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Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre, par Marylène Patou-Mathis (Le Monde diplomatique, juillet 2015)

Sur la question de la violence chez les humains, deux conceptions radicalement opposées s’affrontent. Le philosophe anglais du XVIIe siècle Thomas Hobbes pensait que la « guerre de tous contre tous » existait depuis l’aube des temps (Léviathan, 1651). Pour Jean-Jacques Rousseau, l’homme sauvage était sujet à peu de passions et a été entraîné dans « le plus horrible état de guerre » par la « société naissante » (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755). L’image de l’homme préhistorique violent et guerrier résulte d’une construction savante élaborée par les anthropologues évolutionnistes et les préhistoriens du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Elle a été gravée dans les esprits à la faveur du présupposé selon lequel l’humanité aurait connu une évolution progressive et unilinéaire (1). Dès la reconnaissance des hommes préhistoriques, en 1863, on a rapproché leur physique et leurs comportements de ceux des grands singes, gorilles et chimpanzés.

https://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/PATOU_MATHIS/53204

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Claudine Cohen, une femme dans la préhistoire De la même façon que le récit mythologique de nos ancêtres les gaulois réfractaires, le récit préhistorique a été construit sur un modèle quasi exclusivement masculin : Homme de Cro-Magnon, Homme de Neandertal, pas beaucoup de place pour les femmes dans les lignées humaines. Si la découverte de Lucy a tenté de corriger le tir, la question du rôle social, de la place de la femme dans les sociétés préhistoriques reste très largement conditionnée aux stéréotypes sociaux contemporains : l’homme à la chasse, la femme à la caverne. Comment étudier la place réelle des femmes dans ces proto-sociétés ? C’est un long et très complexe travail de déconstruction. _Claudine Cohen_, une femme dans la préhistoire : c’est notre quatrième grand entretien de cette nouvelle saison, et notre invité pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Quelle efficacité de la menace dans les campagnes de sécurité routière  ? Une évaluation tridimensionnelle 1Les accidents de la route comptent parmi les plus importants problèmes de santé publique des dernières décennies, faisant plus de victimes que le sida, le tabac, le suicide et même la guerre (Bergeron, 1999). Au Québec comme dans la plupart des pays industrialisés, les facteurs humains — particulièrement la vitesse excessive ou inadaptée et l’alcool au volant — jouent un rôle déterminant dans plus de 90 % des accidents de la route. La même proportion d’accidents pourrait donc être évitée si ce n’était que du manque de vigilance, de responsabilité et de sensibilisation des automobilistes. Pour tenter de prévenir les accidents de la route, de nombreuses interventions sont mises en œuvre ou ont été améliorées au cours des vingt dernières années. 2Cette étude s’intéresse spécifiquement aux campagnes de prévention et vise à opérationnaliser d’une manière novatrice l’évaluation de leur efficacité. Réponses physiologiques

Altruisme (A) – L'Encyclopédie Philosophique Publié en septembre 2018 L’altruisme, ce don de soi en sens unique, a intéressé nombre d’auteurs et chercheurs issus de disciplines aussi variées que la philosophie, la théologie, la psychologie, la sociologie, la médecine, l’économie ou la biologie. L’altruisme a longtemps été étudié en vase clos au sein des disciplines, si bien qu’il en résulte un foisonnement de définitions et d’angles d’approches qui encombrent les échanges interdisciplinaires contemporains. Cet article pose les bases théoriques pour établir un dialogue constructif entre différents champs de recherche. Nous commencerons par un bref exposé des contextes dans lesquels l’altruisme a été abordé et du rôle que peut jouer l’altruisme dans une théorie morale.

En Sibérie, découverte d'une jeune fille métisse âgée de 90.000 ans, issue de deux espèces humaines HISTOIRE - Il était une fois, une Néandertalienne et un Dénisovien. De leur union naquit une enfant... Un minuscule fragment d'os apporte aujourd'hui la preuve d'un accouplement entre ces deux espèces de la lignée humaine. "C'est la première fois qu'on trouve un descendant direct de ces deux groupes", explique à l'AFP Viviane Slon, de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste de Leipzig en Allemagne, coauteur de l'étude publiée ce mercredi 22 août dans Nature. Les Dénisoviens et les Néandertaliens se sont séparés il y a 400.000/500.000 ans, devenant deux espèces distinctes du genre Homo (les Homo sapiens en formant une autre).

« C’est qui le patron ? ! », les limites de l’injonction à la consommation responsable « Je sais pour la fonte des glaces, la déforestation, la surpêche et le changement climatique. […] Je peux pas faire comme si je savais pas », nous interpelle Danone dans une publicité. « Avec votre fourchette et votre couteau, vous avez le pouvoir de changer le monde », renchérit Carrefour dans son manifeste Act For Food. Le message est clair : c’est à nous, consommateurs, de nous prendre en main et de modifier nos habitudes pour sauver la planète. Cette injonction à la consommation responsable n’émane pas seulement de grands groupes de l’agroalimentaire et de la distribution : c’est aussi le message porté par le gouvernement.

La sagesse de Kandiaronk, par David Graeber (1/5) L’anthropologue David Graeber travaille depuis sept années, avec l’archéologue David Wengrow, sur un ouvrage consacré à une histoire des inégalités. Un premier extrait de cet ouvrage a été publié en 2018. Cet extrait montrait que la narration habituelle selon laquelle l’inégalité des hommes était le prix à payer pour les sociétés développées et leur confort est un mensonge. Du nouveau à l'Ouest : l’art paléolithique du Rocher de l'Impératrice (Plougastel-Daoulas, Finistère) Tout commence par la recherche de grottes ou de cavités ayant pu abriter quelques groupes préhistoriques d’Armorique, cela tombe bien, il n’y a pas de caverne en Bretagne ! Il y a 14000 ans, dans une Bretagne où la mer était bien au-delà des rivages actuels, les groupes du Paléolithique ont toutefois trouvé refuge dans de petits espaces cavernicoles, ceux de Roc’h Toul ou Kerbizien… Toutefois, c’est dans l’abri du « Rocher de l’Impératrice » à Plougastel-Daoulas, que la découverte la plus inattendue a été faite : la mise en évidence d’un art paléolithique en Bretagne. Plus de 80 plaquettes de schiste parfois brisées ont été gravées par un groupe appartenant à la culture Azilienne, et parmi elles certaines représentent des chevaux, parfois en miroir, des aurochs… L’auroch est une sorte de « taureau rayonnant », et semble, ici, être un animal particulièrement valorisé

D'autres plateformes sont possibles : la piste coopérative Fortement plébiscitées depuis leur apparition à la fin des années 2000, les plates-formes dites collaboratives suscitent aujourd’hui de nombreuses critiques qui conduisent certains de leurs utilisateurs à l’action collective. Les préoccupations sont croissantes concernant l’utilisation des données personnelles, mais aussi l’éthique des algorithmes. Outre leur fonctionnement technologique, c’est tout le modèle socio-économique des plates-formes qui fait débat. Censées générer de la valeur pour leurs utilisateurs en organisant des transactions en pair à pair, certaines plates-formes dominantes extraient des rentes conséquentes de leur position d’intermédiaire. Il est en outre reproché à des plates-formes d’esquiver le droit du travail via le recours massif aux travailleurs indépendants, de procéder à de l’optimisation fiscale ou encore de contribuer à une marchandisation accrue de nos vies quotidiennes. Du collaboratif au coopératif

La sagesse de Kandiaronk : la critique indigène, le mythe du progrès et la naissance de la Gauche Dans le dernier chapitre, nous avons décrit quelque chose de l’héritage de Jean-Jacques Rousseau - dont l’histoire sur les origines de l’inégalité sociale ne cesse d’être racontée en des variations infinies jusqu’à nos jours. Pourtant, comment cette histoire a-t-elle vu le jour ? Les historiens des idées n’ont jamais vraiment abandonné la théorie de l’histoire du Grand Homme. La lignée de l'Homme de Denisova pourrait représenter trois espèces humaines Mais les Néandertaliens n'étaient pas les seuls partenaires de reproduction des Homo Sapiens après leur longue sortie d'Afrique il y a 64 000 ans. La majorité des personnes d'origine Asiatique possèdent une certaine quantité d'ADN dénisovien, cette proportion est particulièrement importante chez les Mélanésiens dont le génome est jusqu'à 6 % Dénisovien. Ces derniers auraient rencontré les ancêtres des Mélanésiens modernes et se seraient reproduits lors de leur périple vers leur foyer insulaire. Afin d'aller plus loin dans l'étude de cet héritage, Cox et son équipe ont séquencé 161 génomes issus de 14 groupes insulaires à travers l'Indonésie et la Nouvelle Guinée. Ils ont ensuite combiné ces données avec 317 génomes du monde entier et comparé l'ensemble des données aux génomes des Hommes de Néandertal et de Denisova.

Serge Moscovici, Les formes élémentaires de l'altruisme Deuxième partie. Les processus élémentaires de la relation à autrui “Les formes élémentaires de l'altruisme.” par Serge Moscovici 1. Deux problèmes jumeaux : l'égoïsme et l'altruisme [71] Trois scénarios pour imaginer le futur de l'anonymat Raphaël de Cormis, directeur du département Innovation chez Thales (ex-Gemalto), s'est livré à un exercice de prospective-fiction afin d'explorer les futurs possibles de l'anonymat. À ses débuts, Internet était un petit monde opaque, que les premiers initiés peuplaient dans un relatif anonymat - ou, en tous les cas, sans que le monde extérieur ne cherche trop à s’intéresser à ce qui s’y passait. Aujourd’hui, Internet est à ce point devenu une extension de nos vies réelles que la question de notre identité est devenue cruciale. Internet est-il au-dessus des lois, des règles du monde réel ? Est-il indispensable de montrer patte blanche ou, au contraire, doit-on préserver le peu d’intimité qu’un monde ultra-surveillé accepte encore de nous octroyer ?

Pourquoi l'altruisme est une réponse aux défis de notre temps Notre époque est confrontée à de nombreux défis. Comment concilier les impératifs de l’économie, de la recherche du bonheur et du respect de l’environnement ? Ces impératifs correspondent à trois échelles de temps, le court, le moyen et le long termes, auxquelles se superposent trois types d’intérêts : les nôtres, ceux de nos proches et ceux de tous les êtres. L’altruisme est le seul concept qui nous permette de relier naturellement les trois échelles de temps (court, moyen et long termes) en harmonisant leurs exigences.

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