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DROITE EXTREME

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Daniel Lindenberg : «La droitisation de l’intelligentsia ne fait plus aucun doute» De lui-même, il n’aurait sans doute pas republié son essai le Rappel à l’ordre. Trop de coups échangés, encaissés. Mais l’historien des idées Daniel Lindenberg ne regrette rien. Jamais les «nouveaux réactionnaires» ne se sont si bien portés. «A la publication de mon essai, en 2002, je m’attendais à un débat, pas à des insultes. «On m’a reproché d’avoir écrit un livre court. «Je ne crois pas avoir jeté un interdit sur la critique des idées de gauche. «La grande nouveauté aujourd’hui est que ces thèmes sont passés dans le champ politique.

«De façon plus générale, nous assistons à un affaiblissement des principes républicains, il faut bien que des digues aient cédé pour qu’un gouvernement de gauche fasse comme proposition la déchéance de la nationalité. «La nature idéologique a horreur du vide. Sonya Faure , Cécile Daumas. Que pèse réellement l’extrême droite en Europe ? La progression est claire. Depuis 2001, l’extrême droite gagne du terrain sur le Vieux Continent. Notre infographie répertorie plus de 250 élections de portée nationale en Europe sur une période de 17 ans. Au fil des années, nombre de pays se foncent (voir l’infographie ci-dessous), traduisant la progression dans les urnes de cette frange de l’échiquier politique. On note bien, localement, quelques retours en arrière, qu’ils soient le résultat d’un effondrement électoral ou de l’étiolement d’une position jadis bien tenue.

On distingue également des zones hermétiques au vote d’extrême droite. Pourquoi avons-nous choisi 2001 comme marqueur d’entrée de notre carte ? Les droites extrêmes et radicales européennes sont diverses, multiformes. En passant votre souris sur la carte, vous découvrirez le pourcentage réalisé par l’extrême droite pour chaque pays et chaque élection. L’histoire de l’Europe de l’Ouest face aux extrêmes droites n’est pas monolithique. La présidentielle 2017 Scission. Trump n'est pas le plus grave problème de l'Amérique. Il faut arrêter de n’avoir peur que de Donald Trump. Ce n’est plus à démontrer: le candidat républicain à la présidence des États-Unis est inculte, misogyne et raciste.

Il méprise les femmes qu’il traite comme des objets, ne croit pas au réchauffement climatique, veut ériger un mur entre les États-Unis et le Mexique pour empêcher les Mexicains (qui sont, entre autres, des «violeurs») de s’installer illégalement aux États-Unis, veut empêcher les musulmans de toucher le sol américain et en déporter par paquets. À force de discours agressifs, xénophobes et haineux, Trump est devenu le croquemitaine des élections américaines de 2016. Nous sommes nombreux à être effarés –au point que beaucoup d’entre nous sont dans le déni («mais non, il ne passera jamais») à l’idée qu’un clown aussi creux et odieux puisse accéder au poste d’homme le plus puissant du monde. Ses détracteurs le comparent à des dictateurs comme Hitler ou Mussolini.

Vous pensez que homme est dangereux, et qu’il faut l’arrêter? En 1829, Trump s’appelait Jackson. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie. Donald Trump n’est pas tout à fait un phénomène nouveau. Certes, il défie les lois de la gravité politique actuelle : jour après jour sa rhétorique machiste et nationaliste franchit les limites de l’audible. Mais contrairement à ce qu’on lit souvent, la culture pop de la télé-réalité, narcissique et vulgaire n’est pas le seul terreau du candidat. En réalité, Donald Trump appartient à une tradition populiste américaine qui a démarré en 1829 avec l’élection d’Andrew Jackson à la présidence des Etats Unis.

C’était à peine quarante ans après la signature de la Constitution. Andrew Jackson est un hyperpatriote qui fait la louange de la nation américaine à la façon du «make America great again» de Donald Trump. Pour Trump, les Mexicains sont des violeurs et il faut tuer les familles de terroristes. La sociologie des Etats-Unis se trouve alors en plein bouleversement avec l’arrivée de nouveaux migrants venus d’Europe en quête de fortune. Valeurs actuelles et Fdesouche, le mariage blanc. L'hebdomadaire en vogue à droite de la droite s'offre de la pub et va chercher des lecteurs sur le site d'extrême droite. Les deux disent la même chose, mais n’ont pourtant pas tant à se dire. Il est des gestes qui révèlent l’époque. On clique sur le site Fdesouche.com, aussi connu comme François Desouche, jeu de mot et organe (internet) central des jeunes blancs que le grand remplacement angoisse, et un bandeau publicitaire saute aux yeux, façon X-Files, ce qui ne me rajeunit pas: «Tous les jours, ce qu’on vous cache!»

Donc, une invite à s’abonner à la lettre confidentielle de Valeurs actuelles, organe (hebdomadaire) central d’une bourgeoisie de droite désormais sans complexe, qui voterait Sarkozy en pensant Marine Le Pen. Tout ceci est évidemment simplifié, mais quelle révélation! On romanticise un peu, peut-être. Le Kop Boulogne et le XVIe bourgeois Après le symbole, il y a les faits. Comment dire? «Je comprends la démarche de Valeurs. Quinquagénaire et adolescent Inclus et exclus. Wissous, la ville où la guerre d'Algérie ne s'est pas arrêtée.

A toute heure du jour ou de la nuit, le bourg semble assoupi. Sur le parking de la mairie sont garés quelques véhicules épars. La vieille église romano-gothique du XIIe siècle donne l'impression que le temps s'est arrêté. A l'entrée de ce gros village de 7.000 âmes, un panneau annonce l'ouverture de la saison de la pêche. Dans la rue principale, aucun commerce, à part un restaurant marocain et un bar-tabac. Très peu de piétons. Impression trompeuse. Les frasques de l'édile Au bar-tabac derrière l'église, les consommateurs hésitent à évoquer le sujet du maire. Un troisième ironise à voix basse : "Son père est un grand écrivain, il a publié a un superbouquin, il y explique comment torturer. " Est-ce derrière ce père disparu en 1986 que court derrière Richard Trinquier, médecin ayant effectué son service militaire comme para ? Depuis deux décennies, Wissous était pourtant habitué aux frasques du maire.

Mais l'incident de Wissous-Plage a marqué un tournant. "Harcèlement" Injures et pugilats. Yves Sintomer : "La France peut évoluer vers un régime autoritaire" Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à Paris 8, spécialiste de la démocratie participative et délibérative, a surpris son auditoire mardi 9 février, lors d'une conférence sur l'avenir de la démocratie à l'UCL (University College of London), en affirmant qu'il n'était pas à exclure de voir la France évoluer rapidement vers un régime autoritaire. Il déroule ici son raisonnement. Vous avez récemment déclaré, lors d'une conférence à Londres que, parmi les pays occidentaux, la France était celle qui risquait le plus de verser dans un régime autoritaire.

Comment en arrivez-vous à une telle conclusion ? - Notre conférence portait sur l'avenir des démocraties. Nos vieilles démocraties, en Europe et en Amérique du Nord, traversent une crise de légitimité profonde, marquée par une défiance de plus en plus importante vis-à-vis des gouvernements et des élites. Muter dans quel sens ? - Trois scénarios me semblent réalistes. Troisième scénario, celui de l'autoritarisme. Pauvre Russie: le plus grand pays de la Terre ne sait pas qui il est, ni ce qu’il veut être. L’imprévisibilité russe n’est pas qu’une arme tactique dans sa «guerre non linéaire» contre l’Ukraine, c’est aussi la manifestation d’une faiblesse profonde qui taraude le pays depuis 1991.

Que va faire Vladimir Poutine demain? A-t-il lâché pour de bon les milices séparatistes du Donbass? Va-t-il continuer à terroriser les Tatars? Prépare-t-il une nouvelle action dans le sud-est de l'Ukraine, ou à la frontière de Transnistrie? Combien de soldats russes et d’agents du GRU, les services de renseignement de l'armée russe, opèrent aujourd’hui en Ukraine? L’imprévisibilité tactique est l’arme la plus redoutable du Kremlin. Depuis le début de la révolution de Maidan, elle use les nerfs des Ukrainiens et de tous ceux qui, dans le monde, ont compris que l’avenir de l’Europe se joue en Ukraine. Le plus grand pays de la terre par la superficie ne sait pas qui il est ni ce qu’il veut être.

Cet URSS 2.0 est une parodie Comment la Russie en est-elle arrivée là? Relire Soljenitsyne Philippe de Lara. Autriche : l’extrême droite de retour... par la gauche. En colère, des manifestants ont protesté vendredi devant le siège du parti social-démocrate (SPÖ) à Vienne. Ils reprochent à la formation de gauche d’offrir une réhabilitation à l’extrême droite (FPÖ) en lui proposant de gouverner avec elle le Land oriental du Burgenland, l’un de ses bastions viticoles, qui longe la frontière de la très brune Hongrie voisine. La communauté juive autrichienne, traditionnellement la plus ouvertement hostile, le parti FPÖ ayant été fondé par d’anciens nazis, a également fait part de sa consternation. Tout comme le représentant des roms du Burgenland, une minorité représentée par un certain… Rudolf Sarközi !

Si cette poignée de main inquiète, c’est parce qu’elle augure de lendemains orageux en Autriche. Car des élections ont lieu aussi à Vienne, le 11 octobre. Or, une partie de l’appareil social-démocrate se verrait bien gouverner la capitale autrichienne avec l’extrême droite, plutôt qu’avec les écolos, comme c’est le cas aujourd’hui. Un baiser de la mort. L'antinazisme à fleur de peau. >>>Article paru dans Marianne du 3 avril « J 'avais sur moi un pistolet chargé ; j'aurais pu tuer Hitler dans cette salle presque déserte », écrit Reck-Malleczewen le 11 août 1936. Protestant originaire de Prusse orientale converti au catholicisme, ce fin lettré jadis médecin, conservateur et mondain, a assisté avec stupeur à l'ascension de celui qu'il croisa à plusieurs reprises dès le début des années 20. « A cette époque, je le prenais pour un personnage comique et je ne tirai pas », regrette-t-il. « Reck » l'assassinera donc, ainsi que sa meute de « vilains babouins », à coups de formules saignantes et explosives, consignées dans un carnet enterré chaque soir en un lieu différent.

Et pour cause : ces rafales d'injures bien senties relèvent de l'attentat, fût-il littéraire. Faux aristocrate, Reck-Malleczewen a pourtant la noblesse des humanistes engagés : au quotidien ou face à un général, il ne dissimule guère l'aversion que lui inspire son époque. Ce n’est pas la désunion de la gauche qui a causé sa perte. La gauche (du PC aux divers gauche) avait obtenu 36,5% des suffrages au premier tour des élections départementales.

La droite (du Modem à Debout la France de Dupont-Aignan) arrivait pratiquement au même total. Or, au second tour, en France métropolitaine, l’égalité numérique des deux électorats a volé en éclats puisque la droite avec 2 372 sièges de conseillers domine 63 départements de la métropole tandis que la gauche plafonne à 1 550 sièges et 29 départements seulement (le Gard, l’Aisne et le Vaucluse n’ayant pas de majorité). Pour expliquer le creusement de l’écart entre les deux blocs, les commentateurs ont immédiatement pointé la division de la gauche. Au premier tour, la rivalité de plusieurs listes de ses diverses sensibilités l’aurait empêchée d’être présente dans près de 500 circonscriptions et, au second tour, les électeurs, dont la sensibilité de gauche ne correspondait pas à celle du candidat de gauche resté en lice, auraient déserté l’isoloir. Syriza, Podemos: l'ambition hégémonique des nouvelles gauches européennes.

Crédité de 36% des voix et 149 sièges sur 300, selon des résultats quasi-définitifs, Syriza est en voie d'accéder au pouvoir en Grèce. Une performance qu'espère imiter son homologue espagnol Podemos lors des législatives prévues pour la fin de l'année. Ces partis appartiennent tous les deux à la famille bien connue de la gauche radicale, mais sont aussi en train de la changer profondément, sur un plan stratégique notamment. Dans l’une de ses récentes interventions consacrées à la stratégie dont doit se doter Podemos, son leader Pablo Iglesias explique très clairement qu’il ne s’agit pas de constituer une gauche de la gauche capable de drainer 15% des voix sur une ligne qui serait marquée par la pureté doctrinale.

Pour lui, il s’agit de capter plus de 50% des voix. Ces 50% ne peuvent résulter que d’une stratégie d’hégémonie. La responsabilité du militant, explique-t-il, n’est pas devant la gauche, mais devant son «peuple» et devant son pays. Fin du cycle ouvert dans les années 70. "La droite israélienne est porteuse d'un désastre sans nom" Le Nouvel Observateur Dans votre dernier livre, «Histoire et Lumières», vous racontez pour la première fois votre enfance en Pologne pendant la guerre. Une enfance bousculée par l'histoire. Zeev Sternhell Notre génération a été en effet un peu bousculée... C'est un euphémisme. Entre votre petite enfance dans une famille juive intégrée en Pologne, en Galicie; puis dans le ghetto de Przemysl sous l'occupation allemande, et ensuite votre arrivée en 1946 en Avignon à l'âge de 11 ans, vous avez dû déjouer très tôt les mauvaises ruses de l'histoire.

Vous n'en aviez jamais parlé. Est-ce que ça a été important pour vous de raconter les épisodes tragiques de votre enfance ? C'est vrai, il m'a fallu à peu près un demi-siècle pour que j'accepte d'en parler. Vous n'avez pas vu le film de Lanzmann ? Je n'ai pas vu «Shoah». J'ai chez moi un document, une lettre de 1950 qui était adressée à un monsieur qui demandait la permission de monter une pièce en yiddish à Tel-Aviv. Mémorial de la Shoah (Sipa) Comment Taguieff propose de "digérer" le FN. Les anatomistes du Troisième Reich: les cadavres des victimes de Hitler hantent encore la science moderne. La moitié des médecins allemands rejoignirent le Parti nazi. Et l'anatomie était une discipline qui n'accordait que peu d'importance à l'éthique. Cet article inaugure notre nouvelle maquette des très longues formes, pour reprendre le terme anglo-saxon. En plus de la lecture linéaire, vous pouvez naviguer par chapitres ou par «médias» (photos, vidéos, etc.).

Pour cela, faites glisser maintenant votre curseur sur le bandeau Slate (sans remonter en haut de l'article). Un autre bandeau noir s'ouvre, et cliquez sur les différentes icônes: 1.Du «matériel»D'un coup, on ne manquait plus de corps En 1941, après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’université de Berlin, Charlotte Pommer commença à travailler pour Hermann Stieve, le directeur de l’Institut d’anatomie de son école. Stieve récupérait son «matériel», comme il appelait les corps utilisés pour la recherche, à la prison voisine de Plötzensee où les tribunaux envoyaient les condamnés à mort pour qu’ils soient exécutés.

Nul besoin de penser comme Hitler pour être nazi aujourd'hui. Tout néo-nazi est «néo» avant que d’être «nazi». Le mouvement grec Aube dorée fait dorénavant régulièrement l'actualité. Cependant, il semble qu'un point demeure peu clair pour une grande part de l'opinion: comment peut-on être un grec néo-nazi? Le stéréotype de l'Aryen blond aux yeux bleus est dans les esprits, et il apparaît contraire à cette réalité. En fait, le néo-nazisme dont il est question est, sur bien des points, hétérodoxe quant aux conceptions d'Adolf Hitler. Il participe de cette tradition politique que l'historien britannique Roger Griffin avait surnommé l'«universal nazism». Il renvoie à l'histoire complexe des notions d'aryanité et d'européanité. Sparte: au nord, à droite Selon Aube dorée, ce n'est pas elle qui perpétue le nazisme, mais le nazisme qui copia la Grèce.

Dès le début du nazisme, la question du dogme aryen a posé le problème: quelle analyse fallait-il faire des civilisations gréco-latines? «Ce siècle avait deux ans! 1945 : Sparte, année zéro Nicolas Lebourg.