American dream
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Depuis au moins une décennie, la politique américaine se caractérise par un paradoxe fondamental : les inégalités et la pauvreté augmentent, mais sans que celles-ci ne déclenchent un mouvement politique en faveur de la redistribution. Bien au contraire : la politique fiscale n’a jamais autant favorisé les plus riches (notamment par le biais des « Bush tax cuts » de 2001 et 2003, reconduits l’année dernière par Barack Obama). Plus étrange encore est le fait que le parti républicain, la force politique derrière ces réductions d’impôts, a souvent obtenu un soutien populaire, que ce soit en 2004, lorsqu’il a en même temps privilégié les dossiers « culturels » (la religion, le mariage homosexuel), ou en 2010, lorsqu’il succomba à l’antiétatisme forcené du Tea Party. A chaque reprise, les républicains, tout en proposant un projet fiscal profitant de manière extrêmement disproportionnée aux plus riches, récolta un soutien populaire considérable.
La version anglaise de ce billet peut être consultée ici . Selon des statistiques récemment publiées par le ministère du travail, 14 millions d’Américains sont désormais au chômage. Soit 9,1% de la population active. Parmi ceux-ci, 6 millions sont des chômeurs de longue durée, ce qui veut dire qu’ils cherchent du travail depuis au moins 27 semaines. On nous rappelle inlassablement que l’économie américaine, simplement pour pouvoir absorber les personnes qui accèdent au marché du travail pour la première fois, doit créer des emplois à un rythme de 100.000 par mois.
Près de 46 millions d'Américains, soit 15 % de la population , vivait en avril 2011 grâce à des bons alimentaires, a indiqué vendredi 5 août le ministère de l'agriculture des Etats-Unis. Ce chiffre record a augmenté de 2,5 % entre mai 2010 et avril 2011. Les Etats où les allocataires sont les plus nombreux sont le Texas (3,9 millions), la Californie (3,7 millions), la Floride (3 millions) et New York (3 millions).
Le rêve américain se meurt, et avec lui le siècle de magistère sur le monde que l’Amérique s’était promise à elle-même, au nom d’une destinée manifeste qui n’est plus qu’une illusion dont il convient de se défaire, écrit Henry Allen, qui collabore au Washington Post depuis 39 ans et a obtenu en 2000 un prix Pulitzer pour son œuvre critique. par Henry Allen, Washington Post, 20 avril 2010 Le rêve se meurt.