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Classes inversées, retour sur un phénomène précurseur (1)

Classes inversées, retour sur un phénomène précurseur (1)
Ce texte est issu de la journée d’étude, « Apprendre et enseigner à l’ère numérique », qui s’est tenue au Collège des Bernardins le 6 octobre 2016, dans le cadre d’une réflexion partagée de la Chaire du Collège des Bernardins sur « L’humain au défi du numérique », et du séminaire de recherche « École et République ». La journée d’étude aborde les questions de fond des transformations que le numérique engendre dans l’apprentissage et l’enseignement et s’interroge sur les bénéfices apportés à l’humain. Par Marcel Lebrun, Professeur en technologies de l’éducation, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve (Belgique), et intervenant au Collège des Bernardins. Le concept de « classes inversées », d’origine anglo-saxonne (flipped classroom) et développé depuis 2012, a connu un engouement incomparable en moins d’un an. Ainsi, les événements CLIC – CLasses Inversées, le Congrès – sont passés d’environ 200 participants en 2015 à plus de 800 participants en 2016.

http://theconversation.com/classes-inversees-retour-sur-un-phenomene-precurseur-1-66062

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Les classes inversées, vers une approche systémique (2) Ce texte est issu de la journée d’étude, « Apprendre et enseigner à l’ère numérique », qui s’est tenue au Collège des Bernardins le 6 octobre 2016. Dans notre première contribution, nous avons essentiellement présenté et commenté la version originale de la classe inversée. Selon les pratiques observées et nos recherches, nous avons cependant constaté auprès d’enseignants à différents niveaux, de l’école primaire à l’enseignement supérieur, une émergence d’une large variété de classes inversées orientées vers une prise en charge de plus en plus grande de l’apprentissage par l’apprenant lui-même.

10 (fausses ?) raisons de ne pas s’essayer à la pédagogie inversée Comme je l’ai expliqué dans un précédent article, le fait de passer d’une pédagogie transmissive à une pédagogie plus active présente des avantages indéniables (lien). Mais franchir le pas et mettre en place un dispositif de classe inversée (encensée par certains ou décriée par d’autres) n’est jamais facile. Voici un certain nombre de remarques que l’on peut entendre au sein de nos lieux d’enseignement… 1) Les élèves ne vont pas jouer le jeu

Paul Claval : "Faire de la géographie, c’est apprendre à s’étonner face au spectacle du monde" - Société de Géographie Comment avez-vous découvert la géographie ? J’ai eu la passion des cartes et des livres de géographie depuis l’école primaire, à 7 ou 8 ans. Elle m’a suivi tout au long du secondaire – les deux prix au concours général de géographie que j’ai eus en première et en terminale en témoignent. J’étais également bon en maths et comme je ne voulais pas être professeur, j’ai fait une année de math. sup., mais sans oublier la géographie. Je vis depuis dans une découverte progressivement renouvelée de la discipline. J’ai d’abord pratiqué celle à base de morphologie et d’analyse régionale que l’on enseignait au début des années 1950.

Donner un sens à sa classe Une scénarisation possible On oppose trop souvent la classe inversée à la méthode traditionnelle, sous-entendu “la méthode magistrale”. Cette simplification peut parfois laisser penser à un enseignant qui ne pratique pas la classe inversée que c’est mal et qu’il a tout faux ! C’est aussi pour cette raison que certains critiquent le courant qui semble vouloir s’imposer actuellement et que d’autres annoncent fièrement “Je fais cela depuis longtemps !” Il est vrai que le principe existe depuis plusieurs années.

« Ce que l’école enseigne à tous » (Revue de Sèvres) La dernière Revue internationale d'éducation de Sèvres du CIEP a pour problématique : "Cherche-t-on partout à bâtir une école qui soit commune à tous les élèves, et avec quelles finalités ?" Le numéro 73 de la Revue internationale de d’éducation de Sèvres © CIEP Pour son numéro 73 de décembre 2016, la Revue internationale d’éducation de Sèvres éditée par le CIEP (Centre international d’études pédagogiques) s’intéresse à « ce que l’école enseigne à tous ». Ce tome examine les contenus de l’enseignement obligatoire d’une dizaine de pays (Algérie, Ecosse/Angleterre, Espagne, France, Libéria, Canada (Québec), Roumanie, Vietnam) avec une interrogation : « Cherche-t-on partout à bâtir une école qui soit commune à tous les élèves, et avec quelles finalités ? » Des motifs politiques pour une école commune

Les grandes théories pédagogiques revisitées par les Nouvelles technologies Skinner et le behaviorisme : des souris et des hommes Disciple de Pavlov, Skinner va modifier le conditionnement classique mis en évidence par Pavlov pour définir un conditionnement opérant en expérimentant d’abord ses principes sur des souris. Le réflexe ne tient plus alors à une réaction de l’organisme mais à des facteurs extérieurs au sujet. Les pensées et les motivations internes n’entraînent pas l’apprentissage d’un comportement. Or pour Skinner, enseigner revient à susciter chez l’élève une nouvelle forme de comportement. Seules les causes externes du comportement doivent être prises en compte. Pourquoi je ne crois pas à la classe inversée ? - Se hace camino al andar Je préfère préciser tout de suite que ce texte n’a pas pour but de critiquer mes collègues adeptes de la classe inversée, je ne me situe pas du côté de ceux qui critiquent la classe inversée comme ils critiquent « les pédagogistes », je dirais même qu’actuellement les collègues qui pratiquent la classe inversée sont parmi ceux qui font preuve de la plus grande créativité et capacité à évoluer et à se remettre en question sans cesse. Mes réticences portent sur les fondements de ce concept. Je n’ai jamais adhéré à l’idée de classe inversée mais j’ai eu du mal à comprendre clairement pourquoi quelque chose me gênait, ce petit texte est donc simplement un point sur l’état actuel de ma réflexion. 1) Un concept erroné basé sur une vision caricaturale de l’apprentissage et de la transmission : Apprendre, ce serait donc recevoir une connaissance que l’on pourrait ensuite vérifier en l’appliquant.

"Serious Games” et théorie des jeux : comment simuler des situations complexes en entreprise ? Le propre des systèmes complexes est de résister à l’analyse et de nécessiter l’expérimentation ou la simulation. Bon nombre de situations en entreprise, en particulier la compétition dans un marché ou la « coopétition » avec des partenaires, sont complexes et difficiles à appréhender, en particulier pour prendre correctement en compte le comportement des autres acteurs. Cet exposé décrit une approche de la modélisation d’un système d’acteurs, particulièrement adaptée à la modélisation des entreprises, fondée sur la théorie des jeux et sur l’optimisation par apprentissage du comportement de ces acteurs. Il ne s’agit pas de simuler pour prévoir (ce qui nous échappe précisément à cause de la complexité) mais de simuler pour augmenter son « potentiel de situation », de devenir plus « aguerri » par la pratique de « serious games », dans la tradition des « war games ».

Classe inversée La "classe inversée" est une notion pédagogique qui consiste à rendre l’étudiant actif dans le processus d’apprentissage, notamment à travers l’usage d’outils numériques. Décryptage. Avec Marcel Lebrun, professeur à l’Université Catholique de Louvain, auteur de Classes inversées : enseigner et apprendre à l’endroit (Canopé éditions)

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