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Les erreurs de frappe du réel. Un seul A vous manque et tout est ruiné, par la volonté d'une finance en folie déconnectée du réel.

Les erreurs de frappe du réel

Le philosophe Jean-Paul Jouary fait un détour par Aristote pour nous rappeler les fondamentaux d'une économie saine dans sa nouvelle chronique. Les vraies richesses sont celles de la nature. C’est moins leur acquisition que l’usage qui est l’objet de la science économique. Aristote Il y a vingt cinq siècles, Aristote établissait une distinction entre deux usages de la monnaie : inventée pour faciliter les échanges, comme moyen intercalé entre deux marchandises propres à satisfaire des besoins humains, la monnaie peut aussi servir de point de départ et d’arrivée d’une autre sorte d’échange. Vingt-cinq siècles plus tard, un bruit qui court sur une banque, une faute de frappe d’une “agence de notation”, une déclaration sur l’état d’un pays, et voilà des salaires réduits, des usines qui ferment, des gouvernements qui tombent, des services publics que l’on démantèle.

La démocratie par tirage au sort. Campagne présidentielle ou non, le couple démocratie-élections s'impose aujourd'hui comme une évidence.

La démocratie par tirage au sort

D'autres systèmes de sélection sont pourtant possibles, notamment le tirage au sort, comme le rappelle Jean-Paul Jouary, chroniqueur iconoclaste. Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. – Montesquieu. Il peut paraître choquant aujourd’hui de se demander si suffrage universel et la démocratie sont identiques, tant le droit de vote a été difficile à acquérir, et tant il est évident que les peuples qui en sont privés sont pour cela même privés de démocratie. De fait, il n’est pas de démocratie sans que le peuple opère ses choix par le suffrage universel. Cela signifie-t-il pour autant que tout suffrage universel soit démocratique ? A lire sur ces questions : La démocratie anesthésiée, que Bernard Vasseur vient de publier aux Editions de l’Atelier.

La philosophie du gouvernail. Taxer de « populiste » le référendum proposé aux Grecs, c'est s'assoir sur un principe clé de la démocratie, la représentation.

La philosophie du gouvernail

Une nouvelle chronique de Jean-Paul Jouary. Si nous avons un prince, c’est afin qu’il nous préserve d’avoir un maître. - Pline l’Ancien La planète a échappé à un scandale : un peuple d’Europe a failli être consulté sur l’avenir de ses salaires, de ses services publics, de son économie, de tout ce qui fait sa vie. Fort heureusement, ce ne sera pas le cas : les Grecs – dont les ancêtres inventèrent jadis la démocratie – devront subir leur sort sans mot dire. Les grands de ce monde et les Bourses avaient bondi à cette simple idée, les traitant d’irresponsables et de « populistes » : quiconque prétendant donner au peuple un rôle décisionnel se voit ces temps-ci traité de « populiste », ce qui signifie en clair que la félicité du peuple dépend toujours de ses maîtres et jamais de lui-même. Essayiste, Jean-Paul Jouary chronique avec philosophie la présidentielle.

Les sondages écrivent notre futur politique. Les sondages d'intention de vote contribuent à modifier le résultat d'une élection.

Les sondages écrivent notre futur politique

Finalement, nous ne votons plus selon nos idées mais selon ce qui est annoncé comme découlant des choix dictés par nos convictions. Une nouvelle chronique Jean-Paul Jouary. La question n’est pas, comme pour Hamlet, d’être ou de ne pas être, mais d’en être ou de ne pas en être. - Marcel Proust Revenons sur l’idée à laquelle nous étions parvenus dans la chronique précédente : alors que la parole vivante peut engendrer des créations historiques comme certains peuples l’ont prouvé au cours de cette année, les sondages sur les intentions de vote induisent des comportements d’adaptation à un avenir déjà écrit et enferment dans les logiques présentes. Ils ne sont cependant pas vécus comme tels. Que le citoyen soit hésitant ou bien déjà décidé, il recevra les sondages comme un futur déjà écrit et ne pourra alors que s’interroger sur ce qu’il peut faire pour garantir ou empêcher ce futur.

Photo via Flickr par. Une incertitude primaire. Arnaud Montebourg a surpris les instituts de sondage et les favoris de cette primaire socialiste.

Une incertitude primaire

Mais qui d'autre ? Épisode peu étonnant pour le philosophe Jean-Paul Jouary, penseur de ces moments (in)attendus. En aucun cas et d’aucune manière le passé par lui-même ne peut produire un acte. – Jean-Paul Sartre, L’être et le néant Prisonnier d’un de ces embouteillages dont Paris a le secret certains dimanches soirs, la radio m’apprend que l’Université du Tennessee vient de réaliser un super-ordinateur appelé Nautilus, censé posséder la capacité de prédire l’avenir en analysant des centaines de millions d’articles de presse anglophones et des rapports gouvernementaux américains. Il s’agit pour ses concepteurs de “prévoir le comportement humain à grande échelle”, en associant des localisations géographiques à des fréquences de mots comme “bonheur” ou “malheur” selon des méthodes de calcul, précisent-ils “très proches des algorithmes utilisés dans les prévisions économiques”.

Tweetez citoyens. Monde numérique, monde d'informations, mais monde doué de raison(s).

Tweetez citoyens

Autant la solliciter donc. Pour OWNI, le philosophe Jean-Paul Jouary s'arrête sur nos accélérations. Pour penser ce monde-ci. Chronique. Écouter et lire les informations quotidiennes peut désespérer quiconque s’efforce de raisonner avec un souci minimum d’universalité. Pour la conscience qui se laisse informer de toutes parts, tout devient problématique et tout devient égal La philosophie se niche dans les remous de l’actualité En y regardant de plus près cependant, cette juxtaposition d’informations hétéroclites pourrait bien dévoiler quelques questions philosophiques essentielles. Ou encore : prétendre préfigurer l’avenir d’un peuple en sondant ses intentions présentes, n’est-ce pas feindre d’ignorer que, pour les humains, toute idée du futur entraîne une modification du comportement présent donc de ses conséquences à venir ?

Derrière le printemps arabe N.B : Un mot sur un livre, “Zones grises.