Le territoire selon Guy Di Méo. Qu’est-ce que le territoire ?
Nous proposons ici une définition provisoire du terme. Elle tient compte des enseignements tirés de nos premiers constats quant à la nature de l’espace géographique, considéré sous ses différentes facettes, de l’espace produit à l’ espace vécu. Elle avance quelques hypothèses plus générales que nous nous efforcerons de vérifier par la suite.Pour ce qui a trait aux enseignements que l’on peut tirer de ce premier chapitre, nous retiendrons deux éléments constitutifs majeurs du concept territorial, sa composante espace social et sa composante « espace vécu ».Nous avons vu que l’espace social qualifie des lieux de la biosphère tissés par l’entrelacs des rapports sociaux et spatiaux. 1.
Il décrit, en se fondant sur les données (spatiales) de la géographie, l’insertion de chaque sujet dans un groupe, voire dans plusieurs groupes sociaux de référence. 2. 3. 4. Guy Di Méo. Voir aussi : territoire, identité territoriale. Lieux centraux. La théorie des lieux centraux a été conçue, principalement par W.
Christaller et A. Lösch, pour expliquer la taille et le nombre des villes et leur espacement dans un territoire. Elle s’appuie sur une définition de la ville qui en fait essentiellement un centre de distribution de biens et de services pour une population dispersée, et sur des principes d’optimisation (qui tiennent compte des coûts de transport). C’est une théorie qui se situe aux limites entre la géographie et l’économie spatiale, et qui peut être revendiquée par les deux disciplines. Mondialisation. La mondialisation est le processus géographique de création du niveau géographique mondial : le Monde avec une majuscule.
De fait, « mondialisation » est un terme souvent utilisé pour désigner ce niveau le plus élevé de l’« échelle » géographique. Dans cette entrée, « mondialisation » ne sera entendu qu’au sens strict de processus. Le mot a pu être daté de 1964, tandis que le terme anglais de globalisation remonte à un article du Spectator de 1962 (Dagorn, 1999).
Mais c’est seulement au tout début des années 1980 que ces deux mots tombent dans le domaine public (« Mondialisation » entre dans le Petit Larousse en 1981). Il est banal d’utiliser les deux mots comme synonymes, bien que « globalisation » puisse-t-être considéré comme un anglicisme. La construction du Monde commence avec la diffusion de l’humanité sur la plus grande partie des terres émergées, en particulier en Amérique et en Australie. Voir aussi : Centre/périphérie. Gentrification. La gentrification désigne une forme particulière d’embourgeoisement qui concerne les quartiers populaires et passe par la transformation de l’habitat, voire de l’espace public et des commerces.
Cette notion s’insère dans le champ de la s sociale et implique un changement dans la division sociale de l’espace intra-urbain, qui passe aussi par sa transformation physique. À l’origine, gentrification est un néologisme anglais inventé en 1964 par Ruth Glass, sociologue marxiste, à propos de Londres. Le mot est composé à partir de gentry, terme qui renvoie à la petit noblesse terrienne en Angleterre, mais aussi, plus généralement, à la bonne société, aux gens bien nés, dans un sens péjoratif. Ce nouveau mot a donc à l’origine un sens critique par rapport au processus qu’il désigne. Centre/Périphérie. La métaphore géométrique du centre et de la périphérie est souvent utilisée pour décrire l’opposition entre les deux types fondamentaux de lieux dans un système spatial : celui qui le commande et en bénéficie, le centre, et ceux qui le subissent, en position périphérique.
Ce couple conceptuel remonte au moins à Werner Sombart (Der moderne Kapitalismus, 1902), si ce n’est à Marx (les relations ville/campagne) et fut utilisé par les théoriciens de l’impérialisme (Rosa Luxemburg, Boukharine) mais ce sont des économistes des inégalités de développement qui lui donnèrent sa forme contemporaine (Samir Amin, Le développement inégal, 1973). Espace transfrontalier. L’idée d’un espace traversé par une frontière n’est pas pertinente en soi : elle suppose une surimposition d’une frontière dans un espace a priori continu et elle sous-estime les effets— frontière.
Reconnaître un espace transfrontalier suppose qu’au préalable existent des espaces frontaliers, que nous désignons comme une partie d’un territoire national bordée par une frontière d’État. L’espace frontalier (région, agglomération, zone) se trouve en situation de périphérie, de confins dans un contexte national et fait l’objet d’une gestion spécifique de la part des États en raison de la présence de la frontière, de cette limite bornée de son territoire. Lieu. Dans leurs écrits, les géographes « classiques » et nombre d’auteurs contemporains ne cessent de faire référence à ce que le sens commun définit comme des lieux, c’est-à-dire des portions déterminées et singulières de l’espace auxquelles sont associés des toponymes.
Pourtant, pendant longtemps le terme de « lieu » n’est presque pas employé (« contrée » ou pays peuvent faire figure de synonyme) ou, parce que l’on juge qu’il ne relève pas du langage scientifique, défini par les auteurs des dictionnaires de géographie. Il faut attendre la rupture paradigmatique des années 1960-70 pour voir apparaître, en plus de ce sens commun et assez vague qui perdure, deux acceptions précises du terme. La première relève du champ de l’analyse spatiale. Hypergéo. Le dictionnaire des géographes.