20 / 10 / 2011

Facebook Twitter

Occupy San Francisco : « I like it there » ! Voilà maintenant une semaine que je me rends quotidiennement aux actions et aux assemblées générales quotidiennes d’Occupy SF.

Occupy San Francisco : « I like it there » !

Dans la dynamique des mobilisations de New York, Boston, Washington et autres grandes villes états-uniennes, des femmes et des hommes de San Francisco, d'Oakland, et d'autres villes de Californie, occupent depuis plus de deux semaines maintenant un morceau de trottoir pour protester. À San Francisco, le mouvement d’occupation a d’abord pris place en face de la Federal Reserve, au 101 Market Street. Puis, du fait du nombre croissant d’occupant·es, la majorité du campement s'est transférée quelques dizaines de mètres plus loin, devant le Ferry Building de l’Embarcadero, à Justin Herman Plaza.

La mobilisation d'Occupy Wall Street a fait émerger l'expression , en référence a l' . Pourtant, il n'est pas question de faire de Zuccotti Park à Wall Street, ni de son équivalent symbolique à San Francisco, une « place Tahrir ». Pourquoi les médias américains surmédiatisent les « Indignés » Il fallait le dire, et c’est dit : les médias US en font des louches, avec le mouvement « Occupy Wall Street ».

Pourquoi les médias américains surmédiatisent les « Indignés »

C’est Corine Lesnes, correspondante du Monde à Washington, qui souligne la surmédiatisation du mouvement, et elle a sans doute raison. Reste à expliquer cette paradoxale idylle, entre le système médiatique et « Occupy Wall Street » en particulier, et le mouvement des « indignés » en général. La fin du consensus autour du libéralisme ? C’est une rupture apparente avec toute l’histoire récente, celle de la fabrication, multiforme et obstinée, d’un consensus national autour des valeurs du libéralisme (moins d’impôts, moins de contrôles, desserrons les carcans, laissons respirer l’économie, vous voyez de quoi je parle, n’est-ce pas ?). Quelles sont les causes de cette rupture ? Pourquoi les médias américains surmédiatisent les « Indignés » 15-O, première protestation globale (Miradas al Sur) par Roberto Montoya. La révolte transnationale est maintenant là .

15-O, première protestation globale (Miradas al Sur) par Roberto Montoya

Le samedi s’est écouté son cri de l’Amérique à l’Asie et l’Océanie, de l’Europe à l’Afrique et au Moyen-Orient : ça suffit maintenant ! (Basta ya !). La révolution éthique, la protestation des indignés, la demande d’une démocratie réelle, ont pris corps et se sont fait sentir dans tout le monde. A l’appel répondirent un total de 951 villes de 82 pays distincts. Dans certains cas ils furent seulement quelques centaines de personnes, dans la majorité des milliers, des dizaines de milliers et jusqu’à des centaines de milliers dans quelques pays européens. Ce qui manque aux indignés par Caleb IRRI.

Ce samedi 15 octobre s’est déroulée la "journée planétaire des indignés".

Ce qui manque aux indignés par Caleb IRRI

Sans appel ni de la part des syndicats ni de celle des partis politiques, elle fut organisée dans plus de 85 pays, et plus de 1000 villes à travers le monde, réunissant tout de même au total plusieurs centaines de milliers de personnes réclamant une "véritable démocratie" . Cette mobilisation, assez unique en son genre, ne peut pourtant pas être considérée comme une victoire, car elle n’a malheureusement pas atteint ses objectifs : les 99 % d’indignés que doit compter le monde n’étaient pas encore au rendez-vous, et loin s’en faut. Pour comprendre les raisons de ce "demi-échec" (ou cette demi-victoire, c’est comme on voudra), il faut admettre que ce mouvement comporte des lacunes, et ce tant au niveau de ses revendications que de ses structures. Le retour des luttes d'émancipation. Pour toutes sortes de raisons le mouvement des indignés ne semble pas prendre pour l'instant en France.

Le retour des luttes d'émancipation

C'est pourtant de là que l'impulsion initiale est partie, à la grande surprise du merveilleux Stéphane Hessel qui n'y est pas pour grand chose et a dû essuyer par ici de nombreuses critiques injustifiées. Ce n'est pas si grave et n'empêchera pas ce premier mouvement révolutionnaire mondial d'être irréversible et de marquer le retour des luttes d'émancipation après des années de soumission à l'économisme le plus sordide. Bien que le caractère social des revendications soit manifeste, facteur premier des mobilisations, il faut insister sur le fait que ce ne sont pas simplement des revendications matérielles et des luttes catégorielles mais tout autant des luttes d'émancipation qui visent à étendre les droits de l'individu contre le système et se libérer de la dictature économique (ce qui n'est certes pas une mince affaire mais prend avec la crise un sens très tangible).

La Grèce se mobilise à nouveau contre l'austérité. Occupy Wall Street | NYC Protest for American Revolution. Lettre ouverte à Wall Street - Finance. Avant toute chose, je voudrais m’excuser pour le désordre devant vos bureaux.

Lettre ouverte à Wall Street - Finance

Cela fait trois semaines que tous ces hippies et ces punks, ces étudiants et ces syndicalistes, ces mères qui travaillent et ces pères célibataires, ces pilotes de ligne et ces enseignants, ces employés de magasin et ces militaires, ces victimes de saisie ont décidé de camper sur votre gazon. Et je suis sûr que cela a été un désagrément pour vous.