Derrida. Écriture et Métaphysique selon Jacques DERRIDA. D epuis une décade, la philosophie française est en crise, c'est-à-dire qu'elle se renouvelle. Peut-être avec Jacques Derrida, lui aussi influencé par Nietzsche, assistons-nous à une forme neuve et approfondie de cette mutation. En 1962, il présentait et traduisait L'origine de la géométrie, de Husserl; en 6 mois, durant l'année 1967, il publiait trois livres fondamentaux : La voix et le phénomène, L'écriture et la différence, De la grammatologie.
Par l'attention qu'il porte au problème du langage, il semble se rapprocher des " structuralistes ", avec lesquels on l'a abusivement confondu. Certes, il leur rend justice, et son étude critique sur Foucault est particulièrement sympathique : il reconnaît que la réflexion universelle reçoit un formidable mouvement d'une inquiétude sur le langage qui ne peut être qu'une inquiétude du langage et dans le langage. Notre époque connaît à la fois l'inflation et la contestation du livre. Consulter : Déconstruction et différance. Suivez-nous Derrida Les théories du signe de Jacques Derrida s'inscrivent dans le courant poststructuraliste, opposé au structuralisme saussurien (provenant des théories du linguiste Saussure), où le signifiant (la forme d'un signe) renvoie directement au signifié (le contenu d'un signe), et qui véhiculait toute une pensée logocentrique (centrée sur la parole), celle existant depuis Platon.
À l'aide de l'écriture (du signe), Derrida se propose de faire échec à l'histoire métaphysique fonctionnant sous le mode d'oppositions. Il élabore une théorie de la déconstruction (du discours, donc, suivant sa conception du monde), qui remet en cause le fixisme de la structure pour proposer une absence de structure, de centre, de sens univoque. La relation directe entre signifiant et signifié ne tient plus et s'opèrent alors des glissements de sens infinis d'un signifiant à un autre. Derrida (1967 : 409) s'oppose au centre inhérent à « la structuralité de la structure ».
Prenons l'exemple de l'eau : Déconstructeur de la pensée. Le philosophe Jacques Derrida a souvent dérangé. Incompris voire décrié en France, où il était surtout connu pour ses prises de position politiques, l'initiateur de la déconstruction, cette théorie qui consiste à faire surgir le non-dit sous les textes, n'a pourtant cessé d'être sollicité dans le monde entier. Six ans après sa mort, une biographie paraît sur lui. En ce printemps 1992, la vénérable université de Cambridge est sens dessus dessous. En cause, la remise du titre de docteur honoris causa à Jacques Derrida. Dans ces contrées où la philosophie analytique et la logique règnent en maître, une campagne fait rage contre lui.
Derrida en a vu d'autres. “La lecture doit toujours viser un certain rapport, inaperçu de l'écrivain, entre ce qu'il commande et ce qu'il ne commande pas de schémas de la langue dont il fait usage.” S'il s'attache à montrer les marges du texte, c'est sans doute parce que Derrida est lui-même dans l'écart. L'exercice est périlleux. La philosophie devant la linguistique. Le "peut-être" d'une venue de l'autre-femme. En écoute audio : Corrente, ’Partita en la mineur pour flûte seule’ de J. -S. Bach. Saxophone soprano, Carole Dely Ce texte a donné lieu à une conférence prononcée en décembre 2008 au Centre de Recherches en Études féminines et de Genres de Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, "De la philosohie, et derechef qu'elle fait ma-â-l-e ? ", et par suite à la publication en mars 2011 d'un dossier issu des travaux du même séminaire, "Spectres et rejetons des Études Féminines et de Genres" Avec JD, Jean-Luc, Philippe L.L., Michel D., ceux et celles qui m'ont accompagnée et m'accompagnent encore. « Et pourquoi ne pas inventer autre chose, un autre corps ?
Le titre que j'ai donné à cette communication2 - « Jacques Derrida : le peut-être d'une venue de l'autre-femme »3 - indique tout d'abord que mon sujet sera « la femme », comme on dit. Toutes ces questions sont difficiles, complexes. Point d'achoppement dans la tradition, car la femme apparaît peu, semble ne jamais apparaître comme telle.