
Apologie de la pédophilie : cautionner sous couvert de débattre, l’exemple de l’écrivain Claude Guillon Il est des infractions que la société semble condamner de façon unanime. Ces infractions entrent à première vue dans la catégorie du « non négociable », idéologiquement parlant. À titre individuel ou collectif, il sera donc aisé d’affirmer en toute sincérité que l’on est contre le meurtre, le viol, les violences conjugales, les violences sexuelles, le harcèlement (moral, sexuel) etc. Pourtant, quand on y regarde d’un peu plus près, on constate que ces infractions idéologiquement « non négociables » et non excusables, bénéficient d’une certaine tolérance, voire d’une indulgence et d’une complaisance assez unanimement admises, si ce n’est dans l’enthousiasme, du moins dans l’indifférence générale. Quelques exemples : le viol, les violences conjugales, le harcèlement… A priori, il semble évident que notre société condamne très durement ces agissements, mais dans les faits, on constate que ce n’est pas si évident. Quelques extraits (mais le texte complet est accessible en cliquant ici) :
Femmes : soyez des chaudasses (mais pas trop quand même) Chaudasse mais pas trop non plus. Voilà comment l’on pourrait vulgairement résumer à quelle injonction impossible les femmes devraient aujourd’hui se soumettre. C’est ce qui ressort de l’excellent documentaire, réalisé par Ovidie, ancienne actrice porno, désormais auteure et réalisatrice, et joliment intitulé À quoi rêvent les jeunes filles ?, diffusé aujourd’hui sur France 2. Tout a commencé il y a trois ans, à la publication du rapport de Chantal Jouanno sur l’hypersexualisation des petites filles. “L’analyse de Chantal Jouanno et les solutions qu’elle préconisait étaient à 3000 kilomètres de mes convictions, se rappelle aujourd’hui Ovidie. “Une nouvelle forme d’aliénation sexuelle est en train d’émerger.” En enquêtant, la trentenaire s’est rendu compte que c’était “moins binaire que ça en avait l’air”, qu’on était finalement loin d’un simple combat “conservateurs contre libertaires du cul”. Est-on plus libre ou plus aliéné qu’avant ? La réalisatrice Ovidie, Yami 2 Productions 1. 2. 3.
Femmes harcelées, agressées dans les lieux publics : et si on se battait, au sens propre ? | Comment peut-on être féministe ? Je croyais en la force des mots. Je croyais aussi au pouvoir de l’éducation. Je croyais aux actes raisonnés, aux convictions exprimées avec pondération ou avec force, je croyais à tout cela et j’avais la foi, car il en faut pour militer. J’expliquais là pourquoi je pense le féminisme nécessaire, puisqu’il profitera aux filles mêmes de nos détracteurs. Bien sûr, il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier, et cela nécessite du courage, de continuer à lutter. Mais nous n’avons pas le choix, comme le dit Line : nos yeux sont ouverts, nous ne pouvons pas les refermer. Je croyais donc en la force des mots, et en l’éducation. On m’a dit aussi que la rue c’est dangereux, que c’est normal, que c’est un fait, et que la seule solution est bien d’apprendre aux femmes à faire attention. Si c’est une si bonne solution, pourquoi ne fonctionne-t-elle pas ? Je croyais aux actes raisonnables. Éduquons et luttons. Mais à présent, je crois aussi que nous pouvons nous battre.
Mains au cul, frotteurs: elles racontent le harcèlement dans les transports Ils sont de toutes les origines sociales, argentés ou sans argent, et ethniques, Blancs, Noirs, Arabes… Ils ont tous les âges: jeunes adultes, trentenaires, quadras, quinquas, seniors… Ils sont de toutes les apparences: l’un est “propre sur lui”, l’autre “costard-cravate”, un autre encore “déglingué et pas net”, “c’est tant le mec en jogging cra-cra que le commercial BCBG”. Le profil type de l’homme qui harcèle ou agresse dans les transports n’existe pas. Il n’y a pas non plus de portrait-robot de la femme victime d’agression ou de harcèlement sexuels. Très jeunes, la vingtaine, la trentaine ou la quarantaine, elles ont tous les âges. Le HCEfh définit le phénomène du harcèlement sexiste et des violences sexuelles dans l’espace public, “comme étant des manifestations du sexisme qui affectent le droit à la sécurité et limitent l’occupation de l’espace public par les femmes et leur déplacement en son sein”. 100% des femmes victimes de harcèlements sexistes et d’agressions sexuelles
ZONES Lyber Zones Irene Zeilinger Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire. Pour Anne, car c’est elle que je voudrais avoir à mes côtés si je dois affronter un danger. Permettez-moi de me présenter : je suis formatrice d’autodéfense pour femmes depuis maintenant près de quinze ans. Comme beaucoup de femmes, j’ai conscience du risque d’être un jour confrontée à la violence. Si je me suis mise à écrire, c’est parce que je ne trouvais pas en librairie de manuel d’autodéfense à recommander aux femmes qui suivent mes cours, à mes amies ou aux femmes de ma famille. Mais ce n’est pas seulement la pénurie de bons livres en autodéfense qui m’a motivée à coucher mes expériences sur le papier. Si vous avez ouvert ce livre, c’est sans doute parce que vous voudriez savoir quoi et comment faire face à la violence. Rassurez-vous, après avoir lu ce livre, vous ne verrez pas des dangers partout, vous ne serez pas devenue paranoïaque. Bon !
De la tolérance envers le viol Si nous réalisions un micro-trottoir dans la rue à propos du viol, les mots ne seraient pas assez forts pour en parler. On nous évoquerait ce "crime abominable", qui "détruit la vie des femmes" et dont "elles ne peuvent jamais se remettre". Le violeur serait qualifié de "monstre", de "salopard", "d'être inhumain", qu'il faut "enfermer à vie", voire "tuer" ou "castrer". Si nous parlions de viol sur des mineur-es de moins de 15 ans, les réactions seraient encore plus violentes et virulentes. Si nous interrogions ensuite sur les gens sur ce qu'est pour eux un viol, la définition serait sans doute la suivante : "une jeune femme court-vêtue rentrant chez elle tard le soir, violée par un inconnu armé d'un couteau". Nous savons que ces représentations sont fausses mais elles ont profondément ancré nos esprits et il est extrêmement difficile de se sortir de l'esprit cette image pour se rappeler que le viol a davantage lieu dans un lieu privé et par une connaissance. 2014-2015.
Le traumatisme émotionnel de la relation perverse narcissique | Le Pervers Narcissique Il est particulièrement traumatisant pour les victimes de se rendre compte qu’elles ont été dupées, bernées, manipulées et méprisées. La principale cause de déni de la perversion réside ici, dans le fait qu’elles ne comprennent pas que le PN ne les a jamais aimées. Souvent, les victimes ont été prises dans les filets du pervers narcissique depuis des années, elles peuvent avoir des enfants avec lui, raisons pour lesquelles elle n’admettent pas l’horreur de la réalité de cette relation. Les pervers narcissiques éprouvent une haine viscérale de l’amour, qui est en fait leur ennemi numéro 1. Les pervers narcissiques détruisent psychiquement autrui car ils utilisent les modèles de fonctionnement de la société contre leurs victimes. Une personne confrontée à la perversion narcissique pour la première fois développe un « syndrome de stress post-traumatique » à cause des mauvais traitements qui lui ont été infligés. Restez vigilants ! J'aime : J'aime chargement… Sur le même thème
Le viol parfait Je n’ose jamais parler de mon viol, surtout à des Hommes cisgenres, parce que je sais que leur réflexe de défense patriarcal est trop fort et ils me rétorquent systématiquement « non, mais toi tu l’as peut-être vécu comme un viol, mais peut être que lui, dans sa tête, ce n’était pas vraiment son intention tu vois ». On se serre les coudes entre cisdétenteur de bites, on ne voudrait pas se faire soi même accuser de viol pour un simple malentendu. Pourtant j’ai dit non, plusieurs fois même, il m’a répondu « mais si, tu verras, tu vas aimer ça », parce que l’Homme sait mieux que moi quels sont mes désirs, il sait mieux que moi que quand je dis non, ça veut pas vraiment dire non, en fait, que je veux juste me faire désirer, coquine que je suis. Du coup, il m’a un peu forcé, la main, enfin la chatte quoi. Mais on ne peut pas lui en vouloir à l’Homme, avec tous ses désirs incontrôlables, une fois qu’il a la bite toute dure, il arrive plus à penser à autre chose. Quel est le viol parfait ?
Baisse les yeux. Tais-toi. Ravale ta colère et déglutis tes larmes. Baisse les yeux. Tais-toi. Ravale ta colère et déglutis tes larmes. Non. Dans quel monde faut-il constamment justifier ses choix vestimentaires ? Le coupable est toujours l’agresseur. Harcèlement permanent, colère ordinaire Jack Parker, qui est désormais rédac chef du site Golden Moustache (big up !) Elle va bien, mais elle est en colère. « Hier, après une (trop) longue journée, j’ai vécu un moment assez désagréable dans le métro.Je venais d’entrer dans la rame, j’étais encore debout dans l’attente de trouver une place assise et je tentais de reprendre mon souffle en m’accrochant tant bien que mal à la barre pour ne pas défaillir (mes poumons ayant la taille d’une demi-cacahuète fourrée à la nicotine, il m’en faut peu).Je n’ai donc pas fait attention au quadra lambda qui se tenait juste derrière moi […]Du coup, lorsqu’il a fait mine de se baisser pour ramasser un truc par terre, j’ai pas réagi. « Trop dur d’être séduisante » Et ce récit te touche, parce que tu le reconnais.
La parole des violeurs et ce que la presse en fait Le 26 février dernier, « Samuel » a écrit à Mediapart. Objet : « proposition de tribune ». Dans son mail, il explique être étudiant et avoir écrit un texte « après avoir compris [qu’il] avait violé [son] ex-copine ». « Je pense que ce que j’écris est rare et pertinent », précise-t-il. Ce texte, c’est celui que Libération a publié dans son édition du lundi 8 mars. Il a déclenché une polémique, amplifiée par la date, symbolique, de la journée internationale des droits des femmes. Nous ne sommes pas là pour donner des leçons de maintien, ni pour mettre en cause des confrères et des consœurs que nous respectons, y compris pour leur travail sur les violences sexistes et sexuelles, et les inégalités de genre. En revanche, cette publication – soutenue par la victime, Alma – a provoqué un débat public qui nous interroge, en tant que journalistes. J’entends qu’aux yeux de certain·e·s, le texte de « Samuel » puisse être considéré comme un « document » – et donc un objet journalistique pertinent.
mai | 2014 | TRADFEM Publié par labrys, études féministes/ estudos feministas juillet / décembre 2013 -julho / dezembro 2013 Je veux une trêve de vingt-quatre heures durant laquelle il n’y aura pas de viol Andrea Dworkin Note de l’auteure : Ce discours a été prononcé à la Midwest Regional Conference de la National Organisation for Changing Men, au cours de l’automne 1983 à St Paul, dans le Minnesota. J’ai beaucoup réfléchi à la façon dont une féministe, comme moi, s’adresserait à un public principalement composé d’hommes militants, qui se disent antisexistes. Et s’il devait y avoir une requête, une question ou une interpellation humaine dans ce cri, ce serait ceci : pourquoi êtes-vous si lents ? Cela se passe pour une simple raison. Le pouvoir exercé par les hommes dans la vie quotidienne est un pouvoir qui est institutionnalisé. C’est une chose extraordinaire que d’essayer de comprendre et de confronter pourquoi les hommes croient – et les hommes le croient – qu’ils ont le droit de violer.
Nos alliés les hommes Avant de te lancer dans la lecture de cet article, je te suggère de lire celui sur le consentement ainsi que celui sur le #notallmen. Je voudrais parler d’un sujet qui me semble tabou : celui de nos potes qui ont violé. Je veux parler de ceux qui, un jour, peut-être même plusieurs fois, ont commis des agressions sexuelles ou des viols, parfois sans le (sa)voir. Je pense qu’ils existent. Je pense même qu’ils sont nombreux. Je sais que c’est un sujet sensible et que ça peut être insupportable d’entendre qu’un viol puisse être commis sans intention ni conscience. Il n’y a pas de monstres. Par ailleurs, on marginalise le viol. Pourtant c’est le cas. Par ailleurs, nous ne sommes pas nos actes. On parle peu de ceux qui ont violé sans avoir l’intention ni conscience de le faire. Considérer l’agresseur comme un monstre, c’est l’exclure de l’humanité. Apprendre qu’un de nos potes a violé est difficile à accepter. 2/ Tourner le dos. Chaque histoire est unique. Et ce rôle peut changer. WordPress: