Comingouter ou pas, là est la question. Pour moi, cela s'est passé un matin d'été 87.
Il dormait encore, il était beau, il était très con et j'avais passé une nuit fabuleuse. Pourtant, la confrontation avec le miroir n'a pas été facile, peut être à cause de ce sourire béat un peu idiot que j'avais sur le visage. Tiraillé entre bonheur et vertige: le bonheur d'une nuit qui ressemblait enfin aux rêves de l'ado que j'avais été, le vertige des implications de ce bonheur qui débarquait enfin. Paradoxalement, le plus dur n'a pas été de le dire à ma mère. Avec son caractère de bretonne, nos relations ont parfois été affutées comme des rasoirs et certaines conversations ont eu une franchise brutale des deux cotés, mais nous avons toujours su nous dire les choses, même si nous terminions sur un constat de désaccord.
C'est dur, très dur de se lancer en sachant qu'on peut mettre en péril des pans essentiels de sa vie. La trouille Oui, Mysterious Scow, je ne comprends que trop bien ta trouille. . — Tu peux aussi ne rien dire. Freedom. Pas de liberté sans coming-out. Et je pense, j'espère en tout cas, que tout le monde trésaille quand on lit ou quand on regarde ou qu'on écoute quelque chose qui a trait à la liberté du peuple noir aux USA.
Ce sentiment est à la base d'un disque toujours renversant, 25 ans après, comme le Can You Feel It de Mr Fingers qui sample Martin Luther King. Ce n'est pas un cliché, ce disque, c'est l'essence même de ce que ma génération a produit et encouragé. C'est notre testament pour le futur. Free at last, par tous les moyens aussi.
Il y a une connexion directe entre la demande de liberté du peuple noir et l'aspiration des gays qui doivent se libérer de leur propre identité pour l'admettre UNE BONNE FOIS POUR TOUTES, j'insiste, car il n'y a pas de retour en arrière et ce processus d'affirmation doit être catégorique pour être efficace et pour ne jamais laisser de casseroles derrière soi — pour le reste de sa vie. Le coming-out est le seul passage vers la liberté. How to... sortir du placard. Un coming-out beur? Si je disais « J'aime les hommes », ça ne pourrait pas être aussi crédible que « J'aime UN homme ».
Un vrai, un poilu, qui aime des trucs que j'aime aussi et moi avec. S'il existait déjà celui là, la rencontre avec eux se ferait naturellement. « Je vous présente, X, on est ensemble ». Ma mère dirait « C'est ton colocataire » et je répondrais ironiquement « Oui sauf qu'on dort dans le même lit ! » Il n'est pas du tout exagéré qu'ils puissent alors se demander intérieurement « Qui fait la femme? », mais je préfère penser qu'ils ont une meilleure image de moi. Mon copain aurait le permis de conduire, lui, et il emmènerait ma grand-mère et ma mère chez Ikea pour choisir les rideaux du salon. Santu Mofokeng au Jeu de Paume. Je travaille dans la photographie depuis 1973.
Un de mes amis était alors venu me voir lorsque je faisais un stage dans une pharmacie. Il m’avait demandé: « Santu, peux-tu sortir et prendre des photographies? Je les tirerai ensuite car je travaille dans une chambre noire. Santu Mofokeng. Santu Mofokeng, repères biographiques Débutant comme street photographer dans les années 1970, Santu Mofokeng s’initie à la photographie en réalisant des portraits de sa famille et de ses amis à Soweto.
En 1981, il est engagé par le journal Beeld comme assistant au laboratoire photo avant de partir travailler, l’année suivante, pour les journaux de la Chambre des Mines. En 1985, il rejoint « Afrapix », un collectif de photographes fondé en 1982 dans le but de fournir des photographies documentaires à la lutte anti apartheid. Son travail, qui couvre alors l’actualité, est publié dans Weekly (aujourd’hui Mail & Guardian). Santu Mofokeng. Aboubakr Jamaï: Au Maroc, c’est toujours le Moyen Age institutionnel. Il s’agit d’une demande populaire qui n’est pas du tout triviale ou marginale y compris en termes quantitatifs.
Le Mouvement du 20 février au Maroc est une lutte pour la démocratisation des institutions politiques du pays. A mon avis, il y a une double dynamique qui a mené à la création de ce Mouvement 20 février. Tout d’abord, la dynamique régionale et internationale, à savoir l’effet de la révolution tunisienne suivi de la révolution égyptienne et des événements en cours en Syrie et en Lybie. Cet effet est déjà très perceptible au Maroc car la plupart des Marocains ne pouvaient pas se contenter d’observer ces événements tout en y restant insensibles, cela nous a touché, c’est évident. Quel type de contestations ? Est-ce une contestation comparable aux protestations qui ont actuellement lieu en Israël avec des personnes qui manifestent contre le coût de la vie quotidienne ? … le rassemblement de l’extrême gauche marocaine et des islamistes d’Al Adl Wal Ihsane ?
Minorités. La Revue 99 : quelques mots - Aurora.