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La Revue 93 : quelques mots - Aurora. Sans sussurer la censure. Autant dire tout de suite, qu’il va falloir censurer la moitié des disques de Rap et de Hip Hop, mettre le CSA derrière chaque humoriste et envoyer les blagues de Coluche au rencard et pourquoi pas, emprisonner les homos qui font de l’auto-dérision.

Sans sussurer la censure

Même si certains voudraient qu’elle soit uniquement un lieu de privation de liberté, la prison est de facto un lieu de punition vengeresse. Michel Foucault commence son livre Surveiller et punir par le récit d’une mise à mort par torture sur la place publique au moyen âge, avant de conclure que la méthode à changé, mais que le principe est toujours le même et qu’il s’est déplacé à l’abri des regards. Il faut être sourd ou aveugle pour ne pas avoir entendu parler du mitard, des viols et de la prostitution en prison, des fouilles rectales, des difficultés d'accès au soins médicaux en prison et ne pas savoir que la majorité des prisonniers ressortent avec moins de quinze euros en poche.

L’État de la censure et de la procédure Prendre acte. Très drôle — L’homosexualité version « grand public » À part les acteurs porno, les mecs ne sont pas pédés, c’est connu, mais les femmes sont toutes des gouines gourmandes bien vicieuses qui se révèlent devant la caméra.

Très drôle — L’homosexualité version « grand public »

En plus, il faut toujours que le pédé ou la gouine soit « gros(se) » quand on les évoque, comme s’ils ne faisaient pas attention à leur ligne. Personne n’a vu The L World, ni Queer As Folk. La seule rédemption grand public, c’est du Brokeback Mountain, de l’homo qui finit triste, mais que ni Brad Pitt, ni Joaquin Phoenix ne voulaient incarner. Il y a bien eu Philadelphia, touchant pour les hétéros, mais il a été porté par un Tom Hanks à tronche de rigolade et un Banderas quasi asexué pour l’occasion, et pédé désaxé, dans d’autres prouesses, « perpétrées » au nom d’Almodovar. Immersion dans ma normalité d’origine Si j’étais hétérosexuel, à quels clichés serais-je susceptible d’adhérer concernant l’homosexualité ? Interrogez vos frères et sœurs nés en Afrique sous le régime de l’hétérosexualité absolue de droit divin.

Mortage Story (2): Un monde merveilleux. 2005, Californie, USA.

Mortage Story (2): Un monde merveilleux

Pamela est médecin dans la clinique privée de chirurgie esthétique dont elle est associée. Elle est mariée à Andrew, un psychanalyste ayant une clientèle de stars. Ils vivent ensemble dans une somptueuse villa, une piscine sur terrasse, un grand jardin, des palmiers. Il leur arrive de la louer pour des tournages de films X et des soirées privées lors de leurs vacances au Liban ou à Brasilia.

Pamela a 37 ans, elle pense que c'est le moment d'avoir des enfants. Ils ont acheté leur maison environ 600.000 dollars il y a 8 ans, elle est désormais estimée à 1.300.000 dollars. La maison sera mise en vente par Fantastic Homes Real Estate. Mortgage Story — Introduction. Ma lecture des phénomènes économique est marxienne, c'est à dire inspirée d'une philosophie démodée et déformée.

Mortgage Story — Introduction

Bien souvent, ceux qui s'y réfèrent y greffent des jugements moraux normalement absents de la pensée de Marx. Ils y ajoutent, inspirés en cela par le triomphe des sciences sociales et du structuralisme, d'étranges révisions, une sorte de « bal des précaires », ou en tout cas l'idée qu'ils s'en font. Minorités. Photo par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy Pour cette revue « Fantastico », des histoires fantastiques, au sens littéral du terme: incroyables.

Minorités

On commence par la deuxième partie de la série de Madjid Ben Chikh sur la crise du crédit, en continue avec du grand cru Wellan Bolanga sur l'humour, les noirs et les folles, et on finit par un texte bref mais puissant de Christophe F. Ennajoui sur la confiscation de la lutte contre l'homophobie. En cadeau de l'été, hors revue, un premier texte d'Henri Goldman d'une série Made in Minorités sur la Norvège.

Mortage Story (2): Un monde merveilleux par Madjid Ben Chikh - Samedi 30 juillet 2011 [Lire la suite] Très drôle — L’homosexualité version « grand public » par Thanachristo Bolanga - Samedi 30 juillet 2011 Les blagues pleuvent sur nous en ce moment. Norvège : qui est responsable du massacre ? Il est mille fois légitime de mettre le discours populiste ambiant devant ses responsabilités morales.

Norvège : qui est responsable du massacre ?

Mais il ne faudrait pas que certains « démocrates » en profitent pour se dédouaner à bon compte. Car entre le préjugé banal et le crime, il n’y a sans doute pas de lien direct, mais toute une chaîne de causalité complexe qui fonctionne comme la théorie des dominos, comme une pierre qui roule ou comme le battement d’ailes du papillon. Qui peut jurer ne jamais avoir, par conformisme ou par lâcheté, alimenté ce rejet de l’islam qui vient, par glissements successifs, de déboucher sur un crime abject ? Comme le déclare le syndicaliste Felipe Van Keirsbilck, sur le site de la Centrale nationale des employés (CSC), « Dans les ingrédients dont il s’est servi, il y a les ressources d’Internet, il y a des armes … et il y a de la tolérance ou de la complaisance de bien des médias ou des partis pour une islamophobie "modérée" ». Et pas seulement à droite. Notes.