background preloader

Les généraux algériens relancent la guerre des mémoires avec la France – Un si Proche Orient

Les généraux algériens relancent la guerre des mémoires avec la France – Un si Proche Orient
Le chef d’état-major Saïd Chengriha, en invoquant, au mépris de la réalité historique, les « millions de martyrs » tombés face à la France, ferme la porte à la réconciliation mémorielle. Le général Chengriha, le 19 décembre 2019 à Alger (Fateh Guidoum, AP) L’homme le plus puissant d’Algérie n’est pas le président Abdelmejid Tebboune, bien mal élu en décembre 2019, dans un scrutin marqué par une abstention historique de 60%. Le véritable « homme fort » du pays demeure son chef d’état-major en tant que dirigeant de fait des « décideurs » militaires qui, sous une forme ou sous une autre, accaparent le pouvoir depuis des décennies. En ce même mois de décembre 2019 où Tebboune accède à la Mouradia, l’équivalent algérien de l’Elysée, Chengriha succède à la tête des armées algériennes à Ahmed Gaïd Salah, décédé « des suites d’un arrêt cardiaque à son domicile », selon le communiqué officiel. Related:  Chap 3 La France : une nouvelle place dans le mondeThème 3 – Histoire et mémoires (26-28 heures)Rapport Stora Janvier 2021

Comment réconcilier les mémoires française et algérienne ? Avec nos partenaires, nous traitons vos données pour les finalités suivantes : le fonctionnement du site, la mesure d'audience et web analyse, la personnalisation, la publicité et le ciblage, les publicités et contenus personnalisés, la mesure de performance des publicités et du contenu, le développement de produit, l'activation des fonctionnalités des réseaux sociaux. Vos préférences seront conservées pendant une durée de 6 mois.

En Algérie, la révolte des historiens face au verrouillage des archives Pour ne rien manquer de l’actualité africaine, inscrivez-vous à la newsletter du « Monde Afrique » depuis ce lien. Chaque samedi à 6 heures, retrouvez une semaine d’actualité et de débats traitée par la rédaction du « Monde Afrique ». La révolte gronde chez les historiens algériens. Neuf d’entre d’eux, emmenés par Mohamed El Korso, Daho Djerbal et Amar Mohand-Amer, ont publié, jeudi 25 mars, une lettre ouverte au chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, lui demandant de mettre fin aux « entraves bureaucratiques » pénalisant l’accès aux Archives nationales. Effet collatéral de la parution en janvier à Paris du rapport de Benjamin Stora sur la réconciliation mémorielle franco-algérienne, une telle initiative collective est sans précédent. Son inamovible patron, Abdelmadjid Chikhi, en poste depuis dix-neuf ans, était censé servir d’interlocuteur à M. Lire aussi Pour Alger, c’est comme si le rapport Stora sur la réconciliation des mémoires entre la France et l’Algérie « n’existait pas » M. M.

Rapport Stora. Le gouvernement algérien déplore la non-reconnaissance des “crimes coloniaux” de l’État français Trois semaines après la remise du rapport Stora sur les relations entre la France et son ancienne colonie, Alger a réagi pour la première fois et dit regretter l’absence d’excuses et de reconnaissance. Loin d’apaiser les relations, cela semble les crisper, relève la presse algérienne. Le rapport de l’historien Benjamin Stora, commandé par Emmanuel Macron, visait à apaiser les relations franco-algériennes. Pour l’heure, il n’a fait qu’accentuer les crispations. Selon lui, l’épais dossier de 150 pages vient camoufler la vérité historique de la colonisation et de la guerre d’Algérie, rapporte le journal algérien TSA : “Le criminel fait tout pour éviter de reconnaître ses crimes. Ammar Belhimer a tout de même souligné les efforts conjoints entrepris pour la réconciliation des mémoires. Concrétiser l’acquis moral le plus important qui est la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux.” Dommages causés par les déchets radioactifs Chaque mot compte dans ce dossier ultrasensible.

Le 19 mars, date contestée de la commémoration de la guerre d’Algérie Jamais depuis 1962 une date commémorant la fin de la guerre d’Algérie ne s’est imposée. Cette absence de consensus est d’abord due au refus des autorités françaises de reconnaître officiellement cette guerre jusqu’en 1999 (voir La reconnaissance de la guerre d'Algérie par la loi). Elle s’explique également par la volonté d’occulter une défaite. Enfin et surtout, elle trouve sa source dans l’impossibilité de trouver une date. Le 19 mars recueille les suffrages de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), qui revendique 370 000 adhérents, ainsi que des partis de gauche. Désireux de ne heurter la mémoire d’aucun groupe et de choisir une date neutre, le président de la République Jacques Chirac instaure, par décret du 26 septembre 2003, la date du 5 décembre comme journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie.

La commémoration peut-elle échapper à la politique ? Les célébrations nationales ? Vaste sujet ! Chaque année, il y a des tas d’évènements à commémorer. En 2021 par exemple, la naissance de Madame de Pompadour, celle de Gustave Flaubert, de Jean de La Fontaine, de Georges Brassens, la mort de Napoléon ou encore les débuts de la Commune, à Paris. D’ailleurs, faut-il commémorer ? Nous le faisons naturellement, quand nous nous souvenons d’un anniversaire. Samedi 16 janvier 2021, l'Institut de France annonce la création de « France Mémoire ». Avec Yves Bruley, historien, vice-président de l'École Pratique des Hautes Études (EPHE), directeur de France Mémoire, le nouveau service chargé des commémorations nationales, désormais géré par l’Institut de France. Et Rémi Dalisson, professeur des universités à Rouen, spécialiste des commémorations et des rapports entre histoire et mémoire. France Mémoire est un service qui dépend de l'Institut de France, institut qui réunit les cinq Académies. Sons diffusés :

En Algérie, les anciens combattants rejettent le rapport Stora sur la réconciliation des mémoires La puissante Organisation des moudjahidine (ONM), qui représente les anciens combattants algériens de la guerre d’indépendance (1954-1962), n’a pas du tout apprécié le rapport rendu le 20 janvier par l’historien français Benjamin Stora. Elle reproche à ce dernier d’avoir « occulté les crimes coloniaux ». Des crimes « perpétrés par l’Etat français, de l’aveu des Français eux-mêmes », selon le secrétaire général par intérim de l’ONM, Mohand Ouamar Benelhadj, qui s’est exprimé dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube de l’organisation. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Massu, Aussaresses, Le Pen : quand « Le Monde » réveillait les mémoires sur la guerre d’Algérie Cette réaction – la première émanant d’un organisme officiel algérien depuis que l’historien a remis son travail au président français Emmanuel Macron – n’est pas une surprise. « Des crimes contre l’humanité » Lire aussi France-Algérie : les 22 recommandations du rapport Stora Critiques nombreuses Le Monde avec AFP

L’inauguration du Mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats Le 5 décembre 2002, le président de la République Jacques Chirac inaugure un Mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, à Paris. Jusque-là aucun site n’avait été spécifiquement dédié à la commémoration nationale de ce conflit. Certes le 16 octobre 1977 un soldat inconnu d’Algérie avait été inhumé, en présence du président de la République Valéry Giscard d’Estaing, dans la nécropole de Notre-Dame-de-Lorette, mais sa tombe n’était pas pour autant devenue un lieu de mémoire national. Le projet d’un mémorial national rendant hommage à tous les combattants de la guerre d’Algérie est initié en 1998 par le gouvernement de Lionel Jospin, quelques mois avant la reconnaissance officielle de la guerre d’Algérie par la loi du 10 octobre 1999 (voir La reconnaissance de la guerre d'Algérie par la loi). Bibliographie Dalisson Rémi, Guerre d’Algérie.

Les noms de rues : le casse-tête des mémoires Désertées dès 18h, tristes de leurs bars et de leurs restaurants fermées depuis des semaines, nos rues sont à la peine. Les citoyens sont en manque de cet espace social majeur : "lieu de fréquentation et d'usage, de l'échange, des rencontres et des solidarités, parfois aussi de l’exclusion, (...) de l’affrontement des pouvoirs, du défilé et de la manifestation" comme en parlait Maurice Garden dans une Histoire de la rue, dans la revue Pouvoirs en 2006. Très peu investie comme objets d'études, en cette période de crise sanitaire, la toponymie des rues françaises suscite l'attention des autorités locales et nationales pour ce qu'elles disent du "vivre ensemble". Il est question de rééquilibrer la place faite aux femmes qui ne représentent que 2% des noms de rues en France - à l'exception de quelques villes comme Paris - et des personnes issues de la diversité. Saint-Étienne réanime "Ahmed Benchickh", tirailleur africain mort en Italie en 1944 "La France a une part d'Afrique en elle".

France-Algérie : « Les harkis méritent mieux qu’un rapport mémoriel lacunaire et cynique à leur égard » Tribune. Il n’est jamais bon de taire des vérités quand on veut les réconcilier. « Les vérités (…) que l’on tait deviennent vénéneuses », disait Nietzsche. Cinquante-neuf ans après la fin de la guerre d’Algérie, nous pensions que la vérité des différentes mémoires de ce conflit avait progressé. Et pourtant… Consternation et colère, tels sont les deux sentiments que nous inspire le rapport de l’historien Benjamin Stora remis au président de la République le 20 janvier. Pendant ce conflit, nos pères ont pris les armes pour s’engager aux côtés de la France, comme 150 000 soldats musulmans restés fidèles par tradition militaire, par refus de la violence aveugle du FLN [Front de libération nationale] ou par adhésion aux valeurs françaises. Lire aussi Les harkis et leurs descendants s’estiment toujours « indésirables » des mémoires franco-algériennes La suite, aussi tragique qu’inhumaine, est désormais connue de l’opinion publique.

Related: