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Etymologie

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Eidôlon [grec] Eidôlon [εἴδωλον] [grec] Eikôn (εἰκών) phantasma (ϕάντασμα) Emphasis (ἔμϕασις) Tupos (τύπος) fr. image lat. , , , , , , angl. , Le français est calqué sur le latin Ce dernier terme ne transcrit lui même qu'assez pauvrement les multiples échos induits par le vocabulaire grec de l'image, qui est avec [εἴδωλον], [εἰκών], [ϕάνταὓμα], [ἔμϕαὓιὖ], [τύποὖ], etc. plus riche et beaucoup plus évocateur que le latin. Or aucun de ces termes n'est l'exact équivalent de notre français image, et ils ne sont pas non plus équivalents entre eux. De là de sérieuses difficultés de traduction, qu'il s'agisse de ce que représente un dessin ou de ce qui se présente dans un miroir. I. Ce qu'on voit dans un miroir ou une peinture a donné à penser aux anciens Grecs. A. « » : du visuel porteur d' Le terme le plus courant pour image, [εἴδωλον], a pour racine le verbe signifiant voir, par son infinitif aoriste eidon [εἶδον].

B. « » : une reproduction fidèle C. « » : le trompe-l'œil E. « » : un terme d'optique a. B. II. Mimêsis [grec] Mimêsis [μίμηὓιὖ] [grec] fr. imitation, représentation lat. All. It. → art, beauté, comparaison, description, Dichtung, doxa, image [Bild, eidôlon], imagination [phantasia], ingenium, plaisir. Dés la Renaissance, la traduction et donc l'interprétation du terme ont été à l'origine d'importants débats philologiques et théoriques qui ont joué un rôle crucial dans l'histoire de la pensée artistique. I. « » chez et A. A. « » : exprimer une réalité intérieure / reproduire une réalité extérieure ?

Comme les autres mots de la même famille (mimêtês [μιμητήὖ], mimeisthai [μιμεῖὓθαι], etc.) B. : une élaboration picturale de la « » L'élaboration philosophique du concept de naît en effet d'une réflexion sur la peinture et la sculpture. C. et La première consiste à reproduire le modèle en respectant ses proportions et en donnant à chaque partie les couleurs qui lui conviennent : c'est un art de la conforme. D. B. vs a. Comment penser la ressemblance de l' ? B. C. C. A. B. II. A. B. « » et « » C. III. A. B. Image. Image [entrée directionnelle] Le français image est un calque du latin qui désigne en propre une imitation matérielle, en particulier les effigies des morts, et que réinvestira la psychanalyse (voir encadré [2], « L'imago en psychanalyse » dans eidôlon). On partira du grec, à cause de la multiplicité non synonyme des mots qui y désignent l'image, et de l'allemand, à cause de l'ampleur des dérivations auxquelles donne lieu.

I. Eidôlon : la complexité du vocabulaire grec de l'image Le grec nomme l'image en privilégiant à chaque fois l'un de ses traits définitionnels ou fonctionnels : [εἰκών], « la similitude », [ϕάνταὓμα], « l'apparition dans la lumière » (voir phantasia, « imagination » sur [ϕῶὖ], « lumière », voir lumière), [τύπος], « l'empreinte, la frappe », etc. De nombreux termes latins autres qu'imago peuvent être rendus par « image » ( ). II. Sous l'entrée all. III. 1. 2. 3. 4. . © Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003. Ingenium [latin] Ingenium [latin] fr. esprit ar. [الحدس] gr. [εὐϕυΐα] all. Angl. Esp. Le mot employé dans le latin courant de l'Antiquité et, dans le latin philosophique, jusqu'à l'époque moderne, est d'une grande richesse de sens. I. « », « » [εὐϕυΐα] (in-geno, ) se rattache à une importante famille indo-européenne de mots se rapportant à l'engendrement et à la naissance.

Dans tous ces différents emplois, exprime, lorsqu'il s'agit de l'homme, l'élément inné en lui de productivité, de créativité, de capacité de dépasser et de transformer le donné, qu'il s'agisse de la spéculation intellectuelle, de la création poétique et artistique, du discours persuasif, des innovations techniques, des pratiques sociales et politiques. « Il faut », écrit « un ingenium puissant pour détacher son esprit [mentem] des sens [a sensibu], et détacher sa pensée [cogitationem] de l'habitude » (Tusculanes, I, 16, 38) . ⇒ 2 encadré [1] Intuition II. « »/ « » humaniste et baroque III. IV. « » et « » Alain Pons Bibliographie Outils. Bild [allemand] Bild [allemand] fr. image, tableau, figure, visage gr.

[εἴδωλον] hébr. [םלצ], [תומדּ] lat. → image [eidôlon], et analogie, Bildung, Dichtung, doxa, imagination, mimêsis, oikonomia, représentation, species, tableau Le vocabulaire issu de « image », est particulièrement riche en allemand; non qu'il y ait, comme en grec, une pluralité différenciée de termes pour désigner l'image selon différents points de vue, mais parce qu'il existe une constellation particulièrement complexe de mots formés sur Bild et qui font système : et (modèle/archétype et copie), (copie aussi, mais en insistant sur la ressemblance plus que sur la fabrication), (ectype, copie, en insistant sur son statut second, imité), (formation, culture), (imagination)… L'évolution de ce système est représentative d'une bonne partie de l'histoire de la philosophie allemande.

I. A. . ⇒ 2 encadré L'image en hébreu B. II. « », « » : ou la vie de l' Le terme a connu un riche essor théologique et mystique, de @ à . A. « » à partir de « » C. Apparence. Apparence [entrée directionnelle] Le mot est d'emblée ambigu, puisqu'il fait signe tantôt vers l'« », c'est-à-dire la l'objectivité de ce qui apparaît de son propre fonds, tantôt vers l' et l'apparence trompeuse. I. L' apparence — apparition Apparence et apparition calquent le latin tardif et , liés à « apparaître », mais aussi « être au service de » (tout comme pareo, « se montrer », signifie aussi « obéir »; cf. notre « appariteur »), synonymes dans le latin d'église qui se sert d'apparitio pour rendre le gr. « manifestation, épiphanie ».

L'apparence-apparition renvoie à l'apparaître, à ce qui paraît en pleine lumière, l'apparition, la manifestation, le au sens premier du verbe gr. , « apparaître », de même racine que gr. « lumière » (voir phantasia, I, et l'encadré [1], « Phôs, phaino, phêmi » sous lumière). II. L'apparence (celle du « ne pas se fier aux apparences ») renvoie non moins à la fausse apparence, à l'illusion. III. IV. Voir image et, en particulier, eidôlon et mimesis.

Phantasia [grec] Phantasia [Φανταὓία] [grec] fr. imagination, image, (re)présentation gr. Lat. , all. , angl. , , La traduction standard du grec [ϕανταὓία] par « imagination » pose plus de problèmes qu'elle n'en résout, ne serait-ce que parce qu'elle recourt à un calque du latin impérial qu'ignorait pour qui désignait encore avant toute chose un portrait (De finibus, V, 1, 3).

La traduction moderne de phantasia par « représentation », qui tend à s'imposer, est certes meilleure en ce qu'elle ne renvoie pas à une notion, l'imagination, qui pour nous autres modernes désigne tout autre chose que ce que les Grecs pouvaient vouloir signifier par phantasia, mais elle ne fait pas droit à ce qui se tient au cœur de la phantasia : l'apparaître. I. « », apparition et représentation A.

B. « » et « », lumière ⇒ 2 encadré [1] Hobbes, et les difficultés du passage du latin au grec C. Si était bien conscient des difficultés à passer du grec au latin (voir encadré 1), les Latins eurent à les connaître directement. D. II. Imagination. Imagination [entrée directionnelle] Le français provient d'un latin impérial peu fréquent, (lui-même dérivé de dont le sens principal est « effigie, portrait », voir image), tandis que la racine grecque, (sur la lumière), s'est développée dans le sens de fantaisie, fantasme (voir encadré 3 « La réapparition du fantasme à partir de la psychanalyse », dans phantasia, pour le vocabulaire de la psychanalyse).

I. La tension entre production et reproduction La différence phantasia / imaginatio, dont témoignent les difficultés que les Latins ont éprouvé à traduire le grec, est celle entre la force créatrice des (phantasia, voir doxa) et la faculté reproductrice des (voir eidôlon, mimêsis), chacun des termes pouvant être lui-même travaillé du dedans par cette tension et les jugements de valeur qui s'y attachent. II. L'imagination comme faculté : esthétique et épistémologie Cette même tension détermine la place de l'imagination dans le jeu des facultés et des modalités d'être au monde. 1. 2.