des enfants d'immigrés. Deuxièmement, il faut dépasser l'étude de la réussite moyenne des enfants d'immigrés pour prendre en compte la grande diversité de situations. Caille J.

Michael Sandel et les perdants de la méritocratie Riches, diplômés, perdants du système, nous mériterions notre sort...Telle est "La tyrannie du mérite" (Albin Michel, 2021) que dénonce Michael J.Sandel, professeur en philosophie politique à Harvard. Michael J. Sandel est professeur de philosophie politique à Harvard University Law School et membre de l’American Academy of Arts and Sciences. Il est notamment connu pour son best seller Justice, dans lequel il développe une critique du libéralisme. Il anime sur la BBC une série de débats, « The Global Philosopher », qui abordent, avec des participants issus de pays différents, des questions éthiques soulevées par l'actualité. Ce contre quoi je m'élève, c'est une notion enflée de ce que nous méritons. Paraît La Tyrannie du mérite (Albin Michel, 2021), une traduction par Astrid von Busekist de son livre The Tyranny of Merit: What's Become of the Common Good ? C'est l'âge de la méritocratie qui a fait de l'éducation supérieure l'arbitre de l’opportunité.

« La croyance selon laquelle le mérite détermine la réussite est fausse » Tribune. Ouvrant une séquence visiblement destinée à rééquilibrer l’axe politique du quinquennat de droite à gauche, le président de la République, Emmanuel Macron, a multiplié les annonces liées à l’égalité des chances : le 11 février, un millier de places supplémentaires créées dans des « Prépas Talents » et des parcours spécifiques dans certaines grandes écoles, le 12 février lancement d’une plate-forme « anti-discriminations », le 1er mars un programme d’incitation au mentorat. L’intention, à l’évidence, est louable. Oui, il faut permettre à chacun de ne pas être assigné au milieu social dans lequel il est né. Oui, il est absolument nécessaire de redémarrer l’ascenseur social qui, dans notre pays, est en panne depuis des années. Les chiffres sont éloquents. A l’inverse, les étudiants issus des catégories défavorisées ne représentent que 9 % des effectifs. Ainsi, dans le même rapport, on découvre que les chiffres n’ont que très peu varié depuis vingt ans. « Rien ne m’a été donné.

L’égalité scolaire, un enjeu de survie pour la démocratie Le long mouvement de massification scolaire enclenché dans notre pays depuis les années 1960 était censé accroître l’attachement aux valeurs démocratiques. Dans la mesure où l’éducation scolaire est imprégnée des valeurs de l’égalité et de la tolérance, et véhicule la croyance dans les vertus de la science et de la raison, le fait qu’une majorité de jeunes bénéficie aujourd’hui d’une scolarité longue – la proportion de bacheliers atteignait 80 % d’une génération en 2019 – ne pouvait a priori que renforcer la confiance dans la démocratie. Or, force est de constater que, en France et dans d’autres pays comparables, cette promesse optimiste n’a pas été totalement tenue. Si les acquis de la science sont plus largement diffusés, les jeunes gardent-ils pour autant le recul nécessaire par rapport aux fake news qui circulent toujours plus vite ? Croyances et esprit critique Valeurs et effets de diplôme Read more: L’école française, championne des inégalités sociales ?

=>Des données comparatives sur la mobilité sociale... L’école française, démocratique ou élitiste ? La rentrée scolaire 2015 a fait l’objet de polémiques centrées sur l’inégalité de l’école française. Le débat est aussi présent parmi les chercheurs : l’école française se démocratise-t-elle ou les logiques de reproduction sont-elles dominantes ? L’une et l’autre se combinent-elles ? Un bilan est-il possible ? Pour répondre à ces interrogations, les sociologues ont décliné le concept de démocratisation de l’enseignement de différentes façons : démocratisation quantitative, qualitative, uniforme, ségrégative… Autant de notions essentielles à la compréhension des transformations actuelles de l’école française. Les démocratisations quantitative et qualitative de l’enseignement Au milieu des années 1980, A. La « démocratisation qualitative » est la seconde notion présentée par Prost. Les démocratisations uniforme, égalisatrice et ségrégative Les limites des notions proposées par Prost ont favorisé de nouvelles recherches. La démocratisation ségrégative de l’enseignement supérieur Conclusion

L’école, républicaine ou utilitariste ? Au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, deux grands projets d’institution scolaire furent développés : en France, celui de Condorcet, dont la formulation la plus marquante se trouve dans ses Mémoires sur l’instruction publique (1791) ; en Angleterre, celui de Bentham, exposé dans la Chrestomathia (1816). Au premier abord, ces deux projets sont si différents que l’on voit mal comment il serait possible d’en proposer une analyse comparée : en un mot (nous y reviendrons), Condorcet propose une institution républicaine ayant à sa charge l’instruction morale du citoyen, tandis que l’institution de Bentham poursuit une finalité plus utilitariste pouvant être ramenée à la volonté d’assurer l’accès au bonheur au plus grand nombre. Dans Créer l’école, Alain Fernex nous propose pourtant un point de vue qui autorise la démarche comparative. Condorcet face à Bentham L’importance de l’enseignement technique Éducation et autonomie Pour citer cet article : Nota bene :

En France, le manque de mobilité sociale est plus problématique que les inégalités de revenus Massification et démocratisation de l'accès à l'école et à l'enseignement supérieur Les sources des graphiques et des données sont détaillées en fin d'article. Depuis les années 1950, l'accès à l'École, puis à l'enseignement supérieur, s'est élargi : l'enseignement secondaire et supérieur s'est ouvert à des catégories sociales qui en étaient autrefois écartées et la durée de scolarisation moyenne s'est allongée. L'examen des taux de scolarisation, d'accès et de réussite à des diplômes permet de mettre en lumière ce phénomène de « massification » du système scolaire, tout en nuançant l'idée de « démocratisation » de l'école [1]. La massification de l'enseignement secondaire et de l'accès au baccalauréat À la fois diplôme sanctionnant la fin des études secondaires et premier grade universitaire donnant accès à l'enseignement supérieur, le diplôme du baccalauréat était autrefois réservé à une élite. Les réformes éducatives ayant permis la démocratisation de l'enseignement secondaire depuis la guerre Graphique 1 : Proportion de bacheliers dans une génération par voie (en %)

Inégalités et éducation. Insee. Décembre 2021. Économie et Statistique propose, dans son numéro double de décembre 2021, un dossier thématique consacré aux politiques éducatives au XXIe siècle sous l'angle des inégalités sociales d'éducation. Les articles composant ce dossier mobilisent de grandes bases de données, capables de fournir une vision objective et précise des tendances du système éducatif français depuis une vingtaine d'années. Économie et Statistique n° 528-529, 22 décembre 2021. Numéro complet en PDF. Sommaire du dossier thématique : Inégalités et éducation Inégalités scolaires et politiques éducatives : une introduction, par Georges Felouzis Résumé : Avant d'entrer dans une présentation des articles du dossier, cette introduction propose de revenir sur ce que l'on entend par « inégalités » dans le domaine de l'éducation, leurs différentes formes, sources et conditions, et sur quelques aspects des politiques mises en œuvre face à ces inégalités. Qu'est ce qu'un bon lycée ?

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