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Réforme

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Cinq propositions pour remettre l’éducation sur ses rails. En marge de la consultation du ministre de l’Éducation, plusieurs médias, dont Le Devoir, ont publié des articles sur l’éducation. Il est en effet urgent de mener une profonde réflexion sur le système scolaire québécois et la mission de l’école québécoise. Après avoir oeuvré plus de quarante ans dans divers ordres d’enseignement, du secondaire à l’universitaire, nous avons lu et entendu tant de propos sur l’éducation qu’il est presque gênant d’en ajouter.

Mais… il y a péril en la demeure. Aussi jugeons-nous nécessaire de participer au débat en soumettant cinq propositions. Loin donc de l’absurde trilogie néolibérale du Programme de l’école québécoise du MEES où sont juxtaposées trois finalités : instruire, socialiser, qualifier, comme si elles étaient mutuellement exclusives et équivalentes. Non. 2) Il faut aussi en finir avec l’apartheid scolaire, donc cesser le financement public des écoles privées et refuser la sélection sociale par les filières d’élite dans le public. Reseau.fing. Les TIC, pour un meilleur accès aux savoirs.

Dans le cadre du «Devoir» de débattre du 6 octobre dernier qui a porté sur les «Mutations tranquilles de l’éducation», un des participants publie aujourd'hui un texte dans lequel il pourfend l'utilisation en classe des technologies de l'information et de la communication (TIC). Elles seraient selon ce professeur de philosophie au Cégep Gérald-Godin un «cheval de Troie» destiné «à casser, à mettre au pas et à dénaturer le rôle fondamental de l’enseignant». Se servant des résultats pour le moins mitigés de la dernière Réforme de l’éducation au Québec, Réjean Bergeron prétend que l’entrée en force des TIC dans le monde de l’enseignement devient une tentative de donner «un second souffle» aux mêmes idées...

«Ainsi, les deux approches partagent la même conception utilitariste et mécaniste du fonctionnement de la mémoire et de la pensée. Rien de plus faux, de mon point de vue. « Savoir par cœur n’est pas savoir. Est-on en présence d'une simple résistance [pourrait-on ajouter "justifiée" ?] Les TIC, un cheval de Troie. La Réforme de l’éducation au Québec est un échec. Plusieurs études en ont déjà fait le constat. Mon but, ici, n’est donc pas de refaire sa nécrologie. Toutefois, cette réforme semble trouver un second souffle grâce à l’entrée en force des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le monde de l’enseignement. En effet, depuis quelques années, ordinateurs portables, tableaux blancs interactifs et tablettes numériques ont, grâce à leurs belles allures et à des promesses pédagogiques pourtant sans fondement scientifique, séduit plusieurs directions d’école, parents, pédagogues et enseignants, pour graduellement prendre leur place dans les salles de cours.

Mais qu’ont en commun la Réforme de l’éducation et ces technopédagogies ? Comment expliquer une pareille association ? Ainsi, les deux approches partagent la même conception utilitariste et mécaniste du fonctionnement de la mémoire et de la pensée. Ife.ens-lyon.fr/ife/ressources-et-services/ocep/points-de-vue/sanchez-quebec. Le marteau du prof Baillargeon. Réforme scolaire: échec collectif | Brigitte Breton | Éditoriaux. Toutes les conditions sont réunies pour aboutir à un bilan mitigé de la réforme devenue en chemin le «renouveau pédagogique». Est-ce irréaliste de souhaiter que la suite des choses se déroule avec plus de rigueur, plus de leadership, plus de clarté, plus de concertation entre les différents acteurs et dans le souci de mieux servir les intérêts des élèves plutôt que celui de gagner une guerre de chapelles? Des leçons doivent être tirées pour ne pas répéter les mêmes erreurs tous les 20 ans et accoler injustement l'étiquette de cobayes et de «pas bons» à une génération.

Sept ministres ont pris la barre du ministère de l'Éducation depuis le lancement de la réforme, y apportant des modifications non pas à partir d'un suivi rigoureux et de données probantes, mais bien au gré de l'opinion publique et d'intérêts partisans. Incroyable, mais tristement vrai, le Ministère n'a confié qu'en 2007 à un groupe de recherche le mandat de dresser un bilan. Constat d'échec de la réforme scolaire | Daphnée Dion-Viens. Au début 2012, les chercheurs Jean-François Cardin et Érick Falardeau ont interrogé 427 enseignants du primaire et du secondaire pour savoir ce qu'ils pensaient de la réforme, rebaptisée «renouveau pédagogique» en cours de route. Signe qu'il s'agit toujours d'un «sujet sensible» dans les corridors des écoles, plusieurs commissions scolaires ont refusé que leurs enseignants participent à cette enquête, ce qui n'a toutefois pas empêché les chercheurs d'en arriver à des données «valables sur le plan méthodologique», affirment-ils.

Résultat : les profs interrogés dressent un portrait sombre de la réforme, qui n'a pas permis aux élèves de mieux réussir alors qu'il s'agissait pourtant de l'un des objectifs centraux de ce vaste chambardement pédagogique. «On pense que ces résultats sont très représentatifs du portrait global. Et le sentiment général n'est pas très positif. Élèves en difficulté Concernant la maîtrise du français, les réponses ne sont guère plus reluisantes. Réforme: des professeurs dépassés et laissés à eux-mêmes | Daphnée Dion-Viens.

Une des raisons qui pourraient expliquer l'échec de la réforme scolaire est le manque de formation donnée aux enseignants, avancent les chercheurs Jean-François Cardin et Érick Falardeau, professeurs à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval. «Les profs sont très fâchés contre le Ministère. Ils ont l'impression qu'on leur a balancé la réforme sans les aider à la mettre en place. Il y a eu très peu de formation et tout le monde a dû bizouner soi-même sa propre planification de classe», affirme M. Falardeau. Selon une enquête réalisée auprès de 427 enseignants (voir autre texte), 83 % d'entre eux affirment avoir appris davantage par eux-mêmes que par les formations et 57 % affirment que le ministère de l'Éducation ne les a pas aidés à mettre en oeuvre ce «renouveau pédagogique». Par ailleurs, 75 % des profs interrogés considèrent que la réforme leur a été imposée sans qu'ils aient été consultés.