Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progressent pas. Dans le cadre d’une série sur le « pari éducatif high-tech » (dans laquelle notamment plusieurs experts américains tentent d’apporter leur vision sur ce à quoi ressemblera l’école dans 10 ans), Matt Richtel, pour le New York Times s’est rendu dans le district scolaire pilote de Kyrene en Arizona : un secteur où tous les élèves utilisent des tableaux blancs interactifs et des ordinateurs à l’école.
Depuis 2005, le district a investi 33 millions de dollars pour moderniser ses écoles. Ici, c’est la nature même de la classe, du rapport à l’enseignant qui a été transformé : l’enseignant circule entre les élèves qui apprennent à leurs rythmes sur leurs ordinateurs. Au profit de qui se fait la surenchère technologique à l’école ? Image : Le graphique de l’évolution des dépenses et des résultats du district de Kyrene dans l’Arizona réalisé par le New York Times. La poussée des dépenses technologiques intervient alors que les écoles doivent faire de durs choix financiers. Les métriques en question. Des classes numériques low cost et high tech à moins de 1000 € ? « Il faut DONNER ce que l’écosystème des enseignants est capable de produire et non pas le VENDRE ».
C’est ainsi que s’exprime dans un vibrant plaidoyer pour une plateforme de Ressources Numériques Éducatives Libres, Albert Claude BENHAMOU, lorsqu’il présente à Ludovia 2011 le programme « SANKORE, l’éducation libre en partage ». Il s’agit d’un programme pour l’Afrique, mais on sent bien dans ses propos combien il s’adresse également à tous les décideurs qui participent au développement du numérique éducatif en France. Déjà dans l’entretien qu’il accordait à Educavox lors des Rencontres de l’Orme 2010 il préconisait de « faire l’écosystème numérique français ouvert, libre et gratuit ». Aujourd’hui le projet est devenu programme et le logiciel Sankoré permet au « professeur non spécialiste de créer une ressource pédagogique, de l’implémenter avec d’autres ressources ainsi produites et de la partager dans un acte solidaire ». R. Murdoch, l’école et la révolution numérique. « La révolution numérique a tout changé, sauf l’éducation, demeurée inchangée depuis l’époque victorienne », a déploré le magnat des médias australo-américain Rupert Murdoch, invité à s’exprimer sur le thème de l’éducation à la tribune de l’e-G8 à Paris.
"Quelqu’un qui aurait fait une sieste pendant 50 ans ne reconnaîtrait rien aujourd’hui. Les médecins sont passés de moyens artisanaux aux IRM, les éditeurs de quotidiens délivrent des informations 24 heures sur 24. Tout a changé, mais pas l’éducation", a-t-il ajouté. Le communiqué de l’AFP ajoute cette phrase terrible : « Pour le propriétaire, notamment, du tabloïd The Sun en Angleterre, ainsi que du New York Post et de la chaîne de télévision Fox News aux Etats-Unis, on ne met pas en valeur le potentiel de millions d’enfants ». Certes, le personnage est considéré par de nombreux éditorialistes comme l’homme le plus puissant ou le plus dangereux du monde. Quelles peuvent être ces raisons ? « Repenser la réforme/Réformer la pensée ! L’innovation éducative : une question économique. L’éducation paraît partout en crise.
Les plus grandes écoles se posent des questions non seulement sur l’avenir de l’éducation, mais également sur comment apprendre à l’heure des nouvelles technologies. Comme si leur intégration nécessitait de reposer en profondeur la question de l’apprentissage dans une société qui nous semble toujours plus complexe. Pourtant, les résultats de l’informatisation à l’école n’ont pas été forcément ceux attendus : comme le soulignait l’année dernière Matt Richtel dans sa série pour le New York Times.
Là où il s’est installé, le numérique n’a pas eu d’effet majeur sur les résultats scolaires des élèves. Partout, son intégration pose plus de questions qu’elle n’offre de réponses. Quand la question économique prime sur la réponse éducative Nicholas Negroponte, le fondateur du Media Lab du MIT et le promoteur du programme OLPC allait récemment, dans une tribune pour la Technology Review jusqu’à défendre l’apprentissage sans école.