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Depuis des années et particulièrement ces derniers mois, on nous répète que la dette publique est le pire mal qui puisse affecter l'économie. La dette publique est toujours « trop élevée », elle pèse sur les « générations futures ». Mais, bizarrement, on ne parle jamais de la dette privée (contractée par les ménages et les entreprises). Pourquoi serait-elle plus « supportable » pour l'économie ? Le graphique suivant [source des données : banque de France] montre l'évolution de la dette privée et de la dette publique (en % du PIB) entre mars 1999 et septembre 2009 pour la zone euro. (Voir graphique)
Quelques mots sur l’auteur… Diplômé de l’Institut de Science Financière et d’Assurances et de l’EM-Lyon , parisien, je suis membre du Conseil d’administration de l’Institut des Actuaires , qui représente cette profession de référence en termes de gestion du risque dans la finance et l’assurance. En tant qu’actuaire, je bénéficie ainsi d’un point de vue privilégié pour analyser le basculement de notre société dans le financiarisme et la gestion à très court terme. Et plus encore leurs conséquences…
Entretien avec Christian Saint-Etienne par Jean-Louis Chambon Christian Saint-Étienne, économiste universitaire et analyste politique français, expert auprès du FMI, est un auteur reconnu, de grand talent et lauréat de nombreux prix universitaires et académiques, dont le Prix Turgot du Meilleur livre d’économie financière (1991). Il vient de faire paraître une nouvelle édition de son fameux ouvrage : La fin de l’euro aux éditions François Bourin. Lorsque Christian Saint-Étienne fit paraître, début 2009, son ouvrage, La fin de l’euro , il suscita non seulement la surprise (à laquelle il a de longue date habitué ses lecteurs par son style direct et sans concession) mais aussi l’incrédulité voire la réprobation…Pour beaucoup par peur, pour d’autres par aveuglement.
Guy Abeille était chargé de mission au ministère des Finances sous Giscard puis au début de l’ère Mitterrand. Il révèle pour La Tribune comment est né, en France et non en Allemagne, le sacro-saint ratio de 3% du PIB pour les déficits publics. A l’origine, il s’agissait d’imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis cette référence cardinale a fait école, bien qu’elle fut dépourvue du moindre sens économique. Par les temps qui courent, les attentions sont focalisées sur les déficits publics.
Je lis le texte que m’a envoyé l’un de vous et c’est aussi beau que d’habitude mais je ne me résous pas à le mettre en ligne : il y a là trop d’amertume, trop de regrets sur ce qui a presque toujours mal tourné et je me dis que nous avons aujourd’hui autre chose à faire – le temps est trop compté – que réfléchir une fois de plus à notre engeance, parce que ce qu’elle est, nous, et nos prédécesseurs, depuis trois mille trois cents ans, en fait, nous l’avons bien compris. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est de l’audace et du coeur à l’ouvrage, car il ne reste à l’espèce dans sa besace, qu’une seule cartouche. Ce qu’il nous faut, c’est découvrir le nom de la masse noire qui a envahi peu à peu le centre et qui l’occupe maintenant : invisible mais nous empêchant désormais d’avancer.
Ce texte est un « article presslib’ » (*) Keynes s’était déjà penché plusieurs fois sur la question monétaire. Son premier livre en 1913 est consacré à la devise indienne : Indian Currency and Finance . En 1930, il publie le Treatise on Money .