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Hervé Le Crosnier : « Le réseau est devenu un des nouveaux lieux de la lutte des classes » – Le Comptoir

Ancien conservateur de bibliothèque, Hervé Le Crosnier est actuellement enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la documentation à l’Université de Caen Basse-Normandie. Également éditeur chez C&F éditions, il publie des ouvrages sur des sujets divers – les utopies d’Internet, l’évaluation de l’information en ligne, l’adolescence ou encore le moteur de recherche Google –, tous liés à la problématique du numérique et son impact sur nos sociétés. Influencé par les travaux de la politologue et économiste américaine Elinor Ostrom (1933-2012), il a fait des biens communs, et en particulier des communs de la connaissance, son cheval de bataille. Partisan des travaux collectifs comme Wikipédia, promoteur du libre sur Internet et observateur des phénomènes contemporains d’expropriation du commun, il se fait un point d’honneur à adopter un discours accessible et à mettre à disposition ses travaux en ligne. Un autre exemple : les luddites, en Angleterre, au début du XIXe siècle.

https://comptoir.org/2016/05/02/herve-le-crosnier-le-reseau-est-devenu-un-des-nouveaux-lieux-de-la-lutte-des-classes/

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L’ère de l’information a-t-elle laissé place à l’ère de la crédulité ? Par Alexandra Yeh, France Télévisions, Direction de la Prospective Google en est témoin : les recherches sur le terme « fake news » ont explosé fin 2016, alors que Donald Trump s'apprêtait à devenir le 45ème président des Etats-Unis. Pourtant le phénomène n’est pas nouveau : qu'on l'appelle rumeur, hoax, complot ou conspirationnisme, le scepticisme, voire la méfiance à l’égard de l’information, ont toujours existé. Et une telle vigilance est sans doute plutôt saine dans les régimes démocratiques. Mais nous avons depuis longtemps dépassé le simple recul critique du citoyen éclairé : désormais, c’est une véritable guerre de l’information qui se livre. Une guerre dont les réseaux sociaux sont le premier champ de bataille.

S’ENGAGER (3/5) : Passages à l’acte numériques Troisième épisode d’une semaine consacrée à l’engagement. Aujourd’hui, nous parlons d’un éclatement des formes de l’engagement politique sur la toile. Avec Adrienne Charmet-Alix , jeune militante. Après avoir été Présidente puis Directrice des programmes de Wikimédia France, elle devient coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net, où elle s’oppose activement au projet de loi relatif au renseignement. Au téléphone : Laurent Chemla , informaticien, ingénieur du web. Précurseur, il est le premier informaticien français à avoir été inculpé puis relaxé pour piratage informatique depuis un Minitel, en 1986.

En ville, le vélo plus efficace que l’auto Un cycliste urbain roule en moyenne à 15 km/h, indépendamment des conditions de circulation. Lorsque le trafic est dense, un cycliste mettra donc seulement 12 minutes pour parcourir 3 km, alors qu’un automobiliste restera dans son véhicule en moyenne 27 minutes. Le vélo s’affirme ainsi comme une solution efficace de mobilité urbaine et un outil pour changer de société. En selle, citoyens !

Une introduction aux communs de la connaissance, recueil d’articles Couverture du livre numérique « Une introduction aux communs de la connaissance » par Hervé Le Crosnier Les connaissances sont des ressources sensibles : leur partage permet de réaliser la paix et les autres droits fondamentaux. Au contraire, leur transformation en biens économiques privés dans une « économie de la connaissance » est source d’exclusion, de restriction des savoirs et de limitation de leur circulation. Considérer les connaissances comme des communs ouvre à l’opposé de nouvelles perspectives portées par de nombreux mouvements issus des transformations numériques de la société (logiciels libres, creative commons, accès libre aux publications scientifiques…).

La différenciation: une question de posture - Enseignement Catholique Apporter des clés aux acteurs de terrain pour une mise en œuvre concrète et efficace de la différenciation pédagogique. Objectif réussi pour la conférence de consensus organisée par le Cnesco et l’Ifé-ENS de Lyon, les 7 et 8 mars 2017, au Lycée Diderot (Paris, 19). L’ensemble des interventions, mises en ligne sur le site du Cnesco, offre en effet un support stimulant à la réflexion pédagogique. L’un des enjeux principaux abordés et salué par Marie-Odile Plançon, du Département Éducation du Sgec : « L’importance du rôle joué par l’effet maître dans la réussite des élèves. Nombres de chercheurs, statistiques à l’appui, ont ainsi démontré que repenser la posture de l’enseignant permettait d’infléchir les déterminismes sociaux. » Il s’agit donc d’agir sur ce qui se passer dans la classe, tout à la fois en termes de gestion du groupe et d’apprentissages.

theconversation Avec NuitDebout, la société civile française, malgré son hétérogénéité, s’inscrit dans l’axe des nouvelles militances issues du tournant participatif pris par le numérique à partir des années 2005-2007 avec l’arrivée des réseaux sociaux. Elle avait eu du mal à le faire avec le mouvement Occupy en 2011, du fait du triple sens du verbe « occuper » : trouver une occupation (à l’heure de la précarisation) ;investir des lieux de pouvoir (symbolique ou politique) ;envahir militairement un pays, ce qui en France, ne pouvait pas « prendre », tant les mauvais souvenirs historiques sont forts. Comment les sites de commerce nous manipulent LE MONDE CULTURE ET IDEES | • Mis à jour le | Par Yves Eudes Tout a commencé avec une géniale invention, celle du cookie. Une simple ligne de code – par exemple MC1:UID = 6daa554691bd4 f9089dc9d92e5cdadf4 – déposée sur votre navigateur par les sites Web que vous visitez, et des publicités ciblées s’affichent sur votre écran.

Les communs de la connaissance Loin d’être des résurgences du passé, confinés à la gestion de situations localisées, les communs sont au contraire vécus par les mouvements sociaux comme des enjeux universels (le climat, la biodiversité, les océans, la terre…), au point que le Sommet des Peuples de Rio de 2014 avait pour sous-titre « Pour la justice sociale et environnementale et la défense des biens communs », ce qui venait après la déclaration « Pour la récupération des biens communs » [1] présentée par les mouvements sociaux lors du Forum social mondial de Belém en 2009. Les communs sont également revendiqués par les mouvements issus du numérique et de la connaissance. La technologie de l’internet, par son histoire comme par les modes de fonctionnement qu’elle rendait possibles, a remis en lumière la notion de communs.

Les médias font-ils l’élection ? On a longtemps cru que les médias étaient tout-puissants dans les campagnes électorales. Cela venait de croyances relatives à la propagande du début et de la moitié du XXe siècle. Quand les premières études « scientifiques » ont commencé à se développer sous l’impulsion de Paul Lazarsfeld et son équipe (1944), on s’est rendu compte que les médias n’avaient que des effets limités en termes d’influence directe sur le comportement électoral. C & F Éditions Pouvez-vous parler à ma mère ? Lui dire que je ne fais rien de mal sur internet ? Pour répondre aux angoisses des adultes devant les médias sociaux, danah boyd est partie à la rencontre des adolescents. Loin du sensationnel médiatique, les paroles recueillies expriment le désir farouche des jeunes d'accéder à une vie sociale dans des espaces publics.

Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre L’enquête « Génération quoi ? », menée auprès des 18-34 ans, dessine le portrait d’une jeunesse éduquée, qui enrage de voir les portes se fermer devant elle. LE MONDE | 25.02.2014 à 12h56 • Mis à jour le 25.02.2014 à 13h28 | Par Pascale Krémer L'autoportrait est sombre. Amenés à définir leur génération, ce sont les mots « sacrifiée » ou « perdue » qui leur viennent le plus souvent à l'esprit. A l'automne 2013, les jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. 210 000 se sont pris au jeu de cette opération « Génération quoi ?

Elinor Ostrom ou la réinvention des biens communs La théorie des biens communs, ou plus précisément des « communs », suivant le terme anglais commons, qui est plus général et moins focalisée que la traduction française actuellement utilisée, a connu plusieurs périodes : les études historiques, l’analyse du fonctionnement des communs naturels et la construction des communs du numérique. Elinor Ostrom et l’approche institutionnelle de l’économie politique des communs est essentielle dans ce parcours pour comprendre le renouveau de l’étude des communs et l’apparition de mouvements sociaux qui se revendiquent de la défense ou de la construction des communs. Leçons de l’histoire L’histoire de l’Angleterre et du mouvement des enclosures, qui opposa très violemment les pauvres des campagnes aux propriétaires terriens entre le XIIIe et XVIIe siècle a été la première incarnation des analyses et des mouvements sur les communs.

Facebook, un mois dans la machine à infos Facebook bouleverse la hiérarchie de l’information. Cette formule, devenue une tarte à la crème du débat médiatique, a le caractère de l’évidence. Par le jeu des algorithmes de recommandation et des partages entre amis, le réseau social le plus puissant au monde transforme la façon dont les citoyens accèdent à l’info. Mais dans quelle mesure les sources journalistiques traditionnelles, reconnues pour leur savoir-faire, sont-elles défiées sur Facebook par de nouveaux médias, plus ou moins rigoureux, plus ou moins partisans ? Peut-on quantifier ce nouveau rapport de forces ? Depuis plus de deux mois, en partenariat avec la start-up française Linkfluence, spécialiste de l’analyse du «web social» (réseaux sociaux, sites d’actu traditionnels, blogs, forums, etc.), nous avons placé sous observation une cinquantaine de pages Facebook, avec l’ambition de mesurer leur audience sur la plateforme.

Face à la crise de la presse, quels modèles résistent ? Le point autour d’un cas d'école : BuzzFeed, le site d'information américain débarqué en France en 2013. En ouverture, hommage à Umberto Eco, disparu vendredi. Actualité :

Conférence d'Hervé LeCrosnier à Nuit Debout. Un commun = ce que nous avons en commun (la terre, le climat, la haute mer...) et ce que nous faisons en commun (wikipedia, les logiciels libres...) Ce n'est pas intrinsèque au bien, mais dépendant de la décision de faire communauté (par exemple, si on privatisait les protocoles internet, on ne pourrait plus l'utiliser comme un commun - même si notre modem nous appartient déjà, et le réseau aux fournisseurs d'accès) Nuit Debout est un commun de la connaissance, comme l'occupation des places des printemps arabes, etc. Hidalgo a tort de dire qu'il s'agit d'une "privatisation de l'espace public", elle voit le public comme appartenant à l'Etat, ce qui est hautement discutable. En venant débattre place de la République, on fait de l'espace public un commun. Les communs de la connaissances sont menacés. Le patron d'Hachette déclare qu'il faut en finir avec les exceptions au droit d'auteur, dans les bibliothèques notamment (= le Nourry Gate) Le Crosnier parle d' "extrémistes du droit d'auteur". Il est normal de permettre à un artiste de vivre de ce qu'il produit, ça ne l'est pas de s'opposer au partage de la connaissance (de mettre des DRM qui empêchent de prêter un livre numérique, de continuer de protéger une oeuvre une fois le délai de 70ans expiré, d'empêcher les photocopies des professeurs...) Privatiser un bien commun = une enclosure. "Dans tous les domaines, on est aujourd’hui confrontés à une extension de la logique d’exclusion des communs" Il est important d'éduquer les enfants dans un contexte de collaboration et pas de compétition, la naissance d'une économie de la coopération ne sera possible qu'à partir de ce point de départ. Faire des choses ensemble rapproche les individus et crée un cercle vertueux, on a de plus en plus envie de faire communauté. Nous sommes partagés entre un moi citoyen et un moi consommateur. Pour développer le moi citoyen il ne faut plus accepter le discours qui veut qu'aller vers un mieux se fait au détriment des avantages acquis ou des emplois. Les communs nous ramènent toujours à l'usage: non pas "qu'est-ce que ça rapporte" mais "à quoi ça sert". by clotilde_b May 5

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