L’édition scientifique (2) : le temps de la révolte. Dans un premier article, nous avons décrit la domination d’un oligopole de quatre groupes sur l’édition scientifique mondiale. Cette domination a suscité des réactions pratiques des autres acteurs de ce secteur, - bibliothécaires, documentalistes et chercheurs - réactions qui ont progressivement donné naissance à un nouveau modèle éditorial, concurrent du premier, et plus conforme à l’idée que se font les chercheurs de leur communication. La première réaction face à la hausse du prix des revues a été, pour les bibliothécaires et documentalistes, de se regrouper pour constituer une force de négociation face aux grands éditeurs. Ces groupements d’achat s’appellent les consortiums. Les consortiums de bibliothèques existent depuis les années 1930 aux Etats-Unis, mais ils ont connu récemment, à la fin des années 1990 un nouveau développement pour les raisons indiquées plus haut. En France, le consortium Couperin est le plus important.
Ecrire sur le ciel Vers un nouveau modèle ? Jean Pérès. L’édition scientifique (1) : un oligopole profitable. Le petit monde de l’édition scientifique qui permet aux chercheurs de communiquer entre eux n’est pas un monde à part. Ou en tout cas, il ne l’est plus depuis que quelques sociétés capitalistes ont compris qu’il y avait là de l’argent, beaucoup d’argent à gagner, et qu’elles s’y sont appliquées avec la délicatesse qu’on leur connaît. Mais depuis quelques années, la communauté scientifique s’est ressaisie et s’appuyant sur ses idéaux universalistes et sur Internet, elle est repartie à la conquête de sa communication confisquée. Ce premier article aborde, d’un point de vue économique l’édition des revues scientifiques du secteur sciences, techniques et médecine (STM) [1]. En effet, c’est dans l’édition STM que la pénétration de la logique marchande, qui nous intéresse ici, est de loin la plus avancée. Alors que le livre joue encore un grand rôle dans la communication scientifique dans les SHS, ce sont presque exclusivement les revues qui jouent ce rôle dans les STM.
Un oligopole à franges. La révolte contre l’oligopole de l’édition scientifique s’intensifie. Dans un article paru en deux parties en août 2011, nous avions successivement décrit, la domination du marché de l’édition scientifique par un petit nombre de sociétés avides de profit (L’édition scientifique (1) : un oligopole profitable), puis la contestation de cet oligopole par les bibliothécaires-documentalistes et les chercheurs (L’édition scientifique (2) : le temps de la révolte). Or, depuis le mois de janvier 2012, une nouvelle offensive des chercheurs a pris corps à partir de l’initiative de l’un d’entre eux. Le boycott d’Elsevier Le 20 janvier 2012 Timothy Gowers, un mathématicien anglais renommé (médaille Fields 1998), publie sur son blog un article intitulé (« Elsevier : my part in its downfall ») dans lequel il s’engage à ne plus publier ses travaux de recherche chez l’éditeur Elsevier [1] et il invite les autres chercheurs à s’y associer. Pour expliquer sa décision, Gowers s’appuie sur quatre arguments.
Elsevier recule Harvard monte au créneau Jean Pérès. Boycott d'Elsevier. L’éditeur de revues scientifiques connu pour ses tarifs commerciaux de plus en plus coûteux pour les universités et centre de recherche se trouve confronté à un vent de révolte des scientifiques. Elsevier c’est un éditeur néerlandais spécialisé dans les journaux scientifiques qui publie plus de 2 000 journaux différents très présent dans le domaine scientifique. Comme ses homologies Springer ou Macmillan Publishers il cherche le profit maximum et pratique des prix exhorbitants pour les université et centres de recherche sans rapport avec les coûts de production.
En 2009 il a ainsi dégagé 1,1 milliard de dollars de progit net pour un chiffre d’affaires de 3,2 milliards ! Sur son blog le mahématicien Tim Gowers a lancé un appel relayé sur le site "Le cout de la connaissance" Le 19 février plus de 6500 chercheurs ont signé une pétition qui condamne le prix excessif des abonnements Le mouvement contre la maison s’est enflammé en à peine dix jours. Et indique. L’édition scientifique (2) : Le temps de la révolte. Un article de Jean Pérès repris du magazine ACRMIED un blog, observatoire des médias publié sous licence creative commons by sa La première réaction face à la hausse du prix des revues a été, pour les bibliothécaires et documentalistes, de se regrouper pour constituer une force de négociation face aux grands éditeurs. Ces groupements d’achat s’appellent les consortiums. Les consortiums de bibliothèques existent depuis les années 1930 aux Etats-Unis, mais ils ont connu récemment, à la fin des années 1990 un nouveau développement pour les raisons indiquées plus haut.
En France, le consortium Couperin est le plus important. Cela dit, les consortiums, malgré l’aide incontestable qu’ils apportent, n’ont pas permis de modifier sensiblement la politique des prix des grands éditeurs. Ce sont sans doute les bibliothécaires des universités de Californie qui sont allés le plus loin dans la contestation des pratiques des éditeurs commerciaux. Ecrire sur le ciel Vers un nouveau modèle ? Jean Pérès Notes. L’édition scientifique (1) : un oligopole profitable. Un article de Jean Pérès repris du magazine ACRIMED un blog, observatoire des médias publié sous licence creative commons by sa Alors que le livre joue encore un grand rôle dans la communication scientifique dans les SHS, ce sont presque exclusivement les revues qui jouent ce rôle dans les STM.
Elles en sont le média de prédilection. Dès l’origine (XVIIe siècle), les sociétés savantes, soucieuses de faire connaître leurs travaux, sont les éditeurs naturels des revues scientifiques, fonction qu’elles assurent jusqu’au milieu du XXe siècle, et encore aujourd’hui pour une bonne part. Après la guerre de 1939-1945, face à l’explosion des budgets de la recherche et du nombre des chercheurs, les sociétés savantes, mal adaptées à ce nouveau contexte, ont dû céder une grande partie de leur activité à des sociétés commerciales.
Après une période de montée en charge, ces dernières connaissent, à partir des années 1970, une prospérité qui ne s’est par la suite jamais démentie. Un oligopole à franges. Pour libérer les sciences, par Christophe Masutti. Toute recherche scientifique digne de ce nom doit ouvrir son code informatique. Voici un récent article du Guardian qui tourne paradoxalement autour du logiciel libre et des formats ouverts mais sans véritablement les nommer. Nous avons cependant jugé qu’il avait son intérêt dans la mesure où la science et la recherche ont désormais de plus en plus recourt à l’informatique pour traiter des données et en tirer analyses et conclusions[1] Or comment voulez-vous que l’on puisse valider les résultats si les applications utilisées sont propriétaires ou si les chercheurs eux-mêmes ne mettent pas le code de leur programme à disposition ?
L’article s’appuie sur la récente affaire dite du « Climategate » qui a fait grand bruit outre-Manche (et étrangement peu de cas chez nos grands médias français). Quand recherche sérieuse rime avec libération du code informatique If you’re going to do good science, release the computer code too Darrel Ince - 5 février 2010 - The Guardian(Traduction Framalang : Kovalsky et Olivier) Le code informatique est au coeur d’un problème scientifique. .