
Le tombeau du philosophe Aristote a-t-il été découvert ? "PRÉSOMPTIONS". Après plusieurs décennies de recherches en Macédoine, dans le nord de la Grèce, un archéologue grec vient d’annoncer qu’il "pensait" avoir trouvé la probable tombe du philosophe Aristote (384- 322 avant notre ère). L’éthique aristotélicienne étant justement marquée par les notions de phronêsis (prudence), c’est donc avec certaines précautions que l’archéologue Konstantinos Sismanidis, spécialiste grec de renommée internationale, a fait cette annonce jeudi 26 mai 2016, lors d’un congrès international commémorant le 2400e anniversaire de la naissance du philosophe qui se tenait à l’université de Thessalonique (Grèce), affirmant "qu’il n’avait aucune preuve, mais de fortes présomptions". La tombe se situerait à Stagire, en Chalcidique, le lieu de naissance d’Aristote, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Thessalonique. Reconstitution 3D de la possible tombe du philosophe Aristote, à Stagire, en Macédoine. Crédit: Kostas Simanidis
Une tuerie en Alsace, il y a 6000 ans NÉOLITHIQUE. Des bras coupés et les membres martyrisés de six individus gisant au fond d’une fosse… Voilà la macabre découverte effectuée par une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur le site d’Echeinheim, près de Strasbourg (Bas-Rhin). Là, selon Philippe Lefranc, le responsable des fouilles, une scène de massacre se serait déroulée au Néolithique, il y a 4200 ans avant notre ère. C’est dans un vaste silo, situé en plein cœur d’une enceinte fortifiée, qu’ont été dégagés les restes complets de cinq adultes et d’un adolescent. « Leurs corps présentaient de nombreuses fractures aux membres inférieurs, ainsi qu’aux mains, côtes, bassins ou crânes. Leurs agresseurs se sont acharnés sur eux pour les réduire en miettes ! En 2012, on avait mis au jour un précédent "carnage néolithique" Homme adulte présentant de multiples fractures, retrouvé dans une fosse sur le site néolithique d'Achenheim, en Alsace. © Michel Christen/Inrap.
Un amateur a-t-il localisé le premier monastère de Grande-Bretagne ? VIKINGS. Le nom du monastère de Lindisfarne, fondé par le roi anglo-saxon Oswald de Northumbrie en 635 ap. J.-C. a longtemps rayonné dans toute la chrétienté… pourtant l’emplacement initial du bâtiment demeure un mystère ! Notamment en raison de sa mise à sac par les Vikings à partir de 739 ap. J. Le bâtiment où furent écrites les évangiles de Lindisfarne La découverte consiste en une pierre taillée en demi cercle, gravée d'un texte anglo-saxon, et datée du 7e siècle ap. "La présence de la pierre parmi les structures de décombres et des sépultures humaines suggère fortement que nous avons trouvé une partie du complexe monastique que nous cherchions", explique David Pett.
La « Pompéi britannique » sort de la glaise Dégagement d’un clayonnage sur le site de Must Farm. © Mustfarm.com. Le site Internet de la BBC a déjà surnommé, sans doute avec exagération, ce site archéologique comme « la Pompéi britannique ». Cette emphase traduit assez bien l’enthousiasme des chercheurs qui, depuis septembre 2015, travaillent sur la fouille de Must Farm, non loin de Whittlesey, dans l’est de l’Angleterre. Ainsi que le résume David Gibson (Cambridge Archaeological Unit), qui est responsable de ce « chantier », « il s’agit simplement de la construction en bois de l’Age du bronze la plus complète qu’on ait jamais découverte dans ce pays. » Pour Duncan Wilson, qui dirige Historic England, sorte de commission des monuments historiques version anglaise, laquelle co-finance les fouilles de Must Farm, « le site est d’une importance internationale et sa mise au jour va réellement transformer notre compréhension de cette période ». La première maison vient de sortir de la glaise. Les décombres de la maison. © Mustfarm.com.
Le mystère des enchainés d’Athènes CHÂTIMENT. S’agit-il d’un cimetière de "traîtres" ? Mâchoires béantes, quatre-vingt squelettes, dont certains étendus côte-à-côte, ont été mis au jour dans une nécropole grecque (VIIIe-Ve siècle avant notre ère) située au Phalère (Faliro-Delta), un ancien port entre Athènes et le Pirée. Tous avaient les bras au-dessus de la tête, attachés par des fers au niveau des poignets. De quoi évoquer un massacre de prisonniers. Mais qu’avaient bien pu faire ces individus pour mériter un tel châtiment ? Exécutés après une tentative ratée de coup d’Etat ? La nécropole antique de Phalère et ses fosses communes, au sud d'Athènes (Grèce) © A.Konstantinidis/Reuters Dégagés en avril dernier, ces restes humains ont été exhumés de deux fosses communes au cours d’un chantier de sauvetage engagé dans le cadre d’un vaste projet architectural. Une nécropole d'exception Parmi les nombreuses tombes du cimetière de Phalère, des amphores contenant de jeunes enfants.
Un surprenant dallage de basalte découvert sur le site gaulois de Gergovie Par Belenos ! Des Gaulois ou des Romains ?... C’est sous un soleil de plomb qu’un impressionnant dallage de basalte noir a été découvert cet été sur le plateau de Gergovie (Puy-de-Dôme), le célèbre site arverne sur les remparts duquel s’échouèrent les légions romaines de César, repoussées par les peuples gaulois rassemblés sous l’égide de Vercingétorix, en 52 avant notre ère. Une partie du dallage monumental mis au jour sur le site de Gergovie, fin août 2016. "En 2015, après la mise au jour au sein des remparts de Gergovie, d’une porte principale large de 7 m, à laquelle étaient associés les vestiges d’une tour carré de 5 m de côté, les fouilles de 2016 viennent de s’achever sur le dégagement d’une place pavée de près de 3000 m2 de superficie !" Une agglomération gauloise qui ne fait toutefois pas l’unanimité OPPIDUM. Vue aérienne du plateau de Gergovie, dans le Puy-de-Dôme, où s'affrontèrent les armées de Vercingétorix et les Légions de César, en 52 avant notre ère.
Des populations d'Extrême-Orient dans un cimetière romain ? CHINATOWN. Des voyageurs asiatiques auraient-ils pu se retrouver à Londres (Londinium), alors capitale de la province romaine de Grande-Bretagne (Britannia), au temps des Césars ? C’est le scénario inattendu que semble dessiner la découverte d’ossements mis au jour dans une nécropole romaine du IIe au IVe siècle située à Lant Street dans le quartier de Southwark, au sud de la ville. L'examen de 19 squelettes sur les 22 exhumés évoquerait en effet la présence deux individus originaires de Chine selon un article publié dans le Journal of Archaeological Science. De quoi surprendre les spécialistes qui ignoraient jusqu’alors que des populations d’Extrême-Orient asiatique aient pu avoir des contacts directs avec l’Empire romain. Un des 22 squelettes humains découverts dans le cimetière romain de Lant Street à Londres. « Les deux dépouilles se sont révélées proches des populations chinoises et japonaises du XIXe siècle », a ainsi assuré la responsable des fouilles, l’archéologue Rebecca C.
Des monnaies indiquent des échanges entre Extrême-Orient et Occident dès l'antiquité Des archéologues japonais, travaillant sur l’île d’Okinawa, ont annoncé fin septembre avoir exhumé des monnaies provenant de l’Empire romain. Celles-ci figuraient au nombre des vestiges retrouvés dans le château de Katsuren, une résidence féodale (XIIe-XVIIIe) fouillée depuis 2013, classée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ces quatre petites pièces de cuivre datées de 300 à 400 de notre ère, se trouvaient mêlées à une dizaine d’autres monnaies dont certaines ottomanes (XVIIe siècle) selon Toshio Tsukamoto, le chercheur à l’origine de leur authentification. Soumises pour analyse à Hiroki Miyagi, archéologue à l’Université internationale d’Okinawa, ces quatre pièces très érodées ont révélé à l’examen aux rayons X un portrait de l’empereur romain Constantin 1er (272-337), ainsi que sur une autre, un soldat armé d’une lance. La plaine d’Oc-Eo était alors un incomparable lieu de communication.