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Embrigadement sectaire

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A Beaumont-en-Véron, «on a peur de ce qu’on ne connaît pas» Dans sa véranda, le retraité est aux premières loges. A une centaine de mètres, de l’autre côté de la route, s’élève le domaine de Pontourny. Situé à l’écart du centre de Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), c’est un petit château aux façades immaculées. Son fronton porte l’inscription «école Saint-Joseph». En feuilletant un gros classeur couleur lie de vin rempli de documents de l’association «Radicalement digne de Pontourny» - dont il est le président -, Pierre expose ses craintes vis-à-vis du centre de prévention, d’insertion et de citoyenneté (CPIC), qui va ouvrir au bout de son jardin : «On nous dit que les occupants ne seront pas fichés S, mais le terroriste de Nice non plus il n’était pas fiché !

Ça fait trop peur, c’est vraiment la trouille», s’emporte l’homme. Peur qu’un pensionnaire profite d’une sortie pour l’attaquer chez lui. Peur de «l’extérieur»,si le centre attire des proches des occupants, potentiellement dangereux. A lire aussi Déradicalisation, la lutte à tâtons. Patrick Amoyel, un choix controversé. Patrick Amoyel, un choix controversé l l gl t l’lctn d’n ctr d cnm.

Rgrd prçnt t nr, vx d stntr, Ptrck myl st n fgr dns l ptt ml d l ltt cntr l rdclstn. Sn ssctn, ntr’trs, st l’vnt-pst d l btll q s j pr mpêchr ls jns d prtr jhd. nstll Nc, ll ntrvnt près ds fmlls x prss vc l’n ds pls mprtnts fyrs d rdclstn d l’Hxgn. Sln ls stmtns, ntr 30 t 80 jns d l b ds ngs rnt ggn ls zns rk-syrnns.

Ls srcs ls pls pssmsts plcnt, lls, l crsr près d 200. Gérald Bronner : "Pour déradicaliser, il faut muscler le système immunitaire intellectuel de ces jeunes" Le sociologue parti­cipe au programme de déra­di­ca­li­sa­tion mis en œuvre dans le 1er "centre de réin­ser­tion et citoyen­neté" qui va ouvrir à Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire). Il est l'invité d'Ali Badou. Alors que Nicolas Sarkozy prône l'ouverture de ces centres de déradicalisation pour ces jeunes dont le cerveau 'doit être remis à l'endroit', le sociologue Gérald Bronner précise : Statistiquement, tous ces individus sont normaux, du point de vue de la psychiatrie.

Gérald Bronner, intervenant bénévole dans ce projet expérimental, a donc identifié sa mission : Gérald Bronner a demandé qu'un protocole d'évaluation de l'impact du travail psychologique sur ces jeunes accueillis au cente de Beaumont-en-Véron ( une quinzaine de jeunes, tous volontaires) soit mis en place. "Il y a un intérêt international sur cette question, mais pour l'instant toutes les tentatives déjà faites dans le monde ont été décevantes.

Nous ne sont absolument pas sûr d'avoir trouvé la bonne méthode. Français, fichés, anciens prisonniers : portrait des djihadistes ayant frappé en France. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Samuel Laurent « Suppression de la double nationalité », « fermeture des frontières », « internement des fichés S », la classe politique fait assaut de propositions pour lutter contre le djihadisme, qui a fait 230 morts en France depuis les attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015. Mais ces propositions correspondent-elles à la réalité de ce que sont ces terroristes islamistes, qu’ils se réclament d’Al-Qaida ou de l’Etat islamique ? 1. Une grande majorité de Français Malgré les polémiques autour de la question de la binationalité, l’immense majorité des terroristes ayant frappé en France depuis 2012 sont bel et bien français, pour la plupart nés en France. C’est le cas des frères Kouachi, d’Amedy Coulibaly, d’Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean. Huit terroristes sur 22 sont nés à l’étranger, dont trois en Belgique (les frères Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud).

Quant à leur nationalité, elle est le plus souvent française. 2. 3. Djihadisme: Un jeune Français radicalisé a été arrêté à l'aéroport de Genève. Il s’est enfui avant de fêter ses 18 ans. Il a quitté famille et amis dans le nord de la France avec l’intention de rejoindre l’Etat islamique. Arrêté une première fois en Allemagne, A.K. a tenté une seconde fois le voyage, mais en passant par Genève. Tout juste majeur, il a été arrêté le 14 mai à Cointrin. Depuis, il se trouve en prison à Champ-Dollon, seul dans une cellule, en attendant son extradition vers le France. Il est mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme. La tuerie de Charlie Hebdo a agi comme un détonateur, raconte sa mère, professeure, que nous avons retrouvée. C’est en allant sur l’un de ses multiples comptes Facebook que la famille découvre le «pot aux roses»: il discute avec des personnes du monde entier tenant des propos radicaux.

Il demande où est Cointrin Mais la fuite d’A.K. s’arrête à Munich, où il se fait pincer. Un mois et demi plus tard, le 11 mai, il repart. Pendant ce temps, A.K. applique probablement le plan B. Itinéraire d'un ex-djihadiste français | VICE | France. David Vallat. Photo de Marie Albessard Casquette gavroche vissée sur le crâne et petit air de mafieux – David Vallat semble soucieux quand je le rencontre dans le quartier de la Part-Dieu, à Lyon. Ce chargé d'affaires d'une quarantaine d'années prend de l'assurance à l'évocation de son parcours. Il s'exprime avec détermination et décrit sa trajectoire avec précision.

Il connaît le sujet sur le bout des doigts, et se souvient de chaque date, chaque fait, chaque détail d'une conversation. Son histoire est celle d'un jeune de Villefontaine – une ville iséroise située près de Lyon – qui arrête l'école à 16 ans, se convertit à l'islam et se radicalise peu à peu. Financement, transport d'armes et de faux passeports : David Vallat s'occupe de tout ce qui a trait à la logistique du groupe, avant de quitter le réseau en apprenant qu'un attentat est en préparation. Carte de bus de David Vallat, datée de 1993-1994 Justement, le profil des terroristes était-il le même à votre époque ? David Vallat. « Ma génération choisissait l’extrême gauche, eux le djihad » LE MONDE | • Mis à jour le | Par Cécile Chambraud Ils sont parfois très jeunes, tantôt ­convertis, tantôt de famille musulmane, ruraux ou urbains, issus de milieux en difficulté ou des classes moyennes et parmi eux des jeunes filles, des couples avec enfants… Les Européens sont pris de vertige en découvrant dans les médias, semaine après semaine, le nouveau visage de leurs enfants qui, par centaines et même par milliers, partent en Syrie s’enrôler dans les rangs de l’insurrection djihadiste – ou en éprouvent la tentation. « Nos capacités ont atteint leurs limites », s’est récemment alarmé le procureur général d’Allemagne, Harald Range, devant le nombre d’enquêtes ouvertes.

En France, les services de l’Etat évaluent à un millier le nombre de personnes qui sont parties ou revenues de la « guerre sainte ». « Le phénomène dépasse largement les communautés musulmanes. Depuis un an et demi, il est beaucoup plus global. Ce sont les convertis à la religion musulmane qui, pour... Dounia Bouzar renonce à sa mission sur la déradicalisation pour protester contre la déchéance.

La mission de Dounia Bouzar sur la déradicalisation va prendre fin. Le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), dirigé par la très médiatique chercheuse, a annoncé, jeudi 11 février, son intention de renoncer au contrat qui le lie avec le gouvernement. « Le CPDSI a décidé de refuser son renouvellement tacite de mandat » qui arrive à son terme au mois d’avril 2016, écrit l’association dans un communiqué, justifiant sa décision par son opposition à la proposition de loi sur la déchéance de nationalité, qui, explique-t-elle, « crée un contexte politique défavorable à l’entreprise pédagogique et scientifique pour prévenir la radicalisation ».

Idéologie et calculs politiques Le CPDSI est subventionné par l’Etat depuis le mois de mars 2014 afin de participer à l’analyse du phénomène de radicalisation chez des jeunes, sous la houlette du préfet Pierre N’Gahane, secrétaire général du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance. « Un marché opaque de la déradicalisation est en train d’apparaître en France »

Asiem El Difraoui, politologue et spécialiste du djihadisme, estime que le dispositif de déradicalisation à l’étude en France « n’est pas encore assez fonctionnel ». Après les attentats de janvier et de novembre 2015, la lutte contre la radicalisation islamiste est affichée comme une priorité par le gouvernement. La France prépare la création de plusieurs centres pour accueillir djihadistes de retour de Syrie et jeunes radicalisés, et des programmes de déradicalisation devraient se mettre en place à partir du 25 janvier dans deux quartiers des prisons d’Osny (Val-d’Oise) et Lille-Annœullin (Nord).

Pourtant, dans les domaines de la prévention et de la déradicalisation, la France est moins expérimentée que ses voisins européens, argumente le politologue et spécialiste du djihadisme Asiem El Difraoui, coauteur d’une étude comparative sur les modèles allemand, britannique et danois pour le Comité interministériel de la prévention de la délinquance (CIPD). A Osny, un groupe de détenus « radicalisés » découvre les vertus du dialogue.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Soren Seelow « Avant, je ne parlais pas aux femmes », « Avant, je n’aimais pas les juifs », « Avant, j’étais en Syrie »… Dans une petite salle de la prison d’Osny (Val-d’Oise), neuf détenus assis en cercle sur une chaise racontent leur parcours au premier journaliste autorisé par l’administration pénitentiaire à les rencontrer dans le cadre d’un reportage. Ils constituent le premier groupe de détenus à s’être portés volontaires pour une expérience pilote de lutte contre la radicalisation islamiste en prison. Barbe fournie et survêtement du PSG, Noureddine (les prénoms ont été modifiés), 37 ans, a été condamné à huit ans de détention pour avoir administré un site djihadiste. Face à lui, Ahmed, 24 ans, est rentré traumatisé de son escapade dans les rangs de l’organisation Etat islamique.

. « On tâtonne » Ce programme a été lancé en avril par l’Association dialogues citoyens et l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT). Il sera également... Attentat évité de Villejuif : Sid Ahmed Ghlam aurait envisagé d’autres cibles. Alors que Sid Ahmed Ghlam affirmait au juge d’instruction, le 19 juin, qu’il avait empêché qu’un attentat soit commis contre une église de Villejuif en avril, contrairement aux soupçons qui pèsent sur lui, des conversations trouvées dans un fichier crypté sur son ordinateur portable viennent mettre quelque peu à mal sa version.

Lire aussi : Sid Ahmed Ghlam affirme avoir empêché l'attentat à Villejuif Le Figaro a révélé mercredi 24 juin que l’exploitation de ces données par les enquêteurs évoquait d’autres cibles, comme un train bondé ou encore le Sacré-Cœur, à Paris, sans mention du nom du ou des interlocuteurs. Ces cibles n’ont donné lieu à aucune autre recherche ni commencement d’exécution. Le simple fait que ces idées aient été émises contredit néanmoins la version du principal suspect d’un projet d’attentat visant au moins une église à Villejuif (Val-de-Marne), à la demande de commanditaires. Ghlam se serait tiré à dessein une balle dans la cuisse. La France veut encadrer les « jeunes de retour » du djihad. Le Monde.fr avec AFP et Reuters | • Mis à jour le Le premier ministre, Manuel Valls, a annoncé mercredi 29 avril la création d'une « structure » chargée « de prendre en charge, sur la base du volontariat, des jeunes de retour de zones de conflit et ne faisant pas l'objet de poursuites judiciaires ».

Elle sera effective « d'ici à la fin de l'année ». Selon le gouvernement, 1 605 Français ou résidents en France sont impliqués dans des filières de départ vers la Syrie et l'Irak, c'est-à-dire « ayant manifesté le désir de partir, en transit, sur place, de retour ou déjà rentré ». Actuellement, 445 personnes sont en Syrie et 99 autres ont été tuées sur place.

Lire aussi le décryptage : Qui sont les Français sur la piste du djihad ? « Explorer de nouvelles pistes » La France a mis en place il y a environ un an une plate-forme de signalement pour les familles qui soupçonnent la radicalisation d'un proche. Lire aussi (édition abonnés) : Comment « retourner » un djihadiste. Lutte contre les filières jihadistes : le rapport sans concession du Sénat. C’est un travail colossal auquel s’est attelée la commission d’enquête sénatoriale sur les filières jihadistes. Depuis le mois d’octobre, elle a auditionné une cinquantaine de personnes : ministres, pontes du renseignement et de l’antiterrorisme, chercheurs. Le bilan de ce travail tient dans un rapport de 440 pages, dévoilé ce mercredi. Cette plongée dans les phénomènes de radicalisation jihadiste prend une acuité particulière, trois mois après les attentats des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. Constatant d’importantes lacunes, tant dans la prévention que dans la lutte contre les réseaux terroristes, les sénateurs formulent 110 propositions.

En préambule, les sénateurs soulignent le «caractère relativement tardif» des actions de prévention de la radicalisation. Elle souhaite «renforcer très sensiblement» les moyens de la plateforme d’appel ouverte aux familles désirant signaler un cas de radicalisation. Le renseignement pénitentiaire délaissé a ecouter. Lutte contre les filières jihadistes : le rapport sans concession du Sénat. Les nouveaux chiffres de la radicalisation. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Soren Seelow Lancé dans l’urgence par le ministère de l’intérieur en avril 2014 pour endiguer la multiplication des départs en Syrie, le plan national de lutte contre la radicalisation a atteint son rythme de croisière. Articulé autour d’une plate-forme téléphonique et des préfectures de département, ce dispositif permet aux services de l’Etat de faire remonter des situations ayant échappé aux services de renseignement.

Les données recueillies depuis près d’un an ont permis aux autorités d’affiner leur perception du radicalisme. Un concept que le ministère définit, dans un manuel de formation destiné aux agents de l’Etat, comme « tout discours utilisant des préceptes religieux présentés comme musulmans pour mener un jeune à l’autoexclusion et à l’exclusion de tous ceux qui ne sont pas comme lui ». Lire le décryptage : Qui sont les Français sur la piste du djihad ? « Prothèse identitaire » OSI Bouaké.