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Les citoyens ont de bonnes raisons de ne pas voter

Les citoyens ont de bonnes raisons de ne pas voter
L’abstention est trop souvent prise comme une régression individualiste, sans que l’on prenne la peine d’en considérer les causes. Plutôt que de rendre obligatoire le vote, il serait plus utile d’entendre les raisons de la défiance. Par Thomas Amadieu et Nicolas Framont La moitié des électeurs se sont abstenus lors du premier tour des élections départementales le 22 mars. Ce résultat donne encore une fois l’occasion à la classe politique de rappeler aux Français que voter est un devoir. La fondation Jean-Jaurès, un think tank proche du PS, ainsi que des responsables écologistes ont proposé récemment de rendre le vote obligatoire pour résoudre le problème de l’abstention. Nous pensons qu’une telle proposition est le résultat d’une réflexion insuffisante sur les causes de l’abstention et signe une incapacité de la part de la classe politique à se remettre en question, tant elle est repliée sur elle-même. La grande homogénéité sociale des élus républicains suscite également la suspicion.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/23/les-citoyens-ont-de-bonnes-raisons-de-ne-pas-voter_4599484_3232.html

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Le droit de vote : une obligation pour certains pays  <p class="video_texte"> L'utilisation de javascript est obligatoire sur cette page pour voir l'animation.</p> La question du vote obligatoire se pose régulièrement dans un certain nombre d’Etats, dont la France, au vu de l’importance prise par l’abstentionAbstentionNon participation à un scrutin. Les théories du droit de vote dans le contexte français « Voter ne sert à rien » : les abstentionnistes expliquent leur choix Programmes non tenus, non-renouvellement des élus… des lecteurs ont expliqué au « Monde » pourquoi ils refusent désormais de se rendre à l’isoloir. Vous avez été nombreux, très nombreux, à répondre à notre appel sur les raisons qui vous ont poussé (es) à renoncer au vote lors du premier tour des régionales, dimanche 6 décembre, ou avant. Si, bien entendu, la masse de vos témoignages n’a pas de valeur statistique, elle donne le sentiment que cette absence d’expression dans les urnes a besoin d’être justifiée, revendiquée et, finalement, fortement exprimée.

Pinçon-Charlot: « Le vote obligatoire, une réforme potentiellement révolutionnaire ! «  Les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot défendent avec vigueur le vote obligatoire, couplé avec le vote blanc. Pourquoi ? Parce que les catégories les plus modestes participent de moins en moins aux élections. Une proposition qui n'a rien d'absurde : le droit de vote est déjà une obligation dans plusieurs pays, dont la Belgique. Alors qu'à 36,5%, l'abstention a battu des records dimanche au premier tour des municipales, en particulier dans les villes pauvres (voir la carte des 50 villes où la participation a été la plus faible), entretien avec la co-auteure de La violence des riches Monique Pinçon-Charlot :

Les médias font-ils l’élection? On a longtemps cru que les médias étaient tout-puissants dans les campagnes électorales. Cela venait de croyances relatives à la propagande du début et de la moitié du XXe siècle. Quand les premières études «scientifiques» ont commencé à se développer sous l’impulsion de Paul Lazarsfeld et son équipe (1944), on s’est rendu compte que les médias n’avaient que des effets limités en termes d’influence directe sur le comportement électoral. Paradoxalement, c’est au moment où la propagande nazie donnait à plein qu’on s’est rendu compte que les effets des médias n’étaient que limités dans les démocraties représentatives comme les États-Unis. Il est apparu que l’électeur était politiquement avant tout comme il était socialement.

Retrouver le goût de voter L’abstention pourrait franchir un nouveau record aux élections départementales sur fond d’irrésistible progression du Front national. Et la possibilité de rendre le vote obligatoire a pris une nouvelle actualité depuis qu’elle a été présentée comme un remède à la crise démocratique par plusieurs personnalités proches du gouvernement. La situation actuelle est paradoxale. Nous vivons une forme d’emballement électoral. Elections présidentielle et législatives en 2012, élections municipales et européennes en 2014, élections départementales et régionales en 2015, qui annoncent en 2017 le retour du cycle des élections présidentielle et législatives. En 2016, les partis désigneront leurs candidats et des primaires, sorte d’élection anticipée, auront lieu.

Comment expliquer la volatilité grandissante des électeurs ? - Le Monde Les citoyens sont de plus en plus indécis. Faut-il y voir de l’incohérence, de la légèreté ou le signe qu’ils sont plus critiques et plus libres ? LE MONDE IDEES | • Mis à jour le | Par Anne Chemin De plus en plus d’électeurs se montrent déloyaux, inconstants et volages. En 2017 comme lors des scrutins précédents, ces citoyens indécis jonglent avec les fidélités partisanes, hésitent entre les différents candidats, font une incursion en territoire ennemi avant de retourner chez leurs anciens camarades.

Vote obligatoire, vote blanc: modernisons notre démocratie! Une lutte efficace contre l'abstention passe par l'introduction du vote obligatoire à toutes les élections. En parallèle, il faudra comptabiliser le vote blanc dans les suffrages exprimés afin de donner plus de poids à cette «abstention civique». L'abstention est le fléau d'une démocratie représentative fondée sur le suffrage universel direct. Après une forte participation à la présidentielle 2012, elle s'est rappelée à notre mauvais souvenir lors des législatives (43% et 45% d'abstention aux deux tours) et encore plus fortement lors des partielles de l'an dernier. Et malheureusement, en ce début d'année 2014, près de 3 millions de nos concitoyens ne se sont pas inscrits sur les listes électorales alors qu'approchent les élections municipales puis européennes.

Vote obligatoire: les Verts et la culture punitive de la République C’est la corde au cou et en chemise de pénitent qu’on l’avoue. On partage le sentiment d’Alain Duhamel au sujet de la proposition formulée par le députe EELV François de Rugy : rendre le vote obligatoire, idée assortie de la promesse, dans les jours à venir, d’un dépôt de proposition loi par plusieurs députés écologistes. Comme le dit le plus ancien éditorialiste de France : "Voter est un acte de liberté et doit être volontaire. On ne peut pas aller voter en rang, par quatre, en étant punis comme des mauvais élèves".

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