
LE NOUVEAU ROMAN Assis, vous étendez vos jambes de part et d'autre de celles de cet intellectuel qui a pris un air soulagé et qui arrête enfin le mouvement de ses doigts, vous déboutonnez votre épais manteau poilu à doublure de soie changeante, vous en écartez les pans, découvrant vos deux genoux dans leurs fourreaux de drap bleu marine, dont le pli, repassé d'hier pourtant, est déjà cassé, vous décroisez et déroulez avec votre main droite votre écharpe de laine grumeleuse, au tissage lâche, dont les nodosités jaune paille et nacre vous font penser à des œufs brouillés, vous la pliez négligemment en trois et vous la fourrez dans cette ample poche où se trouvent déjà un paquet de gauloises bleues, une boîte d'allumettes et naturellement des brins de tabac mêlés de poussière accumulés dans la couture.
Le classicisme Le classicisme caractérise l'école de peinture française du XVIIeme siècle. En réponse aux extravagances du baroque, le mouvement s'inspire des maîtres de la renaissance classique et devient un langage pictural au service de la monarchie absolue. Le classicisme puise ses racines en Italie dans le travail d’Annibal Carrache qui, à l’opposé de Caravage, renoue avec la tradition classique de la renaissance. Désireux de revenir à une peinture débarrassée des futilités de l’épisode maniériste, Carrache revient aux influences de l’antiquité et à une conception idéalisée de la beauté qu’il étend au genre du paysage. Contrairement au baroque qui recherche le débordement et le mouvement, le classicisme offre une composition claire et ordonnée dans laquelle le massage s’énonce de manière évidente et sans détour. La monarchie absolue mise en place par Louis XIII et Louis XIV a permis à la France de devenir l’état le plus puissant d’Europe.
LE MYTHE DU BON SAUVAGE APPROCHE DE DEFINITION DES TEXTES CONTRADICTOIRES Approche de définition Avant le dix-huitième siècle Les grands voyages et les récits de ces voyages sont à l'origine du mythe du bon sauvage. Dés la fin du quinzième siècle, Christophe Colomb, en 1492, Vasco de Gama en 1497, Magellan, en 1519, Jacques cartier en 1534, avaient respectivement fait route vers l'Amérique, les Indes, le Canada. Leurs carnets de voyage nous révèlent l'existence d'autres peuples, d'autres coutumes, d'autres cultures, d'autres religions. L'Europe prend conscience qu'elle n'est plus seule au monde. Extrait du chapitre des Cannibales, des Essais, de Montaigne (1580) " Ces nations me semblent donc barbares de cette manière : pour avoir reçu fort peu de façon de l'esprit humain, et pour être encore fort voisines de leur naïveté originelle. Extrait du discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, de Rousseau( 1755) " ...
LE SURRÉALISME e mot « surréalisme » a été choisi en hommage à Apollinaire. Celui-ci venait en effet de mourir (1918) et avait signé peu auparavant avec Les Mamelles de Tirésias un « drame surréaliste ». Depuis Alcools (1913), sa poésie aspirait par tous ses pores à , comme ces deux poèmes le clament expressément : Cet esprit nouveau est ce que la jeune génération issue du cataclysme de la Première guerre a décidé d'incarner sous le nom de Surréalisme. C'est dans son premier Manifeste qu'André Breton en propose la définition : Surréalisme, n. m. Questions : Les textes : – Repérez dans le texte d'André Breton comment la part donnée au hasard se mêle à celle de l'expérimentation quasi scientifique sur le langage (Breton précise peu après que cette entreprise « peut passer pour être aussi bien du ressort des poètes que des savants »). – Le poème d'Aragon est bâti sur la métaphore filée de la chasse ou de la conquête : pourquoi ? 2. Questions : 3. 5.
LE CLASSICISME - Je veux vous parler encore avec la même sincérité que j'ai déjà commencé, reprit-elle, et je vais passer par-dessus toute la retenue et toutes les délicatesses que je devrais avoir dans une première conversation, mais je vous conjure de m'écouter sans m'interrompre. Je crois devoir à votre attachement la faible récompense de ne vous cacher aucun de mes sentiments, et de vous les laisser voir tels qu'ils sont. Ce sera apparemment la seule fois de ma vie que je me donnerai la liberté de vous les faire paraître; néanmoins je ne saurais vous avouer, sans honte, que la certitude de n'être plus aimée de vous, comme je le suis, me paraît un si horrible malheur, que, quand je n'aurais point des raisons de devoir insurmontables, je doute si je pourrais me résoudre à m'exposer à ce malheur. Je sais que vous êtes libre, que je le suis, et que les choses sont d'une sorte que le public n'aurait peut-être pas sujet de vous blâmer, ni moi non plus, quand nous nous engagerions ensemble pour jamais.
Le personnage de roman : du héros à l'anti-héros - Fiche de révision (Le Monde) Un roman est une œuvre en prose, assez longue, retraçant le parcours d'un « héros » : comment se constitue l'identité du personnage, et que recouvre précisément le terme héros ? 1. Le personnage de roman : qui est-il ? • Le personnage principal du roman s'oppose au héros antique ou à celui du théâtre tragique : il n'a pas la grandeur et la noblesse des héros légendaires, il ne représente pas la lutte digne face à un destin implacable. 2. Le romancier crée, dans son œuvre, un « être de papier » : cet être de fiction n'a, par définition, aucune existence réelle (ce qui l'oppose aux personnages de l'autobiographie). Caractérisation directe du personnage Le héros est d'abord caractérisé par sa désignation : un prénom et un nom, le plus souvent signifiants. Caractérisation indirecte du personnage Le héros peut également livrer sa personnalité à travers des éléments « indirects » : ses gestes, ses mimiques, ses actions, son comportement sont autant de pièces qui viennent compléter le puzzle.
ZOLA : THEORIE ET PRATIQUE DU NATURALISME Ces thèmes seront constamment déclinés par Zola tout au long de ses préfaces et de ses nombreux textes théoriques : « Posséder le mécanisme des phénomènes chez l'homme, montrer les rouages des manifestations intellectuelles et sensuelles telles que la physiologie nous les expliquera, sous les influences de l'hérédité et des circonstances ambiantes, puis montrer l'homme vivant dans le milieu social qu'il a produit lui-même, qu'il modifie tous les jours, et au sein duquel il éprouve à son tour une transformation continue.» Ces lignes du (1880) enferment toute la doctrine naturaliste. « Mais Zola n’est pas un réaliste, madame ! c’est un poète ! » dit Mme de Guermantes, s’inspirant des études critiques qu’elle avait lues dans ces dernières années et les adaptant à son génie personnel. Dans L'Assommoir, même le langage ouvrier, dont Zola avait pourtant constitué, sur le terrain, un véritable lexique, est, à bien des égards, une création littéraire.
Jean-Marie Gustave Le Clézio - Île en île photo © Aurélie Raynal Toulouse, mai 2005 C’est d’une autre identité qu’il doit être question aujourd’hui, à la veille d’un nouveau millénaire. Une identité qui permettrait de conjuguer la spécificité culturelle de chacun et les grandes exigences de la fraternité humaine, à propos de l’injustice, des abus de l’enfance, des mauvaises conditions réservées aux femmes, à propos des guerres modernes dont les premières victimes sont civiles, à propos du déséquilibre économique mondial et de ces nouvelles frontières intérieures dressées contre la pauvreté, à propos des dangers que les puissances industrielles font courir à l’environnement.* Jean-Marie Gustave Le Clézio naît le 13 avril 1940 à Nice. Le Clézio passe les premières années de son enfance à Roquebillière, petit village situé à la rive droite de la Vésubie dans l’enfer de la deuxième guerre mondiale. Il soutient une thèse sur le thème « La relation de Michoacán » à l’Université de Perpignan. – Raymond Mbassi Atéba Romans: La Fièvre.
LE SYMBOLISME Nous assistons, en ce moment, m'a-t-il dit, à un spectacle vraiment extraordinaire, unique, dans toute l'histoire de la poésie : chaque poète allant, dans son coin, jouer sur une flûte, bien à lui, les airs qu'il lui plaît ; pour la première fois, depuis le commencement, les poètes ne chantent plus au lutrin. Jusqu'ici, n'est-ce pas, il fallait, pour s'accompagner, les grandes orgues du mètre officiel. Eh bien ! on en a trop joué, et on s'en est lassé.
Charles Baudelaire Poète français (Paris 1821-Paris 1867). Poète maudit ou poète méconnu dans la France de Napoléon III et la Belgique de Léopold Ier, Charles Baudelaire n’a publié que deux volumes de son vivant, les Fleurs du mal et les Paradis artificiels. Il n’en est pas moins la figure centrale du grand tournant littéraire de la décennie 1850-1860, admiré d’emblée par Rimbaud, Verlaine et Mallarmé. Famille Mort de son père en 1827. Formation Lycée Louis-le-Grand. Début de carrière Baudelaire publie à 24 ans sa première œuvre de critique d’art, le Salon de 1845. Premiers succès Les succès se font attendre. Évolution de la carrière littéraire Baudelaire désormais célèbre donne une deuxième édition des Fleurs du mal en 1861. Mort 1867, mort à Paris à l’âge de 46 ans. Réhabilitation Une demande en révision introduite en 1949 auprès de la Cour de cassation aboutit à la réhabilitation des Fleurs du mal. 1. 1.1. Le jeune Charles Baudelaire est orphelin de père à 6 ans. 1.2. Critique d’art éclairé et traducteur 2. 3.
LE PARNASSE En vérité, il y a de quoi rire d'un pied en carré, en entendant disserter messieurs les utilitaires républicains ou saint-simoniens. - Je voudrais bien savoir d'abord ce que veut dire précisément ce grand flandrin de substantif dont ils truffent quotidiennement le vide de leurs colonnes, et qui leur sert de schiboleth et de terme sacramentel. - Utilité : quel est ce mot, et à quoi s'applique-t-il ? Il y a deux sortes d'utilité, et le sens de ce vocable n'est jamais que relatif. le plus élégant et le mieux coupé. Les contes de fées au XVIIe siècle et gravures de Gustave Doré - Les contes de fées du 17eme siècle et Gravures de Gustave Doré