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Histoire, mémoires - Faut-il déboulonner les statues et débaptiser les noms de rues ?

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Solitude, première femme noire à avoir une statue à Paris

Patrick Boucheron : “Notre histoire est plus grande que celle qu’exaltent les apôtres des grandeurs de la France” « Je n’ai pas vu venir la vague, mais quand elle a surgi, je l’ai aussitôt reconnue.

Patrick Boucheron : “Notre histoire est plus grande que celle qu’exaltent les apôtres des grandeurs de la France”

Pourquoi déboulonne-t-on des statues qui n’intéressent (presque) personne ? - Analyse de la sociologue Sarah Gensburger. Depuis le déboulonnage de la statue d’Edward Colston à Bristol le 7 juin dernier, la présence des statues dans l’espace public est devenue une question médiatique.

Pourquoi déboulonne-t-on des statues qui n’intéressent (presque) personne ? - Analyse de la sociologue Sarah Gensburger

Dans ce débat, en France tout au moins, les scientifiques à avoir pris la parole ont jusqu’ici principalement été des historiens. La sociologie politique de la mémoire est toutefois susceptible d’apporter un regard sensiblement différent sur cette actualité. Elle s’intéresse en effet non tant à ce qu’il faudrait commémorer, ou à la manière dont il faudrait le faire, mais aux effets sociaux de ces rappels publics du passé dans la société contemporaine. Enzo Traverso : Les déboulonneurs de statues n'effacent pas l'histoire, ils nous la font voir plus clairement – ACTA.

Dans le sillage du mouvement global contre le racisme et les violences policières né en réaction au meurtre de George Floyd par un policier blanc de Minneapolis, de nombreuses statues symbolisant l’héritage de l’esclavage et de la colonisation ont été prises pour cible un peu partout dans le monde.

Enzo Traverso : Les déboulonneurs de statues n'effacent pas l'histoire, ils nous la font voir plus clairement – ACTA

En France l’actualité a ainsi été marquée ces derniers jours par l’action menée par la Brigade Anti-Négrophobie contre la statue de Colbert devant l’Assemblée Nationale. Dans cet article, traduit du site Jacobin, Enzo Traverso soutient que la vague iconoclaste à laquelle nous assistons, loin de nier le passé, est au contraire porteuse d’une « nouvelle conscience historique » qui vise à libérer le passé du contrôle des oppresseurs. Requiem pour des statues ? par Emmanuel Fureix. Robert Musil affirmait avec ironie qu’ériger des statues aux grands hommes, c’était « les précipiter, une pierre commémorative au cou, au fond de l’océan de l’oubli » !

Requiem pour des statues ? par Emmanuel Fureix

Et pourtant… Certaines statues sont bien vivantes, peut-être même trop. Elles fonctionnent comme des sismographes de nos sociétés. Et ce à une échelle quasi planétaire quand on sait l’ampleur, depuis 2015 et le mouvement « Rhodes must fall », des contestations de statues liées de près ou de loin à la colonisation ou à l’esclavage. En France, jusque-là un peu à l’écart de ce mouvement, d’aucuns commencent à s’effrayer d’un nouveau « séparatisme », voire d’un « fascisme » décolonial qui s’attaquerait aux traces mêmes de l’histoire. Tribune d'historiens contre le déboulonnage. Nicolas Offenstadt, historien : "Emmanuel Macron fait une grosse confusion entre l'Histoire et la mémoire"

L'historien Nicolas Offenstadt, maître de conférences à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Nicolas Offenstadt, historien : "Emmanuel Macron fait une grosse confusion entre l'Histoire et la mémoire"

"Ne pas rester figé sur un récit qu'il faudrait apprendre en bloc" Nicolas Offenstadt revient sur l'épisode la crise sanitaire : "Le futur nous informe sur le présent : il y avait une demande de changements forte (...) Mais dans toute transformation , il y a des transformations sociales : on ne voyait pas, ça invitait à la réserve. " Sans changement des structures sociales, il était difficile d'envisager un monde nouveau. Remise en cause de l'Histoire par les jeunes générations "Se saisir de l‘Histoire, c'est quelque chose de très sain (...) ne pas rester figé sur un récit qu'il faudrait apprendre en bloc, ne plus jamais toucher (...) Antiracisme : pourquoi s'en prendre aux statues est un acte hautement politique - Le regard de l'historien Emmanuel Fureix.

Dans le sillon des manifestations contre le racisme qui se propagent depuis la mort de George Floyd, étouffé par un policier le 25 mai, des statues d'Edward Colston, Churchill ou encore Leopold II ont été déboulonnées ou dégradées.

Antiracisme : pourquoi s'en prendre aux statues est un acte hautement politique - Le regard de l'historien Emmanuel Fureix

Nous avons interrogé l'historien Emmanuel Fureix sur cet iconoclasme politique, une tradition héritée de la Révolution française. Deux semaines après la mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans tué lors d'un contrôle de police à Minneapolis le 25 mai, le mouvement contre le racisme ne désemplit pas. Déboulonner les statues? "Ces questions méritent un débat public" selon l'historien Nicolas Offenstadt. Faut-il déboulonner les statues liées au racisme ? ► Ce qui est frappant, ici, c’est l’ampleur de la contestation Jacqueline Lalouette, historienne, auteure d’Un peuple de statues.

Faut-il déboulonner les statues liées au racisme ?

La célébration sculptée des grands hommes (Mare & Martin, 2018). Le déboulonnage actuel des statues de personnages liés à l’esclavage et à la colonisation renvoie en réalité à un comportement très ancien. On pense aux guerres de religion, à la Révolution française, ou au XIXe siècle riche en changements de régimes, au cours duquel les représentations liées au régime précédent étaient rapidement mises à bas. Sous Vichy aussi, de nombreuses statues ont été déboulonnées, fondues, pour des raisons en partie idéologiques mais surtout pour récupérer les métaux non-ferreux pour l’agriculture et l’industrie (1). → À LIRE.

Sarah Gensburger, sociologue de la mémoire : «Le déboulonnage est une façon parmi d'autres de transformer le sens des statues» Ces dernières semaines ont été marquées par des appels à déboulonner certaines statues de personnages ayant eu un rôle dans la traite négrière en France (comme Colbert par exemple).

Sarah Gensburger, sociologue de la mémoire : «Le déboulonnage est une façon parmi d'autres de transformer le sens des statues»

Aux États-Unis, en Angleterre et en Belgique, des militants sont passés à l’acte. Sarah Gensburger, sociologue de la mémoire au CNRS, auteure, avec Sandrine Lefranc, de «A quoi servent les politiques de mémoire ?» , revient sur ce phénomène. TRIBUNE. G. Mazeau et M. Larrère - Déboulonnages : l’histoire et l’espace public en partage. « La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire.

TRIBUNE. G. Mazeau et M. Larrère - Déboulonnages : l’histoire et l’espace public en partage

Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue » : alors qu’un puissant mouvement contre le racisme et les violences policières se lève dans le monde depuis l’assassinat de George Floyd, Emmanuel Macron choisit, droit dans ses bottes, de s’exprimer sur les statues déboulonnées. En quelques jours, les images des manifestants en colère renversant les monuments associés au racisme et à la colonisation se sont en effet diffusées dans le monde entier. Et ont provoqué des débats acharnés, au risque – ne pourrait-on parfois dire dans le but ? 28 Minutes - Faut-il déboulonner des personnages historiques ? (15/06/2020) (de 12 à 35 min) Témoignage : routiers, ils roulent pour nousStivelle Malfleury fait partie des routiers interviewés par le journaliste Jean-Claude Raspiengeas pour son livre-enquête intitulé "Routiers - Ils sont au cœur de nos vies" (chez l'Iconoclaste).

28 Minutes - Faut-il déboulonner des personnages historiques ? (15/06/2020) (de 12 à 35 min)

Maillons invisibles et indispensables de la chaîne d’approvisionnement, les routiers ne disposent plus de la même liberté qu'auparavant. À 35 ans, Stivelle Malfleury exerce ce métier depuis dix ans. Du passé faisons table rase ou non au vandalisme? La Révolution française. Du passé faisons table rase ou non au vandalisme ? L’expérience de la Révolution française Jean-Clément Martin La révolution a beaucoup détruit. Elle a même commencé par là, quand les paysans brûlaient les châteaux et les archives, dès le printemps 1789, et bien entendu quand l’Assemblée nationale décide, le 15 juillet 1789, que la Bastille sera rasée. Déboulonnage de statues : l'archéologue Jean-Paul Demoule dresse une brève histoire de l'iconoclasme. Ce texte de l'archéologue Jean-Paul Demoule (voir sa "bio express", plus bas) est le nouveau témoignage que nous publions dans notre série "Des statues et des hommes". A lire, nos articles précédents, François-Xavier Fauvelle : "Etre Français, c'est aussi être descendant d'esclaves" et Jacqueline Lalouette : "Il faut davantage de statues de personnalités noires" ; "Bâtir un récit commun qui nous rassemble" par André Delpuech ; "Qui sont les Français d'aujourd'hui" par Serge Gruzinski ; la carte de la mémoire statutaire par Christian Grataloup.

Le déboulonnage, la destruction ou la dégradation de statues liées à l’histoire de l’esclavage, des généraux sudistes au roi Léopold II de Belgique et jusqu’à Victor Schœlcher, viennent de replacer à nouveau, dans le temps court de l’actualité, le débat sur l’iconoclasme, une pratique de tous les temps. Des diverses formes d’iconoclasme BIO EXPRESS Jean-Paul Demoule : Archéologue et préhistorien français. Racisme : F.X. Fauvelle réagit au déboulonnage des statues. François-Xavier Fauvelle est historien et archéologue français spécialiste de l'Afrique. En 2019, il est devenu le premier professeur du Collège de France à détenir une chaire permanente et intégralement consacrée à l'histoire de l'Afrique ancienne. Il répond ici aux questions de Sciences et Avenir.

Sciences et Avenir : Qu'est-ce que ces événements vous inspirent en tant qu'historien ? Racisme et statues déboulonnées, Jacqueline Lalouette réagit. Jacqueline Lalouette est professeure émérite (Université de Lille) et membre honoraire de l'Institut universitaire de France (IUF). Elle est une historienne spécialiste, notamment, de la libre-pensée, de la laïcité et de l'anticléricalisme aux XIXᵉ et XXᵉ siècles. En 2018, Jacqueline Lalouette a publié " Un peuple de statues.

La célébration sculptée des grands hommes. France 1801-2018 ", Mare & Martin (605 p., 270 photographies). Tribune JM Ayrault juin 2020 - « Comment comprendre que dans les locaux de l’Assemblée nationale, une salle porte encore le nom de Colbert ? » La présence de la statue de Colbert devant l'Assemblée Nationale est-elle un hommage de la République au ministre de Louis XIV ? Fil Twitter de l'historien Patrick Fournier. Y a-t-il des statues à déboulonner en France ? - "Du grain à moudre" France culture - 29/08/2017.

Fallait-il ou pas déboulonner la statue du général Lee à Charlottesville, aux Etats-Unis ? Vue de France, la question appelle une réponse claire : oui, il fallait le faire. Le général Lee incarne (parmi d’autres) ce que fut la politique esclavagiste des Etats confédérés du sud. Oui encore dans la mesure où les suprémacistes blancs en ont fait un de leur héros : pour preuve, les violences du 12 août dernier, au cours desquelles une manifestante anti-raciste a trouvé la mort. Essayez à présent d’importer cette problématique en France et le sujet devient beaucoup plus complexe. Paris : Bras de fer autour de la plaque «Au nègre joyeux » La polémique vire... au bras de fer.