"Charlie Hebdo" caricature Mahomet : amis musulmans, choisissez d'ignorer ces dessins. Une du 19 septembre 2012 du journal satirique Charlie Hebdo (CHARLIE HEBDO/AFP). Les caricatures de "Charlie Hebdo" sont devenues "l’affaire Charlie". La troisième du genre. Provocation gratuite, "beaufisme", fixation sur l’islam… Comme d’habitude, tout aura été entendu à tort et à travers en fonction des lubies des uns ou des intérêts des autres.
Triste litanie qui, bien évidemment, respecte la liberté d’expression, mais qui ajoute dans l’élan qu’il valait mieux éviter le forfait. Tout le monde a son mot à dire. Bref, il valait mieux être sourd en ce jour de la parution du numéro qui, fort de son succès, sera retiré pour vendredi. Dans tout ce raffut, s’il y a bien des voix qui sont légitimes à entendre et à analyser, ce sont bien celles des musulmans.
Pour commencer, l’on aura noté que, dès mardi soir, Dalil Boubakeur, l’UOIF et le CFCM s’étaient exprimés sans, probablement, avoir vu aucune de ces caricatures. Des caricatures légales, autorisées et protégées. "Charlie Hebdo" - al-Qaida, même combat. Les sicaires les plus bornés de l'islamisme, les terroristes les plus déterminés, les prêcheurs les plus enfiévrés peuvent dire un grand merci à Charlie Hebdo. Grâce à cet hebdomadaire, un nouveau terrain de chasse s'ouvre pour les compagnons de route d'al-Qaida alors que la campagne d'agitation contre un film imbécile ridiculisant Mahomet risquait de s'essouffler.
Les gens raisonnables qui, dans le monde arabo-musulman, s'efforcent d'endiguer les débordements et de promouvoir un islam compatible avec la démocratie se trouvent pris à contre-pied. Et, cette fois, c'est la France qui est en ligne de mire. La notion de mise en danger de la vie d'autrui par irresponsabilité journalistique ne figure pas dans le code de procédure pénale. Mais elle est généralement présente dans l'esprit de tout journaliste. Ceux-ci sont censés, comme tout citoyen, réfléchir aux conséquences de leurs actes. Charlie Hebdo se drape dans les grands principes, brandit le droit au blasphème. En Tunisie, "Charlie Hebdo a juste droit à notre mépris" Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Hélène Sallon Après plus d'une semaine de manifestations violentes, parfois meurtrières, dans le monde musulman, contre le film islamophobe L'Innocence des musulmans, la publication de nouvelles caricatures satiriques du prophète Mahomet par Charlie hebdo mercredi 19 septembre n'est pas passé inaperçue.
Du Maroc au Pakistan, en passant par la Libye et l'Egypte, la nouvelle s'est immédiatement répandue sur les réseaux sociaux et dans les médias. Anticipant de nouvelles manifestations prévues vendredi à l'appel le plus souvent de mouvements salafistes, les autorités françaises ont ordonné la fermeture des ambassades, consulats et écoles françaises dans une vingtaine de pays musulmans, par mesure de "précaution". Les pressions des gouvernements de la région se sont multipliées à l'encontre du gouvernement français, à l'instar de l'appel à la France du président égyptien, Mohamed Morsi, à prendre "des mesures fermes et rapides contre le magazine".
"Charlie Hebdo" caricature Mahomet : la plainte pour injure n'aboutira pas mais... Une du 19 septembre 2012 du journal satirique Charlie Hebdo (CHARLIE HEBDO/AFP). Les associations qui ont porté plainte contre "Charlie hebdo" ont peu de chance de voir leur action aboutir. Pour injure, diffamation ou incitation à la haine, difficile d‘imaginer que les juges trancheront différemment qu’en 2008, c’est-à-dire autrement que par la relaxe du journal. Mais les plaintes ont sans doute comme but de médiatiser les revendications de certains représentants du culte musulman et de tenter d’infléchir sur l’opinion publique et le législateur, pour rouvrir un débat plus vaste, et plus dangereux, sur la laïcité.
Ce n'est pas la communauté musulmane qui est visée Les plaintes en question, qu’elles visent la diffamation, l’injure, ou la provocation à la discrimination ou à la haine, devront démontrer qu’à travers ces dessins c’est toute la communauté musulmane qui est directement visée, et, au-delà, que ces caricatures ne pourraient pas bénéficier de l’exception de parodie. Le film anti-islam et les caricatures de Charlie Hebdo : le radieux réveil de Dieu. Dieu ouvrit un œil, tendit le bras machinalement vers sa table de nuit, et atteignit à tâtons la revue de presse quotidienne que lui préparaient, toute la nuit, les stagiaires du paradis. De Son doigt divin, assis dans Son lit, il feuilleta les dépêches. Observant une immobilité respectueuse à côté de l’auguste couche, le directeur du département de la communication divine se rengorgeait néanmoins. Il était satisfait. Et manifestement, le Boss le serait aussi. « Une bonne opération » « Pas mal », laissa enfin tomber Dieu. « Ce film, là, et tout ce qui a suivi, les manifestations, les morts, les dessins dans ce journal ridicule, en Europe, c’est vraiment une bonne opération.
Tout ce que l’humanité mortelle comptait de puissants n’avait plus qu’un sujet de conversation : le dessin, en dernière page, d’un obscur journal humoristique, qui avait représenté les fesses de Mahomet, logo de l’une des filiales de l’entreprise. Son œil s’assombrit soudain : « Que vois-je ? Les caricatures publiées par «Charlie Hebdo» divisent la classe politique. EN DIRECT. Caricatures de Mahomet : manifestation interdite à Paris samedi. Le Pen contre les ''régimes religieux'' Invitée de RTL, la présidente du Front national Marine Le Pen voit dans les manifestations anti-américaines de ces derniers jours "une démonstration de force des fondamentalistes islamistes".
"C'est une manipulation, ce sont les salafistes qui ont propagé le film sur le web. Nos sociétés occidentales sont à la merci de n'importe quel hurluberlu qui insulterait les musulmans, c'est inadmissible", a regretté la député européenne. Ces manifestations confortent l'opinion de Marine Le Pen qu'"un régime totalitaire laïque vaut mieux qu'un régime totalitaire islamiste". "Les élections libres ne sont pas possible quand la charia existe", a-t-elle ajouté dans une allusion à la situation politique en Libye. "Ces courants islamistes sont au pouvoir grâce à nous, aux Etats-Unis, à la France", regrette la chef du FN qui redoute que "ces manifestations ne soient que le début de l'intimidation".
La justice va enquêter sur la manif antiaméricaine de Paris. Film anti-islam : Obama et ses potes YouTube et Google. Il y a tout de même un shérif dans le far-west : Nakoula Basseley Nakoula, producteur supposé de la vidéo islamophobe qui a déclenché des manifestations et des émeutes dans une grande partie du monde musulman, et dans quelques autres pays, a été entendu par le shérif de Cerritos, bourgade proche de Los Angeles. Lequel n’a rien à lui reprocher à propos de la vidéo, mais va vérifier s’il n’a pas enfreint une disposition de sa liberté conditionnelle : ayant subi une peine d’emprisonnement pour diverses escroqueries, Nakoula avait apparemment interdiction de se connecter à Internet.
Comme Al Capone tomba pour fraude fiscale, on arrivera peut-être à lui coller cette entorse sur le dos, pour l’envoyer quelque temps derrière les barreaux du comté, en attendant mieux. La vidéo viole pourtant les règles de YouTube Ce qui se passe depuis la semaine dernière autour de « L’Innocence des musulmans », n’avait pas été anticipé, en tout cas pas sous cette forme, mais pose des questions vertigineuses.