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Sociologie

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Dominique Pasquier : Les familles populaires, le numérique et l'Ecole. "La situation actuelle d’école à distance ne changera peut-être pas les pratiques des familles ni même le regard positif qu’elles ont sur l’utilisation précoce des outils numériques, en revanche cela risque d’exacerber le sentiment que l’école n’est pas pour eux".

Dominique Pasquier : Les familles populaires, le numérique et l'Ecole

Sociologue, Dominique Pasquier travaille sur la sociologie de la culture et du numérique. En 2018, elle a publié les résultats d’une enquête sur l’usage d’Internet dans des familles populaires de la France rurale. Aujourd’hui avec le confinement et la classe à la maison, ses travaux permettent d’éclairer les enjeux de cette forme de « scolarisation » dans les rapports familles et école. L’usage d’Internet est différencié selon le milieu social, pourquoi ? Il existe des différences essentielles dans l’usage d’Internet en fonction des milieux sociaux et elles sont objectivement constatables. Il y a aussi une différence de rapport à l’écrit. (20+) Faut-il parler des déterminismes sociaux aux jeunes qui les subissent. Tribune.

(20+) Faut-il parler des déterminismes sociaux aux jeunes qui les subissent

Un professeur fait face à un flot interminable de questions de toutes sortes. Des pertinentes, des indiscrètes, des fatigantes, des drôles, des étonnantes et parfois des tristes, comme celle que m’avaient posée un jour mes 4e Segpa : «Monsieur, pourquoi est-ce qu’on est nuls ?» Je les ai invités à combattre le manque de confiance en eux par plus d’optimisme et de travail. L’idée qu’ils s’estiment «nuls» m’était insupportable, mais ils voyaient bien que leur niveau scolaire était très éloigné de celui de leurs camarades dans les classes générales. J’avais bien une réponse juste et déculpabilisante à leur offrir. J’aurais même pu, en m’appuyant sur le dernier ouvrage dirigé par Bernard Lahire, m’attarder sur les mécanismes concrets par lesquels la hiérarchie sociale s’inscrit dans leurs corps et leurs esprits dès le plus jeune âge. «Et puis à quoi bon le savoir ?»

Enoncer brutalement les règles du jeu risque donc de décourager les participants les plus vulnérables. Photo DR. (6) Des jeunes au bord de l’illettrisme numérique. Tribune.

(6) Des jeunes au bord de l’illettrisme numérique

«Chaque génération possède un million de visages et autant de voix» : ainsi débute un article du Time, publié en novembre 1951, qui se pose la question de savoir s’il est possible de dépeindre le portrait d’une génération entière. S’ensuit une enquête hasardeuse mais captivante durant laquelle des correspondants, partout à travers les Etats-Unis, sondent les jeunes, leurs parents et leurs professeurs, avec une bien audacieuse ambition : au million de visages et de voix, trouver des traits communs et des tonalités semblables. Cette enquête, plus lyrique que scientifique, donne naissance à un terme qui traverse les âges pour décrire la jeunesse américaine des années 50 : la génération silencieuse.

Celle qui ne veut pas aller à la guerre mais montre peu d’enthousiasme pour la paix. Mes doutes sont confirmés par des études. Et pour aller plus loin... La vision idéalisée. Fabien Truong : «Pour les jeunes de banlieue, décrocher un diplôme, c’est devenir comme les autres» En se focalisant sur «la crème de la crème banlieusarde» - des élèves en filières générales optant pour des études supérieures - le sociologue Fabien Truong (photo DR) a suivi le parcours d’une jeunesse qui s’élève par l’école et réalise le rêve méritocratique.

Fabien Truong : «Pour les jeunes de banlieue, décrocher un diplôme, c’est devenir comme les autres»

Depuis les émeutes de Clichy-sous-Bois de 2005 jusqu’à la tragédie de Charlie en 2015, l’enquête de cet ancien prof de lycée dans le «9-3» s’étire sur dix ans. Son ouvrage, Jeunesses françaises (éditions La Découverte), joue sur l’image récurrente du «cheval à bascule», permettant des allers-retours quotidiens entre Paris et la banlieue, et la «dilution» de ces étudiants qui naviguent entres les frontières du monde social. Jeunes de banlieue, Jeunesses françaises. Que deviennent les jeunes de banlieue après le lycée ?

Jeunes de banlieue, Jeunesses françaises

Souvent montrés du doigt, parfois perçus comme une menace, les jeunes de banlieue sont souvent vus davantage comme un problème que comme une ressource pour la société française. Professeur de SES dans différents lycées de Seine-Saint -Denis, Fabien Truong a suivi leur parcours de vie après le bac. Dans un ouvrage extrêmement précis, il partage avec nous une véritable plongée dans l'intimité de ces jeunes étudiants. Il montre comment s'effectue leur intégration dans la société française, au terme d'un parcours difficile et souvent douloureux. Une étude tout à fait originale qui montre en détail ce que veut dire l'intégration dans la société française, ce qu'elle coûte et aussi la richesse du parcours et au final de ces jeunes.

Ils s'appellent Fatou, Sara, Lakhdar, Irfan ou Khader. Tous doivent faire face au stigmate de leur origine territoriale, sociale et religieuse. L'ouvrage est aussi une leçon sur l'école. François Jarraud.