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Une autre ville pour une autre vie. Henri Lefebvre et les situationnistes

Une autre ville pour une autre vie. Henri Lefebvre et les situationnistes
1Il est peu de mouvement qui, à l’instar des situationnistes, ait placé la question urbaine au cœur de leurs pratiques artistiques et littéraires. Conçue comme l’espace de production de la société du spectacle, de la consommation et du contrôle social puis, au contraire, comme un « nouveau théâtre d’opération dans la culture », c’est-à-dire comme un terrain de lutte et d’expérimentation, la ville a représenté pour les situationnistes le lieu même d’une transformation révolutionnaire de l’existence, à travers la participation des citadins et la réintégration du poétique dans l’ordinaire. Cette préoccupation fait directement écho à celle d’Henri Lefebvre, que Debord et ses camarades rencontrent en 1960, et qui en avait posé les premiers jalons dès 1946 dans sa Critique de la vie quotidienne puis dans La somme et le reste en 1959. Entre le sociologue et les situationnistes, l’échange sera mutuellement fécond. 12En fait, Constant s’est mis depuis longtemps au travail. Related:  Situationnisme & ArchitectureCoté Anarchie

Spatial Agency: About Miroirs de la ville #3 Psychogéographie ! Poétique de l’exploration urbaine Le mardi matin, Urbain, trop urbain promène un livre le long du Web. Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur TWITTER, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ? > Miroir à partir de Merlin Coverley (& alii), Psychogéographie ! Poétique de l’exploration urbaine (Éditions Les moutons électriques, 2011). Ce pourrait être un beau leitmotiv de cette année 2012 : la psychogéographie est toujours vivante. Guy Debord y tiendra mordicus : lui et ses amis ont institué les premiers la psychogéographie et la théorie de la dérive entendue comme méthode d’analyse urbaine. Cependant, n’en déplaise à ceux qui attribuent la psychogéographie au seul mouvement situationniste, et à Guy Debord en particulier, il y a une forte « tradition locale » londonienne de la topographie de la ville comme arrière plan psychique et soubassement d’une histoire individuelle.

Umwelt et Milieu: archéologie des notions | le Cresson veille et recherche… Dans un texte paru en 2012 dans la revue Communications, Jean-Paul Thibaud propose une “Petite archéologie de la notion d’ambiance”. Il a mené ce travail indispensable et inédit dans trois directions: 1/ une sémantique historique de la notion; et ses développements par 2/ la psychopathologie existentielle (Binswanger, Minkowski et Straus) et par 3/ l’esthétique phénoménologique (Augoyard et Böhme). Bien entendu, une telle archéologie est vouée à être complétée au fur et à mesure par les chercheurs s’intéressant à ce champ. Ici, je voudrais revenir sur la première dimension, celle d’une sémantique historique d’ambiance et des notions voisines, depuis le point de vue du philosophe et historien des sciences Wolf Feuerhahn qui a signé en 2009 dans la Revue philosophique de France et de l’étranger (n° 134) un très éclairant article sur les notions de “Milieu” et d’”Umwelt” : “Du milieu à l’Umwelt: enjeux d’un changement terminologique“. Uexküll en étude Anthony Pecqueux More Posts

Skinhead situationniste 1 - Le Skinhead situationniste est un(e) Skinhead qui pratique la construction de situations, c'est-à-dire la construction concrète d'ambiances momentanées de la vie et leur transformation en une qualité passionnelle supérieure sur le principe d'une révolution permanente de la vie quotidienne à laquelle participent pleins d'autres principes évoqués ci-après, principes qui ne sont plutôt qu'une somme de constatations liées à l'étude du Skinhead situationniste dans son milieu naturel. Tout Skinhead peut être, s'il s'en rend compte en lisant ceci, un situationniste. Tout situationniste peut devenir Skinhead pour les mêmes raisons mais pas du jour au lendemain car il faut pas abuser, Rome ne s'est pas construite en un jour même si tous les chemins y mènent. Dans les deux cas, une intense curiosité culturelle est de mise, curiosité qui se doit d'être portée par un sentiment d'osmose quasi orgasmique, effet que connaissent bien les Skinheads situationnistes pour écouter du Skinhead Reggae.

Théorie de la dérive Une ou plusieurs personnes se livrant à la dérive renoncent, pour une durée plus ou moins longue, aux raisons de se déplacer et d’agir qu’elles se connaissent généralement, aux relations, aux travaux et aux loisirs qui leur sont propres, pour se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent. La part de l’aléatoire est ici moins déterminante qu’on ne croit : du point de vue de la dérive, il existe un relief psychogéographique des villes, avec des courants constants, des points fixes, et des tourbillons qui rendent l’accès ou la sortie de certaines zones fort malaisés. Mais la dérive, dans son unité, comprend à la fois ce laisser-aller et sa contradiction nécessaire : la domination des variations psychogéographiques par la connaissance et le calcul de leurs possibilités. Le hasard joue dans la dérive un rôle d’autant plus important que l’observation psychogéographique est encore peu assurée. Guy-Ernest Debord

LE SALAIRE DE LA PEUR Laboratoire Urbanisme Insurrectionnel: UTOPISME ou RÉALISME ? CONSTANT, New Babylon, 1957 - 1974 Ironie de l'histoire de l'architecture urbaine, ce sera un artiste néerlandais, Constant Nieuwenhuys, et non un architecte ou un urbaniste, qui proposera ce qui est encore aujourd'hui, une des plus admirables théories/propositions pour le développement urbain des villes : New Babylon. Entre 1957 et 1974, Constant travaillera sur le projet New Babylon qui influencera directement toute une génération de jeunes architectes des années 1968, dont notamment Archigram, Superstudio, Archizoom. Puis, la fin du règne des utopies, des grands discours impliquant le changement des modes de vie et de ville, annonçant une société libérée, marque dans les premières années de 1970, le progressif mais inexorable désintérêt pour l'architecture utopique radicale ; Constant abandonnera l'urbanisme pour retourner vers la peinture. New Babylon : une utopie sociale révolutionnaire L'exemple des propositions pour Grand Paris par l'intelligentsia architecturale est éloquent.

Refuser le travail, c'est bien. Le dépasser, c'est mieux. Par Gérard Briche, philosophe, membre des groupes allemands Krisis et Exit !. Texte rédigé pour un débat lors de la projection du film « Attention Danger Travail » de Pierre Carles, au festival Avatarium à Saint-Etienne, le 22 novembre 2003. Avec une sympathie évidente pour ses auteurs et la dimension critique du sujet qu'ils cherchent à traiter, ce texte montre l'intérêt mais aussi les limites théoriques véritables du film quand il parle de ce qu'est le « travail » (qui sous le capitalisme n'est pas une simple activité, mais doit être considéré d'abord comme un « rapport social » spécifique à la fois au fondement et au fonctionnement du capitalisme, cf. le livre de Moishe Postone), et il nous invite tous à repenser vraiment la théorie critique du capitalisme, de manière radicale, c'est-à-dire aller voir ce que sont les racines sociales même de cette société fétichiste, pour les découvrir comme ni naturelles, ni transhistoriques, mais à abolir. Palim Psao Rêverie utopique ? - Isaak I.

Des surréalistes aux situationnistes Texte intégral 1 Malgré leurs critiques féroces, les situationnistes reconnaissent tout de même une dette envers le (...) 1L’objet de cet article concerne la différence entre l’esthétique du rêve pratiquée par les surréalistes et l’esthétique de l’ivresse pratiquée par les membres de l’Internationale lettriste (1952-1957) puis par leurs descendants situationnistes (1957-1972). On cherchera surtout à comprendre en quoi consiste le « dépassement », du point de vue situationniste, du rêve au profit de l’ivresse. 2Pour comprendre comment au juste des états comme le rêve ou l’ivresse deviennent des programmes poétiques et existentiels, il faut revenir brièvement sur le genre très particulier d’esthétique privilégiée par les avant-gardes historiques, que je qualifierai d’esthétique du choc. 3Du point de vue de l’observateur partial qui analyse la question, les deux groupes partagent donc beaucoup plus de points en commun que de points de discorde. 20 Benjamin (Walter), « Le Surréalisme. Notes

Plaidoyer pour l’extrémisme S’il y a bien une chose qui m’énerve dans les discussions que je peux avoir ou dont je suis témoin, ce sont les manœuvres d’évitement. C’est-à-dire tous les non-arguments dont le but principal et parfois inconscient est de discréditer un propos adverse sans avoir à le prendre en considération. Je pourrais écrire vingt articles sur le sujet, sur vingt techniques ninja de la mauvaise foi caractérisée, surtout que je pratique sans doute pas moins qu’un autre ces techniques tellement habituelles. Mais ce serait un peu long, presque un livre, alors pour commencer je vous propose de parler de celle-ci: l’accusation d’extrémisme. Tout argument reposant sur l’«extrémisme» est logiquement infondé. C’est un non-argument qui relève d’une opinion conservatrice et du refus d’examiner l’opinion adverse. Extrême par rapport à quoi? Le concept même d’extrémisme invoque des images, des représentations spatiales. Ces représentations courantes appellent une question: qu’est-ce qui se trouve au centre?

Laboratoire Urbanisme Insurrectionnel: Architecture Radicale | ECOLOGIE Dans les parages de 1968, les jeunes architectes du courant de l'« architecture radicale» s'attaquent à l'ordre établi, à l'académisme des institutions et aux grandes théories de la ville-campagne et de l'aménagement du territoire, héritées de la pensée du 19e et du début du 20e siècle : elles-mêmes réponses radicales en leur temps, elles sont repensées en fonction des nouvelles technologies, du refus du réalisme technocratique capitaliste ou socialiste, et s'imprègnent de l'air du temps, des idéologies de l'éco-contestation hippie, et/ou – selon les tendances - de celles de la révolte portée par la Nouvelle Gauche. Tandis que les famines successives dans les pays du Tiers-monde interrogent les experts sur la capacité de la planète – polluée et malmenée - à pouvoir subvenir aux besoins d'une population toujours plus nombreuse : les questions relatives à l'environnement humain, l'écologie politique, la décroissance forgent alors une nouvelle aire – ère -d'inquiétudes et de réflexions.

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