Education en crise

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Inégalités : « Même à gauche, certains n’ont pas intérêt à changer l’école » Des élèves dans la cour d’une école primaire à Paris, le 4 septembre 2012 (FRED DUFOUR/AFP) L’école française, qui se targue d’être gratuite, républicaine et égalitaire, avec sa fameuse « méritocratie », serait une des plus discriminantes, et elle est loin d’être parmi les plus performantes.

Inégalités : « Même à gauche, certains n’ont pas intérêt à changer l’école »

En cause, une pédagogie datant des années 50, un système élitiste de reproduction sociale, une idéologie anxiogène, et des intérêts concertés pour que rien ne bouge. Louis Maurin est l’un des fondateurs de l’Observatoire des inégalités qui, depuis 2002, met en lumière les failles de la société française. Pour lui, l’école est le premier lieu des souffrances sociales mais aussi humaines : la réforme qu’il appelle profiterait à tous, aux enfants « favorisés », essorés par une pression délirante, aux enseignants, et à un pays qui a plus besoin de têtes créatives bien faites que de têtes bien remplies.

Rue89 : On parle beaucoup des « super-riches ». Teachers Don’t Like Creative Students. One of the most consistent findings in educational studies of creativity has been that teachers dislike personality traits associated with creativity.

Teachers Don’t Like Creative Students

Research has indicated that teachers prefer traits that seem to run counter to creativity, such as conformity and unquestioning acceptance of authority (e.g., Bachtold, 1974; Cropley, 1992; Dettmer, 1981; Getzels & Jackson, 1962; Torrance, 1963). The reason for teachers’ preferences is quite clear creative people tend to have traits that some have referred to as obnoxious (Torrance, 1963). Torrance (1963) described creative people as not having the time to be courteous, as refusing to take no for an answer, and as being negativistic and critical of others. Other characteristics, although not deserving the label obnoxious, nonetheless may not be those most highly valued in the classroom.….Research has suggested that traits associated with creativity may not only be neglected, but actively punished (Myers & Torrance, 1961; Stone, 1980). Petit, je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths. Petit, je voulais être boulanger, puis facteur, puis berger.

Petit, je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths

On m’a poussé à faire des études. On m’a expliqué que c’était le seul moyen de réussir ma vie, de gagner de l’argent, de m’épanouir dans un métier. J’ai enduré de longues heures, de longues années de cours. Budget de l'éducation : la France lanterne rouge. Une rentrée 2011 "techniquement et administrativement réussie", se félicitait Luc Chatel, le ministre de l’Education, le 21 septembre dernier au micro d'Europe 1.

Budget de l'éducation : la France lanterne rouge

Tellement réussie que les syndicats, y compris ceux du privé, se sont unis, fait exceptionnel, pour une journée de grève le 27 septembre. La mobilisation est, elle, un vrai succés: les syndicats qu'un enseignant sur deux fait grêve. Le ministère de l'Education nationale évalue de son côté à 28,89% le taux d'enseignants du premier degré en grève et à 22,3% pour ceux du second degré. 80 000 suppressions de postes.

Education bubble. On retrouve les mêmes histoires à propos des Med Schools, les très onéreuses écoles de médecine américaines.

Education bubble

Plus largement, avec la crise des subprimes, beaucoup d’Américains ont perdu les économies qui auraient permis à leurs enfants d’aller étudier à l’université: certains ont opté pour les universités publiques, bien moins chères, et d’autres ont tout simplement renoncé à poursuivre leurs études. Et pour ceux qui s’obstinent et qui n’ont pas des parents riches, l’endettement est la seule voie. D’ailleurs, les frais de scolarité ont augmenté comme rarement auparavant. Les universités font de leur mieux pour que leurs étudiants obtiennent un crédit qui leur permette de payer ces frais de scolarité exorbitants, et sont pour cela dans une course aux étudiants bancables, quitte à baisser le niveau, bidouiller les statistiques et multiplier les diplômes plus ou moins bidons.

Les candidats à l'Ena manquent de couleurs. De bons élèves, bosseurs, capables de résumer des dossiers et de construire des plans, mais souvent ternes et terriblement conformistes: c'est le portrait que dresse la présidente du jury du concours 2010 à l'ENA des candidats qu'elle a vu défiler.

Les candidats à l'Ena manquent de couleurs

De futurs hauts fonctionnaires prêts à se fondre dans un moule mais bien moins à innover ou à se démarquer. Chaque année, le président du jury - qui préside en fait les trois concours d'entrée (externe, interne et le "troisième concours" pour les candidats ayant déjà une expérience professionnelle) - tire le bilan de son expérience. Il relève ce qui a plus ou moins bien marché et fait des recommandations. La note doit servir à améliorer le concours, et donc le recrutement de la haute fonction publique. Quand l’école du vivre-ensemble refuse la réalité. Quand l’école du vivre-ensemble refuse la réalité Même sans être totalement à la pointe de l’actualité, il est difficile de ne pas noter qu’une légère tendance au n’importe quoi peut se déceler dans l’éducation telle que pratiquée en France mais aussi en Belgique.

Quand l’école du vivre-ensemble refuse la réalité

C’est un de mes lecteurs habituels qui m’a conseillé la lecture d’un article révélateur de cette délicate orientation. Et si on couple celui-ci avec la récente poussée de fièvre de certains parents du 93, le tableau brossé dans ces pastels si éthérés ne laisse aucun doute : l’école du vivre-ensemble se fait gentiment dépuceler en tournante par la réalité, la situation économique, le socialisme appliqué et plus de trente années de tartuferies bien pensantes. Finalement, Belgique, France, même combat : là-bas comme ici, l’ascenseur social semble en panne, coincé entre le rez-de-chaussée et la cave, et le réparateur est parti s’installer dans un autre pays où il n’est pas harcelé par l’état. France, le pays où le milieu social influe le plus sur le niveau scolaire.

Sur le même sujet L’origine sociale des étudiants 6 septembre 2013 Les étudiants, enfants de cadres supérieurs, constituent près de la moitié des étudiants dans les filières les plus sélectives, alors que leurs parents ne représentent que 15 % des emplois.

France, le pays où le milieu social influe le plus sur le niveau scolaire

L’inégal accès au bac des catégories sociales. Un lundi qui tourne mal en lycée pro. Sept ans de carrière, deux crises de larmes en salle des profs, et déjà un regard sombre sur les années qui me restent à enseigner.

Un lundi qui tourne mal en lycée pro

Un professeur descend un escalier du lycée Victor-Duruy à Paris, en 1994 (Patrick Tourneboeuf/Tendance Floue). Comme je ne suis pas du genre à aller chez le médecin toutes les cinq minutes, je suis allé travailler grippé ce lundi dans mon lycée professionnel dans l’est de la France. J’y enseigne le marketing, les services, ce qu’on appelle le « tertiaire ». J’aurais mieux fait de rester chez moi. Pourtant, je les aime bien mes terminales, c’est une année importante pour eux et ils ne sont pas très forts.

Une école pour l’élite ? L’école est en plein remue-ménage.

Une école pour l’élite ?

La publication le 7 décembre de l’enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) réalisée par l’OCDE est venue confirmer ce que chacun observe : l’école française est de plus en plus inégalitaire. Pourquoi gomme-t-elle moins que les autres les effets du milieu de naissance ? L’école ne tire plus les élèves vers le haut mais se contente de les trier. Historiquement élitiste, elle délaisse aujourd’hui l’éducation prioritaire et s’en tient à un système pensé pour les héritiers.

Et PISA suffit à la fin ! Trois ans se sont écoulés depuis la dernière enquête PISA qui avait, soyons honnête, déclenché un petit vent de panique au sein de l’Édulcoration Nationale : des critères objectifs permettaient de mesurer officiellement et internationalement l’ampleur du désastre que s’employait pourtant à cacher toute une armée de pédagogos, pédagolâtres, ministres et secrétaires d’état en charge de peindre la girafe parce que la peigner, c’est has been. Et pan, à peine remis de son émotion, cette armée va de nouveau devoir sortir l’artillerie lourde pour, une fois encore, atténuer le gros bobo que cette enquête va provoquer.

Et avant d’aller plus loin, l’étude est disponible ici (avec les données brutes, ce qui permet de faire les statistiques soi-même quand on n’a que ça à faire), et la synthèse ici (quand on a un vrai travail et peu de temps). La fin de l'école gratuite et efficace. En juillet dernier, nous avons dit au revoir à trois collègues, dans mon collège : le premier, enseignant de mathématiques avait obtenu du rectorat un congé de formation pour passer l'agrégation. La seconde, professeur d'allemand avait eu une mutation. Une professeur d'anglais, enfin, n'était là que provisoirement, pour boucher un trou (ce qu'on appelle BMP : bloc de moyen provisoire). Ces trois départs étaient prévus. La crise mondiale de léducation | slate. - Image de une: enfant faisant ses devoirs dans les ruines après le tremblement de terre qui a ravagé le Sichuan. Avril 09/Reuters - Ces temps-ci, on sent bien qu'on ne parle que d'argent: dans le monde entier, les faillites, les sauvetages financiers et la crise économique monopolisent les conversations.

Aider les boursiers pour les concours, ça marche. Une poche vide Faut-il 30% de boursiers dans les grandes écoles ? Non, répond la Conférence des grandes écoles (CGE), car les quotas pourraient impliquer une baisse du niveau des diplômés. Un argument qui n’a rien d’évident et qui revient sur la table à chaque fois qu’il est question de quotas. La vraie question est celle de l’égalité des chances face aux concours. La tragédie des grandes écoles | slate. Les grandes écoles? Et voilà reparti le débat sur la formation des élites françaises. Plus précisément: l'objet des passions et polémiques, ce sont les «très grandes écoles», celles qui sélectionnent environ 5% des élèves d'une génération.

Certes, ces établissements d'élite ne garantissent pas à coup sûr un avenir de super chef, on peut avoir réussi Polytechnique ou l'ENA et terminer sa carrière comme chef de bureau d'un obscur ministère. Par contre, parmi les patrons opérationnels du CAC 40 en 2007, 29 avaient accompli ce parcours d'excellence, et, parmi les 11 autres, trois étaient des héritiers pur sucre pour lesquels la formation initiale n'est pas déterminante (Martin Bouygues, Frank Riboud, Patrick Ricard): preuve, s'il en est, du plafond de verre que subissent, dans les entreprises, les cadres souvent fort diplômés mais démunis de ces fameux sésames.

Toute sa vie, l'ancien élève jouira du prestige d'avoir fréquenté l'ENA, Polytechnique, HEC ou l'Essec. Top Schools in France Pushed to Open Meritocracy. Grandes écoles : un modèle en danger. Coup de gueule contre HEC. Tabula rasa de l’école à papa. Plaidoyer pour l'année sabbatique des étudiants | slate. French students shy of real world. Il est temps d'apprendre Internet à l'école | slate. Rentrée 2009: lettre ouverte à mes nouveaux parents d'élève. Les rythmes scolaires, ça donne quoi ailleurs? | slate. Rythmes scolaires: pourquoi la France a tout faux | slate. Esc.