
Le centre parisien pour sans-abri du 16e arrondissement a ouvert Prévue pour accueillir deux cents personnes, la structure assurera un accompagnement social, professionnel, médical et administratif pendant trois ans. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Feriel Alouti Aussitôt tables, chaises, oreillers, couettes et tables à langer livrés, le centre d’hébergement d’urgence pour personnes sans abri, situé dans le 16e arrondissement de Paris, a ouvert ses portes. Sept familles, logées jusqu’à présent dans des hôtels de la capitale, y ont été accueillies, mercredi 2 novembre, dans des préfabriqués, installés en lisière du bois de Boulogne, le long de la très chic avenue du Maréchal-Maunoury. L’ouverture officielle, prévue samedi en présence de la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, de la maire de Paris, Anne Hidalgo, et de ses adjoints chargés du logement et des affaires sociales, vient clore des mois de conflit ouvert entre la Ville et les opposants au projet. Lire aussi : Le futur centre d’accueil pour SDF dans le 16e arrondissement parisien incendié
A Paris, les SDF bientôt accueillis dans le 16e arrondissement LE MONDE | • Mis à jour le | Par Isabelle Rey-Lefebvre Installer un centre d’hébergement d’urgence de deux cents personnes sans domicile fixe en lisière du bois de Boulogne est une gageure. Le projet porté par l’Etat et par la mairie de Paris a beau être temporaire – il est prévu pour trois ans –, il est violemment rejeté par le maire (LR) du chic 16e arrondissement de Paris, Claude Goasguen, et une partie des habitants. Le chantier est presque achevé. Les modules sont fabriqués par une filiale de Bénéteau, constructeur vendéen de bateaux : « C’est du “made in France”, et c’est une solution flexible pour que, dans trois ans, nous puissions réutiliser les modules, insiste Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris, chargé du logement.
A Hayange, le Secours populaire plongé dans le noir En guerre ouverte avec l’association, le maire Front national Fabien Engelmann lui a coupé l’électricité en octobre. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Jean-Baptiste de Montvalon (Hayange (Moselle), envoyé spécial) Deux éclairages mobiles de chantier, des convecteurs, un groupe électrogène… Le Secours populaire d’Hayange (Moselle) a reçu ces dernières semaines des dons inhabituels. Ils n’étaient pas destinés à subvenir aux besoins des quelque 800 bénéficiaires inscrits – dont près de 300 enfants –, mais à porter secours au Secours, plongé dans le froid et la pénombre sur décision du maire de la ville, Fabien Engelmann (Front national). Fin septembre, l’élu frontiste avait fait envoyer un huissier, accompagné de la police municipale, pour demander à l’association d’évacuer les lieux. Face au refus de ses responsables de rendre les clés, il a fait couper l’électricité la semaine suivante. Dix semaines que le bras de fer est engagé.
A Saint-Ouen, les enseignants s’organisent pour sortir de la rue six de leurs lycéens Cagnotte, prêt d’appartement, les professeurs du lycée Auguste-Blanqui ont été contraint de réagir alors que le 115 ne répond plus ou est saturé. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Mattea Battaglia Ils ont fini par se surnommer, entre eux, le « 115 bis », et ça les fait rire jaune. Depuis la rentrée, les professeurs du lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) ont découvert que six lycéens (deux garçons et quatre filles) étaient à la rue. Et ils tentent de les aider au mieux, quand le 115 ne répond pas ou est saturé, en leur trouvant un toit si possible pas trop loin du lycée. « Un mot en salle des profs sur la machine à café, un collègue qui sort de sa poche un billet, dix autres qui suivent…, raconte Alice Mauricette, professeure d’espagnol. « Il fallait bien répondre à l’urgence, explique Pierre Ginon, enseignant d’histoire-géographie.
L’hébergement d’urgence pris au piège des nuits d’hôtel Les hôtels bon marché représentent 35 % de la capacité d’hébergement d’urgence en Ile-de-France. Une solution pratique mais coûteuse, dont il est difficile de sortir. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Isabelle Rey-Lefebvre Un soir de décembre, dans les couloirs du mal nommé Hôtel Moderne d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Nadia Mekacher, en mission d’inspection avec deux collègues, frappe à chaque porte : « Bonjour, c’est le SAMU social de Paris. » Leur but : vérifier le bon fonctionnement de l’eau chaude, du chauffage ou des fenêtres, mais aussi l’absence d’humidité, de cafards, de punaises… L’accueil du gérant de cet établissement un peu vieillot mais correct, avec douche et WC à l’étage, est cordial. Le SAMU social est son principal client. Le 115 d’Ile-de-France loue, chaque nuit, 12 000 chambres dans 550 hôtels de ce genre pour accueillir des familles sans abri, les centres d’hébergement n’étant pas du tout adaptés à ce public.
Droit au logement conquiert trente places d’hébergement pour les SDF dans l’Hôtel-Dieu L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a autorisé l’association à conserver les chambres situées dans une aile désaffectée jusqu’en mars. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Isabelle Rey-Lefebvre C’est une jolie victoire pour les sans-abri parisiens qui, au cœur des journées les plus froides de l’hiver, ce week-end des 7 et 8 janvier, auront gagné une trentaine de lits d’hébergement qu’ils peuvent conserver jusqu’à fin mars. Deux initiatives se sont, par un heureux hasard, conjuguées pour ce résultat. Le médiatique docteur Gérald Kierzek, urgentiste à l’Hôtel-Dieu, hôpital de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, avait vendredi 6 janvier, tweeté les messages « suis de garde ce soir (...), j’accueillerai au chaud les personnes qui en ont besoin ». « On s’attendait à être expulsés très vite » Parmi les mal-logés présents, il y a Mustapha, 25 ans. « Onde de choc »
Malgré le froid, certains sans-abri demeurent réticents à l’hébergement d’urgence Le plan grand froid, mis en place lundi 16 janvier, prévoit 10 000 places supplémentaires temporaires alors que les hébergements disponibles se font rares. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Isabelle Rey-Lefebvre Alors que la France fait face à la pire vague de froid depuis cinq ans, les associations d’aide aux sans-abri sont particulièrement mobilisées. « En réalité, c’est six fois plus selon nous, soit 3 000 morts par an, dont la moyenne d’âge est de 49 ans et après dix ans de vie dehors. La situation est d’autant plus critique cet hiver que le 115, numéro de téléphone pour obtenir un hébergement d’urgence, ne répond presque plus. A Paris, la situation est plus critique encore : le nombre de demandes atteint, au cours du même mois, 30 899, soit 15 % de plus qu’en novembre 2015 ; 57,5 % de plus émanent de familles. Lire aussi : Vague de froid : depuis son réveil, Jafar a composé 63 fois le numéro d’urgence du 115 « Besoin de stabilité » Séjour « de rupture »
Mal-logement : la Fondation Abbé Pierre juge durement le quinquennat Dans son rapport annuel présenté mardi, la fondation juge que le quinquennat n’a pas rempli ses objectifs. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Isabelle Rey-Lefebvre François Hollande n’aura pas, en cinq ans, réussi à inverser la courbe du « mal-logement », phénomène qui s’enracine, voire empire, en France. C’est le constat dressé par la Fondation Abbé Pierre dans son 22e rapport annuel, publié mardi 31 janvier. Ce fléau touche près de 4 millions de personnes et même 12 millions si l’on inclut celles dont la situation est jugée fragile : les 1,123 million d’habitants de copropriétés en difficulté ; 1,21 million d’occupants qui ont accumulé des impayés de loyers et/ou de charges ; 4,3 millions de personnes qui s’entassent dans des logements trop petits ; 3,5 millions qui n’arrivent pas à se chauffer correctement. Lire aussi : Les marchands de sommeil, triste visage du mal-logement « Il y a eu, au cours de ce quinquennat, de réels efforts, mais ils sont insuffisants. Les expulsions ont bondi
Près de 15 000 cancers pourraient être évités chaque année chez les plus défavorisés Une étude publiée mardi examine l’influence de l’environnement socio-économique sur l’incidence de la maladie, qui diffère selon les organes touchés. Près de 15 000 cas de cancer pourraient être évités chaque année par une amélioration des conditions de vie et de la santé des populations les plus défavorisées, assure une étude publiée mardi 7 février dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence sanitaire Santé publique France. Ce gain potentiel serait plus important pour les hommes que pour les femmes et maximal pour le cancer du poumon, notent les auteurs de cette enquête. Lire aussi : Cancer : « Le Monde » révèle des hausses inquiétantes pour certaines tranches d’âge L’analyse – la première du genre dans l’Hexagone – examine l’influence de l’environnement socio-économique sur l’incidence (nombre de nouveaux cas annuels) de la maladie, qui diffère selon les organes touchés. Détermination sociale de facteurs de risque Pratiques de dépistage plus fréquentes
Comment emprunter sans CDI ? Si les taux de crédit immobilier très attractifs incitent à devenir propriétaire, il reste compliqué d’emprunter lorsqu’on est intérimaire, autoentrepreneur, ou en CDD. LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par Pauline Janicot Selon la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 86 % des embauches se font actuellement en contrat à durée déterminée (CDD). Parallèlement, les « slashers », ceux qui cumulent plusieurs emplois ou employeurs, seraient de plus en plus nombreux (5 % des salariés). Si les façons de travailler évoluent vite, ce n’est pas le cas de la gestion des risques des banques. « Patienter » Ceux qui détiennent un CDD dans la fonction publique d’Etat, territoriale, hospitalière (y compris les vacataires et contractuels) ne rencontrent généralement pas de difficulté pour décrocher un emprunt car leur contrat est assimilé par la banque à un CDI. Comment obtenir un crédit lorsque son profil ne répond pas aux critères des banques ?
En Espagne, les squats de la crise Un taux de chômage de 18,6 % et des emplois de plus en plus précaires nourrissent l’essor d’un mouvement d’occupation illégale de logements en Espagne. LE MONDE ECONOMIE | | Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance) C’est un de ces lotissements fantômes hérités de l’explosion de la bulle immobilière de 2008, comme il y en a tant en Espagne. Une rangée de belles maisons presque terminées et des dizaines d’autres, squelettes de béton couverts de tags, sur une route en terre à la fin de la rue Fuente Elvira de Colmenarejo, à une cinquantaine de kilomètres de Madrid. Au début de la crise, le promoteur a fait faillite et son projet immobilier a été jugé illégal. Sergio Rojas, 46 ans, divorcé, père de deux enfants de 10 et 13 ans, squatte là depuis cinq ans. « Okupaciones » « J’ai eu des petits boulots de quelques heures par jour. Combien sont-ils à squatter des immeubles entiers des quartiers populaires de Madrid, Barcelone, Valence ou Cadix, jamais vendus ?