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Pour le silence...

Pour le silence...
…ou comment apprendre à fermer sa gueule. Je suis une femme. Je suis oppressée de pas mal de manières différentes mais on est pas là pour jouer aux Pokémon. Je suis une femme blanche cis hétéro, mariée, je fais partie de la classe moyenne. Il m’arrive de lire des commentaires de personnes outrées lorsqu’on leur demande de se taire. Exhibit B, en fait, ça a été mon déclencheur. Ce que j’ai compris à travers cet exemple (je veux dire, vraiment compris, à travers une expérience vécue), c’est que d’une part je ne pouvais pas décréter que quelque chose n’était pas problématique car ce ne l’était pas pour moi. J’ai eu honte. J’ai souvent honte, remarquez. Notre « soutien » ne passe pas par une réappropriation de l’oppression, c’est pourtant logique ! Nous osons justement car personne ne nous a plongé-e-s dans le silence par la violence. Je ne parle pas ici QUE de racisme, vous l’aurez compris… *wink wink* Breaking news : on peut soutenir sans ouvrir sa gueule. On peut écouter, d’abord. Ça dépend. Related:  Arguments et référencesComment lutter ?

Des stéréotypes de genre plaqués jusque sur les cris de bébés On les savait entartrés sur la couleur des tenues des enfants ou encore sur leurs jouets, mais voilà que les stéréotypes de genre s'incrustent jusque dans les berceaux : dans des travaux rendus publics mi-avril, une équipe de chercheurs français a démontré que les adultes ont tendance à penser (à tort) que les cris de nourrissons de sexe féminin sont plus aigus que ceux des garçons. En d'autres termes, à lier gravité de la voix et masculinité. «Ainsi les adultes utilisent ce qu’ils connaissent des voix humaines après la puberté – les voix d’hommes sont en moyenne plus graves que les voix de femmes – et l’appliquent aux bébés, qui pourtant échappent à cette règle» écrit l'équipe de l'institut des neurosciences Paris-Saclay, dans ses travaux publiés dans la revue BMC Psychology (1). Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont commencé par enregistrer les pleurs à la sortie de leur bain de 28 bébés (15 garçons et 13 filles) âgés de quatre mois. Virginie Ballet

La double face du féminisme dans les milieux militants Quand j’étais ado, les règles pour les femmes étaient claires pour moi, je les voyais dans les magazines. Ma vie sexuelle a commencé lorsque je venais tout juste d’avoir 14 ans avec un garçon de mon âge et elle fut totalement épanouissante. Je ne peux pas le cacher, j’étais à un point tel attiré par ce garçon que j’en oubliais mes complexes physiques. En fait, c’est ce que je croyais jusqu’à temps que je repense à cette histoire 10 ans plus tard. Je n’étais pas du tout plus à l’aise que maintenant. La différence c’est qu’adolescente, on m’avait nommée et expliqué de long en large comment je devais modeler mon corps. Nous étions une cohorte de partys, toujours beaucoup d’alcool et de drogue. Quand j’ai rejoint un milieu « alternatif », se disant anarchiste et proféministe, on m’a fait croire que toutes les règles sur la beauté féminine tombaient. Je crois que ce flou est entretenu, car il permet un plus grand contrôle et une plus grande manœuvre de répression et d’humiliation.

Polémique | Sondage : "Exhibit B", raciste ou anticolonialiste Exhibit B, une installation-performance de Brett Bailey.© Franck Pennant/AFP La performance "Exhibit B", de Brett Bailey, qui reconstitue en 12 tableaux vivants un zoo humain comme à l'époque coloniale, a déclenché une vive polémique à Paris. Une pétition a même été mise en ligne pour demander sa déprogrammation. Qu'en pensez-vous ? Les zoos humains, ça vous parle ? Avec l'intention de dénoncer ce phénomène du temps colonial, et d'en rappeler l'existence, l'artiste et anthropologue sud-africain Brett Bailey a choisi, dans son exposition Exhibit B, de revenir sur ces scènes d'esclavage avec douze tableaux vivants. >> Exhibit B expliqué par Brett Bailey << "Atteinte à la dignité humaine" Pour sa première présentation en France, le spectacle a été plébiscité en juillet 2013 au festival d'Avignon et, en novembre de la même année, au Centquatre, le centre d'art de la ville de Paris. >> Sondage : selon vous, l'exposition Exhibit B est-elle raciste ? Par Trésor Kibangula

Vous avez dit « enculé »? « C'est cet enculé de Barroso... » Mon interlocuteur souhaite exprimer son aversion envers le président de la Commission européenne. Je lui fais remarquer que l'insulte est homophobe. Il semble surpris, cherche à justifier son propos : « Non, mais c'est vraiment un connard ». « Oui, je vois bien ce que tu veux dire, mais le traiter d'enculé, c'est homophobe ». Il bafouille un peu, rougit même, et rapidement conclut que j'ai raison, que ça n'est pas ce qu'il voulait faire, qu'il n'est pas du tout homophobe. Je réponds que j'en suis certaine et reprend la conversation là où nous l'avions laissée afin d’éviter que le froid jeté ne s'éternise. L'incident est atypique. Ici, possible digression de la part de mon interlocuteur : on me fait remarquer que des femmes aussi se font enculer, donc utiliser le terme ne renvoie pas nécessairement aux pédés, et donc n'est pas nécessairement homophobe. Un enculé, donc, c'est un pédé. Les mots sont importants.

La revue lesbienne Well Well Well a été entièrement rédigée selon des règles de grammaire égalitaires FÉMINISME - Souvenez-vous, quand vous étiez sur les bancs de l'école, de la première règle de grammaire qu'on vous a apprise: "Le masculin l'emporte sur le féminin". Depuis, vous avez pris le réflexe de gommer dans vos phrases la forme féminine quand elle se mêle à la forme masculine. N'est-ce qu'un détail de la grammaire française ou s'y cache-t-il un enjeu plus important, celui, tout simplement, de l'égalité entre les hommes et les femmes? C'est la question que s'est posé le magazine Well Well Well, un mook (mi-magazine, mi-book) lesbien lancé en septembre dernier, financé par crowdfunding, dont le deuxième numéro sort ce samedi 6 juin avec la chanteuse Soko en couverture. L'an dernier, la revue avait déjà bien fait parler d'elle, et pour cause: après les disparitions successives de têtue.com, de la Dixième Muse, de Lesbia Magazine, les lesbiennes se sont retrouvées sans média qui leur était destiné. "Si on ne le fait pas, qui le fait?" "Si on ne le fait pas, qui le fait?" Contactez-nous

« Yes, Exhibit B is challenging » Exhibit B, a performance piece that I have made and which has been staged at major festivals in several European cities, has been cancelled in London. This follows protest action at its premiere at the Waterloo Vaults on Tuesday night, in which protesters tried to force the doors of the venue, and security guards determined that they could not guarantee the safety of performers, staff and spectators. I stand for a global society that is rich in a plurality of voices. I stand against any action that calls for the censoring of creative work or the silencing of divergent views, except those where hatred is the intention. The intention of Exhibit B was never hatred, fear, or prejudice. I appreciate that interpretations of this piece, as of any creative work, can vary, and that my intention to explore the machinations of systems of racism and how they dehumanise all who are touched by them can be read in different ways. In Exhibit B there are 12 stages or tableaux vivants.

19 fois où être un homme blanc hétéro, c'était vraiment l'angoisse Une enième histoire de réacs soi-disant militants - Lacets rouges et vernis noir Je n'ai pas l'habitude de parler ici[1] des petites embrouilles qui ont lieu sur Twitter, vu que ça n'intéresse pas forcément grand monde, mais il me semble que l'affaire en question est sorti un peu du microcosme microblogging. En effet, par une succession compliquée d'évènements, une liste contenant un certain nombre d'informations sur des « militant·e·s » sur twitter (liste dont je faisais partie, comme beaucoup d'autres), notamment féministes, antiracistes et/ou LGBT, ont fini par se retrouver sur un site d'extrême-droite. Ce qui est le plus atterrant dans cette affaire est que tout cela est le fruit de l'action de militants de gauche et d'extrême-gauche. Le but de cet article n'est pas de blâmer en particulier certaines personnes (je ne donnerai d'ailleurs aucun nom), mais d'analyser un peu comment on a pu en arriver là. Je vais essayer de résumer la situation, en espérant ne pas rendre les choses trop pénibles à lire. Les « factions » en présence La particularité d'Internet

« I never sought to alienate or offend » La faute à Ève Qu’il faut que les femmes aient le même salaire que les hommes pour le même travail, ça me paraît évident. Qu’elles puissent avoir le droit de vote, le droit d’avorter, qu’elles soient traitées en égales, c’est la putain de moindre des choses. Évidemment, il faut se bagarrer pour. Voilà. J’ai eu ça dans la tête pendant vraiment longtemps. Et puis un soir, il m’est arrivé un truc moche. Je me lance… : Un dimanche soir, à 21h52, j’ai découvert que j’étais raciste. J’étais sur Twitter, et j’ai cliqué sur une vidéo. J’ai eu l’impression d’être Ellen Ripley. Et j’ai réalisé d’un coup. J’ai avalé la pilule rouge, sans préavis. Depuis j’essaie d’apprendre. Et des fois, quand j’essaie d’expliquer un peu tout ça à des gens, je les écoute me répondre ce que j’ai dit moi-même pendant tellement d’années que je ne peux pas vraiment leur en vouloir, même si j’ai envie de leur fracasser la boîte crânienne à grands coups de pilule rouge. Voilà.

Les hommes proféministes : compagnons de route ou faux amis? | Érudit | Recherches féministes v21 n1 2008, p. 149-169  Quelles raisons peuvent mener un homme à se dire proféministe et que peut-il faire pour aider le mouvement féministe? Voilà les deux questions discutées ici. J’entends proposer pour les hommes proféministes de pratiquer le contraire de l’empowerment (ou autonomisation), soit le disempowerment, c’est-à-dire une (auto)réduction du pouvoir individuel et collectif qu’exercent les hommes sur les femmes, et un (auto)positionnement d’auxiliaire par rapport aux féministes. À première vue, il est heureux que des hommes s’engagent dans la cause féministe, en ne laissant pas aux femmes seules le fardeau de s’émanciper. Récemment encore, plusieurs hommes proféministes ont été critiqués pour divers motifs[5]. Certains de ces avantages, et bien d’autres, viendront corrompre l’engagement des hommes proféministes auprès des femmes. Le disempowerment comme objectif politique Le processus d’empowerment – « appropriation du pouvoir » – ne convient pas du tout aux hommes proféministes. Conclusion Notes

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