
«Bloody Friday»: il va falloir dépasser collectivement les phénomènes de sidération et de tétanisation La France va faire face dans les jours et les semaines à venir à un défi inédit: gérer le traumatisme de l'après 13 novembre. Que faire, collectivement, pendant et après la tétanisation? Nous sommes encore loin d’avoir pris la mesure des conséquences de la tragédie de la nuit parisienne du 13 au 14 novembre. Conséquences physiques, charnelles mais aussi conséquences psychologiques. Comment les personnes, comment les groupes et les foules, comment un pays réagissent-ils à un tel traumatisme? Sur Slate.fr, Éric Leser fait, fort justement, un rapprochement avec le 11-Septembre: «Attentats du 13 novembre: le 11-Septembre français». Catharsis et bouc émissaire Que faire pendant la sidération collective? Tétanisation, sidération collectives sont, eux des phénomènes objectifs. Parler pour dépasser le traumatisme Jean-Yves Nau Partagez cet article
Actualités - Liberté de conscience, liberté d'expression : outils pédagogiques pour réfléchir et débattre avec les élèves Comment parler d'un drame de l'actualité aux élèves ? Quelques principes Moduler son attitude pédagogique selon l'âge des élèves : à l'école maternelle, du début à la fin de l'école élémentaire, au collège...Accueillir l'expression de l'émotion des élèves, sans sous-estimer, y compris chez les très jeunes enfants, leur capacité à saisir la gravité des situations ;Rassurer les élèves : l'école est un espace protégé ; l'évènement s'est déroulé dans un lieu et un temps circonscrit, même si les média en parlent et diffusent plusieurs fois les images ;Etre attentif au « niveau de connaissance » que les élèves ont de l'évènement : certains élèves peuvent n'en avoir aucune connaissance ; d'autres ne disposer que d'éléments partiels, voire erronés, provenant de sources variées. Pour aller plus loin : Aborder un événement collectif violent Quelques repères pour agir à l'école primaire Aujourd'hui, le périmètre touché est beaucoup plus important. Distinguer les situations S'appuyer sur le collectif
Attentats meurtriers de Paris: comment en parler aux enfants ? Les parents sont très nombreux à se demander ce matin comment évoquer avec leurs enfants les dramatiques attentats terroristes qui ont frappé Paris dans la nuit de vendredi, faisant 127 morts et plus de 200 blessés. Alors que les images choquantes tournent en boucle sur tous les écrans, il importe de dire la vérité aux enfants mais en veillant à les protéger de tout traumatisme psychologique. A tous les parents qui se demandent aujourd'hui s'il faut parler des attentats à leurs jeunes enfants, la réponse est oui.: " C'est extrêmement important d'en parler aux enfants (...) les enfants sentent l'angoisse et l'agitation des adultes, on ne peut donc pas les laisser dans l'ignorance" précise la psychanaliste Calude Halmos. "Il n'y a pas de façon idéale d'en parler, l'essentiel est d'aborder les choses ce qui permettra aux enfants de pouvoir ensuite poser leurs questions (...) la seule chose à respecter c'est de dire la vérité mais sans paniquer " Attentats: comment en parler aux enfants?
Serge Tisseron : Que faire lundi au collège ou au lycée ? Que faire lundi quand on est professeur en collège ou au lycée ? Psychologue, psychanalyste et psychiatre de métier, Serge Tisseron est bien connu des enseignants, notamment pour ses travaux sur les écrans et les jeunes. Il présente les points sur lesquels les enseignants doivent mettre l'accent suite aux fusillades. Lundi matin les enseignants seront en classe avec leurs élèves. Quel conseil leur donnez-vous ? L'apprentissage de la démocratie est la seule réponse au terrorisme. A partir de 9 à 12 ans, les enfants ont la capacité de se mettre émotionnellement à la place des autres. Là où l'enseignant peut intervenir c'est pour mettre l'accent sur la solidarité. Ce que peut faire aussi l'enseignant c'est donner des repères. Après les attentats de janvier, le ministère a décrété une minute de silence qui a posé pas mal de problèmes. Les événements sont très différents de ceux de janvier. L'école française ne développe pas assez les compétences sociales et particulièrement l'empathie.
Actualités - Savoir accueillir la parole des élèves après les attentats terroristes en Ile-de-France Comment organiser le dialogue avec les élèves le lundi 16 novembre ? En solidarité avec les victimes et leurs familles, le Président de la République a demandé qu'une minute de silence soit organisée le lundi 16 novembre 2015. Il appartient au directeur d'école et au chef d'établissement d'organiser un temps de regroupement des élèves dans les classes ou la cour de l'école et de l'établissement pour ce moment de recueillement individuel et collectif dans cette journée. Pour accompagner au mieux le moment de recueillement, il convient donc de faire en sorte de répondre favorablement, dans un premier temps, aux besoins, interrogations ou demandes d'expression qui pourraient avoir lieu dans les classes par des élèves très jeunes et des adolescents. C'est à ces conditions qu'une minute de silence sera faite avec les élèves, en signe de recueillement collectif, ou de réflexion personnelle silencieuse sur la gravité des faits qui se sont déroulés dans Paris et en Seine-Saint-Denis vendredi.
Quelle pédagogie pour aborder les attentats du 13 novembre 2015 à Paris avec Éléments de précaution Ce qui change par rapport aux événements de janvier 2015 : il ne s’agit plus de se demander si ces gens-là « l’avaient cherché ? ». D’ailleurs les dessinateurs de Charlie Hebdo ne l’avaient pas non plus cherché. Écrire, défendre la liberté, se détendre en buvant un coup, manger par gourmandise, regarder un match sportif, écouter un concert... ne sont pas permis par les extrémistes auteurs de ces attentats. Clarifier la notion de « guerre » Il faudrait ne pas parler d’une « guerre en France », mais le mot est utilisé par les politiques et les médias. Ce qu’est un état d’urgence L’exécutif et les forces de police pourront désormais : Interdire la circulation des personnes ou des véhicules. Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence. Types de réactions sensibles. Les propos qui amalgament le monde musulman à ces terroristes et les propos qui tendent à se réjouir de ces actes (« Les Français l’ont bien mérité, ils n’avaient pas à attaquer »).
Soyons fiers de notre école La vitesse de la réaction du monde scolaire aux attentats de vendredi 13 novembre a été inédite. Quand il se passe quelque chose de grave, nous nous tournons vers l’école. Et les enseignants répondent présents. Dès le soir du 13 novembre, une question taraudaient tous les parents et les familles: comment parler aux enfants de ce qui s’est passé, de ce qui effraie et dépasse l’entendement. Des enseignants d’abord, quelques heures seulement après les premières informations sur les attentats, dans la nuit: Des réactions de plus en plus rapides Car, oui les profs savent que parler, expliquer, entendre fait aussi partie de leur travail, qu’il s’agit bien là d’enseigner et éduquer. L’Éducation nationale a réagi aussi très rapidement. Ensuite discuter. Une même humanité frappée par le deuil Des ressources qui vont s’étoffer mais les enseignants disposent évidemment des leurs, auront leurs idées. C’est cela aussi la liberté pédagogique et c’est aussi assez réjouissant. Réflexions pédagogiques
Réflexions, précautions Les échanges ont été nourris sur la liste de diffusion interne du CRAP-Cahiers pédagogiques ce week-end. Besoin de parler, d’écrire, d’échanger des ressources, de construire ensemble des réponses pour les élèves... Voici quelques extraits des messages échangés. L’école, lieu de paix Je suis comme beaucoup d’autres très admirative en voyant toute l’activité que vous déployez et tout ce que vous prévoyez, mais je suis aussi un peu inquiète : contrairement à vous tous sans doute, j’ai passé toute ma scolarité secondaire dans un pays en guerre, l’Algérie. On refusait le mot guerre, il n’y a jamais eu d’avions dans le ciel d’Alger mais c’était une guerre et maintenant on l’admet. Si j’ai gardé un si bon souvenir de mes années lycée, alors que j’étais un très piètre élève, c’est avant tout parce qu’on n’y a jamais publiquement parlé de la guerre, quand on entrait au lycée, on laissait la guerre de l’autre coté du portail. Elizabeth Thuriet Paris, et Beyrouth Fadi Makki Le choix de l’éducation Espoir
Comment en parler avec nos élèves Cet article se veut utile, son objet n’est pas de dire « comment il faut faire » mais de rassembler en un même endroit des éléments de réflexion et des outils pouvant être utilisés en classe. C’est à chaque enseignant, avec ce qu’il est et en fonction des élèves qu’il a en charge, de déterminer ce qui va le mieux convenir. Cette recension n’est pas exhaustive, elle sera complétée en continu dans les heures et les jours qui viennent… n’hésitez pas à nous signaler les ressources qui n’y figurent pas et qui vous semblent utiles, soit ici en commentaire soit sur notre page Facebook ou notre compte Twitter. De la maternelle au lycée Sur Eduscol « Comment parler d’un drame de l’actualité aux élèves ? Sur Eduscol « Savoir accueillir la parole des élèves après les attentats terroristes en Ile-de-France » Un article de la Voix du Nord « Attentats : comment en parler à vos enfants » « Attentats de Paris : comment réagir face aux questions des enfants ? Cliquer pour agrandir Maternelle Élémentaire Collège
60 illustrations pour évoquer les attentats Ma sélection des images et illustrations trouvées sur le web et les réseaux sociaux ces dernières 48 heures. Célèbres ou inconnus les auteur(e)s ont voulu par un dessin dire ce que les mots ne peuvent plus dire. Des illustrations qui vous serviront peut-être à évoquer les attentats aveugles de ce week-end avec vos élèves ou étudiants. Pour finir deux images qui font partie de mes préférées par ce qu’elles disent et revendiquent haut et fort. Le dessinateur Zep dans Le Monde : Vous trouverez sur cet autre article une compilation de ressources pour parler et faire parler vos enfants et vos élèves des événements du 13 novembre 2015.