Un pari risqué | Michèle Ouimet | Michèle Ouimet. Oui, les esprits vont probablement se refroidir au cours de l'été, mais ils risquent de s'échauffer de nouveau en août. Les étudiants qui se sont tapé 14 semaines de grève ne laisseront pas le tapis leur glisser sous les pieds. Ils ont démontré un stupéfiant pouvoir de mobilisation. Jean Charest ne doit pas les sous-estimer. «Le gouvernement suspend les trimestres, mais il ne suspend pas la crise», a dit, hier, le président de la FECQ (cégeps), Léo Bureau-Blouin. C'est le résumé le plus juste que j'ai entendu. Le problème reste entier. Il est tout simplement pelleté par en avant. «Pour garantir l'accès à l'éducation» et éviter que cégeps et universités soient bloqués par des manifestants, le gouvernement va adopter des mesures musclées.
Mes collègues de Québec ont appris que la loi spéciale sera musclée. Les étudiants n'ont pas respecté les injonctions des tribunaux. À part quelques exceptions, les tentatives d'ouvrir les cégeps et les universités ont échoué. Alors oui, le pari est risqué. Manifestations étudiantes - Près de 700 arrestations. Un total de près de 700 personnes ont été arrêtées cette nuit à Montréal (518) et Québec (176) au terme de manifestations jugées illégales par les services policiers. Dans la métropole, plusieurs ont dénoncé avoir été pris en souricière sans possibilité d'obtempérer aux ordres de la police. À Montréal, le service de police a donc procédé à 518 arrestations dans le cadre de la 30e manifestation nocturne consécutive. On compte 506 arrestations de groupe et 12 arrestations isolées (dont une pour avoir porté un masque). La plupart des arrestations réfèrent à une infraction au règlement municipal sur les attroupements illégaux.
Les manifestations d'hier se sont pourtant bien déroulées, de l'avis général. Les policiers ont toutefois toléré la manifestation (environ 3000 personnes) pendant les premières heures parce qu'elle se déroulait sans anicroche (un peu comme la manifestation monstre de mardi, en partie illégale, mais tolérée d'un bout à l'autre). Méthodes contestées. AnarchoPanda : la philosophie dans le trottoir. Depuis quelques semaines, une mascotte de panda est aux premières lignes des manifestations étudiantes. Anachronique, ce câlinours bicolore suscite une improbable vague de sympathie. Lors de la grande manif de mardi, le panda n’était plus menacé d’extinction : toutous et dessins se reproduisaient chez les manifestants, certains réclamant même « Panda pour président ».
Jeudi, il était accueilli en star à Québec. Ce soir, il espère se faire arrêter. Entretien avec un prof qui, sous son pelage, fait de la philosophie dans le trottoir. C’est le No-Kung-Fu Panda. Le dalaï-lama de la peluche qui oppose les câlins aux coups de matraque. Il nous a donné rendez-vous, plumé, dans sa bambouseraie, et parle au Devoir au-dessus d’une bière du « QG non officiel » de sa meute de « profs contre la hausse ». Au passage, ses collègues ne cessent d’interrompre l’entrevue de poignées de main et de commentaires sur la manif de la veille, s’inquiétant de la santé du p’tit ours. Pourquoi le panda ?
Mutations. Les raisons de la colère | Judith Lachapelle | Conflit étudiant. Qui sont ces tapeurs de casserole qui ont déferlé dans les rues cette semaine? Des étudiants, bien sûr, mais beaucoup de travailleurs, de jeunes familles, de retraités, de voisins émerveillés de se parler. Ils souffrent tous d'une «écoeurantite aiguë». Et le soulagement qui se lit sur le visage des tapageurs témoigne de la rage qu'ils étouffent depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. La majorité des lecteurs qui ont répondu à l'appel à tous lancé hier matin sur les réseaux sociaux disent faire du bruit pour appuyer les étudiants et dénoncer la loi d'exception adoptée la semaine dernière. Mais pour la plupart des «casseroleux», la colère va bien au-delà. La corruption, sous toutes ses formes, est source importante de ras-le-bol. «J'en ai assez d'entendre qu'il n'y a plus assez d'argent pour assumer les services publics», dit Josée Leblanc, de Sherbrooke.
«On vend nos ressources pour rien! Premières manifs. René Forget – Retour sur le refus du SPVM de faire enquête. L’auteur de cette lettre est René Forget, ancien policier et humoriste. J’ai bien ri. Un retour sur le refus du SPVM de faire enquête sur les agissements d’un de ses policiers. Commençons par le début, pour qu’on ait tous le même langage. Un « coup de diversion » c’est un coup frappé que tu reçois pour détourner ton attention. En revanche, quand tu reçois un coup sur la base de la tête (appelez ça les omoplates si vous voulez, de toute façon, c’est encore trop proche de la moelle épinière) et que tu perds le son et l’image, moi je dirais que ton attention a été un peu trop détournée, elle a été coupée. Bon, je vais me garder une réserve sur mes conclusions et vous devriez faire pareil.
Si une intervention physique de « diversion d’attention » se solde par la perte de conscience de l’individu est-ce qu’il est possible que la force utilisée soit excessive? Nous sommes dans un État de droit, les images véhiculées sur le web ne peuvent pas être écartées aussi cavalièrement. Cour de droit 101. Pardon pour la casserole. C’est fini. Enfin presque. Enfin sûrement. Enfin j’imagine. Il faut sauver les festivals, le grand prix, le dollar. Tu te souviens de moi le jeune ? Tu te souviens pas ? Je te demandais de l’aide, comme ça : Oui je les ai les REER, les flos, le bungalow et le ventre moins dur, mais si tu savais … si tu savais, malgré tout ce que je projette de pitoyable à tes yeux, combien mon âme est en éveil, et combien tes colères sont les miennes. C’est le temps de se dire salut. Il y a de l’orage ce soir. C’est pas évident les adieux. Tu dois rentrer amer et pensif. C’est pourtant ce qui va rester.
En mars je te disais merci, aujourd’hui, je te demande pardon.